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Jerry Tabary
Une figure du monde du spectacle palois et des milieux évangéliques rencontrée aujourd'hui. Une interview en 2011 ci dessous.
Quelques remarques historiques sur l'iridologie
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En 1937 on pouvait lire ceci dans un journal local charentais et un autre journal berrichon :
"L’iriscopie a cent ans...
Les yeux, miroirs de la santé
L'œil est la fenêtre de l'âme - cela, on le savait déjà. Mais on sait moins que c'est aussi le miroir de la santé. Une légende curieuse veut que cette science soit née au hasard, il y a un siècle, dans La basse Hongrie. Un adolescent, qui devait devenir\ plus lard un célèbre médecin Ignaz Peczely, aimait jouer avec un hibou apprivoisé. Or, il arriva un jour que l’oiseau enfonça ses griffes si profondément dans le bras de l’enfant que, pour dégager celui-ci, il fallut briser Une patte de la bête. A cet instant précis, Peczely remarqua qu’une ligne venait de se former dans l'œil du hibou, du même côté que, se produisait la fracture. Il en fut frappé et cet incident se fixa dans sa mémoire.
Plus tard, devenu chirurgien, il eut l'occasion de constater, dans les yeux des malades qu’il opérait, des phénomènes analogues. Il en conclut qu’il y avait des rapports étroits entre les forces vitales de l’organisme et l’œil, que les altérations des organes étaient comme projetées sur l'écran de l’iris. Patiemment, Peczely rassembla une abondante documentation : finalement, il repéra exactement les portions de l’œil correspondant aux diverses pur lies du corps et reconnut les signes révélateurs des lésions survenues. C’est alors qu’il acquit rapidement la réputation d’un médecin extraordinaire, qui fait des miracles. Depuis, un peu partout dans le inonde, les chercheurs ont poursuivi l’œuvre et l’iriscopie, désormais, se classe parmi les méthodes de diagnostic les plus rapides et les plus sures. La France a pris sa part dans l’évolution de cette nouvelle science, grâce aux travaux des docteurs Klotz-Guérard, Léon Vannier, Fortier-Bernoville, Walter et de bien d’autres.
A l’occasion de ce centenaire, Je Sais Tout consacre une importante étude à l’iriscopie. D’après les dessins reproduits, on remarque qu il n’est pas une zone de nos yeux qui ne soit en relation avec un organe, même très petit, de notre corps. L’iris idéal est celui dont la couleur est tout à fait homogène, sans raies, sans taches, sans voiles ni nuages. On ne le trouve plus chez les peuples civilisés. Regardez vos yeux dans une glace ou examinez ceux de vos proches : vous serez surpris des perturbations de tout genre subies par les iris. Plus ces troubles sont nombreux, plus l’état de santé est précaire. Lignes blanches, nuages blancs, ' ombres, taches noires, colorations diverses, ont chacun une signification. Leur emplacement permet de déterminer l’organe atteint, tandis que leur forme fournit des indications sur la nature et l’intensité de la maladie. Nous sommes en présence de faits qui ne peuvent être, de bonne foi, contestés. Un simple examen de l’œil peut désormais permettre au médecin, à l’aide d’une loupe, par exemple, non seulement d’établir son diagnostic, mais encore de vérifier l’efficacité , d’un traitement. Voilà donc un centenaire qui pourra être fêté par toute l’humanité souffrante. "
Marie-Claire en 1942 (sous l'Occupation) s'enthousiasmait aussi pour cette iriscopie ou iridiologie considérée aujourd'hui comme une pseudo-science.
L'iridiologie a fait son chemin en Europe centrale, en Suède (vie la pasteur Liljequist), en Allemagne. En 1924 Jean d'Orsay (pseudonyme) pour Le Matin repris par le Nouvelliste d'Alsace rencontrait l'abbé Wagner, curé de Lauterbach dans la Sarre (qui avait une notoriété européenne en la matière) et évoquait en ces termes leur entrevue :
" Comme plusieurs malades l’attendaient, l’abbé Wagner me fit assister à quelques-unes de ses consultations. Chez une jeune fille, dans l’iris bleu de laquelle il me fit distinguer un petit point noirâtre, placé d’une certaine manière, il vit un commencement de cancer à l’estomac; chez un prêtre de ses amis, il diagnostiqua, d’après un cercle jaunâtre autour de la pupille, une hyperacidité assez prononcée de l’estomac; chez un ingénieur de Strasbourg, par un signe aperçu dans le blanc de l'œil droit, un ensablement de la vésicule biliaire; chez d’autres, et suivant des indices variant d'emplacement et de coloration, des varices internes, une hypertrophie du cœur, une congestion du foie, etc„
Remarquez, poursuivit l’abbé Wagner, que j’établis mon diagnostic par l’examen exclusif des yeux, sans le secours d’aucun autre moyen et sans que je touche au malade. Pour moi. en effet, les yeux sont les meilleurs et les plus clairs miroirs du corps humain .
— Avez-vous été appelé en consultation auprès de hauts personnages?
— J ai été mandé au chevet du bey de Tunis, le prédécesseur du souverain actuel et j’avais diagnostiqué chez lui une hypertrophie considérable et incurable du foie, dont il mourut quelque temps après. Une autre fois, un aide de camp vint me chercher de toute urgence pour que je donne mon avis sur l’état désespéré de l’ex-impératrice d'Allemagne, mais lorsque nous arrivâmes à Clèves. une dépêche nous y attendait nous informant du décès de la princesse déchue— et je n’en fus pas très fâché, car comme on avait perdu tout espoir de la sauver, si elle avait succombé après ma visite, les luthériens allemands auraient peut- être insinué que sa mort était due aux maléfices d’un curé sarrois?
L’abbé Wagner m’énuméra encore un certain nombre de personnalités françaises et étrangères qu’il fut prié d’examiner et qu’il a soignées, mais dont je ne me crois pas autorisé à révéler les nom".
L'Action Française allait ironiser sur l'enthousiasme de Jean d'Orsay pour cette science "auxiliaire de la médecine" en disant lui préférer la sobriété des remarques évangéliques sur l'oeil, mais sans guère d'argument à part la méfiance à l'égard du modernisme. L'année 1924 semble avoir été charnière pour la découverte de l'iridiologie en France, puisque même la revue théosophique "Le Voile d'Isis" sous la plume de Louis Redonnel dit Ian Mongoi en parla, mais le numéro de cette revue est introuvable sur le Net (il eût été intéressant de savoir ce qu'en pensait un ésotériste). La même année le Petit Marseillais braquait le projecteur sur un iridiologue parisien, le Dr Léon Vannier, auteur d'un précis, qui officiait dans ce domaine depuis 1907. et qui complétait cette pratique avec l'usage d'un iriscope et d'un irisgraphe. En 1931 Vannier, directeur de la Société Homéopathique homéopathique (il dirigeait la revue L'Homéopathie française) se disait, dans une conférence, ouvert à l'astrologie médicale.
La pratique fait penser aux guérisons par phrénologie ou chirologie. Sur le lien entre iridiologie et chirologcie, Point de vue, Images du monde, en 1948, racontait ceci : "L’iriscopie permet de déceler, dans les taches, les nuages, es traits qui s’inscrivent dans l’iris de l’œil, les maladies qui atteignent, ou risquent d’atteindre, les organes correspondant à la partie de l’iris où se tient le phénomène. Le docteur Vannier affirme qu’il peut même déceler dans l’iris d’un homme sain le signe avant-coureur de la maladie qui va se déclarer quelques jours ou quelques semaines plus tard. — Cela semble de la magie, observent d’autres homéopathes, qui ne partagent pas tous la foi du docteur Vannier dans l’iriscopie. Pourtant, un autre nous conte l’étonnante histoire d’un haut fonctionnaire des beaux-arts qui vint un jour trouver le docteur Vannier. Ayant pris un moulage de la main de son fils, âgé de deux ans, un chirologue avait vu, inscrit dans les lignes de la paume, le signe évident qu’un accident mortel abrégerait, à quatre ans, la vie de l’enfant. Le docteur Vannier examine le garçon, qui semble se porter parfaitement. Pourtant, lorsque l’enfant approche de la quatrième année, il maigrit. Les parents, affolés, le conduisent de nouveau chez le docteur Vannier, qui l’examine sans rien trouver d’anormal. Mais, à l’iriscope, il distingue une légère brume qui voile la partie de son iris correspondant au poumon. Un traitement homéopathique, aussitôt institué, enraye l’amaigrissement. Et, peu à peu, tandis que l’enfant prospère normalement, s’efface de sa main le signe fatal qu’une intervention, devançant l’arrivée de la maladie, a peut-être rendu sans objet... Lorsqu’il s’agit de passer de la découverte de la maladie à son traitement, la technique homéopathique est tout aussi complexe. Le médicament ne possède que deux formes : une petite boule blanche, luisante et ronde, au goût sucré ; une fiole d’un liquide transparent, inodore et sans saveur. "
New kid in town
Il y a une nouvelle tantrika en Béarn (mon "pagus" d'origine) : Valérie Lavie. Dans la vidéo ci-dessous elle explique qu'il est très bien de "désérotiser" la sexualité. Je ne suis pas convaincu que cela vaille mieux que ces publicités (j'en voyais encore une dans la rue ce matin) où une mannequin aux jambes nues fusille du regard le passant (depuis MeToo, le corps féminin doit être nécessairement agressif et conquérant - pour échapper à la l'objectivation, il doit réduire au statut d'objet méprisé celui qui le regarde).
La raison pour laquelle cela ne me convainc pas, c'est que cela procède d'une vulgate fausse : on nous explique qu'il y aurait un paradigme judéochrétien erroné fondé sur la haine du corps, auquel s'opposerait une vision transgressive du sexe tout aussi fausse, car au fond trop cérébrale. Cela me paraît infondé. Car le tabou sexuel est universel et antérieur au christianisme. D'autre part la dimension politiquement transgressive de la libération du corps elle aussi est antérieure au christianisme (voyez par exemple les cyniques grecs). Ensuite cette volonté de neutraliser le cerveau est suspecte. Quand j'entends Valérie Lavie, je retrouve un propos d'une tantrika que j'avais interrogée il y a 13 ou 14 ans qui disait que ce qui était génial c'était de "partir dans les énergies" de la personne massée. Valérie Lavie met des mots plus précis sur cette notion. Mais cela rejoint un fantasme de désindividuation qui rappelle la "Naissance de la Tragédie" de Nietzsche et, au delà, Schopenhauer. Fantasme en phase avec l'asservissement technocratique actuel (par l'IA et autre). Je ne crois pas, pour ma part, que la suspension du cerveau soit désirable. Il y a peut-être plus d'avenir pour l'humanité du côté de la réhabilitation de la chair, du côté du geste de la femme chez le pharisien qui oint de parfum les pieds du sauveur... Mais ce serait un point long à développer.
Nous sommes en tout cas très loin du monde d'il y a quatorze ans : le 23 juillet 2012 j'allais interviewer à Tarbes une gogo dancer prête à poser nue avec ses amies pour la promotion de son terroir, idée qui serait totalement inenvisageable aujourd'hui. Mais les avancées du "social impowerment" est loin d'aboutir au moindre point d'équilibre. Depuis Platon on sait bien en Occident que l'on peut utiliser l'attirance entre les corps pour développer quelque chose de positif en l'homme, que ce soit dans l'ordre de la spiritualité "cosmique" ou au moins de la bienveillance intersubjective. Mais je n'ai pas l'impression que l'on progresse en ce moment sur ce chemin. On piétine plutôt.
En parlant de spiritualité de l'amour, j'apprends que dans un nouveau livre, Peter Kingsley, dont j'ai déjà parlé sur ce blog, s'adresse aux gens qui ont l'impression d'échouer sur le plan spirituel. C'est un livre pour moi...
Simondon, la technique et l'individuation
Vous savez qu'avec mon livre "Individualité et subjectivité chez Nietzsche" j'avais, très tôt dans mon itinéraire intellectuel (puisque j'avais 21 ans quand j'en écrivis l'ossature, interrogé la question de la trans-individuation, qui me travaillait à l'époque.
Je pense que je n'ai jamais renoncé à cette question, par exemple quand j'ai interrogé l'action à distance et la sympathie de Paulin de Nole à Sadghuru en passant par Montaigne (avec une racine stoïcienne très marquée).
On voit bien que cette thématique se retrouve dans la pré-individuation de Simondon, thème que Nicolas Dittmar, spécialiste de Comenius (un auteur très influencé par une médium, et de la guérison symbolique (sic) ici met en perspective avec la phénoménologie (évidemment) et ici en rapport avec les pré-socratiques dans un dialogue avec les nietzschéo-matérialistes.
Ce soir je lisais les réflexions de Giorgio Griziotti de l'école polytechnique de Milan sur l'état de la spiritualité face au nouveau tournant anthropologique de la technologie qui fait un usage intéressant de Simondon pour penser le temps présent
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Simondon (dans Du mode d'existence des objets technique 1958) pose que les objets techniques au même moment que la religion sont nés d'une objectivation des lieux magiques émergeant du fond du monde primitif. L’univers magique est structuré selon la plus primitive et la plus prégnante des organisations : celle de la réticulation du monde
en lieux privilégiés et moments privilégiés.
Avec la technique et la religion les points-clés du monde se détachent du fond, dit Griziotti, pour devenir la technicité qui se cristallise dans un objet instrumental et efficace fonctionnant partout et à tout moment, pendant que le fond devient abstrait et se subjective en se personnifiant dans les formes du divin, du sacré et de la religion.
En devenant des objets techniques, les points clés du monde magique préhistorique perdent "leur capacité à former un réseau et leur pouvoir d'influence à distance sur la réalité qui les entoure."
Sous l’avancée du capitalisme cognitif, ils ont tendance à se réorganiser en réseau et à se reconstituer en une nouvelle unité, émerge un contexte où les objets techniques actuels (par exemple les dispositifs des TIC et les réseaux) intègrent le «fond» (l'univers espace-temps) rétablissant ainsi, en quelque sorte, l'unité
originelle.
Avec Agamben, nous pourrions dire, estime Griziotti, que nous sommes confrontés à une technique sacrée, qui "est placée en dehors de la juridiction humaine sans pour autant passer par celle du divin."
En se subjectivant et en "profanant " le rôle depuis toujours affecté au divin, la pensée technique capitaliste pousse inconsciemment celui-ci à opérer une régression vers les valeurs archaïques avec tous les moyens à sa disposition. Comme si la subjectivation religieuse essayait de récupérer sa propre vocation primitive d'exigence de totalité qu'elle sent lui échapper.
Je ne suis pas convaincu de la pertinence de l'exposé de Griziotti qui me semble frappé au coin de la facilité rhétorique. Mais cela donne envie de lire Simondon, que je connais mal.
Nietzsche sur Le Bon Coin
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Aujourd'hui mon vieux livre sur Nietzsche est en vente sur Le Bon Coin à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Le vendeur, Olivier, est un amateur de Nietzsche et Schopenhauer (d'après les articles qu'il a déjà vendus sur le même site). Il a aussi vendu sa collection d'Astérix reliée, ses cassettes d'Eurythmics et de Joan Baez... Peut-être a-t-il tiré un trait sur ses jeunes amours philosophiques, peut-être s'est-il converti à la scientologie ou au marxisme comme Olivier Todd.
Savoir qu'un particulier vous a lu puis vous revend est toujours plus intéressant que d'être cité dans un article académique (par exemple le même livre sur Nietzsche est cité par la féministe canadienne Christine Daigle dans son livre de 2021 "Nietzsche as Phenomenologist") ou même sur Wikipédia (par exemple ici à propos de la déesse Héra). Quand on vous cite à l'appui d'un sujet quelconque, on ne mentionne qu'une ligne de vous, on vous sousexploite. La personne qui m'a acheté et revendu, elle, a peut-être fait un usage moins utilitariste de mon texte. Elle l'a peut-être lu plus longuement, l'ouvrage l'aura peut-être davantage interrogée... Allez savoir
Par ailleurs sur le même site Le Bon Coin la librairie Ammareal de Morangis dans l'Essonne destocke mes livres des éditions du Cygne. Celui sur la nudité vaut 82 euros d'occasion ! N'est-ce point étrange quand l'éditeur le vend à 20 ? Il est vrai qu'Amazon le vend à 52 euros... Alors qu'Amazon vend neuf mon livre sur les tubes des années 1980 pour 15 euros. Je ne m'explique pas pourquoi... Histoire de boutiquiers...
Les "anciens astronautes " du monastère serbe de Decani
Vous savez que depuis mon engagement contre l'ingérence de l'OTAN en Serbie en 1998-1999, je suis resté affectivement attaqué à ce pays, quoique je n'y sois pas retourné depuis lors. Ma première publication chez L'Harmattan fut en rapport avec ce pays, où je ne suis cependant pas retourné depuis 2006.
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J'ai appris aujourd'hui une information intriguante à propos du monastère orthodoxe de Visoki Decani au Kosovo (qui suscitait bien des inquiétudes en 1999-2000 quand l'UCK avait pris le pouvoir au Kosovo (le 27 juin 2000 il avait reçu des obus, et le 22 juillet suivant des grenades, alors que le monastère était sous contrôle du contingent italien de la KFOR). Ils 'y trouve une belle fresque du Christ Pancrator dans l'église du monastère, peinte en 1347-1348, 20 ans après le début de la construction du monastère. Dans cette fresque, beaucoup d'ufologues dans la lignée de Erich von Däniken (dont je parle dans mon livre sur les Nephilim), croient voir des extraterrestres dans deux capsules autour du Christ en croix (cf ci-dessus). Dragana Van de Moortel-Ilic, professeure d'astrologie à Oxford, dans cet article, raconte l'histoire de cette interprétation : le mérite en revient à l'étudiant en art Aleksandar Paunović, en 1964. La revue Spoutnik en France popularisa cette hypothèse.
En 2015, Milan Dimitrijevic de l'observatoire astronomique de Belgrade associé à Igor Stojic, Edi Bon et Vesna Mijatovic appellent à plus de prudence. Ils citent Srdan Djuric, en 1989, un article "The Representations of Sun and Moon at Decani" tiré de sa contribution à la Conférence scientifique organisée pour les 650 ans du monastère qui s'était tenue en 1985, Selon Djuric, la capsule à gauche représenterait le soleil avec six rayons, celle de droite la lune avec trois rayons. Dans le soleil se tient le jeune Hélios torse nu et portant un chiton. Dans la lune Séléné, torse nu elle aussi.
Il semble que le modèle de cette représentation vienne de l'église Notre Dame de Ljeviska à Prizren (Kosovo et Metochie) dont les peintures sont de 1308-1314. La représentation du soleil et de la lune sont présentes dans la crucifixion depuis les représentations du 6e siècle dans l'iconographie orientale. L'un et l'autre sont d'ordinaire peints dans des médaillons ronds mais sans rayons. Jusqu'à la renaissance, dans les traités astrologiques, le soleil était représenté dans un cercle à un rayon, comme une larme.
L'ajout des rayons à l'église de Prizren pourrait être lié au passage de la comète d'Halley en 1301. De 1303 à 1306, Giotto peint l'étoile de Bethléem comme une comète à la chapelle des Scrovegni à Padoue.
Van de Moortel-Ilic précise que les traditions serbes peuvent expliquer les personnages encapsulés : au IXe siècle, il convient de s'intéresser aux croyances populaires serbes. Selon Nenad Janković, avant d'adopter le christianisme, les Serbes croyaient que les phénomènes naturels étaient liés à différentes divinités une croyance qui s'est dégradé ensuite en une idée qque le Soleil et la Lune étaient aidés quotidiennement par des « serviteurs du Dieu » à monter et descendre dans le ciel, et que ces serviteurs réveillaient également toutes les étoiles la nuit.
On voit bien donc que l'hypothèse de "vaisseaux spatiaux" représentés à Decani est extrêmement peu probable et que les capsules peuvent s'expliquer par des codes culturels byzantins médiévaux combinés aux effets du passage de la comète de Haley. Mais je trouve qu'il reste une forte interrogation sur les personnages dans les capsules... Passe encore que l'on puisse penser que celui de gauche dans le soleil porte un chiton, ce qui cependant ne permet pas d'en conclure automatiquement qu'il s'agisse d'Helios. Mais une Séléné torse nu, là, pour y croire, il faudrait que les universitaires nous montrent d'autres représentations de cette déesse dans cette tenue... et cela semble d'autant moins probable dans un univers chrétien...
Le roi David et l'ufologie
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L'ufologue Coilhac dont les analyses sur les statues de Versailles m'avaient impressionné en 2025, attire l'attention de ses abonnés sur la présence centrale du roi David dans les galeries royales des cathédrales d'Amiens, Chartres, Reims et Paris. Il rappelle qu'une lecture ufologique peut être faite du Psaume 18 qui lui est attribué, à partir du verset 7. Cela rejoint aussi la problématique de l'arche d'alliance qui accomplissait des prodiges, ce qui fait penser à la littérature de Jérôme Manierski.
A rapprocher de l'anticipation des aéroplanes dans Apocalypse 9 selon l'ingénieur Baraduc-Muller en 1925.
Révisionnisme historique 2 : la première évangélisation de la Chine
Après le révisionnisme chrétien sur l'histoire de la Gaule et celle du bouddhisme, en voici un autre exemple : autour de l'évangélisation de la Chine.
Voici une conférence d'un certain Francis Lapierre, diacre permanent du diocèse de Nanterre, docteur ès sciences, ex-spécialiste du domaine de l'offshore pétrolier à la retraite. Il se fait le vulgarisateur de l'ingénieur de chez Dassault Pierre Perrier (né en 1935) qui, en Chine, dans les années 1980, a découvert les travaux du Professeur chrétien Wei-Fan Wang (1927-2015), professeur du séminaire catholique de Nankin, qui soutient que les bas-reliefs de Kong Wang Shan dans l’enceinte de l’ancienne ville portuaire de Lianyun ne témoignent pas de l'arrivée du bouddhisme en Chine mais d'une évangélisation au 1er siècle de notre ère.
Commandée par le prince Liu Ying, demi-frère de l'empereur Han Mingdi (28-75), selon Shueh-Ying Liao, du CNRS, qui a participé à un colloque sur le sujet en octobre 2021 au Vatican, «c’est la plus ancienne frise conservée en Chine actuellement». Liu Ying est présenté comme un sponsor du bouddhisme, mais l'historiographie dominante aurait pu confondre ici bouddhisme et christianisme. L'histoire repose sur le songe de Mingdi représenté sur la frise qui aurait reçu la visite nocturne en 64 d'un homme immatériel auréolé, représentée sur la frise comme un parthe. Ce n'est pas un chinois. Il lui aurait dit d'envoyer en Inde des bâteaux pour y prendre des représentants de la religion "de la lumière". Qon frère s'en charge ayant eu le gouvernorat du port de Lianyun .
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Wang avait remarqué des vêtements étrangers, des croix sur la frise de. Perrier ira dans le même sens qui repèrera de l'araméen. Le père Yen Martin, jésuite (1919-2009) avait déjà eu cette idée sans connaître Kong Wang Shan à partir d'un travail sur archives. Wang n'a publié sa note sur le sujet qu'en 2002 quand il était à la retraite, on peut la lire ici (site de l'université catholique de Lyon) en anglais. Il y précise qu'un sien collègue de Xuzhou avait attiré son attention sir le fait que le musée de Xuzhou sur la Mer Jaune au sud de Pékincontient beaucoup de pièces moyen-orientales, notammentd es gravures sur pierre où l'on voit un phénix, le mot ichthys en grec trouvés sur une tombe de l'époque han qui porte la mention "7e jour du 3e mois de l'année de Yuan-he" soit l'année 86. D'autres gravures montrent des scènes qu'on peut estimer bibliques.
Cet argument est mobilisé au service de l'hypothèse d'une venue de Saint-Thomas en Chine.
Je mets aussi en dessous une conférence du P. Edouard-Marie Gallez (né en 1957), plus connu pour ses travaux sur les origines de l'Islam.