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Articles avec #otium cum dignitate tag

Viminacium

16 Novembre 2023 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire des idées, #Otium cum dignitate

On oublie souvent que la Serbie, sur laquelle j'ai écrit au début de ma carrière de sociologue il y a 20 ans, fut un grand centre de romanité. L'empereur Constantin et 17 autres empereurs y sont nés.

Cette semaine encore on nous expliquait que des archéologues ont retrouvé récemment sur le site de Viminacium un "tintinnabulum" (carillon à vent magique) surmonté d'un phallus apotropaïque qui était à l'entrée d'une boutique. On trouve sur Gallica des compte rendus de recherches archéologiques à Viminacium, ex-capitale de la Mésie supérieure (en 85), depuis le XVIIIe siècle.

Dans la revue Comoedia du 22 avril 1931, je lis :

"Une Vénus yougoslave résoudra-t-elle le problème de l'attitude de la Vénus de Milo ?

Un paysan yougoslave vient de découvrir dans le village de Kostolac, situé sur le Danube, aux environs de Pozarevac, cinq tombes romaines datant de l'époque où florissait la ville de Viminacium, dans laquelle les empereurs Caracalla et son frère Geta firent leurs études.

L'une de ces tombes contenait un sarcophage pesant près de cent kilos où furent retrouvés les ossements d'une fillette, une paire de boucles d'oreilles en or,des pierres noires et quelques objets de toilette.

Mais une trouvaille attire surtout l'attention des archéologues: c'est celle d'une petite Vénus en os sur laquelle on compte beaucoup pour résoudre le problème de l'attitude de la Vénus de Milo.

Un peu plus loin on a trouvé un monument funéraire pesant environ 2.000 kilogrammes, et richement orné de figurines, avec inscriptions disant que cette tombe est celle de Cornélius Rufus, édile de la ville autonome de Viminacium, qu'il a vécu 70 ans et que ce monument lui a été élevé par sa femme Ulpia Fufina et ses héritiers.

Le monument portait également le buste de ce magistrat, mais la tête manque.

On a également trouvé un très beau chapiteau de grandes dimensions.

Toutes ces pièces, qui sont d'un intérêt primordial, seront transportées au Musée national de Belgrade que dirige, on le sait, un savant éminent, le professeur Petkovitch"

Comoedia fait bien de préciser que Caracalla qui était né à Lyon en 188 y fit ses études. La fiche Wikipedia de cet empereur omet ce détail. A Viminacium stationnaient deux légions dont les symboles étaient le taureau et le lion qu'on retrouve aussi sur les monnaies frappées dans cette ville.

Au XVIe siècle un historien du Beaujolais, le chanoine Guillaume Paradin, racontait que l'empereur Probus (232-282), qui était pannonien, avait nommé une petite ville de Gaule (où il avait combattu Proculus *) juste en face du Mont d'Or près de Lyon à Rome du nom de Viminacium en hommage à la capitale de la Haute Mésie et fit de même près de Valence en Espagne. Paradin se réclame à ce sujet de l'autorité de Flavius Vopiscus de Syracuse. Il affirme que ces libéralités qui consistaient à autoriser les peuples à planter des vignes, et nommer des villages du nom de son terroir natal allaient de pair et constituaient des marques d'affection. Voilà un étrange téléscopage entre le Beaujolais et la Mésie supérieure...

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* "Après la mort de Proculus, on fit à Lyon une médaille où la tête de cet aventurier est attachée à un croc; au-dessus est le buste de Probus devant une Victoire; on y voit encore les lettres P. T. qui signifient sans doute Proculus tyrannus"

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Passage chez les Antoinistes

27 Mai 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Médiums, #Otium cum dignitate, #Spiritualités de l'amour

Le médium Reynald Roussel ayant dit sur YouTube récemment qu’il allait de temps en temps se recueillir chez les antoinistes (une "Eglise parallèle" de guérisseurs), cela m’a rappelé que Régis Dericquebourg, le préfacier de mon avant-dernier livre, avait enquêté sur leur compte. J’ai alors songé que pourrais peut-être moi aussi, leur rendre visite, et par exemple, puisque c’est une Eglise de guérison, leur soumettre une vieille tendinite que je traîne depuis des années. Je sais après mes expériences chez les médiums que ce genre d’aventure n’est jamais complètement « gratuit », il peut avoir des conséquences graves parfois, mais je n’aime pas vivre dans la peur, et puis j’ai tenté après tout des choses tout aussi périlleuses en février dernier lorsque je suis retourné voir en Béarn une magnétiseuse étrange qui avait été initiée chez les Tziganes…

J’ai donc saisi l’occasion de ma pause déjeuner pour me rendre en bus à l’église antoiniste de ma ville, qui se trouve dans un quartier un peu excentré.

Au bout d’une demi-heure, j’étais aux abords d’un bâtisse des années 1930 ou 50. L’affiche à l’entrée indiquait généreusement que l’église était ouverte tout le temps. Je pousse la porte, elle est fermée à clé. Un mot écrit en petit indique de sonner si tel est le cas. Je sonne. Au bout de deux minutes une voix féminine me répond : « C’est pourquoi ? » « Pour une guérison », dis-je. « Vous êtes qui vous ? » ajouta la voix désagréable comme une employée de la Sécurité sociale. « Je croyais que l’Eglise est ouverte à tout le monde » dis-je. « - Oui, c’est vrai mais je ne vous vois pas bien à la caméra. Pouvez-vous reculer svp ?

Bon, je vous ouvre, mais ça va prendre 5 minutes le temps que j’arrive. »

Enfin la voix ouvrit. C’était une petite dame sexagénaire, au cheveux assez courts frisés. Plus aimable qu’à travers l’interphone, elle me dit « entrez frère », puis commença à m’expliquer : « J’habite dans la partie arrière du temple. Je suis officiante avec mon mari. On peut dire bonne sœur. Vous venez pour quoi ? une prière ? Attendez je vais mettre ma tenue d’officiante. Entrez là en attendant, voici un dépliant que vous pouvez lire. C’est la première fois que vous venez ? La salle de prière est là à gauche. Et là à droite il y a les deux pièces où l’on reçoit les gens ». J’entre donc seul dans la partie gauche où je suis censé me recueillir. Cela ressemble à un temple protestant. En style dépouillé. Il y a au mur un portrait du père Antoine, le fondateur du mouvement dans les années 1900, portrait un peu gauche, et un de sa femme, ainsi que des écriteaux dont j’ai oublié le contenu. Au bout de quelques minutes, la dame ouvre la porte. Elle est vêtue de noir avec une coiffe sombre. Elle me présente son mari qui revient des courses, du même âge qu’elle, enrobé, qui me dit deux mots de leur « culte ». Il me dit qu’ils acceptent toutes les religions. « Nous ne sommes pas une secte » ajoute-t-il. « Oui, dis-je, c’est bien spécifié sur Wikipedia, la Mivilude ne vous classe pas parmi les sectes ». « Oui, surenchérit-il, tout le monde est libre de faire ce qu’il veut ici, on ne demande rien. Mais attention à Internet, il y a à boire et à manger sur ce qu’ils disent sur nous. Donc, oui, on accepte tout le monde. On reconnaît que chaque prophète a été utile à son époque : Moïse, Jésus, Antoine pour notre époque ». « - Il était médium, non ? » « Oui, au début » insiste-t-il comme pour laisser entendre que son envergure avait dépassé celle d’un médium par la suite. « Vous croyez que Jésus est ressuscité ? » demandé-je à tout hasard. L’homme est embarrassé. « Qu’il est ressuscité… heum… non, enfin chacun croit ce qu’il veut, mais nous pensons que c’est un prophète" "- Vous pensez que c'est un prophète comme les Musulmans" fis-je. Il ne relève pas et reprend "Un prophète qui a aidé l’humanité à avancer à son époque, comme Moïse avant lui. D’ailleurs il n’a pas renié Moïse n’est ce pas. Après chaque époque a cru sur lui ce qui lui était nécessaire. Et puis tout le monde évolue. L’Eglise catholique elle-même aussi non ? » « Oui, et pas toujours en bien » dis-je (évidemment je situais parfaitement le propos de  mon interlocuteur qui du point de vue chrétien est antéchristique, puisque selon a Bible est Antéchrist quiconque ne croit pas que Jésus est ressuscité, et cela rappelle l’évolutionnisme du Dr Rozier (voyez mon billet de 2017 là dessus).

La dame parut embarrassée de nous voir disserter de la sorte : "Oh ! moi pour un premier échange je ne dis jamais tout ça. Je suis plus terre à terre, plus pratique. Venez dans la pièce d'accueil (je ne sais plus comment elle appelait cette pièce) vous verrez les questions théoriques plus tard." On se retrouve dans une petite pièce avec là encore des portraits, des écriteaux. La dame fait préciser ce que je veux soigner. Je lui demande si je peux demander pour deux choses. Elle me répond "oh tout ce que vous voulez, vous pouvez même demander de gagner au loto. De toute façon le Père Antoine vous a pris dans son amour à partir du moment où vous avez franchi cette porte, maintenant vous allez voir il va se produire des choses étonnantes vous allez vois. Il y a une dame récemment qui est venue pour un cancer. Dans la foulée tout s'est combiné pour que ses rendez vous médicaux soient annulés et que tout s'arrange." Elle m'explique : "Je vais prier à voix haute. Mon mari, le frère officiant lui ne parle pas, mais moi je parle.

L'Eglise tient à l'anonymat pour que tout le monde se sente libre. Elle me demande quand même comment je les ai connus, ce qui me conduit à parler de mon livre sur les médiums.

Cela ne la fait pas réagir plus que cela. Elle me demande si je viens loin. Je dis le nom de mon quartier. Elle ne le connaît pas. Cela ne fait pas longtemps que le couple vit dans ma ville. Et l'église n'est ouverte en permanence que depuis juillet. Avant la dame a vécu à Auxerre, à Paris, à Valras, et même, toute  petite, à Eaux Bonnes en Béarn. Elle a été comptable pour le magazine l'Express. "Vous avez été catholique ?" allais-je lui demander. "Oui" "- Vous avez donc quitté cette Eglise ?" "Non je ne l'ai pas quittée, je le  suis encore différemment" allait-elle répondre. Chez les antoinistes on assume toujours le passé tout en le dépassant.

Mais pour l'heure elle fait la prière. Elle a dû briser un morceau d'anonymat en me demandant mon prénom. Donc devant la photo du fondateur elle dit "Voilà Christophe, qui n'est pas venu par hasard puisqu'il a cherché cette Eglise". Elle expose mon problème de tendinite. Puis termine sa prière avec "qu'il lui soit donné selon sa foi et son mérite". A la fin elle se tourne vers moi elle me dit : "Vous devriez aller voir une posturologue, pas une podologue, une posturologue. Comme on ne se connaît pas je ne peux pas vous en conseiller mais parmi les gens qui fréquentent le temple il y en a qui ont eu recours à ça". "C'est un message intérieur que vous avez reçu ?" demandé-je. "Je ne sais pas si l'on peut appeler ça comme ça, fait-elle, disons que ça m'est venu pendant la prière". Et comme elle a été aussi intuitive en songeant que j'avais peut être une jambe un peu plus courte que l'autre, elle ajoute "oh mais ici il n'est pas question de voyance, j'ai pensé à ça c'est tout".

Puis elle va me dire un mot sur leur Eglise devant une photo où l'on voit tous les temples de France (une trentaine peut-être). Leurs cérémonies, leurs prières. Il y a sept ou huit personnes qui y viennent régulièrement. Cela sent la religion sur le déclin. La dame, qui s'appelle Gabrielle je crois, dit qu'il n'y a pas assez de célébrants pour maintenir les temples ouverts. Comme j'ai demandé sur quoi portaient leurs lectures le dimanche, elle me montre deux livres noirs et un vert. Le vert est en vente. C'est la biographie "romancée" (précise-t-elle) du fondateur (ce culte de la personnalité fait vraiment penser au Cercle de Bruno Gröning. Les deux noirs sont les écrits du Père Antoine. Ils ne se vendent pas, mais les gens peuvent les avoir chez eux quand ils "montent" spirituellement en s'étant bien imprégné de l'esprit de leur Eglise. Voilà, elle me conseille de passer encore deux minutes en recueillement dans leur grande salle pour augmenter les chances de  guérison. Elle insiste beaucoup sur leurs prochaines réunion de lecture, il y en a une ce soir si je veux. Trois ou quatre fois elle aura fait remarquer qu'on pouvait faire des dons mais que ce n'était pas obligatoire, qu'on était libre, même si enfin il fallait bien que l'Eglise vive, mais bon, de toute façon ils ne veulent rien savoir, tout est anonyme, donc soit on glisse dans la boîte aux lettres, mais ce n'est pas obligatoire. 

Je suis parti en glissant discrètement 10 euros. Pas sûr que j'y retourne, sauf si ma curiosité de sociologue me poussait à vouloir en savoir plus sur les gens qui assistent aux lectures et aux "opérations" comme ils appellent leurs cérémonies dominicales. La tendinite est toujours sensible. Mais personne ne m'avait promis que je pourrais "gambader tout de suite comme un lapin" pour reprendre les mots de la dame.

 

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Les traces de la présence de Jacob et Joseph en Egypte selon Douglas Petrovich

6 Décembre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète, #Otium cum dignitate, #Christianisme

Si vous avez lu mon livre sur les Nephilim, vous avez remarqué qu'on y parle, entre autre, d'archéologie, principalement babylonienne, mais on y parlait un peu aussi de l'Egypte, et j'y mettais en valeur les travaux impressionnants de l'américain Michael S. Heiser. L'heure est venue maintenant de présenter les recherches d'un autre historien Douglas Petrovich (Doug Petrovich). Je précise que mon propos n'est pas de dire s'il a raison ou s'il a tort, ou s'il faut partager toutes ses convictions (par exemple sur le créationnisme) ou seulement une partie. Je vous présente simplement ses travaux, ou ce que, pauvre Béotien, j'en comprends, et je réserve tout jugement pour plus tard (pour dans quelques années).

Un des intérêts immédiats pour moi est de m'aider à concevoir sur un mode plus concret, plus matériel, le rapport possible entre la culture proto-israélite et la culture égyptienne, même si un jour il pourra s'avérer que les interprétations de Petrovich à ce sujet étaient complètement fausse (cela dit il n' y a peut-être jamais de démenti définitif en matière d'archéologie, même laïque, lorsqu'il s'agit de périodes très reculées). C'est comme une béquille à l'imagination, non pas une béquille subjective qui peut partir dans tous les sens comme celle de ces ésotéristes qui finissent par nous faire arriver chez les "civilisations extra-terrestres", mais une béquille armée d'objectivité, puisque Petrovich, pourvu d'une formation de théologie a, comme Heiser, fait l'effort d'obtenir un doctorat d'histoire ancienne dans une université "laïque" et aujourd'hui fait l'effort d'intégrer des instruments rationnels à la confrontation avec les textes sacrés inspirés.

Je vais ici résumer le contenu des deux conférences ci-dessous qui portent sur la présence des patriarches de l'Ancien testament en Egypte : Jacob, Joseph, Manassé (Genèse 41:50) et Ephraim. Lorsque le sujet mérite quelques éclaircissements, je procèderai à quelques ajouts.

Jacob est mort en Egypte. Selon D. Petrovich il est arrivé à Avaris (Tell El-Dab'a, à l'entrée du delta du Nil en venant de Canaan) en 1876 av JC selon la chronologie biblique à l'époque de la grande famine de 7 ans. Il y est resté jusqu'en 1859, soit 17 ans (Genèse 47:11). En 1859, on est dans la phase de transition où le pharaon de la XIIe dynastie Sesostris III Khakaourê qui régnait depuis 1878 porte son fils Amenemhat III au statut de co-régent.

Dans les fouilles du site d'Avaris, la phase H (strate D2) est celle qui correspond à la XIIe dynastie. Elle est celle de la première occupation de peuples en provenance du Levant (Palestine-Phénicie).

Au nord d'Avaris (cf carte ci dessous) se trouve le temple d'Amenamhat Ier, fondateur de la dynastie, où les Hébreux construisirent une digue comme cela est indiqué dans la Bible.

Tandis que les Hébreux vivaient au sud-ouest (cf les zones explorées en noir).

Les tombes dans cette zone sont des superstructures élevées car la nappe phréatique relativement  superficielle empêchait d'enterrer les morts en profondeur. On a trouvé une maison d'architecture typiquement lévantine. C'est une maison tripartite avec quatre pièces qu'on retrouvera en Israël à partir de 950 av. JC - voir ici. D. Petrovich n'a aucun doute sur le fait qu'il s'agit de la maison du patriarche Jacob. Ce style architectural aurait été conservé pendant mille ans. L'historien envisage même d'explorer le véritable site de Béthel (il semble que les archéologues hésitent entre plusieurs sites) et espère y découvrir une maison de même plan, celle où vivait Jacob avant de venir en Egypte, ce qui pourrait tendre à prouver selon lui que les fondations retrouvées à Avaris sont bien celles de la nouvelle maison de Jacob.

Joseph a pris pour nom en Egypte Sasobek, "fils du dieu qui procure la prospérité du Nil" et aussi "Hohemhat Junior" ("Le roi des dieux est au premier rang" - ce qui correspond à la parole de Joseph dans Genèse 41:16 "ce n'est pas en moi"). Les deux noms auraient été contractés : Sobekemhat.

Le nom de Sobekemhat est connu par une mastaba trouvée à Dahchour (dans la vallée du Nil) où se trouvent plusieurs tombes de la XIIe dynastie, juste à côté de la pyramide de Sesostris III. Joseph a grandi en pays de Canaan au moment où régnait le pharaon de l'abondance Sesostris II (1897-1878) et sa fonction de vizir décrite dans la Bible peut avoir correspondu à la totalité du règne de Sesostris III.

On trouve sur la tombe de Sobekemhat le titre qui ne revient nulle part ailleurs dans les vestiges égyptiens de "contrôleur/commandant de tout le pays", ce qui est le titre que le pharaon donne à Joseph dans Genèse 41:41. Ce titre (encadré en vert ci dessous) n'a jamais été donné à aucune autorité égyptienne, c'est pourquoi les égyptologues se sont carrément abstenus de le traduire quand ils reproduisent toute la formule, en estimant que c'est une erreur de scribe. Le titre dans le rectangle rouge aussi correspond mot pour mot à ce que dit la Bible de l'autorité de Joseph.

Les Français qui ont découvert cette mastaba au début du XXe siècle, ont indiqué que le sarcophage a été enlevé. Or selon la Bible, son corps fut ramené en Canaan en 1446 av JC. Il a donc pu être enterré là à sa mort (en 1805 selon certaines datations) et amené près 350 ans plus tard en Terre Promise (min 36 de la première vidéo).

A la mort de Jacob, quand son fils Joseph lui amène ses deux fils Manassé et Ephraim (fils d'une mère égyptienne) pour les faire bénir par son père, Jacob dit dans la Bible que Dieu lui était apparu à Luz et lui avait dit que ces deux enfants nés en Egypte (de mère égyptienne) seraient à lui (Genèse 48-5), ce qui signifiait qu'il fallait égyptianiser la culture hébraïque.

Selon D. Petrovich,  les deux chambres retrouvées au dessus de la maison tripartite peuvent être celles de Manassé et Ephraim, qui se sont installés dans la maison de leur grand père à Avaris puis l'ont agrandie jusqu'à lui donner une dimension palatiale : la forme en rouge ci-dessous représente la maison tripartite originelle, les traits noirs ceux de l’agrandissement palatial (20 mn de la seconde vidéo).

Une autre preuve de l'implantation d'une culture proto-israélite à Avaris est, pour Doug Petrovich, le fait qu'on y ait retrouvé une hache à bec de canard (duckbill axe) typiquement cananéenne de cette période. On y a aussi trouvé (F/1-p/19 tombe  1) la sculpture d'une tête, dont la coiffure est typique du Levant de cette époque. Dans la même tombe un morceau de la statue d'un homme correspondant à l'épaule droite avec des restes de pigmentation rouge, noir et blanc, ce qui, selon la reconstitution d'un artiste, pouvait correspondre aux motifs ci-dessous et peut donner une idée de la tenue d'apparat des hommes de la famille de Joseph.

Sur le fragment de piédestal de la statuer figure le mot qui signifie en égyptien "encens" ce qui indique qu'elle a été faite en l'honneur d'un mort. L'égyptologue Dorothea Arnold a montré que le style de cette statue correspond exactement à celui des productions statuaires du règne d'Amenemhat III contemporain de Joseph (qui est mort après le règne de ce pharaon). Cela plaide dans le sens que la statue représente Jacob (mort en 1859 av JC) et non Joseph.

Ont été retrouvées dans le Sinaï (à Sarabit al-Khadim près d'une mine de turquoise) les premières lettres d'un alphabet qui est sémitique et conçu à partir des hiéroglyphes. Dans les années 1920, un égyptologue allemand a affirmé que c'était de l'hébreu. Il a été méprisé pour cela. Il est vrai que certaines de ses interprétations étaient fausses. D. Petrovich a examiné divers mots non élucidés jusqu'à comprendre toutes les lettres et les images qu'il y avait derrière. Fin 2016 il a publié "The World's oldest alphabet", qui lui a valu avant même sa publication, avant même d'avoir pu lire son argumentaire, une dénonciation par trois pontes (tout cela est cité dans le site Patterns of Evidence et le film du même nom). Une des inscriptions tardives de la série (Sinaï 361) mentionne Moïse (Mem-shin). Une de ces inscription sur des stèles, Sinaï 115 (qu'on date de 1842 av JC, année 18 du règne d'Amanemhat III), renvoie à la deuxième phase d'occupation cananéenne d'Avaris. On repère en haut à gauche une plume (cf ci dessous), à gauche de la plume une bouche, et au milieu une boîte non identifiée. Il y a aussi une sorte de sablier. Il a interrogé un spécialiste des langues sémitiques retraités, il a estimé que le sablier était un syllabique cananéen bien connu correspondant au son "oui". La boite est appartient au plus ancien alphabet. Le mot avec la plume est  "Itchenoui", mot par lequel les Lévantin se désignent (équivalent de Rétjénou quand il est vu par les Egyptiens). Un autre terme peut se traduire par "maison du dieu de la terre" soit Bethel, qui a pu marquer ces Lévantins qui s'identifiaient à cette ville. Cela ferait une référence à Israel plus ancienne que le mot "Israel" trouvé sur la stèle de Merenptah de 1219 av JC ou celui du piédestal de Berlin de 1446 av JC (la période de l'exode).

Si l'on regarde cette deuxième phase d'occupation asiatique d'Avaris (d/1), elle correspond à la vie de Manassé et Ephraim. Dans la nécropole au sud du complexe palatial (ou de la villa, puisqu'il n'y a pas de salle du trône) correspondant à cette période (F/1-m/18), plus précisément dans la tombe 3 la plus grande de celle de la zone, où furent découverts aussi des restes de moutons, chèvres et ânes, se trouvait la trace du principal occupant de la tombe, dont sa hache à lame étroite, qui est aussi cananéenne et non égyptienne, contre son fémur. La tombe comprend un bracelet en or, un bracelet en argent, un récipient en albâtre. Autant de signes de richesse. et surtout une bague dorée avec un scarabée en améthyste qui servait de sceau. Il est écrit dessus "the ruler of Retjenu Di-Sobek-em.hat", "le dirigeant de Rétjénou Di-Sobekemhat". Rétjénou est la région du Levant. L'inscription pourrait se lire comme le dirigeant "qui vient du Levant". Di-Sobekemhat veut dire qu'il a été nommé par Sobekemhat. Ce peut donc être la tombe d'Ephraim.

Si l'on se reporte à l'inscription égyptienne sur la stèle 112 du Sinaï (cf ci dessous), on y voit une scène représentant deux personnages, un intendant avec, sur un âne, son maître, "frère du chef de Rétjénou, Hebeded, qui est un participe passé:  "celui qui a été défavorisé".

Dans Genèse 48 quand Jacob bénit les deux fils de Joseph, il pose sa main droite sur le plus jeune Ephraim et lui accorde donc la priorité dans l'héritage. La même représentation sur la stèle 405 où les personnages portent un kilt qui évoque un lien avec la culture cananéenne fait figurer pour l'homme devant l'âne à la lance sur l'épaule (un personnage qui grandit d'une stèle à l'autre, comme un enfant), le nom de "Skm", qui se lit Shekam, mot qui figure dans Josué 17:2 en hébreu sous la forme de francisé de Sichem (Sekem en anglais), désignant un des fils de Manassé, ce qui est une raison de plus de penser que le "défavorisé" sur l'âne, qui fut chargé de gouverner cette petite ville du Sinaï est Manassé, et l'homme à la lance son fils.

 

Identifying Joseph and Early Hebrew. November 12, 2019

Conférence de 2017 : "Is There Evidence for Manessah and Ephraim in Egypt? "

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Occupations du moment

30 Mai 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Otium cum dignitate, #Médiums, #Spiritualités de l'amour, #Christianisme

Je regarde en ce moment des vidéos du médium Reynald Roussel et de l'hindouïste Sadhguru, qui eut la même expérience que Jiddu Krishnamurti, le gourou jadis poussé par la théosophe Annie Besant.

Quant à Reynald Roussel, que j'ai cité dans mon livre sur les médiums, et dont j'ai aussi évoqué en 2019 le témoignage concernant Mademoiselle Bouvier et le Padre Pio, je vous recommande sa discussion avec feu la journaliste Sylvie Simon en 2006 ici à propos de la mystique Marthe Robin. On retombe sur cette très grande "ouverture doctrinale" des mystiques catholiques (j'en avais dit un mot à propos des phrases aimables de Marthe Robin sur Simone de Beauvoir), qui me fait penser aussi aux rapports très étranges de Thérèse Neumann avec le gourou Yogananda. Evidemment dans cette logique là, on glisse vite vers la religion primordiale universelle que recherchait René Guénon, religion devant laquelle les textes sacrés pour ainsi dire s'effacent. Ce n'est pas seulement un danger pour les Eglises institutionnelles. Cela pose la question de la "boussole" que tout un chacun doit suivre, sans perdre le Nord, car tout le monde n'est pas "choisi" pour vivre une vie mystique.

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Le verbatim de l'interview réalisée par Christian Urvoi sur ArkTV "Millechemins" (production Ark Alliance Morgana 2006) - passages importants :

Sylvie Simon (à propos de sa rencontre avec Marthe Robin en 1980 - elle dit que Marthe Robin avait 79 ans, mais celle-ci est morte avant son 79e anniversaire, et l'on voit dans l'interview que Sylvie Simon calcule depuis 1980) : 7'30 "Quand je suis entrée dans la chambre, j'ai senti que mes jambes se sont mises à trembler, mon coeur s'est mis à battre très fort et j'ai senti que je passais comme dans une autre dimension (...)". Sylvie Simon évoque la réponse de la mystique à la question sur sa mission pour l'information de l'humanité (une réponse prémonitoire très positive, mais aussi très claire sur les embûches qu'elle rencontrera), puis elle lui fait prier la Vierge Marie. 9'16 "Je suis repartie dans un état d'euphorie totale (...) Après que mon ami l'a vue aussi, nous sommes parties toutes les deux après (...) on a décidé de marcher dans la nature plutôt que de prendre le car tellement on sautait de joie. Et à partir de ce moment là j'ai vu les auras de tout le monde. Ce qui est très curieux et ça a duré à peu près six mois. Elle a dû élever mes vibrations. Après je suis retombée dans la matière comme tout le monde. Et le soir même, j'étais avec ce garçon et avec un autre ami qui avait perdu la vue, et nous sommes partis tous les trois nous promener. Il pleuvait, nous sommes sortis dans la nature. Tout d'un coup il s'est mis à pleuvoir très fort. Nous nous sommes retournés pour rentrer et il y avait au milieu ce garçon qui était aveugle et mon ami de l'autre côté, on le tenait chacun par un bras pour qu'il ne trébuche pas. On était vraiment dans la campagne et on ne voyait rien. Et tout d'un coup on a vu comme une sorte d'objet bizarre devant nous qui ressemblait à une espèce de gyrophare de voiture et je ne pourrai jamais dire s'il était à 50 mètre et s'il était de la taille d'une maison ou s'il était de l'autre côté de la vallée parce qu'on était devant une vallée qui descendait et il y avait la côte de l'autre côté et qu'il était gigantesque. On n'a pas su. Et à ce moment là, on s'est dit qu'est ce que c'est, est ce que c'est un OVNI, on en parlait à l'époque. On est revenus très vite et j'ai dit à l'autre garçon, Philippe, courez vite là bas à la fondation (on n'était pas très loin encore) pour essayer de trouver des témoins. Nous on ne le quittait pas des yeux et mon coeur battait fort, mon ami aveugle à côté le sentait. Au moment où Philippe est sorti avec trois jeunes novices, l'objet s'est éteint. Alors on a attendu deux trois minutes et on est partis. Au moment où nous entrions dans la maison, l'objet s'est allumé à à peu près 45 degrés. Et tout le monde l'a regardé, moi je n'ai rien dit. Philippe non plus. Et une des jeunes novices a dit "ah c'est un OVNI". Je lui ai dit "ce n'est pas moi qui vous ai dit le mot". Et puis ça s'est éteint après, et j'ai appris par une novice qui était restée à la fenêtre en haut qu'au moment où ça s'est éteint - on ne pouvait pas le voir parce qu'il y avait une verrière qui nous abritait de la pluie et qui nous empêchait de voir au dessus - ça a fait comme un feu d'artifice au dessus au point de vue lumière. Et donc on a parlé de ça toute la soirée. (...) J'ai fait la vaisselle pour la communauté, et je me suis trouvée aidée par une jeune novice. Et je lui ai dit 'quand même c'est extraordinaire ce qu'on a vu hier'. Et elle m'a dit 'on n'a rien vu hier il n'y avait rien'. J'ai dit 'mais on en a parlé jusqu'à 3 h du matin'. 'Non non c'est une vue de notre esprit' a-t-elle dit.  Je me suis dit 'bon ben les prêtres sont passés par là' et le fameux Philippe m'a dit 'c'est bizarre j'étais à côté d'une novice qui m'a dit la même chose' et les trois ont refusé de reparler de tout ça. Mais le lendemain trois de nos amis ont été reçus (par Marthe Robin), y compris ce garçon qui était aveugle... et une de mes amies qui a été reçue le lendemain lui a dit 'Marthe est-ce que vous croyez aux OVNIs ?' Et elle lui a répondu 'oui, je sais qu'il y en avait un sur la fondation hier, et deux de vos amis l'ont vu', donc elle était parfaitement au courant.(...) Et depuis j'ai appris par des amis qui sont spécialistes de la question, qui sont des médecins que beaucoup de rencontres avec des saints sont mêlées à des phénomènes d'OVNIs. Moi j'ai des amis qui ont vu Padre Pio et qui après ont vu des objets volants non identifiés."

A la 18ème minute Reynald Roussel raconte comment il fut guéri d'un mal de dos. La mystique lui a dit "En contrepartie vous aiderez beaucoup de gens par la suite. Ce ne sera pas facile, ce sera dur, mais vous aiderez." Elle lui a ensuite demandé de revenir l'année suivante. "J'étais dans une chambre qui n'était pas de ce monde, qui était pleine d'amour. Il y avait une odeur merveilleuse". "Je suis ressorti c'était en plein mois d'août, il faisait 39 dehors. J'ai traversé la cuisine j'étais gelé. Je suis arrivé dehors je ne savais pas où j'étais". Depuis, je prie, je m'adresse à Marthe, je lui parle, et j'ai la foi.

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La procession de El Encuentro à Alcañiz

6 Avril 2007 , Rédigé par CC Publié dans #Otium cum dignitate

Comme promis voici la vidéo de la procession de El Encuentro à Alcañiz vue mardi dernier, le 3 avril. Le journal local La Comarca en dit aussi un mot sur http://www.lacomarca.net/noticia.asp?m=6195&s=1

La vidéo est accessible sur : http://www.youtube.com/watch?v=qmCaIKRoe3Q ou en cliquant ci-dessous

Cette bourgade d'Aragon très éloignée de tout, d'où vient ma famille paternelle, est très attachante. En outre il est toujours étonnant de constater avec quelle aisance les Espagnols vivent leurs traditions populaires, s'en imprègnent, tout comme ils s'immergent aisément dans les conversations, la vie quotidienne de leur communauté, là où nous autres français recherchons davantage la distinction, l'intellectualisation de l'échange, la rupture avec l'héritage historique. Je ne crois pas, dans ce propos, projeter mes propres particularismes d'intellectuel bourgeois. Il y a bien, dans la manière d'être espagnole, quelque chose de plus communautaire, de moins marqué par l'esprit de concurrence inter-individuelle (parce que moins marqué également par les travers que le centralisme étatique français imposait à sa population). Les Espagnols sont moins en guerre contre eux-mêmes que les Français. Et, à travers cette socialisation pacifiée, s'illustre une autre forme d'animalité humaine que celle que nous-mêmes vivons.

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