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Un souvenir des guerres coloniales

21 Août 2026 , Rédigé par CC Publié dans #Otium cum dignitate

Cela arrive sûrement à beaucoup de gens, mais je ne le croyais pas possible chez moi tant je croyais connaître par cœur chaque recoin de la maison de mes parents : au fond d'une valise remplie de factures et de contrats d'assurance, j'ai retrouvé hier dans un écrin rouge douze cuillères en argent.

Au revers du haut du coffret une adresse : Heng-Boun-Xieu, aux Bijoux Modernes, Articles du Cambodge, 82, rue Van Vollenhoveo, Nouveau Marché, Phnom Penh.

J'ai interrogé ma mère : "C'est, m'a-t-elle dit, une boîte de cuillères que m'a rapporté mon frère Roger d'Indochine. Il avait aussi ramené pour sa fiancée deux statues et un beau dessus de lit".

L'once Roger, décédé à Jurançon le 2 octobre 2020, à 90 ans, était l'aîné de la fratrie de ma mère. Il était rentré d'Indochine au bout de deux ans de service, au printemps 1954, juste avant de se marier. Je n'ai jamais trop réussi à le faire parler de cette guerre en Asie du Sud-Est, ni non plus de l'Algérie, où il a aussi servi. Je peux comprendre ce silence.

A défaut de témoignages directs ou de photos, on ne peut qu'essayer d'imaginer le contexte historique de ce coffret, au moins à travers l'adresse qu'il nous laisse. 82  rue Van Vollenhoveo, Nouveau Marché. J'interroge l'intelligence artificielle de Google.

Voici ce qu'elle me dit : "L'adresse 82, rue Van Vollenhoven à Phnom Penh correspond à l'emplacement historique d'une bijouterie-orfèvrerie réputée dans les années 1950, durant la période du Protectorat français et les premières années de l'indépendance du Cambodge.

Sous l'administration coloniale française, la rue Van Vollenhoven (baptisée en l'honneur du gouverneur Joost van Vollenhoven) était l'une des artères commerciales notables de la capitale. Elle a été renommée après l'indépendance, devenant la Street 13 (Rue 13), une voie centrale qui longe aujourd'hui des monuments majeurs comme le Musée national du Cambodge."

Notez qu'il y avait donc une coquille, dans cette adresse "82  rue Van Vollenhoveo" où l'on voit bien que la dernière lettre n'est pas un "n". L'erreur est touchante. Peut-être le fabricant était-il un "indigène" qui ne faisait pas très attention à l'orthographe flamande.

On peut s'amuser à creuser l'histoire de cet administrateur Van Vollenhoven. L'intelligence artificielle nous dit : "Jost Van Vollenhoven (1877-1918), venant d’une famille néerlandaise installée en Algérie , est sorti major de sa promotion à l’école coloniale (1903). Administrateur successivement du Sénégal (1907), de l’Indochine (à partir de janvier 1914), il est promis aux plus hautes fonctions quand arrive aout 1914. La guerre. Malgré ses fonctions, il refuse de rester hors de la guerre, et intègre le régiment d infanterie chars de marine RICM (avril 1915) en tant que sergent de réserve (alors qu’il aurait pu servir comme officier). Il arrive en France en ayant fait la traversée avec les autres soldats, en 3ème  classe. Il va combattre deux ans en première ligne pendant (notamment à Fismes dans la Marne), sera blessé plusieurs fois et gagnera par le sang, son grade de sous-lieutenant. Le ministère des colonies le rappellera pour prendre les rênes de l’Afrique équatoriale française, et il fera tout son possible pour retourner au front. N’obtenant rien de son administration ou du gouvernement, il démissionnera de son poste en janvier 1918 et retrouvera le RICM (en tant que capitaine). Touché par un tir de mitrailleuse à la tête de ses hommes le 19 juillet 1918, à Parcy-Tigny (Villers-Cotterêts), il décéda le lendemain. Jost Van Vollenhoven connut cinq citations pendant la Grande guerre."

A noter (ça n'a pas intéressé l'intelligence artificielle) qu'il a aussi soutenu une thèse de doctorat en 1903 à Paris sur le fellah algérien...

A-t-on la moindre chance de pouvoir se promener, au moins mentalement, dans la rue Van Vollenhoven des années 1950, à deux pas du nouveau marché ? La 13ème rue qui lui a succédé n'a pas l'air bien grande.

"La rue 13 derrière le Wat Ounalom est un endroit populaire pour les habitants affamés, nous dit aujourd'hui The Culture Trip. Ce tronçon de rue est parsemé de chariots, de vendeurs et de stands mobiles vendant une variété de plats grésillants tout au long de la journée et en début de soirée. L'odeur de la viande grillée flottant dans l'air est suffisante pour faire saliver, alors rejoignez les tables des habitants et régalez-vous de viande ou de poisson fraîchement grillé, de nouilles, de chet chien (nuggets de banane) ou de palourdes épicées dans l'un des stands." "Promenez-vous dans la Rue 13, qui relie le Musée National et la Maison Chinoise, suggère Great Value Vacation. Passez devant des marchés, des bâtiments historiques et une vie de rue animée en vous dirigeant vers la jolie Place de la Poste." On peut en déduire que la rue Van Vollenhoven n'a peut-être pas tant changé en devenant la 13ème rue. Elle a gardé sa vocation commerciale, et même certains bâtiments d'il y a cent ans... 

Sur l'orfèvrerie khmer des années 1950, l'IA me dit "Les ateliers de la ville prospéraient grâce à un savoir-faire transmis de génération en génération, travaillant l'argent ciselé (boîtes, coupes, bracelets) et l'or fin, avec une transition marquée dans les années 1950 par l'introduction de petits équipements mécaniques comme les laminoirs pour aplatir le métal. Contrairement aux grandes capitales occidentales, les adresses de prestige à Phnom Penh n'étaient pas des maisons de haute joaillerie de type européen répertoriées par nom, mais des officines familiales locales hautement estimées pour la pureté de leur or et la finesse de leur travail d'artisanat." 

Elle me propose de rentrer un nom de famille de bijoutier pour approfondir la recherche dans les archives coloniales. Je tape "Heng-Boun-Xieu". Je lis : "Heng-Boun-Xieu (Aux bijoux modernes) était une bijouterie et orfèvrerie réputée à Phnom Penh vers 1950, située au 83, rue Van Vollenhoven. Connue pour ses objets d'art en argent de style et ses bijoux de l'époque indochinoise, l'enseigne proposait des écrins marqués de son nom. Orfèvrerie en argent (notamment poinçonné au titre 800/°°°), services à moka, pailles-cuillères à cocktail à décor floral souvent retrouvés sur le marché de l'art asiatique."

On note une erreur dans l'adresse "83 rue Van Vollenhoven" (due à une coquille sur le site de Drouot), sur mon écrin c'est 82. en suivant le lien de l'intelligence artificielle je retrouve mon écrin vendu sur un site espagnol à 153 euros en avril 2026, et sur les ventes de Drouot un coffret un peu comparable au mien, mais noirs sans coquille à "Vollenhoven", des cuillères à moka, pas de prix. Une approche du sujet très "antiquaire". Je reste sur ma faim.

Puis-je aller plus loin dans ma petite enquête sur cette bijouterie ? En général l'intelligence artificielle n'explore pas les livres et journaux sur Gallica.

Sur l'artisanat du métal, pour l'exposition coloniale de 1931 l'administrateur René Morizon écrivait :

"A l'enseignement proprement dit se rattache l'enseignement des arts. Le protectorat français a tenu, en effet, à maintenir au Cambodge la tradition artistique qui fit la grandeur du pays. Dans ce but on incita les élèves à analyser les œuvres de leurs ancêtres, à les comprendre, à reproduire enfin les formules qui en avaient fait la gloire. Cet effort permit de sauver de l'anéantissement un art qui se mourait et dont la disparition aurait amoindri le patrimoine du peuple khmer.

Telle qu'elle est organisée l'école des arts de Phnom Penh est entièrement réservée aux Cambodgiens. L'outillage primitif des Khmers y a été conservé mais amélioré. L'école est prévue pour 1 50 élèves qui passent un an au moins à l'atelier de dessin. Là, sous la direction de deux moniteurs et la surveillance d'un chef d'atelier, architecte au palais royal, ils apprennent le dessin traditionnel suivant la formule asiatique, s'initient à reproduire les proportions humaines suivant le canon khmer, à représenter leurs dieux, les héros de la légende indienne.

Lorsque les élèves ont acquis dans l'exécution une perfection suffisante, ils choisissent le métier qui leur convient. Suivant leurs dispositions naturelles ils deviennent alors orfèvres, sculpteurs, laqueurs, mouleurs, fondeurs de bronze, fabricants de masques pour la danse ou d'accessoires de théâtre. Un atelier spécialisé reçoit chacun d'entre eux et leur donne la technique nécessaire. Ils apprennent, s'ils sont orfèvres, à fabriquer des burins, à les façonner eux-mêmes avec du bronze. S'ils sont sculpteurs, l'usage du ciseau et de la pierre de taille. Dans ces occupations le jeune artisan a non seulement pour maître le chef d'atelier et le moniteur, mais encore ses camarades plus âgés ou simplement plus experts. Au début on lui confie des réparations. Plus tard, des travaux relativement faciles; quand il est instruit enfin il prodigue à son tour aux nouveaux venus les conseils qu'il a lui-même reçus si simplement de ses anciens.

L'enseignement de l'école des arts a donné de bons résultats.

La renommée de l'école, de la Sala-Réachana, a pénétré dans les villages les plus reculés du pays khmer et aujourd'hui des ateliers annexés ont même été ouverte à Kompong Chhnang où l'on s'occupe de l'enluminure des poteries cuites et à Pursat où des sculpteurs travaillent une pierre de couleur appelée psigodite. Un atelier de sculpture sur bois et même actuellement en formation à Siemréap près d'Angkor".

La conservation de l'orfèvrerie cambodgienne est-elle entièrement due aux efforts du protectorat français qui aurait su en préserver le savoir-faire ? On aimerait avoir un avis plus impartial sur le sujet que celui d'un administrateur colonial.

Condescendant, Etienne Aymonier, lui aussi administrateur colonial, et premier explorateur des ruines khmères, juge les Cambodgiens "orfèvres assez habiles" et nous explique que leur Héphaïstos est le Visvakarman, dieu architecte des poèmes indiens, dont le nom khmérisé est Brah Bisnukar : il aurait obtenu après une ascension au ciel les plans d'Angkor Vat. Il était invoqué par les ouvriers avant leur travail. Je suppose que ceux qui ont fabriqué mes cuillères n'étaient pas christianisés, on n'était pas en Cochinchine... Donc on peut supposer qu'ils invoquaient ce dieu avant de travailler...

L'intelligence artificielle m'assure que les ustensiles de cuisine au Cambodge ne sont pas fétichisés.

On ne saura pas ce qu'est devenu Heng-Boun-Xieu à la fin de la colonisation.

 

 

 

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Jerry Tabary, le DJ évangélique

2 Août 2026 , Rédigé par CC Publié dans #down.under, #Christianisme

Une figure du monde du spectacle palois et des milieux évangéliques rencontrée aujourd'hui. au lac de Baudreix. Une interview en 2011 ci dessous. Nous avons parlé de sa vie pendant une heure. Le contenu de son propos était grosso modo le même que dans son interview pour Dieu TV il y a 12 ans. Plutôt que d'écrire un long billet je peux donc directement vous renvoyer à cette interview en cliquant ici.

Un point qu'il ne traite pas dans cette interview mais qu'il a abordé dans des prédications publiques donc je me permets de le faire ici c'est qu'un jour il a refusé de donner la réplique à l'acteur Jean Dujardin dans "I feel good" (tourné à Lescar et à Pau) parce qu'il devait y dire des grossièretés.  Un point intéressant sur la difficile compatibilité entre le monde du spectacle et la fonction religieuse. Connaissant le problème des manipulations spirituelles de la musique par le monde du business, je lui ai aussi demandé si cela ne le gênait pas de diffuser de l'afrohouse dans les soirées nocturnes, mais, à la différence de nombreux exorcistes évangéliques su rle Net, il ne voyait pas de mal dans les ondes diffusées par ce genre de musique.

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Quelques remarques historiques sur l'iridologie

1 Août 2026 , Rédigé par CC

En 1937 on pouvait lire ceci dans un journal local charentais et un autre journal berrichon :

"L’iriscopie a cent ans...

Les yeux, miroirs de la santé

L'œil est la fenêtre de l'âme - cela, on le savait déjà. Mais on sait moins que c'est aussi le miroir de la santé. Une légende curieuse veut que cette science soit née au hasard, il y a un siècle, dans La basse Hongrie. Un adolescent, qui devait devenir\ plus lard un célèbre médecin Ignaz Peczely, aimait jouer avec un hibou apprivoisé. Or, il arriva un jour que l’oiseau enfonça ses griffes si profondément dans le bras de l’enfant que, pour dégager celui-ci, il fallut briser Une patte de la bête. A cet instant précis, Peczely remarqua qu’une ligne venait de se former dans l'œil du hibou, du même côté que, se produisait la fracture. Il en fut frappé et cet incident se fixa dans sa mémoire.

Plus tard, devenu chirurgien, il eut l'occasion de constater, dans les yeux des malades qu’il opérait, des phénomènes analogues. Il en conclut qu’il y avait des rapports étroits entre les forces vitales de l’organisme et l’œil, que les altérations des organes étaient comme projetées sur l'écran de l’iris. Patiemment, Peczely rassembla une abondante documentation : finalement, il repéra exactement les portions de l’œil correspondant aux diverses pur lies du corps et reconnut les signes révélateurs des lésions survenues. C’est alors qu’il acquit rapidement la réputation d’un médecin extraordinaire, qui fait des miracles. Depuis, un peu partout dans le inonde, les chercheurs ont poursuivi l’œuvre et l’iriscopie, désormais, se classe parmi les méthodes de diagnostic les plus rapides et les plus sures. La France a pris sa part dans l’évolution de cette nouvelle science, grâce aux travaux des docteurs Klotz-Guérard, Léon Vannier, Fortier-Bernoville, Walter et de bien d’autres.

A l’occasion de ce centenaire, Je Sais Tout consacre une importante étude à l’iriscopie. D’après les dessins reproduits, on remarque qu il n’est pas une zone de nos yeux qui ne soit en relation avec un organe, même très petit, de notre corps. L’iris idéal est celui dont la couleur est tout à fait homogène, sans raies, sans taches, sans voiles ni nuages. On ne le trouve plus chez les peuples civilisés. Regardez vos yeux dans une glace ou examinez ceux de vos proches : vous serez surpris des perturbations de tout genre subies par les iris. Plus ces troubles sont nombreux, plus l’état de santé est précaire. Lignes blanches, nuages blancs, ' ombres, taches noires, colorations diverses, ont chacun une signification. Leur emplacement permet de déterminer l’organe atteint, tandis que leur forme fournit des indications sur la nature et l’intensité de la maladie. Nous sommes en présence de faits qui ne peuvent être, de bonne foi, contestés. Un simple examen de l’œil peut désormais permettre au médecin, à l’aide d’une loupe, par exemple, non seulement d’établir son diagnostic, mais encore de vérifier l’efficacité , d’un traitement. Voilà donc un centenaire qui pourra être fêté par toute l’humanité souffrante. "

Marie-Claire en 1942 (sous l'Occupation) s'enthousiasmait aussi pour cette iriscopie ou iridiologie considérée aujourd'hui comme une pseudo-science.

L'iridiologie a fait son chemin en Europe centrale, en Suède (vie la pasteur Liljequist), en Allemagne. En 1924 Jean d'Orsay (pseudonyme) pour Le Matin repris par le Nouvelliste d'Alsace rencontrait l'abbé Wagner, curé de Lauterbach dans la Sarre (qui avait une notoriété européenne en la matière) et évoquait en ces termes leur entrevue :

" Comme plusieurs malades l’attendaient, l’abbé Wagner me fit assister à quelques-unes de ses consultations. Chez une jeune fille, dans l’iris bleu de laquelle il me fit distinguer un petit point noirâtre, placé d’une certaine manière, il vit un commencement de cancer à l’estomac; chez un prêtre de ses amis, il diagnostiqua, d’après un cercle jaunâtre autour de la pupille, une hyperacidité assez prononcée de l’estomac; chez un ingénieur de Strasbourg, par un signe aperçu dans le blanc de l'œil droit, un ensablement de la vésicule biliaire; chez d’autres, et suivant des indices variant d'emplacement et de coloration, des varices internes, une hypertrophie du cœur, une congestion du foie, etc„

Remarquez, poursuivit l’abbé Wagner, que j’établis mon diagnostic par l’examen exclusif des yeux, sans le secours d’aucun autre moyen et sans que je touche au malade. Pour moi. en effet, les yeux sont les meilleurs et les plus clairs miroirs du corps humain .

— Avez-vous été appelé en consultation auprès de hauts personnages?

— J ai été mandé au chevet du bey de Tunis, le prédécesseur du souverain actuel et j’avais diagnostiqué chez lui une hypertrophie considérable et incurable du foie, dont il mourut quelque temps après. Une autre fois, un aide de camp vint me chercher de toute urgence pour que je donne mon avis sur l’état désespéré de l’ex-impératrice d'Allemagne, mais lorsque nous arrivâmes à Clèves. une dépêche nous y attendait nous informant du décès de la princesse déchue— et je n’en fus pas très fâché, car comme on avait perdu tout espoir de la sauver, si elle avait succombé après ma visite, les luthériens allemands auraient peut- être insinué que sa mort était due aux maléfices d’un curé sarrois?

L’abbé Wagner m’énuméra encore un certain nombre de personnalités françaises et étrangères qu’il fut prié d’examiner et qu’il a soignées, mais dont je ne me crois pas autorisé à révéler les nom".

L'Action Française allait ironiser sur l'enthousiasme de Jean d'Orsay pour cette science "auxiliaire de la médecine" en disant lui préférer la sobriété des remarques évangéliques sur l'oeil, mais sans guère d'argument à part la méfiance à l'égard du modernisme. L'année 1924 semble avoir été charnière pour la découverte de l'iridiologie en France, puisque même la revue théosophique "Le Voile d'Isis" sous la plume de Louis Redonnel dit Ian Mongoi en parla, mais le numéro de cette revue est introuvable sur le Net (il eût été intéressant de savoir ce qu'en pensait un ésotériste). La même année le Petit Marseillais braquait le projecteur sur un iridiologue parisien, le Dr Léon Vannier, auteur d'un précis, qui officiait dans ce domaine depuis 1907. et qui complétait cette pratique avec l'usage d'un iriscope et d'un irisgraphe. En 1931 Vannier, directeur de la Société Homéopathique homéopathique (il dirigeait la revue L'Homéopathie française) se disait, dans une conférence, ouvert à l'astrologie médicale.

La pratique fait penser aux guérisons par phrénologie ou chirologie. Sur le lien entre iridiologie et chirologcie, Point de vue, Images du monde, en 1948, racontait ceci : "L’iriscopie permet de déceler, dans les taches, les nuages, es traits qui s’inscrivent dans l’iris de l’œil, les maladies qui atteignent, ou risquent d’atteindre, les organes correspondant à la partie de l’iris où se tient le phénomène. Le docteur Vannier affirme qu’il peut même déceler dans l’iris d’un homme sain le signe avant-coureur de la maladie qui va se déclarer quelques jours ou quelques semaines plus tard. — Cela semble de la magie, observent d’autres homéopathes, qui ne partagent pas tous la foi du docteur Vannier dans l’iriscopie. Pourtant, un autre nous conte l’étonnante histoire d’un haut fonctionnaire des beaux-arts qui vint un jour trouver le docteur Vannier. Ayant pris un moulage de la main de son fils, âgé de deux ans, un chirologue avait vu, inscrit dans les lignes de la paume, le signe évident qu’un accident mortel abrégerait, à quatre ans, la vie de l’enfant. Le docteur Vannier examine le garçon, qui semble se porter parfaitement.  Pourtant, lorsque l’enfant approche de la quatrième année, il maigrit. Les parents, affolés, le conduisent de nouveau chez le docteur Vannier, qui l’examine sans rien trouver d’anormal. Mais, à l’iriscope, il distingue une légère brume qui voile la partie de son iris correspondant au poumon. Un traitement homéopathique, aussitôt institué, enraye l’amaigrissement. Et, peu à peu, tandis que l’enfant prospère normalement, s’efface de sa main le signe fatal qu’une intervention, devançant l’arrivée de la maladie, a peut-être rendu sans objet... Lorsqu’il s’agit de passer de la découverte de la maladie à son traitement, la technique homéopathique est tout aussi complexe. Le médicament ne possède que deux formes : une petite boule blanche, luisante et ronde, au goût sucré ; une fiole d’un liquide transparent, inodore et sans saveur. "

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New kid in town

31 Juillet 2026 , Rédigé par CC Publié dans #Anthropologie du corps, #Shivaïsme yoga tantrisme, #Spiritualités de l'amour, #Philosophie

Il y a une nouvelle tantrika en Béarn (mon "pagus" d'origine) : Valérie Lavie. Dans la vidéo ci-dessous elle explique qu'il est très bien de "désérotiser" la sexualité. Je ne suis pas convaincu que cela vaille mieux que ces publicités (j'en voyais encore une dans la rue ce matin) où une mannequin aux jambes nues fusille du regard le passant (depuis MeToo, le corps féminin doit être nécessairement agressif et conquérant - pour échapper à la l'objectivation, il doit réduire au statut d'objet méprisé celui qui le regarde).

La raison pour laquelle cela ne me convainc pas, c'est que cela procède d'une vulgate fausse : on nous explique qu'il y aurait un paradigme judéochrétien erroné  fondé sur la haine du corps, auquel s'opposerait une vision transgressive du sexe tout aussi fausse, car au fond trop cérébrale. Cela me paraît infondé. Car le tabou sexuel est universel et antérieur au christianisme. D'autre part la dimension politiquement transgressive de la libération du corps elle aussi est antérieure au christianisme (voyez par exemple les cyniques grecs). Ensuite cette volonté de neutraliser le cerveau est suspecte. Quand j'entends Valérie Lavie, je retrouve un propos d'une tantrika que j'avais interrogée il y a 13 ou 14 ans qui disait que ce qui était génial c'était de "partir dans les énergies" de la personne massée. Valérie Lavie met des mots plus précis sur cette notion. Mais cela rejoint un fantasme de désindividuation qui rappelle la "Naissance de la Tragédie" de Nietzsche et, au delà, Schopenhauer. Fantasme en phase avec l'asservissement technocratique actuel (par l'IA et autre). Je ne crois pas, pour ma part, que la suspension du cerveau soit désirable. Il y a peut-être plus d'avenir pour l'humanité du côté de la réhabilitation de la chair, du côté du geste de la femme chez le pharisien qui oint de parfum les pieds du sauveur... Mais ce serait un point long à développer. 

Nous sommes en tout cas très loin du monde d'il y a quatorze ans : le 23 juillet 2012 j'allais interviewer à Tarbes une gogo dancer prête à poser nue avec ses amies pour la promotion de son terroir, idée qui serait totalement inenvisageable aujourd'hui. Mais les avancées du "social impowerment" est loin d'aboutir au moindre point d'équilibre. Depuis Platon on sait bien en Occident que l'on peut utiliser l'attirance entre les corps pour développer quelque chose de positif en l'homme, que ce soit dans l'ordre de la spiritualité "cosmique" ou au moins de la bienveillance intersubjective. Mais je n'ai pas l'impression que l'on progresse en ce moment sur ce chemin. On piétine plutôt.

En parlant de spiritualité de l'amour, j'apprends que dans un nouveau livre, Peter Kingsley, dont j'ai déjà parlé sur ce blog, s'adresse aux gens qui ont l'impression d'échouer sur le plan spirituel. C'est un livre pour moi...

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Simondon, la technique et l'individuation

1 Juillet 2026 , Rédigé par CC Publié dans #Philosophie, #Médiums, #Alchimie, #Spiritualités de l'amour

Vous savez qu'avec mon livre "Individualité et subjectivité chez Nietzsche" j'avais, très tôt dans mon itinéraire intellectuel (puisque j'avais 21 ans quand j'en écrivis l'ossature, interrogé la question de la trans-individuation, qui me travaillait à l'époque.

Je pense que je n'ai jamais renoncé à cette question, par exemple quand j'ai interrogé l'action à distance et la sympathie de Paulin de Nole à Sadghuru en passant par Montaigne (avec une racine stoïcienne très marquée).

On voit bien que cette thématique se retrouve dans la pré-individuation de Simondon, thème que Nicolas Dittmar, spécialiste de Comenius (un auteur très influencé par une médium, et de la guérison symbolique (sic) ici met en perspective avec la phénoménologie (évidemment)  et ici en rapport avec les pré-socratiques dans un dialogue avec les nietzschéo-matérialistes.

Ce soir je lisais les réflexions de Giorgio Griziotti de l'école polytechnique de Milan sur l'état de la spiritualité face au nouveau tournant anthropologique de la technologie qui fait un usage intéressant de Simondon pour penser le temps présent

Simondon (dans Du mode d'existence des objets technique 1958) pose que les objets techniques au même moment que la religion sont nés d'une objectivation des lieux magiques émergeant du fond  du monde primitif. L’univers magique est structuré selon la  plus primitive et la plus prégnante des organisations : celle de la réticulation du monde 
en lieux privilégiés et moments privilégiés. 

Avec la technique et la religion les points-clés du monde se  détachent du fond, dit Griziotti, pour devenir la technicité qui se cristallise dans un objet instrumental  et efficace fonctionnant partout et à tout moment, pendant que le fond devient abstrait  et se subjective en se personnifiant dans les formes du divin, du sacré et de la religion. 

En devenant des objets techniques, les points clés du monde  magique préhistorique perdent "leur capacité à former un réseau et leur pouvoir  d'influence à distance sur la réalité qui les entoure." 

Sous l’avancée du  capitalisme cognitif, ils ont tendance à se réorganiser en réseau et à se reconstituer en une nouvelle unité, émerge un contexte  où les objets techniques actuels (par exemple les dispositifs des TIC et les réseaux)  intègrent le «fond» (l'univers espace-temps) rétablissant ainsi, en quelque sorte, l'unité 
originelle.

Avec Agamben, nous pourrions dire, estime Griziotti, que nous sommes confrontés à une  technique sacrée, qui "est placée en dehors de la juridiction humaine sans pour autant  passer par celle du divin."

En se subjectivant et en "profanant " le rôle depuis toujours affecté au divin, la pensée  technique capitaliste pousse inconsciemment celui-ci à opérer une régression vers les  valeurs archaïques avec tous les moyens à sa disposition. Comme si la subjectivation  religieuse essayait de récupérer sa propre vocation primitive d'exigence de totalité  qu'elle sent lui échapper.

Je ne suis pas convaincu de la pertinence de l'exposé de Griziotti qui me semble frappé au coin de la facilité rhétorique. Mais cela donne envie de lire Simondon, que je connais mal.

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Nietzsche sur Le Bon Coin

25 Juin 2026 , Rédigé par CC Publié dans #Christophe, #Publications et commentaires, #Otium cum dignitate

Aujourd'hui mon vieux livre sur Nietzsche est en vente sur Le Bon Coin à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Le vendeur, Olivier, est un amateur de Nietzsche et Schopenhauer (d'après les articles qu'il a déjà vendus sur le même site). Il a aussi vendu sa collection d'Astérix reliée, ses cassettes d'Eurythmics et de Joan Baez... Peut-être a-t-il tiré un trait sur ses jeunes amours philosophiques, peut-être s'est-il converti à la scientologie ou au marxisme comme Olivier Todd. 

Savoir qu'un particulier vous a lu puis vous revend est toujours plus intéressant que d'être cité dans un article académique (par exemple le même livre sur Nietzsche est cité par la féministe canadienne Christine Daigle dans son livre de 2021 "Nietzsche as Phenomenologist") ou même sur Wikipédia (par exemple ici à propos de la déesse Héra). Quand on vous cite à l'appui d'un sujet quelconque, on ne mentionne qu'une ligne de vous, on vous sousexploite. La personne qui m'a acheté et revendu, elle, a peut-être fait un usage moins utilitariste de mon texte. Elle l'a peut-être lu plus longuement, l'ouvrage l'aura peut-être davantage interrogée... Allez savoir

Par ailleurs sur le même site Le Bon Coin la librairie Ammareal de Morangis dans l'Essonne destocke mes livres des éditions du Cygne. Celui sur la nudité vaut 82 euros d'occasion ! N'est-ce point étrange quand l'éditeur le vend à 20 ? Il est vrai qu'Amazon le vend à 52 euros... Alors qu'Amazon vend neuf mon livre sur les tubes des années 1980 pour 15 euros. Je ne m'explique pas pourquoi... Histoire de boutiquiers...

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Les "anciens astronautes " du monastère serbe de Decani

21 Juin 2026 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète, #Christianisme

Vous savez que depuis mon engagement contre l'ingérence de l'OTAN en Serbie en 1998-1999, je suis resté affectivement attaqué à ce pays, quoique je n'y sois pas retourné depuis lors. Ma première publication chez L'Harmattan fut en rapport avec ce pays, où je ne suis cependant pas retourné depuis 2006. 

J'ai appris aujourd'hui une information intriguante à propos du monastère orthodoxe de Visoki Decani au Kosovo (qui suscitait bien des inquiétudes en 1999-2000 quand l'UCK avait pris le pouvoir au Kosovo (le 27 juin 2000 il avait reçu des obus, et le 22 juillet suivant des grenades, alors que le monastère était sous contrôle du contingent italien de la KFOR). Ils 'y trouve une belle fresque du Christ Pancrator dans l'église du monastère, peinte en 1347-1348, 20 ans après le début de la construction du monastère. Dans cette fresque, beaucoup d'ufologues dans la lignée de Erich von Däniken (dont je parle dans mon livre sur les Nephilim), croient voir des extraterrestres dans deux capsules autour du Christ en croix (cf ci-dessus).  Dragana Van de Moortel-Ilic, professeure d'astrologie à Oxford, dans cet article, raconte l'histoire de cette interprétation : le mérite en revient à l'étudiant en art Aleksandar Paunović, en 1964. La revue Spoutnik en France popularisa cette hypothèse.

En 2015, Milan Dimitrijevic de l'observatoire astronomique de Belgrade associé à Igor Stojic, Edi Bon et Vesna Mijatovic appellent à plus de prudence. Ils citent Srdan Djuric, en 1989, un article "The Representations of Sun and Moon at Decani" tiré de sa contribution à la Conférence scientifique organisée pour les 650 ans du monastère qui s'était tenue en 1985, Selon Djuric, la capsule à gauche représenterait le soleil avec six rayons, celle de droite la lune avec trois rayons. Dans le soleil se tient le jeune Hélios torse nu et portant un chiton. Dans la lune Séléné, torse nu elle aussi. 

Il semble que le modèle de cette représentation vienne de l'église Notre Dame de Ljeviska à Prizren (Kosovo et Metochie) dont les peintures sont de 1308-1314. La représentation du soleil et de la lune sont présentes dans la crucifixion depuis les représentations du 6e siècle dans l'iconographie orientale. L'un et l'autre sont d'ordinaire peints dans des médaillons ronds mais sans rayons. Jusqu'à la renaissance, dans les traités astrologiques, le soleil était représenté dans un cercle à un rayon, comme une larme.

L'ajout des rayons à l'église de Prizren pourrait être lié au passage de la comète d'Halley en 1301. De 1303 à 1306, Giotto peint l'étoile de Bethléem comme une comète à la chapelle des Scrovegni à Padoue.

Van de Moortel-Ilic  précise que les traditions serbes peuvent expliquer les personnages encapsulés : au IXe siècle, il convient de s'intéresser aux croyances populaires serbes. Selon Nenad Janković, avant d'adopter le christianisme, les Serbes croyaient que les phénomènes naturels étaient liés à différentes divinités une croyance qui s'est dégradé ensuite en une idée qque le Soleil et la Lune étaient aidés quotidiennement par des « serviteurs du Dieu » à monter et descendre dans le ciel, et que ces serviteurs réveillaient également toutes les étoiles la nuit.

On voit bien donc que l'hypothèse de "vaisseaux spatiaux" représentés à Decani est extrêmement peu probable et que les capsules peuvent s'expliquer par des codes culturels byzantins médiévaux combinés aux effets du passage de la comète de Haley. Mais je trouve qu'il reste une forte interrogation sur les personnages dans les capsules... Passe encore que l'on puisse penser que celui de gauche dans le soleil porte un chiton, ce qui cependant ne permet pas d'en conclure automatiquement qu'il s'agisse d'Helios. Mais une Séléné torse nu, là, pour y croire, il faudrait que les universitaires nous montrent d'autres représentations de cette déesse dans cette tenue... et cela semble d'autant moins probable dans un univers chrétien...

 

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Le roi David et l'ufologie

7 Juin 2026 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète

L'ufologue Coilhac dont les analyses sur les statues de Versailles m'avaient impressionné en 2025, attire l'attention de ses abonnés sur la présence centrale du roi David dans les galeries royales des cathédrales d'Amiens, Chartres, Reims et Paris. Il rappelle qu'une lecture ufologique peut être faite du Psaume 18 qui lui est attribué, à partir du verset 7. Cela rejoint aussi la problématique de l'arche d'alliance qui accomplissait des prodiges, ce qui fait penser à la littérature de Jérôme Manierski.

A rapprocher de l'anticipation des aéroplanes dans Apocalypse 9 selon l'ingénieur Baraduc-Muller en 1925.

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