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Articles récents

L'ascétisme chez les païens : Hochmaea au Liban

25 Avril 2026 , Rédigé par CC

Charles Clermont-Ganneau (1846-1923) cite en 1912 cette dédicace du IIe siècle retrouvée à Niha (Zahle) dans la plaine de la Bekaa au Liban :" Hochmaea, vierge consacrée au dieu Hadaran ; parce qu'elle s'est  abstenue de pain vingt années durant sur l'odre du dieu lui-même, elle a accompli son voeu. Hochmaea a accompli son voeu envers le dieu Had(a)ran". Hadaran ou Hadad est le dieu syrien de l'orage. Hochmaea (si c'est la même) est aussi décrite dans une autre dédicace comme une prêtresse d'Atargatis.

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Les sciapodes, vision d'une alter-humanité exotique

24 Avril 2026 , Rédigé par CC Publié dans #Anthropologie du corps, #Histoire secrète

On lit dans Histoires naturelles de Pline l'Ancien (livre 7, chap 2) à propos de l'Inde : "Ctésias a écrit que dans beaucoup de montagnes une race d'hommes à têtes de chien s'habille avec des peaux de bête, aboie au lieu de parler, et, armée de griffes, se nourrit du produit de sa chasse sur les quadrupèdes et les oiseaux : il ajoute qu'il y en avait plus de 120.000 en moment où il écrivait ; il rapporte aussi que dans une certaine nation indienne les femmes n'engendrent qu'une fois dans leur vie, et que leurs enfants prennent aussitôt une chevelure blanche.

[16] Il parle aussi d'hommes appelés Monocoles (monos, unique, kôlon, jambe), qui n'ont qu'une jambe et qui sautent avec une agilité extrême ; il dit qu'on les nomme aussi Sciapodes σκιαποδες (skia, ombre, pous, pied), parce que dans les grandes chaleurs, couchés par terre sur le dos, ils se détendent du soleil par l'ombre de leur pied ; qu'ils ne sont pas loin des Troglodytes ; et que près d'eux, à l'occident, se trouvent d'autres hommes qui, privés de cou, ont les yeux dans les épaules."

Pline fait référence ici à Ctésias médecin d'Artaxerxès.

Carl A. P. Ruck dans Persephone's Quest estime, sur la base de l'allusion qu'y fait Aristophane dans les Oiseaux,, que les Sciapodes venus d'Inde sont une version hellénique de la divinité indo-européenne du Soma, le pied unique étant celui du champignon. L'aptitude du champignon à se transformer en petites créatures à une seule jambe est attestée dans plusieurs traditions chamaniques. Ceci explique que les Sciapodes soient mentionnés pour la première fois par Scylax de Caryanda auteur d'un récit de voyage en Inde antérieur à celui de Ctésias (il avait effectué une mission d'exploration pour Darius).  Pour une interprétation plus psychologique du mythe voir l'archéologue suisse Waldemar Deonna.

L'histoire a été reprise par Strabon, Pomponius Mela, Isidore de Séville etc. Saint Augustin s'est interrogé sur l'humanité des cynocéphales et des sciapodes. Plusieurs savants au Moyen-Age les citent.

Au niveau iconographique il y a un sciapode sur un chapiteau de l'église priorale d'Anzy-le-Duc en Saone-et-Loire (XIIe siècle et après), à l'église romane de Saint-Parize-le-Châtel, ou encore à la cathédrale Saint-Etienne de Sens. La Mappa Mundi de Hereford (vers 1300), est l'une des plus grandes cartes du monde médiévales qui nous soient parvenues, montre deux sciapodes, un en Inde et un à l'extrémité sud du monde. On en voit aussi un dans un manuscrit de Laurent de Premierfait traducteur de "Des cas des nobles hommes et femmes" de Boccace de Munich du XVe siècle (bibliothèque Mazarine), ou dans une Bible de la bibliothèque municipale de Chambéry de 1200, dans un manuscrit de Dijon, dans le Spaeculum Historiale de Jean de Beauvais et encore dans le Breviarium ad usum Sancti Sepulcri Cameracensis, oeuvre commandée par le neveu du cardinal d'Ailly (1351-1420) dont son oncle eut la possession de son vivant (D'Ailly est bien connu des lecteurs de ce blog). La version qui circule le plus souvent sur le Net est une illustration des Chroniques de Nuremberg, œuvre du médecin allemand Hartmann Schedel, au tournant de 1500 .

Hors de France, on peut aussi citer le Conoscimiento de todos los reynos e tierras e senorios que son por el mundo du franciscain espagnol (1350) au niveau du récit sur les Canaries et Madère.  ou le livre de Jean de Mandeville publié à Liège vers 1355. Le XIVe siècle, période des grandes explorations, ne pouvait qu'être celle de la grande mode des sciapodes.

Si l'on suppose avec Ruck que cette crypto-humanité ou alter-humanité vue sous enthéogènes était une sorte de transition chamanique entre le végétal et l'humain (un "devenir-humain" du champignon comme aurait dit Deleuze que je cite à dessein ici car on commence à saisir depuis peu le rapport de ce philosophe à l'ésotérisme), on peut s'interroger sur la signification de sa prégnance en Occident, chez les Grecs, les Romains, dans l'Europe médiévale et son niveau de réalité à l'heure où une approche quantique de l'ontologie ébranle nos certitudes sur l'objectivité des choses.  On peut aussi se demander qui ordonnait de sculpter des sciapodes sur les églises romanes (le maçon connaissait-il les sciapodes ? était-ce une instruction de l'évêque du lieu ? faut-il avec Fulcanelli et d'autres créditer les corporations de savoir démesurés, ou de pratiques médiumniques pour les inspirer ?). 

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Les archers surnaturels de la bataille de Mons

18 Avril 2026 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète, #down.under, #Médiums, #Notes de lecture

Le théosophe initié de la Golden Dawn Arthur Machen (dont le béarnais Jean-Paul Toulet traduisit le célèbre ouvrage "Le Grand Dieu Pan" et dont les visions du Mal à l'arrière-plan du monde fascinèrent Jacques Bergier) était revenu au "christianisme celtique" pas très loin du catholicisme et de la quête du Graal lorsqu'il publia dans le journal The Evening News un texte, au début de la Première Guerre mondiale, qui allait marquer l'opinion publique : "Les Archers" (The Bowmen). 

Dans Le Monde Illustré du 11 mars 1916, Louis Léon Théodore Gosselin dit G. Lenotre raconte ainsi la réception du texte de Machen :

"Nos lecteurs connaissent la prudence, je me flatterais presque de dire « la discrétion » avec laquelle nous avons parfois abordé ici les questions de prophéties, d'apparitions ou de miracles. On risque toujours, en effleurant ces sujets, de froisser la respectable crédulité des uns et le scepticisme, non moins susceptible, des autres. Il reste donc entendu que le Monde Illustré n'étant, ni une revue scientifique, ni une feuille de polémique, doit et veut s'abstenir de toute discussion ; mais son rôle de spectateur lui commande de « bien regarder » et parmi tant d'objets divers qui sollicitent, en ces heures épiques, l'attention, il en est de si étranges, — disons de si invraisemblables, — qu'on se refuserait à en faire mention, si l'exemple ne nous était donné par l'une des publications les plus sérieuses et les plus indépendantes de Paris. Ces précautions prises, voici les faits exposés sans commentaires.

Une gazette anglaise, l'Evening News, publiait, le 29 septembre 1914, un conte intitulé The Bowmen (les Archers). Le thème de cette légende était celui-ci : à la bataille de Charleroi, une troupe anglo-française, cernée par l'ennemi dans les environs de Mons, avait été sauvée par l'apparition d'un corps d'archers célestes, à la tête desquels combattait saint Georges.

Nombre de lecteurs, frappés par ce récit, écrivirent à son auteur, M. Arthur Machen, pour lui demander où il avait puisé son affabulation.

M. Machen, ne pouvant répondre individuellement à chacun de ses correspondants, inséra, dans l'Evening news, une note par laquelle il déclarait que son récit était inventé de toutes pièces et qu'il s'agissait là d'une simple fiction.

Or voilà que, de tous côtés, s'élèvent des protestations. De ces nouvelles communications il ressort que rien n'autorise à mettre en doute la parole de l'auteur des Bowmen, mais qu'il n'en est pas moins certain et établi que, avant la publication de ce conte de pure imagination.

Le bruit avait circulé, dans l'armée anglaise, que saint Georges et ses anges étaient apparus aux combattants au cours de la bataille, et que l'assistance des milices célestes avait contribua à assurer la retraite en bon ordre des corps de nos alliés.

Grand émoi au camp des occultistes, — et des autres. Les premiers assuraient la chose possible, et s'appuyaient, pour soutenir cette opinion, sur des précédents vénérables et bibliques ; les seconds se contentaient de ricaner et de hausser les épaules. Un duel de brochures et d'articles, pour ou contre, s'engagea ; protestants, catholiques, théosophes, spirites, sceptiques, se jetèrent dans la mêlée ; les journaux quotidiens eux-mêmes prirent parti ; bref, de ces polémiques résulta une enquête, entreprise par des curieux impartiaux qui purent recueillir des témoignages d'autant plus saisissants qu'ils émanaient de personnes isolées, n'ayant pu concerter entre elles nulle entente préalable.

C'est d'abord celui de miss Phylis Campbell, attachée, en qualité d'infirmière, à un hôpital voisin du front. Un jour qu'elle pansait un fusilier du Lancashire, celui-ci la pria de lui procurer une image ou une médaille de saint Georges. Miss Campbell lui demanda s'il était catholique : le blessé répondit que non ; « qu'il était Méthodiste Wesleyen ; mais qu'il désirait une médaille ou une image de saint Georges parce qu'il avait vu celui-ci conduire sur un cheval blanc les Anglais à Vitry-le-François, quand les alliés se retirèrent ». L'infirmière crut à une divagation, effet de la fièvre ou de l'épuisement : mais un autre blessé, anglais lui aussi, ayant saisi le geste de surprise de miss Campbell, intervint : — « Ce qu'il dit est vrai, sœur, fit-il, nous l'avons tous vu. Il y eut d'abord une sorte de brouillard jaune, comme un rideau, devant les Allemands, alors qu'ils arrivaient au sommet de la colline. je m'empressai de déguerpir...tellement ils étaient nombreux. mais un instant après apparut un nuage lumineux et nous vîmes, en cet endroit même, un homme de haute taille, avec une chevelure blonde, en armure d'or sur un cheval blanc ; il élevait son épée et avait la bouche ouverte. Bref, avant que nous ayons pu tomber sur eux, les Allemands avaient tourné les talons. »

Miss Campbell ne fut pas la seule à récolter des dépositions de ce genre : la directrice de l'hôpital, Mlle d'A., étonnée de ce qu'elle entendait, pour sa part, au chevet de ses blessés, invita les six dames de la Croix-Rouge qui l'assistaient à noter ces confidences. Le soir venu, les six ambulancières se réunirent et comparèrent leurs camets : sauf l'une d'elles qui n'avait dans son service que des Allemands, lesquels ne racontaient rien, toutes les autres rapportaient des témoignages concordants provenant d'une grande diversité de blessés : il y avait, parmi ceux-ci, des officiers d'un grade élevé, un prêtre catholique, des Français, des Anglais, des Belges et même trois fusiliers de la garde hollandaise.

La plupart avaient vu le personnage céleste, portant une armure d'or, ayant la tête découverte et monté sur un cheval blanc. Ce cheval blanc revenait dans tous les lécits : sur l'identité du cavalier les avis dîneraient : les Anglais avaient en lui reconnu saint Georges ; les Français disaient que c'était Jeanne d'Arc — ou saint Michel. Notez que ces témoins arrivaient des points les plus différents du champde bataille, et tous s'accordaient à affirmer que la vision avait opéré en eux une transformation complète, leur désespoir et leur découragement ayant subitement fait place "à un état d'exaltation étrange et de confiance dans la victoire".

Le R. Fielding Ould, vicaire de St-Stephen, reçoit, de son côté, les confidences d'un sergent anglais qui, dans la tranchée avec ses hommes, — où ? — quand ? ces précisions ne sont point données, — voyant-approcher une charge allemande, se tourna vers ses soldats, et leur cria : — « Rappelez-vous saint Georges, pour l'Angleterre ! » Les rangs ennemis, très denses, abordaient à cet instant même le parapet ; tout à coup ils hésitèrent, s'arrêtèrent et prirent la fuite, en laissant quelques prisonniers qui paraissaient stupéfaits et comme « éblouis ». L'un de ceux-ci, ayant repris ses esprits, demanda : -t( Quels sont donc ces cavaliers cuirassésqui ont mené la charge ? Ce ne peuvent être des Belges, ils ne sont pas habillés de cette façon. » Or les Anglais, eux, n'avaient reçu l'aide d'aucuns cavaliers, dont le concours, au surplus, alliait été inadmissible sur ce terrain impraticable.

Un clergyman de Weymouth. le Rev. Lancaster, produit, et lit en chaire, une lettre de soldat relatant que son régiment, poursuivi par un corps important de cavalerie allemande, se réfugia dans une carrière, où l'ennemi le découvrit bientôt. « — A ce moment critique, affirme l'auteur de la dite lettre, sur toute la bordure de la carrière apparut une ligne d'anges qui furent aperçus aussi bien par nous, Anglais, que par les Allemands. Ceux-ci s'arrêtèrent aussitôt, tournèrent bride et se retirèrent au galop ».

C'est encore le témoignage que deux officiers anglais déposèrent entre les mains de miss Marzable. Pendant la retraite, alors qu'ils se replient avec leur compagnie, ils entendent derrière eux le galop des cavaliers allemands qui, en un instant, les enveloppent : les Anglais font face, décidés à résister jusqu'à la mort ; mais, à leur grande stupeur, ils voient, entre eux et l'ennemi, toute une troupe d'anges : les chevaux des Allemands se cabrent et font volte-face.

Un autre précise une date : c'est un brigadier anglais, blessé et transporté dans un hôpital : il atteste « qu'il n'est pas un croyant à ces choses», mais il certifie avoir vu, dans la nuit du 28 août 1914, et tous ses camarades ont vu comme lui, une lueur éclatante dans le ciel où l'on distinguait nettement des formes « munies de quelque chose comme d'ailes ouvertes et qui paraissaient enveloppées de longues draperies tombantes ».

Et voici maintenant un officier supérieur, — anglais toujours, — dont l'Evening news ne peut publier le nom en raison de sa notoriété même. Cet officier, dans la nuit du 27 août, en pleine retraite, après la sanglante bataille du Cateau, suivait, à la tête de sa troupe exténuée, et en compagnie de ses lieutenants, la route conduisant vers Saint-Quentin et Noyon, quand il s'avisa qu'un corps nombreux de cavaliers s'avançait à travers champs et marchait dans la même direction que la colonne, comme pour la protéger dans son repli et écarter d'elle toute attaque ennemie. « La nuit n'était pas très sombre ; je ne dis rien, mais j'observai durant une vingtaine de minutes. Les officiers s'étaient arrêtés. enfin l'un d'eux me demanda si je n'apercevais rien dans les champs. A la halte suivante, un détachement partit en reconnaissance ; mais on ne découvrit rien quoique le même phénomène eût été constaté par plusieurs de nos hommes.

Je suis absolument convaincu d'avoir vu ces cavaliers ; je me sens sûr qu'ils n'existaient pas uniquement dans mon imagination. Je ne tâche pas d'expliquer le mystère, — je me borne à rapporter les faits ».

Je crois inutile de poursuivre la citation de ces témoignages ; tous sont relevés dans une très curieuse et intéressante étude que publie M. C. de Vesme, sous ce titre Armées, flottes et combats fantomatiques, dans les Annales des Sciences psychiques (fascicules de décembre 1915 et janvier 1916). Nos lecteurs n'ignorent pas que le directeur de cette savante publication est M. le professeur Charles Richet, dont le nom est une garantie de bonne foi, de sérieux et de conscience. J'ai reproduit ces divers récits, en les abrégeant quelque peu, mais sans y rien modifier de ce qui fait leur valeur naïve, exempte de tout souci littéraire. Je ne les ai coupés d'aucun commentaire, mais je crois qu'il m'est permis maintenant, sans entamer de discussion de principe, sur le plus ou moins de réalité des faits extraordinaires qui y sont relatés, d'en dire, en fin de compte, ce que j'en pense.

Eh bien, en toute sincérité, je ne puis rien y démêler. On aura remarqué un désaccord frappant entre ces diverses affirmations. L'un des visionnaires aperçoit une troupe d'anges ; un autre constate la présence, parmi la bataille, d'un chevalier céleste, cuirassé d'or et coiffé de cheveux blonds ; plusieurs voient un cheval blanc: certains attestent que ces fantômes prenaient part au combat, mêlés aux mortels combattants, tandis que, ailleurs, ils développaient leurs phalanges dans le ciel. Sur les lieux et les dates des apparitions, mêmes divergences : tantôt le phénomène s'est révélé le 27 août. puis le 28. puis à Vitry-le-François, ville où l'armée des alliés en retraite ne parvint que vers le 5 ou 6 septembre. Il y a là un flottement qui, aux yeux d'un critique sévère, pourrait infirmer toutes ces dépositions.

D'autre part on ne peut, sans témérité, inculper de mensonge tous ces braves soldats, ni d'imposture les personnes honorables, pasteurs ou ambulancières, par l'intermédiaire desquelles nous sont parvenues ces confidences. On ne comprendrait pas dans quel but tant de gens se seraient ligués pour en imposer à la crédulité publique. Si nous étions au moyen âge, en un siècle de foi ardente et sans critique, il serait permis peut-être de supposer qu'on a cherché ainsi à entretenir le courage des troupes, en leur insinuant que Dieu combat avec elles. Mais nous vivons au XXe siècle, en un temps où les croyances ne sont plus naïves, et où le ridicule, même, surtout en ces sortes de matières, risquerait de compromettre la plus noble des causes. Et puis, ceux qui ont vu, et qui ne mentent pas, ne sont pas des paysans bretons, nourris de légendes et férus de superstitions : ce sont des protestants anglais, c'est-à-dire les croyants les plus « raisonneurs » du monde et les moins disposés à admettre les miracles et les fantasmagories.

Faut-il croire à une hallucination collective, causée par la fatigue extrême, la fièvre du combat, l'horreur des spectacles côtoyés chaque jour ? Ceci n'explique pas grand'chose : et d'ailleurs comment accepter une hallucination similaire fourvoyant tant de sujets si différents d'éducation et de rang social et en des endroits si distants l'un de l'autre ? — Alors ?

Alors, comme on ne peut nier un fait, par le seul motif qu'il nous paraît invraisemblable ; comme nous ignorons ce qui est possible et ce qui ne l'est pas ; je conclus que ces choses mystérieuses ne doivent susciter en nous qu'un sentiment : et c'est une admiration sans bornes et recrudescente pour nos défenseurs et nos alliés, pour les braves poilus de tant de nations qui tiennent tête au monstre depuis dix-neuf mois, admiration justifiée de toutes façons, soit que, à force de tension nerveuse, ils en soient arrivés à vivre, tout éveillés, un perpétuel et fiévreux cauchemar, soit qu'ils se montrent si braves que le ciel ait réellement décidé de leur dépêcher un renfort d'archanges et de chérubins pour les soutenir dans le péril et les aider à la victoire."

Dans cette affaire des archers surnaturels de Mons, Machen qui était un ardent défenseur du surnaturel, s'est trouvé dans la position du professeur de prudence devant l'afflux de témoignages, contre par exemple l'Occult Review d'octobre 1915 qui affirmait qu'un lieutenant-colonel bien réel mais qui tenait à garder l'anonymat a bien vu à la bataille du Cateau le 27 août, après celle de Mons, des cavaliers mystérieux qui formaient une partie de la vision de Machen . César de Vesme, auquel G. Lenotre fait référence dans son article, était lui aussi assez prudent. Dans son article de janvier 1916 il observait : "M. Machen publia un opuscule pour appuyer ses vues : parmi ses adversaires, M. Harold Begbie lui répondit par une brochure assez importante intitulée : On the Side of the Angels (« Du côté des Anges ») ; une autre brochure analogue eut pour auteur Miss Phyllis Campbell, qui fut dame de la Croix-Rouge en France, durant les premiers mois de la guerre : Ralph Shirley, directeur de l'Occult Review publia : The Angel Warriors at Mons, exposé assez impartial de la question : les revues spirites et occultistes, les journaux quotidiens même devinrent les palestres où se débattaient ces polémiques et où on apportait les faits nouveaux.

Pour mieux faire comprendre la difficulté qu'il y a à obtenir des témoignages valables dans une pareille affaire, si passionnante, bien qu'il n'y eût pour les témoins aucun intérêt matériel à tromper la bonne foi des enquêteurs, il nous suffira de citer cet épisode caractéristique. Un soldat appelé Robert Cleaver, du 1er Cheshires, déclara devant M. G. S. Hazelhurst, magistrat du comté de Flint, qu'ayant pris part à la bataille de Mons, il avait lui-même fort bien vu les anges qui s'étaient interposés entre la cavalerie allemande el les troupes anglaises, au moment où celles-ci allaient être annihilées. Or on sut ensuite par le major du régiment de Cleaver, quee celui-ci n'avait, été envoyé en France qu'après la bataille de Mons et la retraite qui la suivit.

Je sais bien qu'il y a toujours eu des milites gloriosi s'étant faussement vantés d'avoir pris part à tel ou tel épisode d'une campagne — et que. cela ne signifi.e aucunement que nous n'ayons pas à croire à la réalité de l'épisode en question. Mais on comprend l'effet désastreux que de pareils incidents exercent sur l'esprit de personnes plus accessibles aux impressions qu'aux raisonnements. "

Cependant de Vesmes comme G. Lenotre accorda du crédit aux témoignages recueillis par l'infirmière Phyllis Campbell et aux autres témoignages que cite Lenotre. Il distingue les visions précises (notamment dans les prédictions des voyants) des hallucinations possibles des soldats épuisés par les marches et les combats, puis livre un intéressant dossier sur les apparitions des êtres surnaturelles dans les guerres qui mérite aujourd'hui encore d'être lu.

Dans la brochure de 24 pages de Ralph Shirley on trouve aussi des informations intéressantes. Selon Miss Campbell, un Français originaire de Domrémy qui était à Mons a vu Jeanne d'Arc l'adjurer de se battre quand il voulait s'enfuir (p. 6). L'article de Phyllis Campbell se retrouve dans l'Occult Review d'août 1915 (p. 75 - index ici). Elle y résume ce qu'elle avait écrit à l'éditeur de la revue dès août 1914.

Il y a aussi (p. 8) une histoire qui ravirait les ufologues : un Canadien, après la 2ème bataille d'Ypres de mai 1915, qui a confié au révérand Alexander A. Boddy de Monkwearmouth avoir vu une boule de feu qui devint un ange aux ailes déployées qui se battait pour les Anglais. Les anges ont toujours eu le cote en milieu protestant, qu'on se souvienne des choeurs d'anges d'Orthez (Béarn) en 1686. Un autre combattant vit un ange empêcher les Allemands d'avancer, et un colonel à qui une soignante racontait l'épisode signale qu'il avait vu un phénomène similaire à la Légation britannique à Pékin au moment de la révolte des Boxers : les assaillants chinoi.s avaient été dissuadés d'attaquer car ils voyaient des êtres en blanc aux côtés des Anglais (cela dit, à titre personnel cela ne m'étonne pas : un ambulancier - celui dont je parlais en mai 2025 - en septembre dernier me parlait des Taiwanais qu'il avait connus et précisait qu'ils voyait facilement des présences de morts auprès des qu'ils cotoyaient.  On y apprend (p. 9) que Miss Alice Callow, secrétaire du Higher Thought Center à South Kensington, et mère du New Thought Movement (théosophique), avait transmis un témoignage au Weekly Dispatch (18 avril 1915) d'un colonel qui avait vu Saint Georges.

Sur les front de l'Est, au début de la première guerre mondiale les visions avaient été nombreuses : des sentinelles russes avaient vu le général Skobelev conquérant de l'Asie centrale, à la bataille d'Augustovo, en octobre 1914 la Vierge à l'Enfant apparut aux soldats et russes et leur montra l'Ouest etc. Les Britanniques avaient été surpris par les succès de l'armée russe en 1914 (Occult Review septembre 1914).

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Publicités et publications

27 Juin 2025 , Rédigé par CC

Je condamne la décision unilatérale de la plateforme Overblog de truffer mon blog de publicités en violation des conditions générales d'utilisation auxquelles j'avais adhéré lors de la création de ce blog.

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La théologie de l'amour d'Anders Nygren

17 Juin 2025 , Rédigé par CC Publié dans #Philosophie, #Histoire des idées, #Spiritualités de l'amour, #Christianisme

Comme je le disais il y a peu, l'opposition entre Eros et Agapé qui a inspiré Denis de Rougemont est discutée aujourd'hui par des gens comme Jean-Luc Marion (ici min 29). Dans l'Expérience érotique, Marion écrivait : "Il faut avoir une bonne dose de naïveté ou d'aveuglement, ou plutôt ne rien connaître à l'amour et à la logique érotique, pour ne pas voir que l'agapè possède et consume autant que l'éros renonce et abandonne".

A côté de l'étude historique de Rougemont, il y a la théorie du théologien suédois Anders Nygren (1890-1978). Il l'a construite à partir d'une problématique de l'inspiration de l'amour "par le haut" ou "par le bas". A la différence de Rougemont, Nygren voit dans l'Eros, mouvement ascensionnel de l'homme vers Dieu (opposé à l'agapè) un héritage grec et non une perversion cathare. Si Rougemont voit dans l'Eros une source de fatalisme et d'abandon, Nygren y voit une source d'égocentrisme et d'hypertrophie du Moi. Les deux sont cependant d'accord pour le condamner.

Avant Marion, l'anglican CS Lewis (1898-1962) avait critiqué les catégories de Nygren, quoique sans affronter directement leur auteur (seulement à demi-mot dans Surprised by Joy). Lewis considérait le mal comme un parasitage du bien, mais dans un processus où le bien l'emporte malgré les avanies provoquées par la chute d'Adam et Eve. C'est pourquoi il croit au pouvoir de laraison et ne pense pas un surnaturel coupé du naturel : le miracle est naturel du point de vue  d'une logique supérieure, celle de Dieu. Et la capacité de l'homme à aimer est une réponse à l'amour divin qu'il reçoit, comme imago dei. Créé par l'Amour, l'homme a besoin d'aimer, mais il le fait avec désordre. Il faut donc le corriger. L'eros, qui chez Lewis correspond seulement au fait de tomber amoureux, doit être corrigé par l'agapè. L'Eros s'il est trop honoré devient un démon car il prend un pouvoir religieux sur nous (cf son livre Four loves). Néanmoins cet amour le plus bas est nécessaire à l'amour plus élevé en vertu du principe de Thomas à Kempis : le plus haut ne tient pas sans le plus bas.

L'amour-besoin (Need-Love), que Lewis au début voulait opposer à l'amour-don (Gift-Love) comme forme inférieure traverse l'humain de part en part. Dans tous les cas il est en partie égoïste, même dans le rapport à Dieu, mais on ne qualifierait jamais d'égoïste une enfant qui se blottit contre sa mère. Contre Lewis qui voit dans le moindre plaisir un signe de pollution de l'agapè par l'eros, Lewis pense que le plaisir n'est pas en soi une marque d'orgueil et d'égoïsme. Le Sehnsucht, l'ardeur, que Lewis assimile à la Joi (Joy) mêle dans la poésie scandinave médiévale mélancolie et émerveillement extatique. Chaque expérience de joie se révèle insaisissable. C'est la quête d'une fusion avec la beauté absolue ou la bonté absolue qu'il expérimentait lui-même. Chez lui, à la différence de Nygren, l'homme n'est pas qu'un canal de diffusion de l'amour. Il répond activement à Dieu, et son attente (longing) dans la recherche de la Joie est sa façon de prendre la main que Dieu lui tend. Cela transcende l'opposition eros/agapè.

Un autre critique de Nygren avait été le jésuite anglais Martin d'Arcy (1888-1976). René Girard dont les théories sur la violence dans l'amour sont inspirées de Rougemont reconnaissait aussi avoir aussi lu d'Arcy. Celui-ci avait réfuté l'opposition entre l'eros (le lion) et l'agapè (la licorne). Les deux suivent la loi de l'univers : l'un reçoit, l'autre donne. L'un et l'autre à leurs extrêmes sont mortifères. Après avoir condamné de Rougemont pour son ouverture exclusive à l'agapè (qui d'ailleurs lui faisait rejeter même les mystiques), il s'intéresse à Nyger, mais finalement prônera une troisième voie entre sadisme et masochisme qui laisse une place à la fois à l'eros et à l'agape.

Lors d'un séminaire en Grèce en 2015 ("Love ancient Pespectives"), Torstein Theodor Tollefsen est revenu sur le sujet, critiquant l'opposition de Nygren entre Eros et Agapè comme des motifs fondamentaux n'ayant rien en commun, avec un monde grec d'un côté et un apport christique de l'autre, tout cela sur fond d'un vide complet de l'humain réduit au rôle de simple canal (on retrouve là la critique de Lewis).

Dans le même séminaire le Norvégien John Kaufman fournit une critique des "motifs fondamentaux" de Nygren autour du cas qu'il mobilise de la prédication d'Irénée de Lyon, On pourra lire aussi avec intérêt l'exposé d'Andrew Louth de l'université de Durham sur l'amour (à la fois eros et agapè) comme manifestation et réponse à la Beauté chez Denys l'Aréopagite, et la théorie de Maxime le Confesseur présentant l'eros comme un perfectionnement du désir de l'âme et l'agapè comme perfectionnement du thumos de l'âme, c'est-à-dire de son énergie psychique.

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Sainte Hildegarde et les pierres

14 Juin 2025 , Rédigé par CC Publié dans #Alchimie, #Histoire des idées, #Histoire secrète, #Christianisme, #Médiums, #Spiritualités de l'amour

J'ai acheté récemment une pierre de tourmaline, mais j'ai dû m'en défaire. Pour autant je ne nie point le pouvoir bénéfique de certaines pierres lié aux stoicheia. J'ai pu l'éprouver en 2014. Sainte Hildegarde de Bingen a développé ce thème dans ses écrits.

Je crois que c'est un sujet important. Par exemple si l'on reprend la procession des apôtres sur l'horloge de Prague (voyez ici) à la lumière des écrits de cette sainte pour chaque pierre qui y est symbolisée, on ferait sans doute des découvertes étonnantes.

Dans la vidéo ci-dessous (en espagnol) de la chaîne équatorienne des Chevaliers de la Vierge, le Père Ricardo Hucke, de la confrérie des Hérauts de l'Evangile nous offre une bonne introduction avec ce sujet. J'en retiens en particulier une bonne citation de Sainte Hildegarde sur le diamant, pierre de Lucifer dont la mission était de refléter pleinement la lumière de Dieu (ce qui explique son utilisation dans les sociétés secrètes et les productions culturelles qu'elles inspirent, notamment depuis Marilyn Monroe). 

J'ai vu aussi qu'en Colombie la Dre. Katiuska Villasmil fait une vidéo sur le sujet, mais j'ignore si elle bénéficie du même blanc-seing ecclésiastique que les Hérauts de l'Evangile.

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Coupeurs de feu dans les hôpitaux

27 Mai 2025 , Rédigé par CC Publié dans #Médiums

Dans l'ambulance qui me conduisait à Toulouse hier le jeune chauffeur me racontait : "Au centre hospitalier de Pau, en pédiatrie, ils emploient un hypnotiseur pour remplacer l'usage du gaz hilarant chez les enfants ; il est aussi coupeur de feu ; il a fait des prodiges sur la main brûlée de mon fils"

Je lui ai appris que les coupeurs de feu devaient leur "don" à une formule. Je ne suis pas allé jusqu'à lui dire qu'il y avait une prière à Judas dans cette formule...

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Thérapies occultistes : l'affaire Ece Güren en Turquie

10 Mars 2025 , Rédigé par CC Publié dans #Alchimie, #Médiums

Un étrange fait divers a agité les réseaux sociaux turcs le weekend dernier. La semaine dernière, une architecte paysagiste de 36 ans, Ece Güren, qui se sent maltraitée dans son boulot où on la traite comme une boniche et qui se dispute avec sa famille, poste sur le Net un message annonçant qu'elle s'exile dans la forêt de Belgrade, une étendue boisée sur plusieurs kilomètres près d'Istanbul. Elle précise même qu'elle va vers "le barrage". On ne sait pas si c'est un symbole ou pas. Certains comprennent aussi qu'elle va y réaliser une "thérapie par le cri" ou on ne sait trop quoi.

On la retrouve au bout de 4 jours (le 7 mars), en hypothermie. Elle meurt au bout de quelques heures à l’hôpital.

Pour pimenter les choses une "thérapeute" quinquagénaire Hale Nur Özen, déclare sur YouTube qu'Ece a été son élève en ligne, et qu'elle a suivi un module de cours de sorcellerie depuis septembre (mais elle connaissait sa prof depuis deux ans : "Elle a commencé par suivre des cours de lancer de plomb, de tarot et de chamanisme"). Özen vit à Bursa et est l'auteure du livre Witchcraft, Breaking the Rules. Elle se présente comme la fondatrice d'une science de « l'astronomie » et partage du contenu astrologique sur les réseaux sociaux.

Il n'en faut pas plus pour lancer des débats sur le Net turc à propos des nouvelles thérapies, de l'envoûtement etc. On fantasme sur les pouvoirs paranormaux de la forêt de Belgrade.

Les autorités arrêtent Özen et l'interrogent sous le chef de « contredire la vérité concernant la sécurité intérieure et extérieure du pays, l'ordre public et la santé générale, et de fraude qualifiée , dans le seul but de créer l'anxiété, la peur ou la panique parmi la population ». Devant la police elle déclare que ce qu'on nomme "witchcraft" dans son enseignement est purement psychologique et logique, basé sur l'étude des émotions, et qu'Ece était pleine d'obsessions tristes. Elle reste sous contrôle judiciaire. Özen, qui signe des autographes deux fois par semaine, n'a plus le droit de voyager à l'étranger.

On découvre aussi qu'Ece Gürel avait participé à un concours télévisé intitulé « Super Puzzle » il y a 10 ans. Gürel a déclaré dans l'émission que même si elle voulait devenir architecte paysagiste, elle avait étudié dans une "troisième université" en raison des difficultés qu'elle rencontrait dans le secteur, a également déclaré qu'elle était très intéressée par l'astrologie et que son plus grand rêve était d'aller en Australie.

Le père d'Ecce, lui, se défend contre l'accusation de sorcellerie portée contre sa fille : elle était terre à terre, et surtout elle pratiquait le jeûne du Ramadan, donc elle ne pouvait pas être sorcière. Cependant sa fille a bel et bien laissé sur le Net des traces de sa passion pour l'astrologie et les tarots et son suivi des cours de sorcellerie est avéré.

Une amie d'enfance d'Ece qui a grandi près de chez elle, Güfte Keskin, précise : " Mon amie était une personne très accomplie et saine. Son frère aîné était mon ami de collège. Nous avons grandi dans le même quartier. Pendant qu'elle allait à l'école, j'allais au travail. Nous revenions ensemble. C'était une personne très positive et joyeuse qui ne pensait pas à la négativité. D'après ce que j'ai entendu dans les médias, elle avait des problèmes au travail. Elle s'est intéressée aux tarots et j'en ai même plaisanté avec elle. Elle a reçu une formation à ce sujet . C'était une personne pleine de vie et il n'a jamais rien dit de négatif. " D'autres amis le confirment... comme quoi on peut être occultiste et joyeux, au moins pendant un temps.

L'écrivaine new age Sibel Uzun, y va de son hypothèse : la jeune femme sous l'influence des tarots avait peut-être fait "un tour astral" et avait disparu "en réinitialisant son énergie".

La prof de sorcellerie, Özen, pour sa part, a livré à la presse quelques infos sur les hypothèses avancées pour expliquer l'accident :

Sur la méditation "Lorsque nous méditons, nous mettons de la musique relaxante à côté d'elle. Si elle méditait, le téléphone portable d'Ece serait dehors, pas dans son sac. J'ai regardé la vidéo. Le téléphone était dans son sac."

Sur la possible consommation d'ayahuasca : "L'Ayahuasca est devenue populaire en 2014. Tout le monde se posait la question. Le prix d’une tasse était alors de 1 500 dollars. Ils disent qu'elle a fait une retraite. Les salles de retraite sont également construites à des prix très élevés. Ece et son mari n’avaient pas de tels moyens financiers. Ece n’est même pas quelqu’un qui peut allouer un budget pour cela. Il ne lui donnera pas non plus autant d'argent. Une fille jeûnante et fidèle. L'idée de « planer, d'utiliser quelque chose de différent » n'était pas du tout quelque chose qui convient à Ece"

Il y a fort à parier qu'on ne connaîtra jamais le fin mot de cette sombre histoire. A supposer même que la police découvre un jour que l'architecte aurait été entraînée dans la forêt par un être de chair et d'os qui avait de mauvaises intentions à son égard, cela ne dira rien des causes spirituelles de ce qui lui est arrivé. Il est intéressant en tout cas que beaucoup de commentateurs le relie aux dangers de la pratique des tarots. On relève aussi que les réactions en pays musulmans sont les mêmes que chez les Chrétiens : si elle pratique le ramadan elle ne peut pas être sorcière, quand on pratique mieux la religion on ne va pas au devant de ce genre de mésaventure, etc.

 

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