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Simondon, la technique et l'individuation

1 Juillet 2026 , Rédigé par CC Publié dans #Philosophie, #Médiums, #Alchimie, #Spiritualités de l'amour

Vous savez qu'avec mon livre "Individualité et subjectivité chez Nietzsche" j'avais, très tôt dans mon itinéraire intellectuel (puisque j'avais 21 ans quand j'en écrivis l'ossature, interrogé la question de la trans-individuation, qui me travaillait à l'époque.

Je pense que je n'ai jamais renoncé à cette question, par exemple quand j'ai interrogé l'action à distance et la sympathie de Paulin de Nole à Sadghuru en passant par Montaigne (avec une racine stoïcienne très marquée).

On voit bien que cette thématique se retrouve dans la pré-individuation de Simondon, thème que Nicolas Dittmar, spécialiste de Comenius (un auteur très influencé par une médium, et de la guérison symbolique (sic) ici met en perspective avec la phénoménologie (évidemment)  et ici en rapport avec les pré-socratiques dans un dialogue avec les nietzschéo-matérialistes.

Ce soir je lisais les réflexions de Giorgio Griziotti de l'école polytechnique de Milan sur l'état de la spiritualité face au nouveau tournant anthropologique de la technologie qui fait un usage intéressant de Simondon pour penser le temps présent

Simondon (dans Du mode d'existence des objets technique 1958) pose que les objets techniques au même moment que la religion sont nés d'une objectivation des lieux magiques émergeant du fond  du monde primitif. L’univers magique est structuré selon la  plus primitive et la plus prégnante des organisations : celle de la réticulation du monde 
en lieux privilégiés et moments privilégiés. 

Avec la technique et la religion les points-clés du monde se  détachent du fond, dit Griziotti, pour devenir la technicité qui se cristallise dans un objet instrumental  et efficace fonctionnant partout et à tout moment, pendant que le fond devient abstrait  et se subjective en se personnifiant dans les formes du divin, du sacré et de la religion. 

En devenant des objets techniques, les points clés du monde  magique préhistorique perdent "leur capacité à former un réseau et leur pouvoir  d'influence à distance sur la réalité qui les entoure." 

Sous l’avancée du  capitalisme cognitif, ils ont tendance à se réorganiser en réseau et à se reconstituer en une nouvelle unité, émerge un contexte  où les objets techniques actuels (par exemple les dispositifs des TIC et les réseaux)  intègrent le «fond» (l'univers espace-temps) rétablissant ainsi, en quelque sorte, l'unité 
originelle.

Avec Agamben, nous pourrions dire, estime Griziotti, que nous sommes confrontés à une  technique sacrée, qui "est placée en dehors de la juridiction humaine sans pour autant  passer par celle du divin."

En se subjectivant et en "profanant " le rôle depuis toujours affecté au divin, la pensée  technique capitaliste pousse inconsciemment celui-ci à opérer une régression vers les  valeurs archaïques avec tous les moyens à sa disposition. Comme si la subjectivation  religieuse essayait de récupérer sa propre vocation primitive d'exigence de totalité  qu'elle sent lui échapper.

Je ne suis pas convaincu de la pertinence de l'exposé de Griziotti qui me semble frappé au coin de la facilité rhétorique. Mais cela donne envie de lire Simondon, que je connais mal.

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