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Nudisme et eschatologie

17 Décembre 2018 , Rédigé par CC Publié dans #Nudité-Pudeur en Amérique, #Anthropologie du corps, #Nudité-Pudeur en Europe, #Pythagore-Isis, #Christianisme

Comme je l'ai déjà souligné ici, le nudisme naturiste est très lié à la franc-maçonnerie à ses origines à travers des figures comme Crawford ou Gardner (fondateur de la Wicca). Pas étonnant que Daladier par exemple l'ait pratiqué. Et je n'ai pas étonné d'apprendre que les Femen pouvaient être liées au financier Soros dont le fils fréquente les soirées de charité organisées par les occultistes Lady Gaga et Marina Abramovic, tout comme la chantre des concerts nus Miley Cyrus.

Des gens de la mouvance naturiste comme Francine Barthe-Deloizy aiment à souligner que les manifestations de femmes nues existaient déjà dans l'Afrique coloniale, mais c'était alors des pratiques de sorcellerie traditionnelle puisqu'il s'agissait de manières de jeter des sorts. Ca n'a été repris de façon "moderniste" (ou "post-modernise") que, comme je l'explique dans mon livre "La Nudité, pratiques et significations" à la veille de la guerre d'Irak en 2002 par l’artiste californienne Donna Sheehan (décédée le 30 avril 2015) et son groupe « Baring Witness » (Donna Sheehan, ancienne agent du contre-espionnage américain - ça ça intéressera les chercheurs qui relient le mouvement hippie aux militaires - et disciple de la secte Synanon, allait ensuite créer la fondation "Global orgasm" qui tous les ans au moins de 2006 à 2013 (mais il semble que cette "institution" perdure encore même si on en parle moins) allait tenter de "modifier le champ d'énergie de la Terre " de provoquer des orgasmes simultanés tous les 21 décembre - fête occultiste du solstice d'hiver chez les néo-païens - ou parfois les 22 décembre en fonction de l'alignement astrologique entre Jupiter et Aries).

Indépendamment de cette "récupération" de la sorcellerie africaine,  l'origine véritable de l'utilisation de la nudité féminine à des fins politiques dans les pays développés remonte  à l’initiative de la pédiatre australienne Helen Caldicott, ancienne icône du combat anti-nucléaire aux Etats-Unis dans les années 1980 qui souhaitait faire un come back à la fin des années 1990 pour protester contre le maintien à un niveau élevé du budget des armements nucléaires, notamment aux Etats-Unis, malgré l’effondrement de l’URSS. En octobre 1999, profitant des craintes que suscitait le bug de l’an 2000 (on redoutait alors une apocalypse nucléaire provoquée par un incident informatique), elle organisa une marche nue avec le docteur Patch Adams dans les rues de San Francisco. Elle a souvent déclaré que l'idée leur est venue pour attirer l'attention des médias en lançant le sloge "nude not nuke".

Je repensais à cette affaire en écoutant ce matin le chrétien conspirationniste Fritz Springmeier qui rappelait dans cette vidéo "Demons, aliens, underground basis" à la minute 16, que dans les années 90 beaucoup de chrétiens croyaient à l'arrivée de l'Antéchrist en 2000, ce qui avait été aussi annoncé deux cents ans auparavant, mais que les "illuminati" ont reporté la date. Il est étrange que les amis du Dr Caldicott (sur laquelle on  ne sait pas grand chose) aient pensé à utiliser la nudité publique juste dans ce contexte là. Cela m'a fait songer à des sectes  millénaristes comme les Doukhobors qui se dévêtissaient volontiers en groupe et aussi au film "Les derniers jours du monde" de 2012 où la nudité avait une place importante.

Cela forme d'étranges convergences autour de l'Apocalypse... Et je ne comprends toujours pas pourquoi dans l'Evangile de Marc (Mc 14, 51-52) il y a un homme nu à l'arrestation de Jésus...

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L'Italodance et l'occultisme

2 Octobre 2018 , Rédigé par CC Publié dans #Les tubes des années 1980, #Médiums, #Shivaïsme yoga tantrisme

Vous le savez : je considère toutes les expériences avec le paranormal et les extraterrestres comme démoniaques, et l'imaginaire New Age autour de cela aussi.

La chanteuse anglaise Kim Wilde a vu un OVNI "vingt fois plus gros qu'un avion" dans son jardin en 2009 juste après avoir appris la mort de Michael Jackson et on apprenait en mars dernier qu'elle redoutait encore d'être enlevée par les extraterrestres. son dernier album s'appelle d'ailleurs " Here Come the Aliens " (les Aliens arrivent) - voyez cette page.Une grande part de son imagerie (l'oeil d'Horus, l'imitation de Marilyn Monroe, le noir et blanc) évoque d'ailleurs les sociétés secrètes.

Le rapport à l'occultisme est aussi présent dans l'Italodance.

En décembre dernier on apprenait qu'Ivana Spagna, chanteuse du groupe "Fun Fun" (souvenez vous de "Color my love") qui fut au sommet du Top50 en 1985 avec "Easy Lady" puis qui cartonna encore avec "Call me" et "I wanna be your wife" venait d'écrire un livre "Sara capitato anche a te" - "Cela vous arrivera aussi" (éditions Lswr). Elle y raconte ses rêves prémonitoires (par exemple celui d'une petite fille porte dont elle rencontrera les parents le lendemain qui lui montreront sa photo), ses visions "d'entités spéciales", notamment sa rencontre dans sa chambre du fantôme du propriétaire de la maison où elle vivait, vision qui lui a procuré une "grande paix" (sic) - voir l'interview ici minute 13.

Ivana Spagna est aussi liée à l'univers (luciférien et magique) de Disney, puisqu'elle a chanté sur la bande originale italienne du Roi Lion en 1994, célèbre film d'animation pour enfant qui met en valeur le spiritisme (le dialogue avec les morts) et comporte au moins une référence subliminale à la sexualité autour des lettres que forment les étoiles dans une scène.

Elle vénère le saint thaumaturge Padre Pio à qui elle doit une guérison de sa mère. Elle garde une photo de lui dans son portefeuille et chez elle et dit que le saint a sauvé un de ses amis à la veille d'une opération. Son catholicisme n'est pas très "biblique" et son inspiration la plus visible se trouve dans le clip "I wanna be your wife"...

On peut aussi repérer une référence à l'occultisme dans la vidéo de Miko Mission (Pier Michele Bozzetti) "Two for love" qui, tout comme celle de Self Control de Laura Branigan (créée par le réalisateur "illuminati" du film "L'exorciste") racontait l'initiation au monde de l'au-delà par la magie sexuelle, met en scène (minute 0'34) la décorporation d'un homme possédé qui, devenu prêtre-sorcier vêtu de blanc, va neutraliser le petit ami d'une jeune femme, et,en transformant en chemin à damier maçonnique le mur de la douche de celle-ci (minute 2'41), l'initier au monde de l'au-delà, et la transformer à son tour en sorcière (voir la vidéo ci-dessous).

Miko Mission est aussi l'auteur de I Love My Radio, chanté par Taffy et Around My Dream de Silver Pozzoli.

 

On peut se demander aussi si "Catch the fox" de Den Harrow n'est pas polysémique et ne peut pas faire l'objet d'une lecture ésotérique. Fox est le mot anglais le plus court dont la valeur numérique est 666, le nombre de la bête dans l'Apocalypse. Ceci expliquerait que le clip (ci dessous) s'ouvre sur la scène digne de Kubrick d'un projectionniste portant sur le crane une tête d'animal, comme un sorcier, puis la mise en lumière du chanteur dans une caverne initiatique aux parois ornées de signes abscons. Le sorcier éclaire ensuite une cage dans laquelle des femmes qui ont des couvre-chefs en forme de tête d'ibis montent la garde, un arc à la main, le visage peint comme dans les cérémonies vaudou. il y a un symbole phallique à côté de l'affiche sur la recherche d'un renard. A la fin le chanteur bande son arc, symbole du pouvoir de l'intériorité dans la Kabbale, et de la volonté dans le tarot.

Den Harrow/ Stefano Zandri est lié à Silver Pozzoli qui chanta sa première chanson "Mad desire". Il y a donc une continuité avec Miko Mission.

Néanmoins dans l'ensemble les références occultistes paraissent moins présentes dans l'Italodance que dans la pop allemande (Propaganda, Modern Talking), la New Wave anglaise, ou les performances de Madonna, Prince et Michael Jackson à la même époque.

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Existe-t-il des massages chrétiens ?

8 Avril 2018 , Rédigé par CC Publié dans #Massages, #Anthropologie du corps, #Christianisme

Mes recherches en sociologie du corps (notamment mon livre sur les massages chinois) et en sociologie des religions (notamment mon livre sur les médiums), me font aujourd'hui croiser une question : des massages chrétiens sont-ils envisageables compte tenu du rapport à la "chair" particulier qu'implique le message christique.

Tout d'abord il convient bien sûr de préciser que la chair dans le christianisme n'est pas le corps, mais une notion plus vaste qui englobe toutes les intentions et volitions purement personnelles qui ne sont pas parfaitement en ligne avec la volonté divine. De là on peut déduire que le corps peut malgré tout oeuvrer à son bien-être pourvu que cela ne soit mis au service de l'Ego (de la chair), mais d'une capacité à mieux servir le créateur. C'est ce que certaines tendances "hérétiques" du christianisme font (et notamment certaines branches new-age souvent influencées par les philosophies orientales et/ou les évangiles apocryphes), mais aussi des courants qui se veulent très "scripturaires", fidèles aux Ecritures canoniques.

C'est le cas d'un réseau de masseurs "Christian Massage" que j'ai trouvé récemment, situé dans l'Indiana, et qui comprend des masseurs américains, australiens et britanniques. Il appuie ses principes sur Matthieu 22:37 "Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée."

Pour autant on peut douter du fait que ce réseau suive une ligne "orthodoxe"... Dans son glossaire, il reprend à son compte des notions de médecine orientale (Chi, Ki, Prana) qui pour la plupart sont initialement indexée à des systèmes de pensée païens que le christianisme "classique" associe à un travail avec les démons. L'ancien médecin franc-maçon converti au catholicisme Maurice Caillet déclarait dans ses conférences que tout travail énergétique exposait à la manipulation de forces spirituelles dangereuses. Le réseau Christian Massage, lui, ne questionne pas les dangers possibles de ces traditions pour les chrétiens, et essaie seulement de les resituer (dans son glossaire) dans une perspective biblique, pour préciser que " la bible déclare que l'humanité a été imbibée d'une force de Dieu, le Saint-Esprit et que de cette force toutes les choses coulent. Dans toute la Bible, de nombreux exemples de guérison mentale, physique et émotionnelle sont documentés impliquant Jésus ainsi que d'autres dont la Foi (concentration mentale) et, dans la plupart des cas, l'imposition de mains (toucher physique), combinée avec les énergies innées du patient a pu aboutir à des résultats vraiment miraculeux."

L'explication "énergétique" des miracles a l'air très New age, de même que la référence aux synchronicités (la fameuse formule : on pense à un ami et il nous appelle parce qu'on est connecté à son énergie à travers l'univers). Puis le glossaire glisse vers une justification plus rationaliste des massages : les muscles retiennent le flux sanguin, les toxines ne sont pas éliminées etc. Il insiste sur la nécessité de restaurer des interactions humaines par le toucher qui restaure des équilibres. Il conclut sur une apologie de la réflexologie inventée par Murray Leinster alias William Fizgerald...

Sauf que ce Murray Leinster, par ailleurs auteur de romans de science fiction, n'était pas vraiment un chrétien très "recommandable"...

Leur forum de discussion mérite un coup d'oeil http://mindbodyspiritforum.info/user/Discussions.aspx?id=133761

Voilà qui rejoint les problématiques autour de Ste Hildegarde  http://www.chemins-sainte-hildegarde.fr/massage-non-medical/

Je reste très réservé sur ce sujet. Car un massage vous met au contact du corps éthérique du masseur. Si cela se fait dans une perspective hédoniste, sans un esprit de stricte obéissance à Dieu, cela ne peut qu'attirer des esprits mauvais que l'on ne ressentira pas forcément tout de suite mais qui, comme les médiums, vous tireront à terme vers le bas et risquent de vous faire avoir de gros problèmes et vous feront manquer des chances critiques d'obtenir le salut et de vous élever à des moments clés de votre existence, de celle de vos proches, ainsi qu'au jour du Jugement dernier.

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Un cercle de malédiction autour d'Antiochos IV Epiphane ?

7 Mars 2018 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète, #Christianisme

Peter Green, historien universitaire et athée (donc myope) écrivait ceci dans "D'Alexandre à Actium" (eds Robert Laffont, coll. Bouquins 1997 p. 474) à propos d'une ambassade romaine au roi hellénistique Antiochos IV Epiphane en 168 av JC (un an après que, dans le cadre de ses guerres contre Ptolémée VI d'Egypte, il eut pris Jérusalem à la demande des fils de Tobie et y ait imposé des cultes païens - Flavius Josèphe - Guerre des Juifs, I, 32-35 et livre des Macchabées): "Un ordre officiel (senatus consultum) lui fut adressé, lui enjoignant d'évacuer non seulement l'Egypte, mais également Chypre où ses troupes se livraient à une débauche de pillages et de destructions. L'envoyé romain, Popillius Laenas (ou Popilius Laenas), rencontra le roi dans le faubourg alexandrin d'Eleusis (juillet 168) et attendit en silence qu'Antiochos eût fini de lire le message du Sénat. Lorsque Antiochos réclama un délai pour examiner cette requête, Popillius prit son bâton, et traça dans la poussière un cercle autour du roi ; puis, d'un ton sans réplique, il ordonna à celui-ci de lui répondre par oui ou par non avant de sortir du cercle". C'est ce qu'on appela la "journée d'Eleusis". Antiochos accepta puis eu une petite revanche symbolique en organisant les jeux de Daphné pour laver l'humiliation.

La source se trouve dans Polybe 29.27.1-10, Tite-Live 45, 12.3-8, Appien Les Guerres Syriennes 66, Justin 34.3.1-4.

Polybe dans ses Histoires à ce sujet a le même ton" positiviste" que Peter Green :

When Antiochus had advanced to attack Ptolemy in order to possess himself of Pelusium, he was met by the Roman commander Gaius Popilius Laenas. Upon the king greeting him from some distance, and holding out his right hand to him, Popilius answered by holding out the tablets which contained the decree of the Senate, and bade Antiochus read that first: not thinking it right, I suppose, to give the usual sign of friendship until he knew the mind of the recipient, whether he were to be regarded as a friend or foe. On the king, after reading the despatch, saying that he desired to consult with his friends on the situation, Popilius did a thing which was looked upon as exceedingly overbearing and insolent. Happening to have a vine stick in his hand, he drew a circle round Antiochus with it, and ordered him to give his answer to the letter before he stepped out of that circumference. The king was taken aback by this haughty proceeding. After a brief interval of embarrassed silence, he replied that he would do whatever the Romans demanded. Then Popilius and his colleagues shook him by the hand, and one and all greeted him with warmth. The contents of the despatch was an order to put an end to the war with Ptolemy at once. Accordingly a stated number of days was allowed him, within which he withdrew his army into Syria, in high dudgeon indeed, and groaning in spirit, but yielding to the necessities of the time.

Notez que Polybe précise que le bâton est un cep de vigne (vitis), ce bâton de 80 cm qui servait aux centurions pour frapper les légionnaires. N'oublions pas que la vigne dans la Bible est le symbole d'Israël, ce qui n'est pas sans intérêt par rapport à ce que nous verrons un peu plus loin.

Tite-Live dans "L'histoire de Rome" livre 45 présente un récit semblable :

"After crossing the river at Eleusis, about four miles from Alexandria, he (Antiochos) was met by the Roman commissioners, to whom he gave a friendly greeting and held out his hand to Popilius. Popilius, however, placed in his hand the tablets on which was written the decree of the senate and told him first of all to read that. After reading it through he said he would call his friends into council and consider what he ought to do. Popilius, stern and imperious as ever, drew a circle round the king with the stick he was carrying and said, "Before you step out of that circle give me a reply to lay before the senate." For a few moments he hesitated, astounded at such a peremptory order, and at last replied, "I will do what the senate thinks right." Not till then did Popilius extend his hand to the king as to a friend and ally."

Sous la plume d'Appien (Guerres syriennes chap 11) cela donne un récit plus empreint de mysticisme parce qu'il relie le geste de Popilius au sort funeste d'Antiochos juste après, ainsi qu'à un événement curieux autour d'un temple de Vénus :

" While he was encamped near Alexandria, Popilius came to him as Roman ambassador, bringing an order in writing that he should not attack the Ptolemies. When he had read it he replied that he would think about it. Popilius drew a circle around him with a stick and said, "Think about it here." He was terrified and withdrew from the country, and robbed the temple of Venus Elymais; then died of a wasting disease, leaving a son nine years of age, the Antiochus Eupator already mentioned. "

Même ambiance chez l'historien Justin dans le livre 34 de son Abrégé  des Histoires Philippiques de Trogue Pompée.qui fait lui aussi le lien entre le cercle et la mort rapide du roi à son retour en Syrie, et qui précise au passage que tous ses courtisans étaient dans le cercle :

"On députa donc Popilius à la cour d’Antiochus, pour ordonner au roi de respecter l'Égypte, ou d'en partir, s'il s'y trouvait déjà. Popilius le trouva en Égypte, et le prince, qui, étant en otage à Rome, avait formé avec lui d'étroites liaisons, s'approchant pour l'embrasser, l'envoyé romain fait taire ses affections privées devant les ordres de sa patrie, et lui présente le décret du sénat. Le voyant hésiter et renvoyer à son conseil la décision de cette affaire, d'une baguette qu'il tenait à la main, il trace autour du roi un cercle assez vaste pour contenir aussi ses courtisans, lui défendant d'en sortir sans avoir répondu au sénat et déclaré s'il veut être en paix ou en guerre avec, Rome. Effrayé de cette fermeté, Antiochus promit d'obéir. De retour dans ses états, il mourut bientôt, laissant un fils en bas âge."

Avant de développer sur le cercle tracé par Popilius, un mot du temple de Vénus d'Élymaïs. Les premières références à un "royaume" d'Élymaïs sont par Néarque (ou Nearchus), l'Amiral d'Alexandre le Grand (336-323), dans un passage conservé par Strabon (Géographe Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C - Livre 2.13.6). Il situe le "royaume" vers le Nord de la Susiane. Il rapporte que le "Elymaei".

Flavius Josèphe dit qu' Élymaïs est le nom d'une ville. Certains historiens en font la capitale du pays d'Elam d'autres  la situent en Perse (ce qui est aussi le témoignage que rend le livre I des Macchabées, lequel signale aussi que finalement Antiochos ne put pas piller la ville). L'histoire des Juifs et des Peuples de Mr Prideaux, doyen de Norwich dans sa traduction française de  1764 p. 81, précise que la ville passait pour avoir de grandes richesses en or et en argent, et surtout que dans un Temple de Diane ou de Vénus de cette Ville, il y avait des trésors immenses. Ce qui fit qu'elle fut pillée en 165 av JC par Antiochos IV après sa guerre contre les Arméniens et avant qu'il ne s'en prenne à la Judée en 164, année de sa mort.

Revenons en au cercle de Popilius. L'affaire fait penser à cette anecdote du gourou Gurdjieff à propos des Yézidis du Kurdistan. Avec son collègue Pogossian, il se retrouve entouré de chiens de bergers yezidis entre Lalish et Mossoul formant un cercle qui les empêche d'en sortir, (Rencontre avec des hommes remarquables - Meetings with Remarkable Men chap 5) tout comme en 1888 à l'âge de 16 ans il avait vu un petit garçon yézidi, pleurer, effectuer des mouvements étranges, lutter de toutes ses forces pour sortir d'un cercle tracé par d'autres garçons qui le persécutaient. Gurdjieff libéra le garçon en effaçant une partie du cercle et l'enfant put échapper à ses bourreaux.

"Le cercle magique, peut-on lire dans l'Echo du Merveilleux de juillet 1906, une idées pratiques les plus puissantes et les plus antiques de I'initiation, employé en Egypte, en Chaldée et en Grèce, — employé dans les solennités maçonniques et dans celles dé l'Eglise catholique,— était connu de quelques tribus, qui l'avaient apporté dès époques lointaines, qui sait même, des centres d'initiation delà Lémurie ou de l'Atlantide. " Dans le Roland amoureux  la magicienne Mélisse place Bradamante dans un cercle magique. Le Faust de Goethe s'enferme dans un cercle magique. Ce cercle sert à initier mais aussi à piéger et à maudire.

Il est très intéressant que Justin trace une causalité : cercle autour d'Antiochos-décès de celui-ci 4 ans plus tard-enfant en bas âge laissé derrière lui,et qu'Appien élargisse la chaîne causale de cette façon cercle autour d'Antiochos-pillage du temple de Vénus-décès de celui-ci 4 ans plus tard-enfant en bas âge.

Ces deux versions plaident clairement pour l'interprétation du cercle de Popilius comme étant un cercle de malédiction. Si nous croisons cela avec le livre des Macchabées et Flavius Josèphe nous avons la série causale suivante : profanation du temple de Jérusalem par Antiochos-cercle de malédiction avec un cep de vigne par Popilius-profanation d'un temple de Vénus-mort d'Antiochos-orphelin de 9 ans laissé derrière lui (donc une succession mal assurée). Ce qui pourrait donner la lecture parabiblique (car ça n'est pas stricto sensu dans la Bible) suivante : les lois de l'Au-delà fait que la rétribution de la profanation de Jérusalem devient, pour Antiochos, la malédiction par l'intermédiaire du cep de vigne (symbole d'Israël) d'un général romain qui trace un cercle magique (à un moment où d'ailleurs, comme le note Flavius Josèphe, Israël se rapproche diplomatiquement de Rome).

Pour un développement supplémentaire sur les cercles magiques voir cette vidéo.

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Quand Jean de Léry se comparait au prophète Elie

9 Décembre 2017 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire des idées, #Anthropologie du corps

Je trouve plaisant ce passage du navigateur protestant Jean de Léry extrait du chapitre XVI de son Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil (1580) où, devant le culte que les amérindiens vouent aux maracas, il se compare et égratigne au passage les superstitions catholiques parisiennes. Il aurait pu s'appuyer aussi sur Ez 28:13 (voir la vidéo ici en minute 54, même si beaucoup de propos de ce conférencier sont souvent très contestables).

"Pour retourner à nos Caraïbes, ils furent non seulement ce jour-là bien receus de tous les autres sauvages, qui les traitterent magnifiquement des meilleures viandes qu’ils peurent trouver, sans selon leur coustume, oublier de les faire boire et caouiner d’autant : mais aussi mes deux compagnons François et moy qui, comme j’ay dit, nous estions inopinément trouvez à ceste confrairie des Bacchanales, à cause de cela, fismes bonne chere avec nos Moussacats, c’est à dire, bons peres de famille qui donnent à manger aux passans. Et au surplus de tout ce que dessus, apres que ces jours solennels (esquels, comme j’ay dit, toutes les singeries que vous avez entendues se font de trois en trois ou de quatre en quatre ans entre nos Toüoupinambaoults) sont passez et mesmes quelques-fois auparavant, les Caraïbes allans particulierement de village en village, font accoustrer des plus belles plumasseries qui se puissent trouver, en chacune famille trois ou quatre, ou selon qu’ils s’advisent plus ou moins, de ces hochets ou grosses sonnettes qu’ils nomment Maracas : lesquelles ainsi parées fichans le plus grand bout du baston qui est à travers dans terre, et les arrangeans tout le long et au milieu des maisons, ils commandent puis apres qu’on leur baille à boire et à manger. De façon que ces affronteurs faisans accroire aux autres povres idiots, que ces fruicts et especes de courges, ainsi creusez, parez et dediez, mangent et boivent la nuict : chasque chef d’hostel adjoustant foy à cela, ne faut point de mettre aupres des siens, non seulement de la farine avec de la chair et du poisson, mais aussi de leur bruvage dit Caouin. Voire les laissans ordinairement ainsi plantez en terre quinze jours ou trois semaines, tousjours servis de mesme, ils ont apres cest ensorcelement une opinion si estrange de ces Maracas, (lesquels ils ont presques tousjours en la main) que leur attribuant quelque saincteté, ils disent que souventesfois, en les sonnans un esprit parle à eux. Tellement qu’en estans ainsi embabouynez, si nous autres passans parmi leurs maisons et longues loges, voiyons quelques bonnes viandes presentées à ces Maracas : si nous les prenions et mangions (comme nous avons souvent fait) nos Ameriquains estimans que cela nous causeroit quelque malheur, n’en estoyent pas moins offensez que sont les supersticieux et successeurs des prestres de Baal, de voir prendre les offrandes qu’on porte à leurs marmosets, desquelles cependant au deshonneur de Dieu, ils se nourrissent grassement et oysivement avec leurs putains et bastards. Qui plus est, si prenans de là occasion de leur remonstrer leurs erreurs, nous leur disions que les Caraibes, leur faisant accroire que les Maracas mangeoyent et beuvoyent ne les trompoyent pas seulement en cela, mais aussi que ce n’estoit pas eux, comme ils se vantoyent faussement, qui faisoyent croistre leurs fruicts et leurs grosses racines, ains le Dieu en qui nous croyons et que nous leur annoncions : cela derechef estoit autant en leur endroit, que de parler par deça contre le Pape, ou de dire à Paris que la chasse de saincte Genevieve ne fait pas pleuvoir. Aussi ces pippeurs de Caraïbes, ne nous haissans pas moins que les faux prophetes de Jezabel (craignans perdre leurs gras morceaux) faisoyent le vray serviteur de Dieu Elie, lequel semblablement descouvroit leurs abus : commençans à se cacher de nous, craignoyent mesme de venir ou de coucher és villages où ils sçavoyent que nous estions."

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L'Etat comme religion : le cas du principe du contradictoire

9 Octobre 2017 , Rédigé par CC Publié dans #Sociologie des institutions

Un extrait de ma thèse "L'émergence et les conséquences de la spécialisation juridique dans le champ bureaucratique : le cas des administrations centrales de l'État " soutenue en 2006 (et que j'ai publiée en la réduisant sous le titre "Les services juridiques des administrations centrales" que je relisais tantôt. Ma petite étude sur le principe du contradictoire illustrait l'idée que l'Etat comme construction symbolique emprunte beaucoup de ses outils de légitimation au domaine religieux :

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- Les origines théologiques du principe du contradictoire et sa promotion par les corporations de juristes

 

L’idée qu’un ambassadeur, ou tout agent public puisse avoir accès à la consultation de son dossier administratif avant qu’une « mesure prise en considération de sa personne » (nomination, mutation, diminution individuelle de salaire etc, en dehors du cadre disciplinaire)[1] ne le frappe s’inscrit dans une tradition jurisprudentielle que l’on nomme l’application du principe du contradictoire[2] : il implique que l’Etat ne puisse prendre une mesure avant d’avoir entendu le point de vue de la personne qui sera concernée par cette décision.

 

Les manuels de droit français accessibles aux juristes d’administration comme le Chapus qui en retracent la généalogie s’arrêtent généralement au début du XX ème siècle. Mais son origine est bien plus ancienne.

 

Il a été forgé par les Britanniques sous le nom d’un adage latin : audi alteram partem - écoute l’autre partie.

 

Les ouvrages de droit anglais s’accordent pour estimer que sa première affirmation par une juridiction remonte à 1723[3] à l’occasion du procès de Richard Bentley contre l’université de Cambridge.

 

Richard Bentley, professeur célèbre de l’université de Cambridge vendait les titres de doctorats à ses étudiants pour quatre livres. L’université quand elle le découvrit déposséda l’intéressé de ses titres d’enseignant et Bentley entama un procès contre l’université.

 

A l’occasion de ce procès, un des juges aurait motivé le jugement en expliquant que même lorsqu’il décida de chasser Adam du Paradis terrestre, Dieu prit la peine d’entendre le point de vue du premier homme avant de mettre en œuvre sa sanction.

 

Ce détail montre assez l’univers théologique dans lequel le principe est posé.

 

Il a aussi son importance pour la compréhension de l’image de l’Etat ou de la puissance publique qu’à l’origine il engage. Il s’agissait à l’époque de légitimer l’analogie entre Dieu et l’Etat. Et, pour que l’Etat ressemble davantage à Dieu, il fallait qu’il entende les destinataires de ses décisions comme Dieu lui-même le faisait.

 

Le jugement fut rendu 33 années après la publication du Traité du Gouvernement civil de John Locke. Mais il n’est pas à proprement parler d’inspiration libérale car il ne cherche pas à faire prévaloir des droits individuels subjectifs. Sa philosophie s’inscrit encore dans le cadre d’une idéologie chrétienne médiévale – on pense ici aux thèses de Le Goff pour qui le Moyen Age dura jusqu’au XIX ème siècle – où l’Etat délégataire de la potestas divine, doit se livrer à une imitatio de son mandataire céleste.

 

A partir de là, le principe audi alteram partem fut appliqué à toutes les décisions de l’Etat impliquant des personnes en Grande-Bretagne, et devint structurant non seulement du champ bureaucratique britannique mais aussi du fonctionnement de son champ juridictionnel en métropole et dans les colonies. Sa traduction française – le « contradictoire » – se retrouve déjà dans une jurisprudence du Conseil d’Etat de 1808 mais connut surtout une impulsion à partir de 1944 (arrêt Dame Veuve Trompier-Gravier CE 5 mai 1944 pour les particuliers, arrêt Nègre CE 27 juin 1949 pour l’application aux agents publics[4]). Mais il semble que le Conseil en ait alors fait application dans le même esprit que la Cour britannique au XVIII ème siècle : renforcer les mesures de la puissance publique.

 

Le mouvement pour la défense des droits des administrés dans les années 1970 (qu’on a décrit plus haut) a contribué à l’infléchir dans un sens plus favorable aux individus et c’est dans ce sens qu’il est codifié dans le décret du 28 novembre 1983[5] adopté par le gouvernement socialiste.

 

Parallèlement s’est révélée décisive dans la généralisation du principe, l’élaboration de la convention européenne des droits de l’homme, dans les années 1948-1950 – dont il serait utile de faire une histoire sociale[6] -, à l’initiative d’intellectuels et de juristes de la mouvance chrétien-démocrate (Salvador de Madariaga, Denis de Rougemont, Pierre-Henri Teitgen, Paul Bastid, Henri Rolin, Charles Chaumont, Constantin Eustathiades, Willem Riphagen). Son article 6 prévoyant que toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable par un tribunal indépendant et impartial. Même s’il ne s’applique en principe qu’au domaine juridictionnel, l’interprétation qu’en ont fait les juges de la Cour européenne, a contribué à la définition du contenu concret des droits des individus à se défendre et à faire entendre leur point de vue[7]. Et l’article 41-2 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne que la Cour de justice des communautés est censée appliquer prévoit explicitement l’application du droit à être entendu aux relations avec l’administration[8].

 

Aujourd’hui, le principe du contradictoire est loué par les théoriciens du droit comme facteur d’émergence d’un Etat « postmoderne » dont le droit est centré sur la subjectivité des individus[9]. Il s’intègre dans un système de procédures qui pacifieraient l’espace social en faisant passer les conflits par des filtres rationnels[10].

 

Niklas Luhmann[11] notamment expose comment l’application d’un système procédural comme la mise en œuvre du principe du contradictoire prend en quelque sorte les individus et leur conflit au piège d’une rhétorique et de processus contrôlés par les spécialistes du droit.

 

La procédure opère une restructuration des attentes[12] dans un environnement complexe. C’est un processus d’apprentissage qui fait entrer
 les acteurs dans un rôle qui leur offre la chance de se doter d’une nouvelle personnalité et d’un nouveau passé. Dans cet espace de jeu,
 la complexité est réduite, mais les chances de gain et de perte restent ouvertes, de sorte que l’agent s’y laisse prendre 
– sans que cela accapare complètement pour autant ses autres rôles sociaux[13].
 

C’est ce jeu de rôle qui, selon Luhmann, garantirait l’efficace des procédures, et non pas la persuasion rationnelle, ni même les effets de violence symbolique[14]. Les acteurs sociaux sont suffisamment sceptiques à l’égard de la rhétorique des juristes et de leurs effets de manche : ce qui les contraint à accepter les décisions issues des processus juridiques, c’est précisément et uniquement le fait qu’ils ont accepté de jouer le jeu à un moment donné, et qu’ils ne peuvent plus qu’être isolés et stigmatisés comme mauvais joueurs s’ils contestent l’issue du jeu ouvert qu’ils ont accepté de jouer dans la procédure[15].

 

- L’effet de cléricalisation des pratiques bureaucratiques

 

Une procédure comme le principe du contradictoire ne fait pas que « piéger » - selon la conception fonctionnaliste de Luhmann - l’individu en faisant rentrer ses attentes dans une rationalité juridique. Elle transforme aussi l’administration, sa culture, et les caractéristiques de ses décisions.

 

Sur le plan matériel, elle requiert la mobilisation des scribes et des juristes. Un directeur des ressources humaines qui, sur ordre du ministre et du Président de la République, rappelle un ambassadeur à Paris, ou, de sa propre initiative, décide d’affecter une secrétaire en Russie plutôt qu’au Chili, se contentait, jusqu’à une époque récente, d’émettre un télégramme enjoignant à l’intéressé de changer de fonctions, des exécutants officialisant ensuite la décision sous forme d’arrêtés aux formes invariables.

 

Le principe du contradictoire aujourd’hui impose qu’une lettre soit adressée dans un premier temps à l’agent, l’informant de l’intention du ministère de modifier son affectation et du droit de l’intéressé à consulter son dossier administratif ainsi qu’à produire des observations écrites ou verbales avec l’assistance éventuelle d’un conseiller de son choix.

 

Cette procédure implique qu’on définisse des motifs à la décision pour que l’agent puisse les contester, motifs de droit et de fait que les gestionnaires sont rarement capables de formuler – sauf à retenir une motivation stéréotypée mal perçue par les juges – et le font généralement en concertation avec les rédacteurs du service juridique. A supposer que l’agent veuille consulter son dossier et produise ses observations, il faut organiser cette consultation, lui délivrer un procès verbal de réception, en veillant à ce qu’aucune des étapes du processus ne puisse donner lieu à contestation devant le juge.

 

Sur le plan symbolique, dans la logique du « audi alteram partem » l’administration doit admettre que ces procédures donnent 
lieu à de mini-procès dans son propre espace, se tenir prête à accueillir éventuellement en son sein des avocats qui viendront assister l’agent, accepter que
 l’entretien avec le directeur des ressources humaines, qui était autrefois une grâce accordée dans un esprit paternaliste à l’agent 
sur le point d’être affecté, devienne un face-à-face serré, obligatoire, derrière lequel peut toujours se profiler un procès. 
 

[1] Catherine Ribot, Les mesures prises en considération de la personne dans le contentieux de la Fonction publique, Revue du Droit public et de la Science politique en France et à l’étranger, 1-1996, p. 143-186.

[2] Hocine Zeghbib, Principe du contradictoire et procédure administrative non contentieuse, Revue du Droit public et de la Science politique en France et à l’étranger, 2-1998, p. 467-503.

 

[3] Voir par exemple l’allocution de John Kendall à la Construction Law Association de King’s College – John Kendall, Formality and due process in ADR, The Sweet and Maxwell fifth KCCLA annual lecture 21 novembre 2002 - http://www.kccla.org.uk/annual-lecture-2003.html

[4] Sur la base de l’article de la loi du 22 avril 1905, qui prévoit l’existence d’un dossier administratif, et la possibilité de l’agent de le consulter et de produire des observations après l’avoir consulté.

[5] Hocine Zeghbib, Principe du contradictoire et procédure administrative non contentieuse, op. cit.

[6] A la lumière notamment des travaux d’Antonin Cohen sur les déclarations des droits construites comme préfigurations d’une constitution européenne fédérale : Antonin Cohen, Anatomie d’une utopie juridique. Eléments pour une sociologie du fédéralisme européen : la Constitution, Sur la portée sociale du droit, Liora Israël, Guillaume Sacriste, Antoine Vauchez, Laurent Willemez, Centre universitaire de recherches administratives et politiques de Picardie (CURAPP) Paris, PUF, 2005.

[7] Voir par exemple les commentaires des arrêts du Conseil d’Etat Mme R et Société Polytech Silimed Europe du 29 juillet 2002 à l’AJDA du 9 décembre 2002 p. 1394 et suiv.

[8] Karine Michelet, La charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et la procédure administrative non contentieuse, AJDA 14 octobre 2002, p. 949-955.

[9] Jacques Chevallier, Vers un droit postmoderne ? Les transformations de la régulation juridique, Revue du Droit public et de la Science politique en France et à l’étranger, 3-1998, p. 660-690.

[10] Jean-François Burgelin, Jean-Marie Coulon et Marie-Anne Frison-Roche, L'office de la procédure, Mélanges Drai p.252

[11] Niklas Luhmann, La légitimation par la procédure - traduit par Lukas K.Sosoe et Stéphane Bouchard - ed Cerf/Presses universitaires de Laval 2001.

[12] Luhmann, op.cit. p. 28.

[13] Comme le note Luhmann, un homme ne se discrédite pas dans son rôle de mari aux yeux de son épouse s’il perd un procès concernant le montant de son loyer (p.41).

[14] Luhmann rejette violemment l’héritage durkheimien et freudien. Pour lui l’efficace du droit ne tient pas à des effets de rituel ou d’affect – sans quoi les sentences finales seraient plus individualisées et différenciées en fonction des publics destinataires.

[15] On notera toutefois que Luhmann s’opposait au développement des procédures contradictoires dans le champ bureaucratique et proposait que seuls les tribunaux y soient soumis (ibid p.205) au nom de l’argument très contestable selon lequel le champ bureaucratique est entièrement soumis aux exigences des gouvernants (politiques).

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NB : "audi alteram partem" était inscrit en lettres d'or dans la grande salle du Guildhall (hôtel de ville) de Londres

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Mon vieux livre sur Nietzsche cité dans deux mémoires

3 Octobre 2017 , Rédigé par CC Publié dans #Philosophie, #Publications et commentaires

Ne le cachons pas : je m'amuse à voir mon mémoire de maîtrise de 1992 (soutenu à Paris IV-Sorbonne) légèrement augmenté pour prendre la forme d'un livre en 2004 être cité dans des mémoires universitaires. Je trouve que c'est lui faire beaucoup trop d'honneur, mais bon, si les étudiants l'utilisent comme une marchepied commode pour s'initier au nietzschéisme, pourquoi pas ? 

Il y a quelques années un étudiant congolais avait ouvert le bal en l'utilisant dans le cadre d'un travail sur les châtiments.  Puis en 2009, ça a été Esteban Sierra Montiel de l'université de Toluca au Mexique avec un mémoire de maîtrise El problema del sujeto en la obra de Nietzsche qui me cite assez abondamment et parfois en parallèle avec un livre de Marco Parmeggiani,dont le titre Perspectivismo y subjetividad en Nietzsche, évoque beaucoup le mien, paru à Malaga en 2002.

Puis en 2016, c'est Benoit Duval de l'université de Laval au Canada qui dans un mémoire de maîtrise Amor fati : entre stoïcisme et nietzschéisme me cite rapidement sur le thème de la souffrance pour apporter des nuances à mon propos.

Il faut accepter que les ouvrages qu'on publie ne nous appartiennent plus. Au moins, grâce à L'Harmattan, ces livres sont dans les universités et ils sont réimprimés par delà les décennies, ce qui n'est pas le cas des livres des grands éditeurs.

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Reportage sur les médiums sur M6

2 Octobre 2017 , Rédigé par CC Publié dans #Médiums

Le 1er octobre 2017 sur M6 dans l'émission 66 minutes diffusée à 17 h 30, reportage "Ils parlent avec les morts", qui présente une séance de spiritisme sur photo d'une heure à 110 euros. "Ne pas confondre les médiums avec les voyants qui prétendent deviner votre avenir" dit le journaliste un peu arbitrairement (et à tort selon moi : le spiritisme est - souvent quoique pas toujours - distinct de la voyance mais les deux sont des formes de médiumnité). Puis il enchaîne avec une séance publique de médiumnité près de Caen d'Henry Vignaud (dont j'ai parlé dans mon livre) à laquelle se rendent des femmes qui ont perdu des enfants. Un mot sur Bruno le médium et ses prestations avec des célébrités comme Stéphane Bern ou ses vidéos de rue. Le reporter tente un test avec Aurélie, une de ses collaboratrices. Le reportage se termine sur une mise en garde contre les arnaqueurs qui abusent de la confiance des gens. Mais pas un mot sur la mise en garde des religions monothéistes contre l'invocation des morts et la convocation d' "esprits familiers"  à travers des pratiques. Donc encore une couverture médiatique trop partielle et partiale selon moi, comme en ce qui concerne le magazine Avantages cet été (voir mon billet).

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