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Articles récents

Sainte Hildegarde et les pierres

14 Juin 2025 , Rédigé par CC Publié dans #Alchimie, #Histoire des idées, #Histoire secrète, #Christianisme, #Médiums, #Spiritualités de l'amour

J'ai acheté récemment une pierre de tourmaline, mais j'ai dû m'en défaire. Pour autant je ne nie point le pouvoir bénéfique de certaines pierres lié aux stoicheia. J'ai pu l'éprouver en 2014. Sainte Hildegarde de Bingen a développé ce thème dans ses écrits.

Je crois que c'est un sujet important. Par exemple si l'on reprend la procession des apôtres sur l'horloge de Prague (voyez ici) à la lumière des écrits de cette sainte pour chaque pierre qui y est symbolisée, on ferait sans doute des découvertes étonnantes.

Dans la vidéo ci-dessous (en espagnol) de la chaîne équatorienne des Chevaliers de la Vierge, le Père Ricardo Hucke, de la confrérie des Hérauts de l'Evangile nous offre une bonne introduction avec ce sujet. J'en retiens en particulier une bonne citation de Sainte Hildegarde sur le diamant, pierre de Lucifer dont la mission était de refléter pleinement la lumière de Dieu (ce qui explique son utilisation dans les sociétés secrètes et les productions culturelles qu'elles inspirent, notamment depuis Marilyn Monroe). 

J'ai vu aussi qu'en Colombie la Dre. Katiuska Villasmil fait une vidéo sur le sujet, mais j'ignore si elle bénéficie du même blanc-seing ecclésiastique que les Hérauts de l'Evangile.

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Coupeurs de feu dans les hôpitaux

27 Mai 2025 , Rédigé par CC Publié dans #Médiums

Dans l'ambulance qui me conduisait à Toulouse hier le jeune chauffeur me racontait : "Au centre hospitalier de Pau, en pédiatrie, ils emploient un hypnotiseur pour remplacer l'usage du gaz hilarant chez les enfants ; il est aussi coupeur de feu ; il a fait des prodiges sur la main brûlée de mon fils"

Je lui ai appris que les coupeurs de feu devaient leur "don" à une formule. Je ne suis pas allé jusqu'à lui dire qu'il y avait une prière à Judas dans cette formule...

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Thérapies occultistes : l'affaire Ece Güren en Turquie

10 Mars 2025 , Rédigé par CC Publié dans #Alchimie, #Médiums

Un étrange fait divers a agité les réseaux sociaux turcs le weekend dernier. La semaine dernière, une architecte paysagiste de 36 ans, Ece Güren, qui se sent maltraitée dans son boulot où on la traite comme une boniche et qui se dispute avec sa famille, poste sur le Net un message annonçant qu'elle s'exile dans la forêt de Belgrade, une étendue boisée sur plusieurs kilomètres près d'Istanbul. Elle précise même qu'elle va vers "le barrage". On ne sait pas si c'est un symbole ou pas. Certains comprennent aussi qu'elle va y réaliser une "thérapie par le cri" ou on ne sait trop quoi.

On la retrouve au bout de 4 jours (le 7 mars), en hypothermie. Elle meurt au bout de quelques heures à l’hôpital.

Pour pimenter les choses une "thérapeute" quinquagénaire Hale Nur Özen, déclare sur YouTube qu'Ece a été son élève en ligne, et qu'elle a suivi un module de cours de sorcellerie depuis septembre (mais elle connaissait sa prof depuis deux ans : "Elle a commencé par suivre des cours de lancer de plomb, de tarot et de chamanisme"). Özen vit à Bursa et est l'auteure du livre Witchcraft, Breaking the Rules. Elle se présente comme la fondatrice d'une science de « l'astronomie » et partage du contenu astrologique sur les réseaux sociaux.

Il n'en faut pas plus pour lancer des débats sur le Net turc à propos des nouvelles thérapies, de l'envoûtement etc. On fantasme sur les pouvoirs paranormaux de la forêt de Belgrade.

Les autorités arrêtent Özen et l'interrogent sous le chef de « contredire la vérité concernant la sécurité intérieure et extérieure du pays, l'ordre public et la santé générale, et de fraude qualifiée , dans le seul but de créer l'anxiété, la peur ou la panique parmi la population ». Devant la police elle déclare que ce qu'on nomme "witchcraft" dans son enseignement est purement psychologique et logique, basé sur l'étude des émotions, et qu'Ece était pleine d'obsessions tristes. Elle reste sous contrôle judiciaire. Özen, qui signe des autographes deux fois par semaine, n'a plus le droit de voyager à l'étranger.

On découvre aussi qu'Ece Gürel avait participé à un concours télévisé intitulé « Super Puzzle » il y a 10 ans. Gürel a déclaré dans l'émission que même si elle voulait devenir architecte paysagiste, elle avait étudié dans une "troisième université" en raison des difficultés qu'elle rencontrait dans le secteur, a également déclaré qu'elle était très intéressée par l'astrologie et que son plus grand rêve était d'aller en Australie.

Le père d'Ecce, lui, se défend contre l'accusation de sorcellerie portée contre sa fille : elle était terre à terre, et surtout elle pratiquait le jeûne du Ramadan, donc elle ne pouvait pas être sorcière. Cependant sa fille a bel et bien laissé sur le Net des traces de sa passion pour l'astrologie et les tarots et son suivi des cours de sorcellerie est avéré.

Une amie d'enfance d'Ece qui a grandi près de chez elle, Güfte Keskin, précise : " Mon amie était une personne très accomplie et saine. Son frère aîné était mon ami de collège. Nous avons grandi dans le même quartier. Pendant qu'elle allait à l'école, j'allais au travail. Nous revenions ensemble. C'était une personne très positive et joyeuse qui ne pensait pas à la négativité. D'après ce que j'ai entendu dans les médias, elle avait des problèmes au travail. Elle s'est intéressée aux tarots et j'en ai même plaisanté avec elle. Elle a reçu une formation à ce sujet . C'était une personne pleine de vie et il n'a jamais rien dit de négatif. " D'autres amis le confirment... comme quoi on peut être occultiste et joyeux, au moins pendant un temps.

L'écrivaine new age Sibel Uzun, y va de son hypothèse : la jeune femme sous l'influence des tarots avait peut-être fait "un tour astral" et avait disparu "en réinitialisant son énergie".

La prof de sorcellerie, Özen, pour sa part, a livré à la presse quelques infos sur les hypothèses avancées pour expliquer l'accident :

Sur la méditation "Lorsque nous méditons, nous mettons de la musique relaxante à côté d'elle. Si elle méditait, le téléphone portable d'Ece serait dehors, pas dans son sac. J'ai regardé la vidéo. Le téléphone était dans son sac."

Sur la possible consommation d'ayahuasca : "L'Ayahuasca est devenue populaire en 2014. Tout le monde se posait la question. Le prix d’une tasse était alors de 1 500 dollars. Ils disent qu'elle a fait une retraite. Les salles de retraite sont également construites à des prix très élevés. Ece et son mari n’avaient pas de tels moyens financiers. Ece n’est même pas quelqu’un qui peut allouer un budget pour cela. Il ne lui donnera pas non plus autant d'argent. Une fille jeûnante et fidèle. L'idée de « planer, d'utiliser quelque chose de différent » n'était pas du tout quelque chose qui convient à Ece"

Il y a fort à parier qu'on ne connaîtra jamais le fin mot de cette sombre histoire. A supposer même que la police découvre un jour que l'architecte aurait été entraînée dans la forêt par un être de chair et d'os qui avait de mauvaises intentions à son égard, cela ne dira rien des causes spirituelles de ce qui lui est arrivé. Il est intéressant en tout cas que beaucoup de commentateurs le relie aux dangers de la pratique des tarots. On relève aussi que les réactions en pays musulmans sont les mêmes que chez les Chrétiens : si elle pratique le ramadan elle ne peut pas être sorcière, quand on pratique mieux la religion on ne va pas au devant de ce genre de mésaventure, etc.

 

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L'assassinat de Pretextat

8 Mars 2025 , Rédigé par CC Publié dans #Otium cum dignitate, #Christianisme, #Histoire secrète

Les Britanniques ont la mort de Saint Thomas Beckett à la cathédrale de Cantorbéry, assassiné sur ordre du roi, à l'origine de la Magna Carta. Les Francs ont celle de Saint Prétextat à la cathédrale de Rouen le 14 avril 586 sur ordre de la reine mérovingienne Frédégonde (Rouen avait été capitale de province romaine au Bas-Empire et à la pointe de la christianisation deux cents ans plus tôt comme on l'a vu dans les échanges épistolaires entre Victice et Polin de Nole).

En 1866, un prêtre rouennais anonyme, A. D., écrivit une petite synthèse édifiante sur la vie de Prétextat avec des passages du genre : "Sa conversation était agréable, sa parole forte et féconde; sa doctrine, toujours empreinte de pieux sentiments de modération, de piété et de vertu, ravissait tous les cœurs, sans charger les esprits de mille questions inutiles. A l'exemple de notre Seigneur Jésus-Christ, son divin maître, il était rempli de douceur et d'humilité; il prenait un soin particulier des pauvres malades, rendait une prompte justice à tous ceux qui étaient victimes d'une injuste violence, visitait avec une tendre sollicitude les affligés et tous ceux qui avaient des infirmités et des peine".

Le roi Chilpéric de Soissons (un des 4 héritiers de Clotaire) en fit le parrain de son fils ainé Mérovée. Puis il fut pris dans la querelle entre Chilpéric et Sigebert animée par la rivalité entre la belle princesse wisigothe Brunehaut épouse du second, et la jolie roturière franque Frédégonde deuxième femme du premier, qui avait fait étrangler la soeur de Brunehaut, première femme de Chilpéric. Ce dernier poussé par Frédégonde ravagea les terres de son frère et se comporta en Dioclétien.

Une étape importante de la guerre civile fut l'assassinat de Sigebert en 575 et l'arrestation de Brunehaut et de son fils de 5 ans. Elle fut emmenée en captivité à Rouen. Mérovée premier fils de Chilpéric, amoureux de sa tante Brunehaut captive, l'épousa dans la future capitale normande. L'union fut célébrée par Prétextat son parrain.

Chilpéric marcha sur Rouen dont s'échappa Brunehaut pour ensuite aller régner sur l'Austrasie au nom de son fils, rejointe par Mérovée qui y périt assassiné. Chilpéric ensuite retourna son ressentiment contre Prétextat qu'il fit juger par 45 évêques réunis en concile à Paris. Malgré la défense de Grégoire de Tours, Prétextat crut habile d'avouer les charges pesant sur lui après les avoir d'abord révoquées en espérant que cela lui éviterait la mort, Il fut banni à Jersey dans le diocèse de Coutances, tandis que Dieu punissait Frédégonde, "le Néron de la France"(titre aussi attribué à Chilpéric), de ses péchés en faisant mourir de ses fils du feu Saint Antoine.  Celle-ci trouvait encore la force de faire périr le dernier fils de Brunehaut, Clovis. En 584 Chilpéric de retour de la chasse mourrait près de Chelles (à l'instigation de sa femme ?).

Prétextat put demander au nouveau roi Gontran son retour à Rouen tandis que l'évêque de Paris plaidait que son exil de 7 ans n'avait été qu'une pénitence. Gontran y fit droit. Ayant repris ses fonctions Prétextat siégea au concile de Mâcon en Bourgogne pour y acter une remise en ordre des églises locales. Frédégonde se retira au château de Vaudreuil/Val de Reuil (dans l'Eure) d'où elle pilotait encore à distance des assassinats. En compagnie de Mélaine-Mélantius-Mélance, qui avait remplacé Prétextat sur son trône épiscopal pendant 7 ans, elle paya un meurtrier.

A la messe de Pâques 586, Prétextat "demeura constamment appuyé sur une forme ou prie-Dieu; et tel était son recueillement dans la prière, qu'il ne s'aperçut pas qu'un homme qui était entré avec précipitation dans l'église cherchait à pénétrer et à s'avancer, malgré les flots pressés de la foule silencieuse et recueillie, jusque sur les degrés de l'autel, où il se tenait agenouillé, le regard attaché sur le tabernacle où repose la personne adorable du Sauveur. Cet esclave, qui a pu s'approcher ainsi du saint évêque, brandit tout à coup un poignard qu'il tenait caché sous son manteau, et, avec la rapidité de l'éclair, le plonge dans le sein du- pontife, et prend la fuite".

Pour dissimuler son crime Frédégonde vint lui rendre visite sur son lit d'agonisant. Le prélat eut encore la force de dénoncer son forfait puis expira après avoir reçu l'extrême onction de l'évêque de Coutances.

Le tableau la Mort de Prétextat d'Edouard Cibot (1799-1877), composé en 1832, est au musée des beaux arts de Rouen.

Le hollandais Lawrence Alma Tadema a peint Frédégonde visitant Prétextat sur son lit de mort.  Il existe aussi une gravure sur le même thème dans un livre de Gustave Demoulin.

En 1896 et 1897 on joua à Paris au Théâtre français Frédégonde drame historique en cinq actes et en vers d'Alfred Dubout, achevé en 1885. Paul Mounet, 49 ans, y jouait Prétextat. Un des décors était la cathédrale de Rouen, pour son assassinat. C'était une pièce mélodramatique assez grossière d'après les critiques qui mettait en scène diverses parties imaginaires dont une confession de Frédégonde à Prétextat. La franco-belge Adeline Dudlay jouait Frédégonde.

Dans le style d'une histoire un peu romancée on peut aussi se reporter au Récit des temps mérovingiens qu'Augustin Thierry dans les années 1840  consacrait à Prétextat (Pretextatus). On y trouve un détail intéressant sur le lieu et les circonstances du procès de l'archevêque. Il y explique aussi les raisons psychologiques de la persistance de la haine de Frédégonde contre le pontife de Rouen quand elle se rendait dans sa ville (Thierry reprend fidèlement Grégoire de Tours à ce sujet). Il situe le meurtre au dimanche 24 février, qui est l'ancienne date de la Saint Prétextat, déplacée depuis lors au 14 avril.

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Un symposium sur l'IA et les "intelligences non-humaines" de la scolastique médiévale

28 Février 2025 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire des idées

Un écho à ce qu'on disait récemment sur les enjeux spirituels de l'intelligence artificielle (et le rapport avec le thème de la possession) :

Un symposium universitaire international d'une journée coordonné par Dr. Denisa Reshef Kera "Design & Policy Lab" Maître de conférences Programme Science, technologie et société à l'Université Bar Ilan, Israël, aura lieu à Enschede aux Pays-Bas le 1er juillet 2025.

Titre du symposium : "Agents IA : intelligence artificielle, angélique ou antagoniste ?" Avec pour illustration de l'invitation, une scène d'exorcisme extraite du Rituale Romanum.

Présentation du symposium (traduction française) : "Les agents IA contemporains illustrent-ils ou réinterprètent-ils les débats oubliés sur les fonctions ontologiques et éthiques des intellects angéliques, des adversaires démoniaques et des phantasmata (machines) ? Ce symposium présente l’intelligence artificielle (IA) comme un catalyseur qui relance les discussions fondamentales sur l’agence, l’ontologie, l’épistémologie et l’éthique. Les débats sur les formes radicalement externalisées, affectives, distribuées, simulées ou émergentes de l’agence sont après tout enracinés dans les recherches scolastiques médiévales sur les intelligences non humaines. Revisiter ces paradigmes historiques nous permet de nous demander si l’IA fait revivre les ontologies prémodernes ou force leur reconfiguration radicale dans les conditions technologiques, éthiques et philosophiques contemporaines.

Nous accueillons avec plaisir des articles qui abordent de manière approfondie et créative la philosophie classique, la théologie et la recherche contemporaine en IA dans les sciences sociales et les disciplines connexes. Les soumissions doivent aller au-delà des dialogues simplistes avec l'IA pour offrir des engagements théoriques rigoureux sur l'agence, l'intelligence et l'éthique non humaines. Nous encourageons les contributions de domaines tels que les études médiévales, la philosophie de l'esprit, l'éthique de l'IA et les études sur la science, la technologie et la société (STS), entre autres. De plus, nous invitons les informaticiens et les chercheurs dans des domaines techniques qui souhaitent explorer ces questions interdisciplinaires.


En replaçant l’IA dans les traditions historiques et philosophiques, ce symposium vise à éclairer la manière dont l’agence, l’intelligence et la responsabilité morale sont redéfinies. Nous invitons les chercheurs à contribuer à cette conversation critique en examinant l’IA non seulement comme une extension de la cognition humaine, mais aussi comme un défi aux hypothèses fondamentales sur la connaissance, l’autonomie et l’existence partagée. Les articles doivent analyser de manière critique le statut ontologique et épistémique de l’IA, ses implications éthiques et son rôle dans la refonte des conceptions historiques et contemporaines de l’agence et de l’intelligence."

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Neptune et la fin de l'ère du poisson

23 Février 2025 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète

Je crois que certaines personnes qui suivent le présent blog ont compris que je ne fais pas ici seulement de la sociologie des religions, ni même de l'histoire de la spiritualité. Je crois que les domaines de l'expérience humaine ne sont pas séparables entre eux, même si certaines activités sont plus orientées vers la rationalité et d'autres davantage vers l'art etc. Il ne faut pas perdre de vue l'unité de l'expérience humaine, qui nous est elle-même donnée dans un continuum biographique, celui de notre quotidien, qui est en soi signifiant et à prendre au sérieux tant dans les moments de grandes révélations (par exemple pour moi cette période 2014-2015 dont j'ai témoigné dans mon livre sur les médiums) que dans les périodes désertiques d'ennui profond.

Je suis convaincu que tous les thèmes qui ont été mis sous mon nez ces derniers temps par delà leur apparence hétéroclite(l'église de Laruns, le Sertorius de Corneille etc, voyez mes billets es plus récents) ont quelque chose qui les relie, et participent d'une unité dont la clé apparaîtra progressivement de façon dynamique. Et, comme il est donné à plusieurs personnes d'une même époque (et à travers l'histoire), de recevoir chacune un fragment de l'unité à laquelle elles-mêmes participent (voyez par exemple mes remarques sur la théorie des champs morphogénétiques ou sur la "mode" de Marie-Madeleine au XIXe siècle), il n'est pas étonnant que soient mis sur notre route des recherches de gens utiles : ces fragments du puzzle arrivent toujours de la meilleure manière et au meilleur moment, même si l'on n'en est pas forcément conscient.

Ainsi, je pense que participe de cette unité première le fait que ce matin il m'ait été donné d'écouter la récente vidéo (cf ci-dessous) de l'ufologue néopaïen D. Coilhac sur Neptune et l'ère du Verseau. Je ne prétends pas que ce que j'ai entendu dans cette conférence soit d'une importance capitale (pas plus qu'aucune de mes découvertes depuis ma naissance), mais puisque ce blog qui compte moins de trente abonnés n'est pour moi qu'un aide-mémoire, il me faut quand même signaler ici ce que j'y ai appris sous l'angle spécifique des morceaux de puzzle qui me sont donnés depuis dix ans.

Je n'adhère pas à tous les aspects de la recherche de Coilhac, il s'en manque. Par exemple sa croyance en ma réincarnation ou ses théories sur l'alignement des châteaux me laissent de marbre. Mais quand il dit une vérité, comme lorsqu'un Musulman ou un Bouddhiste en énoncent une, je ne peux pas ne pas prêter l'oreille (pour moi c'est un peu comme avec Ariel Cohen Alloro : sa gematria sur les lignées messianiques me paraissent inutiles et fausses, mais quand il parle de Nathanael dans l'Evangile ou des deux visages, je suis tout ouïe.

Pour moi Coilhac a atteint le sommet de son art quand il a parlé de l'Atlantide à Versailles en 2023. Et sa vidéo de ce mois-ci sur Neptune qui détruit les poissons (ses propres créatures) s'inscrit dans le prolongement de cette découverte. On peut retourner la question dans tous les sens, on ne peut pas s'empêcher de penser que le chercheur touche là à quelque chose de profond : oui dans les fontaines de Neptune, de Rome à la Lorraine, et dans les tableaux, on retrouve souvent le thème de Neptune tuant des poissons, du Neptune au drap (au linceul) porteur de destruction, avec en plus des personnages qui versent de l'eau (verse-eau) à proximité. Et l'on ne peut pas ignorer que ces représentations au XVIIe siècle sont associées au parrainage à la fois de l'ordre de Saint Michel et de l'Ordre sur Saint-Esprit, donc probablement à des initiations de sociétés secrètes.

Neptune-Poséidon construit l'Atlantide, et la détruit. Il détruit le poisson et son ère, au moment où sur le plan des astres arrive l'ère du Verseau (découverte de Paul le Cour dont Coilhac se dit disciple). Et toute l'imagerie autour de tout cela, note l'ésotériste, est sombre (d'où la présence du linceul que l'on peut aussi parfois identifier comme une écharpe mais alors cela renvoie au verbe écharper).

L'Atlantide (tout comme l'âge d'Or) est très présente aujourd'hui dans les esprits. Le vice-roi d'Amérique (et du projet mondialiste) Elon Musk, qui veut mettre à bas le monde ancien, l'a mise en scène récemment dans un clip.

D'une façon qui n'est pas anecdotique malgré les apparences, ce matin Coilhac a apporté une réponse à une question qui me turlupine depuis sept ou huit ans. Beaucoup d'amateurs de musique des années 1980 savent qu'  Eurythmics est un groupe archi-initié dans l'ordre de l'occultisme. Tous leurs clips le montrent, et vous savez que c'est le cas d'à peu près tous les artistes à succès. Je m'étais amusé à écrire en 2017 un bréviaire du symbolisme occulte de la pop culture. Hé bien dans leur morceau "Sweet dreams" qui met en scène le gouvernement mondial dystopique que les adorateurs de Saturne veulent nous exposer (une musique hélas très présente dans mon Béarn natal, aussi bien dans le troquet où je déjeunais le 24 décembre dernier, qu'à la descente de la retraite aux flambeaux des enfants de l'école de ski de Gourette le jeudi 20 février dernier...) on peut bien sûr remarquer, comme dans beaucoup d'autres productions culturelles, de l'oeil omnivoyant maçonnique. Je m'étais seulement demandé longtemps : pourquoi s'agit-il dans ce clip de l'oeil d'un cheval, filmé en gros plan ? Coilhc me permet de comprendre : le cheval est associé à l'Atlantide et à Neptune. L'Atlantide était "fertile en chevaux" disait Platon (qui lui-même avait une passion pour les chevaux). Poseidon fut le premier à dompter le cheval, ce qui explique que les habitants de Troie, ville construite par lui, aient été eux aussi de fameux dompteurs de chevaux" selon Homère, ce qui rend d'autant plus tragique la ruse d'Ulysse (le cheval de bois) pour la détruire.

Neptune est toujours sur un attelage de chevaux surgissant des flots. Au XIXe siècle, dans un champ près de Dinan au milieu d'objets romains on avait retrouvé une pierre basaltique sur laquelle était représenté Neptune domptant un cheval. "C'est de l'Atlantide que parle ce bas-relief" écrivait en 1912 un certain M. Dault à la Société d'Anthropologie de Paris.

On n'est pas loin là de l'univers du géant Antée fils de Poseidon dont Sertorius aurait retrouvé la tombe parmi des mégalithes. Christian II de Saxe au tournant des années 1600 n'avait-il pas fait représenter la mort d'Antée sur l'armure de son cheval ?

Bizarrement Coilhac me donne aussi une clé pour creuser un peu plus la confrontation de la sirène et du sagittaire dans le bénitier de Laruns. Dans la fontaine de Neptune (min 2h06) à Berlin de 1891, il y a un atlante centaure sous la férule de Neptune, mi-homme mi-cheval qui est peut-être pris au filet, et (min 2'14) la seule image gaie de cette fontaine: sur une jarre d'un personnage féminin versant de l'eau un centaure donnant la main à une sirène (que bizarrement Coilhac appelle "femme triton", mais les tritons sont des sirènes mâles), scène antédiluvienne.

Vous noterez au passage que les sirènes-mâles, les tritons, sont aussi représentés parfois avec des pattes de chevaux...

Le bénitier de Laruns qu'on date de la fin du XIVe siècle malgré le côté un peu roman de ses sculptures, reprend une thématique ancienne de centaures pointant des sirènes (cf ici) à laquelle on cherche d'ordinaire des explications morales.

Mais n'y a-t-il pas aussi une approche initiée eschatologique à retenir sous l'angle de la chute de l'Atlantide et de sa répétition, en quelque sorte, dans le proche avènement de l'ère du Verseau après l'anéantissement des poissons par Neptune (avènement qui, d'un point de vue chrétien, loin de marquer le début d'un nouveau cycle correspondrait tout simplement au règne de l'Antéchrist avant le retour définitif du Sauveur).

A Laruns la sirène tient un poisson qui est hors de l'eau, comme beaucoup de représentations de la victoire de Neptune. Les poissons sont morts... 

L'auteur de la fontaine de Berlin, Reinhold Begas, l'homme qui embrassa Bismarck sur la bouche (Le Messin 19 juillet 1906) et fabriqua son sarcophage (ce qui ne l'empêcha pas de devenir grand officier de la Légion d'honneur en France) en savait peut-être plus que nos historiens sur la connexion Sirène-Centaure Atlantide sous l'angle eschatologique...

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Tantrisme et pouvoir politique

22 Janvier 2025 , Rédigé par CC Publié dans #Shivaïsme yoga tantrisme, #Histoire secrète

J'ai un peu écrit naguère sur le tantrisme comme "technique du corps" comme dirait l'autre, notamment dans son rapport aux déesses mères, mais j'ai négligé son lien historique avec la politique et la chose militaire.

Quelques lignes m'ont fait prendre conscience de mon erreur ce matin, des lignes sur le moine indien qui le premier a rendu le tantra "à la mode" en Chine : Amoghavajra  (705-774), disciple de Vajrabodhi. Il fit un gros travail de collection de textes tantriques en Inde, à Ceylan, en Indochine.

Il fut celui qui consacra le 11ème empereur chinois Tang Suzong en 759 (l'année où, en Gaule, Pépin le Bref reprenait Narbonne aux Musulmans), après que ses sortilèges aient permis de vaincre l'armée du rebelle An Lushan. Auparavant il avait aussi initié (cf les rituels ici) l'empereur tang Xuanzong.

Son rôle dans les victoires militaires est souvent sousestimé par les universitaires, mais il ne faut pas oublier que le tantrisme est chargé de rituels magiques. Souvenons nous de ce que Jonathan Black écrivait sur le rôle de Sainte Geneviève face à Attila (et peut-être de Roumi face aux Mongols) : l'enjeu était là une victoire sur une magie chamanique.

L'usage du tantrisme dans un cadre politique et guerrier se retrouve au XIIIe siècle avec Koubilay Khan, le petit-fils de Gengis Khan. Les chefs mongols étaient bouddhistes depuis 1246, après la mission du Tibétain Sakya Pandita. Koubilay fut notamment influencé par Phagpa, qui travailla à l'élimination du taoïsme de sa cour. Du succès de Phagpa la magie militaire n'est pas non plus absente.

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Christianisme et société en 1971 et aujourd'hui : la question de la verticalité

15 Janvier 2025 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire des idées, #Christianisme, #Philosophie

Je lis dans la revue communiste la Pensée de 1971 un article d'Antoine Casanova (1935-2017) à propos de Vatican II explique :

"Au premier chef, on assiste à une modification du visage de Dieu et des rapports des croyants avec Dieu. Chez les hommes qui transforment quotidiennement le monde naturel par une mise en œuvre rationnellement organisée des forces scientifiques et techniques, qui sont devenus conscients de la valeur universelle de leurs aspirations de travailleurs et des possibilités de l'action collectivement organisée, la catégorie idéologique de Dépendance est de moins en moins opératoire. Dieu n'est plus maître supérieur des phénomènes naturels, seigneur des hiérarchies sociales. Le croyant s'éprouve au contraire comme coresponsable de son œuvre et de son destin et « appelé à une relation personnelle qui le fait participer à la responsabilité de l'œuvre de création » et « on peut trouver là directement le fondement religieux des attitudes de base que réclame dans la société industrielle le travail communautaire des hommes dans le sens d'une association » 49. Dieu est de plus en plus vécu comme Dieu frère plutôt que comme Seigneur Père, Dieu partenaire engagé en un rapport de coopération et qui ne peut être saisi qu'au travers de la présence d'une communauté humaine, y compris dans l'Eucharistie définie comme « une célébration communautaire ou un partage de la parole et du pain » ce qui « est une expression minimaliste qui fait beaucoup plus penser à une agape fraternelle (partager le pain et le sel) qu'à la Sainte Cène du Christ »  . La puissance du courant qui se rattache à cette nouvelle symbolisation a été maintes fois évoquée (et dénoncée) par les autorités romaines

Corrélativement est de plus en plus mis sur tous les signes qui représentent le salut comme affaire terrestre à dimension essentiellement communautaire. Nous retrouvons ici un autre aspect de la forte valorisation de l'aspect « repas » communautaire de la messe qui grandit tandis que « quittent l'avant-scène de la liturgie » des dévotions (l'adoration du Sacré-Cœur, du Saint-Sacrement) dont le symbolisme représentait une eschatologie individualiste.

Le symbolisme qu'élaborent les masses tend en même temps à signifier leur volonté de libération des contraintes sociales d'exploitation. Les niveaux de signification sont ici complexes. Au premier chef et de façon générale, Dieu ne peut être imaginé qu'avec les attributs qui signifient l'éternelle stabilité de l'ordre des classes dirigeantes. L'or et les fastes ont de moins en moins leur place dans la symbolique religieuse populaire. L'expression du sacré par les symboles de l'accumulation des richesses s'est muée en « contre signe ». Il en a longuement été question à la première session du Concile dans les interventions des prélats réalistes attentifs à ne pas laisser s'accroître l'écart entre les aspirations religieuses spécifiquement populaires et l'image que propose la hiérarchie"

On trouve dans le même numéro un article sur les théories de Monod, mais laissons cela pour plus tard.

Aujourd'hui le projet de Vatican II apparaît au sein de l'Eglise usé et porté par une génération d'octogénaires (comme le pape actuel) dépassés par un renouveau conservateur (de plus en plus de prêtres en soutane, le succès du pèlerinage conservateur de Chartres cette année). Beaucoup en dénoncent les aspects marxisants ou à tout le moins progressiste de type maçonnique avec cette "démocratisation" de la hiérarchie (le "peuple de Dieu" censé jouer un rôle actif sans recevoir passivement les directives du clergé). Et c'est en même temps la "protestantisation" qui est dénoncée avec ce Dieu "frère" qui nous invite à son "repas".

J'ai été moi-même, paradoxalement sous l'influence des évangéliques, sensible à cette critique de la "réduction de Dieu" qu'opérait le modernisme dans l'Eglise.

Cependant la réhabilitation de la tradition et de la solennité de ses rituels (notamment dans la messe latine) porte aussi en germe des dangers comparables à ceux de la fascination actuelle de certains milieux de droite pour le trumpisme : la recherche d'une figure d'autorité salvatrice dont le chef charismatique est l'incarnation dans l'ordre politique et le Dieu "à l'ancienne" la sublimation religieuse.

Dans l'ordre des Ecritures saintes (la Bible) ont trouve autant d'arguments pour l'image paternelle royale de Dieu (l'Ancien Testament, l'Apocalypse), que pour celle d'un Dieu frère par le Christ (toutes les images de Jésus frère et ami dans l'Evangile).

Sur le plan philosophique Dieu est peut-être aux deux extrêmes du spectre (infiniment puissant et infiniment dépendant de la collaboration de l'homme, un paradoxe kabbalistique et dialectique qu'on ne peut pas totalement évacuer puisque Dieu est tout). Il n'est pas impossible que la re-transcendantisation de Dieu et du fait religieux, ne soit qu'un "moment" comme le retour de la pudeur, du moralisme etc. Mouvement de balancier dont on ne comprend pas vraiment la nécessité historique mais qui s'est souvent constaté dans le passé.

Faut-il complètement y adhérer ? N'y a-t-il pas dans le retour de la verticalité une inquiétante abdication de notre mission humaine ?

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