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Articles avec #mediums tag

Encore un mot sur Richard Bentley

30 Janvier 2023 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire des idées, #Médiums, #Sociologie des institutions

Dans mon livre sur les services juridiques de l'Etat (p. 298) j'ai parlé de l'histoire du principe du contradictoire ("audi alteram partem" : il faut écouter le point de vue de l'autre, entendre sa défense) et, encore il y a cinq ans,  je rappelais qu'une mésaventure survenue à Richard Bentley en 1723 fut à l'origine de l'invention en Angleterre de ce principe du contradictoire, transposé par les libéraux en France au XIXe siècle (notamment par les tendances anglomanes du Conseil d'Etat au XIXe siècle, ceux que Leroux appelait "la France carthaginoise". Finalement le principe s'est introduit dans toutes les procédures administratives en France et dans les autres pays européens)

Notons que Bentley fut par ailleurs auteur de "La friponnerie laïque des prétendus esprits-forts d'Angleterre, ou Remarques de Phileleuthere de Leipsick sur le Discours de la liberté de penser" qui fut traduit en français par Armand Boisbeleau de La Chapelle, écrivain protestant français exilé qui avait tout intérêt à faire cause commune avec Bentley. C'est une réaction à la parution sous couvert d'anonymat en 1713 du Discours sur la liberté de penser d’Anthony Collins qui avait mis Londres en ébullition et affaibli le parti Whig au pouvoir en Angleterre. Le livre allait si loin dans l'athéisme qu'il affaiblissait les défenseurs de la liberté en les faisant passer par ses excès pour des bandits anarchistes, et jetait l'opprobre sur le protestantisme capable de devenir un tel nid de vipères.

Collins avait, outre ce discours, fait paraître aussi en 1710 "Priestcraft in perfection" traduit en français par "La friponnerie ecclésiastique portée à son comble", que La Chapelle décrit comme une entreprise "don quichottesque" contre toute forme de cléricalisme auquel il finit par donner une portée totalement antichrétienne.

Parmi les réponses à cette provocation, celle de Bentley, nous dit La Chapelle, fut la plus impérieuse car à la fois elle démontait la lecture historique que Collins faisait des autorités ecclésiastiques et discréditait l'honnêteté intellectuelle de l'auteur (alors, nous dit le traducteur, que les déistes ont tendance à se draper dans la pureté morale).

Vous savez que depuis mon passage par les magnétiseurs, je prête une certaine attention à la question de la sorcellerie (cf mon livre). J'observe que la question n'est pas absente du livre. On se souvient que dans les années 1660 en Angleterre sous la plume notamment de Glanvill dont on a déjà parlé, la question était d'une certaine importance, alors qu'en France Louis XIV allait encore affronter une affaire de sorcellerie, et Colbert ne mettra fin à la condamnation des sorciers qu'en 1682.

Collins, note Bentley, attribuait aux progrès de la liberté de penser un mérite : celui d'avoir fait déchoir en Grande-Bretagne "le pouvoir que l'on attribue au diable dans les possessions, et dans les sortilèges" (p. 78 de la traduction). Le théologien répliquait que c'était faux car les prêtres anglicans estimaient que les sortilèges existaient, et que c'est la loi votée en 1562 à l'initiative de la chambre basse qui avait qualifié d'acte de félonie "l'usage et la pratique des enchantements, de la magie et des sortilèges" de sorte qu'on ne pouvait en imputer le responsabilité aux ecclésiastiques.

A propos de la loi sur les sorcières, La Chapelle se réfère à John Stype, et cite ce passage en note de bas de page : "La raison qui fit porter ce Projet, vint du grand nombre d'Enchanteurs, de Sorciers & de gens qui invoquent le malin Esprit, qui s'accréditèrent dès les premiers momens de l'Avénement de la Reine à la Couronne, & peut-être auparavant. Ces gens-là se mêlaient des Affaires de l'Etat, & se servaient de Sortilèges, & de la Magie noire, pour ôter le Royaume à cette Princesse (Elizabeth Ie). On remarquait d'ailleurs qu'il régnait beaucoup de Maladies extraordinaires, qu'il y avait beaucoup „ de gens qui perdaient la parole, ou l'usage des sens, qui tombaient en langueur, ou dont la chair pourrissait ; ce que l'on crut avec raison, „ être les effets des Conjurations & des Enchantemens. Aussi est-ce ce que l'on dit dans le préambule de l'Acte" (Strype Annales t 1, ch 2 p. 61).

En réponse à Bentley, Collins allait d'ailleurs reconnaître que le clergé anglican n'était pas responsable des excès de la lutte contre la sorcellerie, notamment dans le procès d'Hertford de 1712 (dernière condamnation de sorcière en Angleterre).

Bentley poursuit son propos sur la sorcellerie en estimant qu'avant la Renaissance et la Réforme c'est une faiblesse générale de l'esprit humain et non une "friponnerie ecclésiastique" qui faisait imputer au diable beaucoup de problèmes aux causes naturelles : "les délires, les convulsions, les envies de manger" etc.  Seules les "lumières de la philosophie et de la médecine" ont eu le mérite de régler le problème, il revient donc "aux Boyles, et aux Newtons, aux Sydenhams, et aux Ratcliffs". "Lorsque ce peuple vit que des ordonnances de médecins guérissaient des maux qu'il imputait au Sortilège, il n'en fallut pas davantage pour le guérir lui-même de ses préjugés". Bentley salue d'ailleurs le travail contre la superstition de pasteurs comme le hollandais Balthazar Becker (1634-1698) et l'archevêque d'York Samuel Harsnet (1561-1631).

La Chapelle précise ceci  en note de bas de page à propos de Harsnett : "En 1586 , un jeune homme nommé Darrel s'érigea en Exorciste, & fit imprimer des Relations de quelques-unes de ses prouesses. La prétendue guérison d'un garçon de 14 ans faite à Barton en 1596, fit un grand bruit. A cette occasion Harsnet, qui n'était encore que Chapelain de l'Evêque Bancroft, écrivit un Ouvrage, intitulé, Découverte des Pratiques frauduleuses du Ministre".

Bentley était donc un théologien aux tendances rationalistes (à la différence de ce qu'allait être un Wesley par exemple), tout en étant très opposé au déisme.

Pour ma part, en tout cas, je compte appliquer le principe "audi alteram partem" dans un billet que j'écrirai dans quelques semaines sur le Suaire de Turin.

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Auctoritas universitaire

22 Décembre 2022 , Rédigé par CC Publié dans #Médiums, #Publications et commentaires

Un professeur de sociologie m'écrit :

"Bonjour
Je suis en train d'évaluer une thèse de l'université de Montréal sur la médiumnité qui cite votre ouvrage sur les médiums, un chamanisme chez l'Harmattan.

Comme quoi , les écrits finissent par atteindre leur public.
Félicitations

Bon Noël"

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Architecture secrète des rois de France : le travail de Didier Coilhac et ses disciples

15 Décembre 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète, #Médiums

Dans une des vidéos de sa chaîne, Le Secret (min 3'58), Didier Coilhac (auteur de Le Secret de François 1er : les mystères cachés des châteaux, eds Nenki 2007) explique que le palais de Chambord, dont la construction fut supervisée par l'évêque Philibert Babou de la Bourdaisière, spécialiste du codage, exprime par sa hauteur et sa largeur les dimensions de la grande pyramide de Guizeh à la proportion du nombre d'or (phi) au carré. La pyramide a un côté de 88 mètres (Coilhac raisonne en mètres en supposant que le mètre a toujours été secrètement ou inconsciemment connu - comme les théoriciens de BAM voir ici). Ce Carré peut être retrouvé dans une partie du plan du château de Chambord (cf à droite). Le, donjon fait 44 mètres. Les grandes salles mesurent 8,80 mètres sur deux fois 8,80 mètres. Il y a un monogramme qui affiche le 88 (8 est le chiffre de Thot et d'Hermès). il le met en relation avec la révolution de Mercure (88 jours). Il voit des 8 32 fois dans l'architecture du Château, et découve que Chambord est aligné avec Fontainebleau et Reims, où il trouve aussi des 8 par guematria.

Chambord se situe dans deux triangles de Pythagore emboîtés l'un dans l'autre avec un rapport de 4 sur 3.

On peut aussi regarder ses travaux sur Versailles qu'il relie au Verseau.

Coilhac se réclame des visions du voyant Edgar Cayce (1877-1945) sur l'Atlantide, qui a parfois vu juste. Par exemple on lit dans la revue "Cols Bleus" du 8 décembre 2001 p. 28 : "Des découvertes archéologiques en 1968 ont relancé le débat de la localisation de l'Atlantide. Des structures immergées ont été identifiées près de l'île de Bimini dans les Bahamas. Ces imposants blocs de pierre pouvant peser cinq tonnes ont été datés au carbone 14 : on a pu estimer à environ 8 à 10 000 ans l'époque où la base était à la surface de la mer. En 1971, des chercheurs concluent que cette gigantesque structure en forme de "U" pouvait faire office de port. Des géologues affirmeront d'autre part qu'il s'agirait de formations naturelles. La prédiction du médium Edgar Cayce renforce le doute : sous hypnose, en 1926, il déclara que des vestiges de l'Atlantide ressurgiraient "près de l'île de Bimini", à la fin des années 1960... "

Mais bien sûr Cayce, comme toujours les médiums, s'est aussi beaucoup trompé. Ainsi il attendait des changements géophysiques considérables avant 1998, date qu'il fixait pour l'apparition d'une ère nouvelle de l'humanité (Jean Marie Leduc, Années d'apocalypse, 1980-2020, Eds la table ronde1980 p. 28).

Et naturellement je n'adhère pas aux thèses de Mr Coilhac sur la réincarnation, ni à sa foi hindouïste, ni à ses convictions ufologiques proches de la théorie des anciens astronautes.

Peu importe, on peut peut-être essayer de trouver quelque vérité dans le mensonge et dans l'erreur (dans le nombre 6) comme disent les kabbalistes.

Didier Coilhac semble avoir inspiré un petit groupe de chercheurs indépendants. Jérôme Manierski, dans L'héritage des rois, paru en 2017, cite au nombre des gens qu'il a inspirés, outre lui-même, Samuel Delage, Marc Bielli, Michel Chavanon qui animent l'association "Révélations" créée en mai 2013. On y trouve aussi des références à d'autres auteurs comme ici.

Tous ces gens pensent qu'il y aurait quelque chose en rapport avec l'arche d'alliance (peut-être des manuscrits de Templiers) dans des souterrains à Feigneux, dans l'Oise, à mi-chemin entre Reims et Chambors (dans l'Oise, homonyme de Chambord à 5 minutes de Gisors) et à 130 fois le nombre d'or du château de François Ier.

Disons justement un mot du livre de Jérôme Manierski (Eds Nouveaux Auteurs 2017), qui se présente comme un auteur "révélé" par le new-ager Paulo Coelho. C'est un thriller de vulgarisation à la manière du Da Vinci Code ou des romans de Roger Facon, dont le héros quadragénaire Yann Cardin, en 2013, "étudie l'influence du monde vibratoire sur les êtres vivants" (sic), c'est-à-dire les réseaux telluriques qui confèrent aux lieux des "propriétés de protection, de guérison et d'activation des facultés extrasensorielles" (et éventuellement vous servent de portiques à Nephilim...). Le héros au deuxième étage de l'escalier à double hélice reçoit une électrisation crânienne qu'il ressent d'ordinaire dans ses séances de méditation, puis voit lui apparaître un enfant-fantôme de huit ans qui lui montre un F inversé au plafond. Il enquêtera à ses risques et périls, à Feigneux et à Chambord, pour décoder avec Joane Baedeker, une jeune guide, les mystères du château face à un "ordre du cordon noir" maçonnique fondé par les Bourbon (dont le nom fait penser au Lys noir). Le livre se lit facilement et constitue une divulgation facile d'accès du propos de Didier Coilhac.

Il est probable que ces chercheurs soient égarés par divers "biais" anti-chrétiens dans leurs analyses des secrets de Chambord. Mais il y a peut-être des choses à prendre et "remettre à l'endroit" dans leurs travaux pour comprendre un ou deux aspects de l'architecture secrète de François Ier (dans une démarche comparable à celle de Barbara Aho autour du Da Vinci Code), et éventuellement mieux appréhender la vocation historique de la monarchie française.

Les travaux de Coilhac sont à penser avec ceux du franc-maçon spécialiste de la géométrie sacrée Randall Carlson. Sur l'Arche d'Alliance voir  "The Sign and the Seal" de Graham Hancock (1993).

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Edith Royer et le Sacré Coeur de Montmartre

17 Juin 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Médiums

Il y a six mois, le médium Reynald Roussel expliquait sur You Tube que l'existence du Sacré Coeur de Montmartre était due à Edith Royer (1841-1924). Le 21 juillet 1870 cette femme avait été inspirée à prier le Sacré Coeur. Le lendemain, elle voyait des éléments dramatiques qui attendaient l'Europe. Au moment des préliminaires de paix en 1871, Mme Royer vit un incendie mal éteint qu’on s’efforçait de rallumer avec un soufflet. Puis le Seigneur lui montra un malade atteint d’un ulcère au côté et dit: “L’opération est nécessaire. Je ne la ferai pas mais il me faut la laisser faire en détournant les yeux comme une mère qui ne pourrait voir souffrir son enfant. Ensuite je viendrai pour cicatriser la blessure, en laissant couler de mon Cœur comme un baume merveilleux." Tandis que la pieuse dame menait une vie austère de mère de famille (elle n'était pas encore entrée au couvent) il lui inspira en 1872 un projet de créer une Association de Prière et de Pénitence. Puis à Paray-le-Monial où il était apparu à Ste Marguerite Marie Alacoque (la religieuse qui avait gravé le nom de Jésus au canif sur son sein gauche) elle reçoit une purification et sera ensuite en dialogue avec cette sainte qui est à l'origine du culte du Sacré Coeur en France.

Roussel explique (sans citer sa source mais en précisant que cela ne vient pas de lui) que Madame Royer a eu l'indication surnaturelle du lieu où devait être érigée la basilique consacrée au Sacré Coeur à Paris par une croix bleue qu'elle vit apparaître au dessus de la butte.

Le culte du Sacré Coeur a peiné à s'imposer dans l'Eglise. Le pape Benoît XIV (pape de 1740 à 1758,) qualifiait cette dévotion d'idolâtrie et déclarait que "si l'on adorait aujourd'hui une partie charnelle de l'Homme-Dieu, on se prosternerait demain devant une autre : le saint Côté, les saints Yeux, etc. "  (cf "Le Sauveur des Peuples" du 4 décembre 1864). Elle peine encore à rallier les âmes. Cependant les miracles eucharistiques récents dont l'étude scientifique montre qu'ils manifestent des cellules vivantes de sang directement issu du ventricule gauche voire de tissu musculaire cardiaque (Tixtla) relance la réflexion sur la légitimité des révélations de Ste Marguerite-Marie Alacoque.

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Passage chez les Antoinistes

27 Mai 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Médiums, #Otium cum dignitate, #Spiritualités de l'amour

Le médium Reynald Roussel ayant dit sur YouTube récemment qu’il allait de temps en temps se recueillir chez les antoinistes (une "Eglise parallèle" de guérisseurs), cela m’a rappelé que Régis Dericquebourg, le préfacier de mon avant-dernier livre, avait enquêté sur leur compte. J’ai alors songé que pourrais peut-être moi aussi, leur rendre visite, et par exemple, puisque c’est une Eglise de guérison, leur soumettre une vieille tendinite que je traîne depuis des années. Je sais après mes expériences chez les médiums que ce genre d’aventure n’est jamais complètement « gratuit », il peut avoir des conséquences graves parfois, mais je n’aime pas vivre dans la peur, et puis j’ai tenté après tout des choses tout aussi périlleuses en février dernier lorsque je suis retourné voir en Béarn une magnétiseuse étrange qui avait été initiée chez les Tziganes…

J’ai donc saisi l’occasion de ma pause déjeuner pour me rendre en bus à l’église antoiniste de ma ville, qui se trouve dans un quartier un peu excentré.

Au bout d’une demi-heure, j’étais aux abords d’un bâtisse des années 1930 ou 50. L’affiche à l’entrée indiquait généreusement que l’église était ouverte tout le temps. Je pousse la porte, elle est fermée à clé. Un mot écrit en petit indique de sonner si tel est le cas. Je sonne. Au bout de deux minutes une voix féminine me répond : « C’est pourquoi ? » « Pour une guérison », dis-je. « Vous êtes qui vous ? » ajouta la voix désagréable comme une employée de la Sécurité sociale. « Je croyais que l’Eglise est ouverte à tout le monde » dis-je. « - Oui, c’est vrai mais je ne vous vois pas bien à la caméra. Pouvez-vous reculer svp ?

Bon, je vous ouvre, mais ça va prendre 5 minutes le temps que j’arrive. »

Enfin la voix ouvrit. C’était une petite dame sexagénaire, au cheveux assez courts frisés. Plus aimable qu’à travers l’interphone, elle me dit « entrez frère », puis commença à m’expliquer : « J’habite dans la partie arrière du temple. Je suis officiante avec mon mari. On peut dire bonne sœur. Vous venez pour quoi ? une prière ? Attendez je vais mettre ma tenue d’officiante. Entrez là en attendant, voici un dépliant que vous pouvez lire. C’est la première fois que vous venez ? La salle de prière est là à gauche. Et là à droite il y a les deux pièces où l’on reçoit les gens ». J’entre donc seul dans la partie gauche où je suis censé me recueillir. Cela ressemble à un temple protestant. En style dépouillé. Il y a au mur un portrait du père Antoine, le fondateur du mouvement dans les années 1900, portrait un peu gauche, et un de sa femme, ainsi que des écriteaux dont j’ai oublié le contenu. Au bout de quelques minutes, la dame ouvre la porte. Elle est vêtue de noir avec une coiffe sombre. Elle me présente son mari qui revient des courses, du même âge qu’elle, enrobé, qui me dit deux mots de leur « culte ». Il me dit qu’ils acceptent toutes les religions. « Nous ne sommes pas une secte » ajoute-t-il. « Oui, dis-je, c’est bien spécifié sur Wikipedia, la Mivilude ne vous classe pas parmi les sectes ». « Oui, surenchérit-il, tout le monde est libre de faire ce qu’il veut ici, on ne demande rien. Mais attention à Internet, il y a à boire et à manger sur ce qu’ils disent sur nous. Donc, oui, on accepte tout le monde. On reconnaît que chaque prophète a été utile à son époque : Moïse, Jésus, Antoine pour notre époque ». « - Il était médium, non ? » « Oui, au début » insiste-t-il comme pour laisser entendre que son envergure avait dépassé celle d’un médium par la suite. « Vous croyez que Jésus est ressuscité ? » demandé-je à tout hasard. L’homme est embarrassé. « Qu’il est ressuscité… heum… non, enfin chacun croit ce qu’il veut, mais nous pensons que c’est un prophète" "- Vous pensez que c'est un prophète comme les Musulmans" fis-je. Il ne relève pas et reprend "Un prophète qui a aidé l’humanité à avancer à son époque, comme Moïse avant lui. D’ailleurs il n’a pas renié Moïse n’est ce pas. Après chaque époque a cru sur lui ce qui lui était nécessaire. Et puis tout le monde évolue. L’Eglise catholique elle-même aussi non ? » « Oui, et pas toujours en bien » dis-je (évidemment je situais parfaitement le propos de  mon interlocuteur qui du point de vue chrétien est antéchristique, puisque selon a Bible est Antéchrist quiconque ne croit pas que Jésus est ressuscité, et cela rappelle l’évolutionnisme du Dr Rozier (voyez mon billet de 2017 là dessus).

La dame parut embarrassée de nous voir disserter de la sorte : "Oh ! moi pour un premier échange je ne dis jamais tout ça. Je suis plus terre à terre, plus pratique. Venez dans la pièce d'accueil (je ne sais plus comment elle appelait cette pièce) vous verrez les questions théoriques plus tard." On se retrouve dans une petite pièce avec là encore des portraits, des écriteaux. La dame fait préciser ce que je veux soigner. Je lui demande si je peux demander pour deux choses. Elle me répond "oh tout ce que vous voulez, vous pouvez même demander de gagner au loto. De toute façon le Père Antoine vous a pris dans son amour à partir du moment où vous avez franchi cette porte, maintenant vous allez voir il va se produire des choses étonnantes vous allez vois. Il y a une dame récemment qui est venue pour un cancer. Dans la foulée tout s'est combiné pour que ses rendez vous médicaux soient annulés et que tout s'arrange." Elle m'explique : "Je vais prier à voix haute. Mon mari, le frère officiant lui ne parle pas, mais moi je parle.

L'Eglise tient à l'anonymat pour que tout le monde se sente libre. Elle me demande quand même comment je les ai connus, ce qui me conduit à parler de mon livre sur les médiums.

Cela ne la fait pas réagir plus que cela. Elle me demande si je viens loin. Je dis le nom de mon quartier. Elle ne le connaît pas. Cela ne fait pas longtemps que le couple vit dans ma ville. Et l'église n'est ouverte en permanence que depuis juillet. Avant la dame a vécu à Auxerre, à Paris, à Valras, et même, toute  petite, à Eaux Bonnes en Béarn. Elle a été comptable pour le magazine l'Express. "Vous avez été catholique ?" allais-je lui demander. "Oui" "- Vous avez donc quitté cette Eglise ?" "Non je ne l'ai pas quittée, je le  suis encore différemment" allait-elle répondre. Chez les antoinistes on assume toujours le passé tout en le dépassant.

Mais pour l'heure elle fait la prière. Elle a dû briser un morceau d'anonymat en me demandant mon prénom. Donc devant la photo du fondateur elle dit "Voilà Christophe, qui n'est pas venu par hasard puisqu'il a cherché cette Eglise". Elle expose mon problème de tendinite. Puis termine sa prière avec "qu'il lui soit donné selon sa foi et son mérite". A la fin elle se tourne vers moi elle me dit : "Vous devriez aller voir une posturologue, pas une podologue, une posturologue. Comme on ne se connaît pas je ne peux pas vous en conseiller mais parmi les gens qui fréquentent le temple il y en a qui ont eu recours à ça". "C'est un message intérieur que vous avez reçu ?" demandé-je. "Je ne sais pas si l'on peut appeler ça comme ça, fait-elle, disons que ça m'est venu pendant la prière". Et comme elle a été aussi intuitive en songeant que j'avais peut être une jambe un peu plus courte que l'autre, elle ajoute "oh mais ici il n'est pas question de voyance, j'ai pensé à ça c'est tout".

Puis elle va me dire un mot sur leur Eglise devant une photo où l'on voit tous les temples de France (une trentaine peut-être). Leurs cérémonies, leurs prières. Il y a sept ou huit personnes qui y viennent régulièrement. Cela sent la religion sur le déclin. La dame, qui s'appelle Gabrielle je crois, dit qu'il n'y a pas assez de célébrants pour maintenir les temples ouverts. Comme j'ai demandé sur quoi portaient leurs lectures le dimanche, elle me montre deux livres noirs et un vert. Le vert est en vente. C'est la biographie "romancée" (précise-t-elle) du fondateur (ce culte de la personnalité fait vraiment penser au Cercle de Bruno Gröning. Les deux noirs sont les écrits du Père Antoine. Ils ne se vendent pas, mais les gens peuvent les avoir chez eux quand ils "montent" spirituellement en s'étant bien imprégné de l'esprit de leur Eglise. Voilà, elle me conseille de passer encore deux minutes en recueillement dans leur grande salle pour augmenter les chances de  guérison. Elle insiste beaucoup sur leurs prochaines réunion de lecture, il y en a une ce soir si je veux. Trois ou quatre fois elle aura fait remarquer qu'on pouvait faire des dons mais que ce n'était pas obligatoire, qu'on était libre, même si enfin il fallait bien que l'Eglise vive, mais bon, de toute façon ils ne veulent rien savoir, tout est anonyme, donc soit on glisse dans la boîte aux lettres, mais ce n'est pas obligatoire. 

Je suis parti en glissant discrètement 10 euros. Pas sûr que j'y retourne, sauf si ma curiosité de sociologue me poussait à vouloir en savoir plus sur les gens qui assistent aux lectures et aux "opérations" comme ils appellent leurs cérémonies dominicales. La tendinite est toujours sensible. Mais personne ne m'avait promis que je pourrais "gambader tout de suite comme un lapin" pour reprendre les mots de la dame.

 

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Les enthéogènes

9 Février 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Anthropologie du corps, #Spiritualités de l'amour, #Histoire des idées, #Histoire secrète, #Médiums

On parle beaucoup depuis quelque temps de l'ayahuasca qui est un enthéogène, c'est à dire une substance (illégale en France, mais d'usage courant en Amazonie) qui provoque des états modifiés de conscience de nature à mettre en contact avec des entités de l'au-delà, dont les effets ont été étudiés de façon expérimentale dans les années 1990 par le psychiatre Rick Strassman et qui a même sa propre église, fortement soutenue par une des membres du clan Bronfman qui, en Amérique du Nord, s'est par ailleurs distingué par son rôle au service de la secte sexuel NXIVM.

Le dossier des entheogènes est très fourni. Pour l'heure je n'en traiterai qu'un aspect qui est un livre d'anthropologie écrit en anglais que j'avais lu en version espagnole du temps où je vivais à Madrid, en 1994 : "Persephone's Quest: Entheogens and the Origins of Religion", de Robert Gordon Wasson, Carl A.P. Ruck, Stella A. Kramrisch.

R. Gordon Wasson journaliste du Herald Tribune s'est consacré à partir de 1927 avec son épouse russe le docteur Valentina Pavlovna à l'étude du rôle des champignons dans la culture. Il étudia à partir des années 1950 les enthéogènes de la région d'Oaxaca au Mexique, puis en 1963 avec Roger Heim, directeur du Muséum d'Histoire naturelle de Paris ceux du peuple kuma en Nouvelle Guinée, et en 1968 le putka en Inde (le soma des indo-européens).

Il a identifié avec l'indianiste Stella Kramrisch, le soma indo-européen bu par les brahmanes comme provenant de l'amanite tue-mouche (amanita muscaria). Puis il a estimé que l'utilisation du claviceps purpurea (ergo du seigle) avec du paspalum distichum (paspale distique) a pu jouer un rôle dans les mystère d'Eleusis en Grèce. En août 1953 il put vérifier l’acuité des prévisions que donnaient les enthéogènes auprès d'un chamane mexicain.

En France des dictons relient les truffes aux tonnerre qui aide à les faire pousser, de même Pline l'Ancien à propos des tuber (truffes et terfezia), Plutarque dit la même chose de l'hydnon, équivalent du tuber, ainsi qu'Athénée (dans ses Deipnosophistes) de son équivalent thrace, l'oiton. Dans l'est de la France on dit même que les bolets prolifèrent où tombe la foudre. Dans le piémont aujourd'hui, le lactaire sanguin est appelé champignon-tonnerre. Chez les Bédouins (p.107) les banaturrad, "filles du tonerre" qui se ramassent après les orages diluviens pourraient être les Helianthemum lippii (terfezia). On a là donc l'idée que le champignon peut faire système avec le tonnerre, et je vous renvoie là dessus au très intéressant cours de Gene Kim du 15 janvier dernier (en anglais) sur l'électricité dans la Bible : ici sur You Tube.

Je ne développerai pas les autres aspects intéressants de cet ouvrage collectif et me contenterai pour l'instant de terminer sur cette observation : une des nombreuses preuves du fait que ces enthéogènes ne sont pas de simples hallucinogènes mais bien des entheogènes qui font rencontrer des entités clairvoyantes se trouve en p. 37 de la version espagnole du livre. Le  samedi 15 août 1953 au soir, à Huautla de Jimenez village de l'État de Oaxaca au Mexique, Wasson se trouve en présence de l'anthropologue Roberto Weitlaner à discuter avec le boucher borgne-chamane Aurelio Carreras. Carreras a fourni des champignons enthéogènes. Soudain, Weitlaner demande au chamane s'il veut bien l'aider. Le chamane hésite puis leur donne rendez-vous à 9 heures. Pendant la nuit il mange lentement les champignons sans incantation, puis parle (en mazatèque) dès que les champignons "parlent" en lui. Wasson et son épouse disent qu'ils veulent avoir des nouvelles de leur fils Pierre, 18 ans, qui n'est pas entré en contact avec eux depuis plusieurs jours. Le chamane Carreras leur demande où il se trouve. Ils répondent qu'il est près de Boston. Au début le chamane a du mal à le localiser car c'est pour lui une ville grande et étrange. Au bout d'un moment il dit : Peter est vivant mais "ils" essaient de l'envoyer à la guerre. Après une heure de silence il dit que Peter est chez lui à New York, que ses pensées sont avec ses parents jusqu'aux larmes. Vers 1h45 le chamane annonce à Wasson qu'un de ses parents sera gravement malade pendant l'année.

A leur retour les Wasson trouvent dans leur appartement à New York les restes d'une fête dont Peter put confirmer qu'il l'avait bien organisée là le 15 août au soir (alors que les Wasson le croyaient encore à Boston), ce que les factures des repas confirmaient. Ils n'avaient pas trop cru le chamane qui avait parlé d'un appel à la guerre car le jeune à 17 ans avait déjà fait son service militaire dans la garde nationale ce qui devait l'exempter de tout autre enrôlement. Mais, le 3 octobre, l'ethnologue recevait, à Genève, un télégramme de son fils lui annonçant qu'il s'engageait pour trois ans dans l'armée suite à une crise affective (une histoire de coeur) qui avait culminé quand ses parents avaient été au Mexique (ces pensées jusqu'aux larmes vues par le chamane) mais dont il ne leur avait rien dit. Enfin, en janvier 1954 un cousin de Wasson (qui n'avait qu'une famille très réduite car la génération précédente était morte), mourut d'une crise cardiaque alors qu'il était en pleine forme. Wasson y a vu la preuve que lorsque les champignons avaient "parlé", ils avaient fait bien autre chose que simplement provoquer une hallucination ou révéler une invention de la psyché du chamane.

Je précise que, de mon point de vue, ces entités, comme celles qui parlent aux voyants dans les taros (j'en ai parlé dans mon livre sur les médiums), ne connaissent pas l'avenir mais embrigadent dans des pactes ceux qui ne prennent pas de distances à l'égard de ce qu'ils annoncent. Mais cette anecdote, avec ses éléments de vérification externe, montre bien en tout cas que des entités s'exprimaient là, et non pas la psyché d'Aurelio Carreras.

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Dozulé : catholicisme, OVNIs et physique quantique

23 Juin 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire des idées, #Christianisme, #Philosophie, #Médiums

Je voudrais attirer votre attention sur une très bonne initiative qu'ont eue les responsables de l'association "Le sentier de la croix glorieuse" de mettre, il y a cinq mois, sur You Tube, les enregistrements sur cassettes magnétiques du témoignage de la voyante des apparitions de Dozulé (Calvados) Madeleine Aumont. Du point de vue de la spiritualité, de l'histoire, de la psychologie, des sciences naturelles etc c'est un élément très important : on eût aimé avoir à disposition le témoignage de Bernadette Soubirous de Lourdes,  de Mélanie Calvat de La Salette et de tant d'autres voyants et visionnaires des siècles antérieurs. On a celui de Madeleine Aumont et c'est une très grande chance. Je les ai écoutés en partie. Ce qui frappe, c'est la simplicité et l'apparente sincérité avec laquelle cette dame raconte ce qu'elle a vu et entendu et comment cela s'est passé.

Ca n'a nullement l'air "scripté" comme on dit de nos jours en usant d'un anglicisme. La voyante ne semble pas raconter une "histoire officielle" dont un tiers lui aurait suggéré la narration. Tout cela semble provenir assez spontanément de ses souvenirs. Et l'on écartera donc, en ce qui concerne Dozulé, ce que j'ai écrit il y a peu à propos d'une réécriture de l'histoire signalée par l'occultiste Sylvie Simon autour d'une "présence extra-terrestre" autour de la maison de la mystique Marthe Robin en 1980.

Pas de réécriture, donc, si l'on tient cette hypothèse, l'inspiration est réellement catholique et non "extra-terrestre", sauf à faire le pari - défendu par certains - que les extraterrestres savent singer n'importe quel vocabulaire religieux orthodoxe et qu'ils aient inspiré d'eux-mêmes par une sorte de télépathie l'adhésion catholique de Madeleine Aumont qu'elle raconte dans son témoignage à partir de son retour à l'eucharistie. Il n'y a donc pas grand chose à retirer, me semble-t-il, de l'avis de la voyante recueilli par Rémy Mauger et Jacques Lacan et FR3 en 1986 (et lourdement souligné par la même chaîne 31 ans plus tard) sur son apparition de 1972 quand elle dit : "J'ai d'abord aperçu une forte lumière sur la bute, alors j'ai eu peur évidemment, j'ai pensé à une soucoupe volante, on en parlait à ce moment-là. Et puis je me disais 'même si les gens pensent qu'il y a des soucoupes volantes moi je leur dirais que c'est vrai, parce que j'ai cru que c'était ça. D'ailleurs après quand je suis retourné à la fenêtre la deuxième fois j'ai vu la croix qui s'est formée dans le ciel".

Il est indéniable que Madeleine Aumont "capte" des images en trois dimensions, et des "fragments de discours" (au sens où Roland Barthes parlait de "fragments d'un discours amoureux"), en latin notamment, dont elle ne peut pas être l'auteure puisqu'elle n'en comprend pas du tout le sens, et que c'est le curé du village qui ensuite les décrypte pour elle. Se peut-il qu'il y ait là simplement une sorte de phénomène quantique, lié à la structure "holographique" de l'univers dont parlait le père François Brune (cf ici) et qui voudrait que du fait d'une certaine intentionnalité du sujet (je le fait qu'il soit tourné vers la Foi) il ou elle "reçoive" sur un mode condensé des éléments spirituels qui "flotteraient" dans un univers quantique (que Jung assimilerait à l'inconscient collectif) ? A noter que "l'intentionalité" même ne ressort pas dans ce récit comme émanant du sujet puisqu'au départ elle n'est poussée vers l'eucharistie que pour faire plaisir à sa mère. Le goût pour la présence christique ne vient qu'après - ce qui nourrit une métaphysique de l'élection arbitraire qui va, notez le bien, dans le sens du quiétisme (un de mes sujets préférés)... Evidemment, le fait que cela soit subi peut jouer en faveur d'une hypothèse de manipulation par une entité extérieure (et pour le coup éventuellement extraterrestre) capable justement de jouer avec la structure quantique de l'univers. A ce sujet je renvoie à une intéressante interview d'un ex-patron de la DGSE Alain Juillet dans Paris Match le 11 avril 2020 qui expliquait que les grandes puissances qui s'intéressent aux extraterrestres cherchent à "découvrir s’il n’y pas derrière le phénomène Ovni quelque chose qui, techniquement parlant, peut être intéressant." "Là, je débouche, ajoutait-il, sur un autre aspect ... qui a été expliqué par d’autres beaucoup plus forts que moi en la matière : nous passons d’une vision du monde modelée par la physique traditionnelle à une autre vision fondée sur la physique quantique. Et l’on comprend beaucoup mieux ces phénomènes à travers le prisme de la physique quantique qu’avec celui de la physique actuelle".

On observe à propos de Madeleine Aumont que, si les visions et les références sont très orthodoxes sur le plan religieux, les prophéties sont fausses - puisque la vision annonçait une guerre avec l'URSS avant la fin du siècle. Les prêtres disent en général (par exemple à propos de La Salette) que c'est parce que les prophéties sont conditionnelles, mais cela ne me convainc pas trop. On louera au passage la prudence de l'Eglise qui eut la bonne idée de soumettre Madeleine Aumont à l'exorcisme (peut-être un exorcisme pas assez poussé ?). Elle dit que le curé du village a estimé qu'elle n'était pas une "fausse prophète" parce qu'elle n'accomplissait pas des guérisons et des prodiges antéchristiques annoncés pour la fin des temps, mais c'est peut-être là une conclusion un peu hâtive...

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Occupations du moment

30 Mai 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Otium cum dignitate, #Médiums, #Spiritualités de l'amour, #Christianisme

Je regarde en ce moment des vidéos du médium Reynald Roussel et de l'hindouïste Sadhguru, qui eut la même expérience que Jiddu Krishnamurti, le gourou jadis poussé par la théosophe Annie Besant.

Quant à Reynald Roussel, que j'ai cité dans mon livre sur les médiums, et dont j'ai aussi évoqué en 2019 le témoignage concernant Mademoiselle Bouvier et le Padre Pio, je vous recommande sa discussion avec feu la journaliste Sylvie Simon en 2006 ici à propos de la mystique Marthe Robin. On retombe sur cette très grande "ouverture doctrinale" des mystiques catholiques (j'en avais dit un mot à propos des phrases aimables de Marthe Robin sur Simone de Beauvoir), qui me fait penser aussi aux rapports très étranges de Thérèse Neumann avec le gourou Yogananda. Evidemment dans cette logique là, on glisse vite vers la religion primordiale universelle que recherchait René Guénon, religion devant laquelle les textes sacrés pour ainsi dire s'effacent. Ce n'est pas seulement un danger pour les Eglises institutionnelles. Cela pose la question de la "boussole" que tout un chacun doit suivre, sans perdre le Nord, car tout le monde n'est pas "choisi" pour vivre une vie mystique.

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Le verbatim de l'interview réalisée par Christian Urvoi sur ArkTV "Millechemins" (production Ark Alliance Morgana 2006) - passages importants :

Sylvie Simon (à propos de sa rencontre avec Marthe Robin en 1980 - elle dit que Marthe Robin avait 79 ans, mais celle-ci est morte avant son 79e anniversaire, et l'on voit dans l'interview que Sylvie Simon calcule depuis 1980) : 7'30 "Quand je suis entrée dans la chambre, j'ai senti que mes jambes se sont mises à trembler, mon coeur s'est mis à battre très fort et j'ai senti que je passais comme dans une autre dimension (...)". Sylvie Simon évoque la réponse de la mystique à la question sur sa mission pour l'information de l'humanité (une réponse prémonitoire très positive, mais aussi très claire sur les embûches qu'elle rencontrera), puis elle lui fait prier la Vierge Marie. 9'16 "Je suis repartie dans un état d'euphorie totale (...) Après que mon ami l'a vue aussi, nous sommes parties toutes les deux après (...) on a décidé de marcher dans la nature plutôt que de prendre le car tellement on sautait de joie. Et à partir de ce moment là j'ai vu les auras de tout le monde. Ce qui est très curieux et ça a duré à peu près six mois. Elle a dû élever mes vibrations. Après je suis retombée dans la matière comme tout le monde. Et le soir même, j'étais avec ce garçon et avec un autre ami qui avait perdu la vue, et nous sommes partis tous les trois nous promener. Il pleuvait, nous sommes sortis dans la nature. Tout d'un coup il s'est mis à pleuvoir très fort. Nous nous sommes retournés pour rentrer et il y avait au milieu ce garçon qui était aveugle et mon ami de l'autre côté, on le tenait chacun par un bras pour qu'il ne trébuche pas. On était vraiment dans la campagne et on ne voyait rien. Et tout d'un coup on a vu comme une sorte d'objet bizarre devant nous qui ressemblait à une espèce de gyrophare de voiture et je ne pourrai jamais dire s'il était à 50 mètre et s'il était de la taille d'une maison ou s'il était de l'autre côté de la vallée parce qu'on était devant une vallée qui descendait et il y avait la côte de l'autre côté et qu'il était gigantesque. On n'a pas su. Et à ce moment là, on s'est dit qu'est ce que c'est, est ce que c'est un OVNI, on en parlait à l'époque. On est revenus très vite et j'ai dit à l'autre garçon, Philippe, courez vite là bas à la fondation (on n'était pas très loin encore) pour essayer de trouver des témoins. Nous on ne le quittait pas des yeux et mon coeur battait fort, mon ami aveugle à côté le sentait. Au moment où Philippe est sorti avec trois jeunes novices, l'objet s'est éteint. Alors on a attendu deux trois minutes et on est partis. Au moment où nous entrions dans la maison, l'objet s'est allumé à à peu près 45 degrés. Et tout le monde l'a regardé, moi je n'ai rien dit. Philippe non plus. Et une des jeunes novices a dit "ah c'est un OVNI". Je lui ai dit "ce n'est pas moi qui vous ai dit le mot". Et puis ça s'est éteint après, et j'ai appris par une novice qui était restée à la fenêtre en haut qu'au moment où ça s'est éteint - on ne pouvait pas le voir parce qu'il y avait une verrière qui nous abritait de la pluie et qui nous empêchait de voir au dessus - ça a fait comme un feu d'artifice au dessus au point de vue lumière. Et donc on a parlé de ça toute la soirée. (...) J'ai fait la vaisselle pour la communauté, et je me suis trouvée aidée par une jeune novice. Et je lui ai dit 'quand même c'est extraordinaire ce qu'on a vu hier'. Et elle m'a dit 'on n'a rien vu hier il n'y avait rien'. J'ai dit 'mais on en a parlé jusqu'à 3 h du matin'. 'Non non c'est une vue de notre esprit' a-t-elle dit.  Je me suis dit 'bon ben les prêtres sont passés par là' et le fameux Philippe m'a dit 'c'est bizarre j'étais à côté d'une novice qui m'a dit la même chose' et les trois ont refusé de reparler de tout ça. Mais le lendemain trois de nos amis ont été reçus (par Marthe Robin), y compris ce garçon qui était aveugle... et une de mes amies qui a été reçue le lendemain lui a dit 'Marthe est-ce que vous croyez aux OVNIs ?' Et elle lui a répondu 'oui, je sais qu'il y en avait un sur la fondation hier, et deux de vos amis l'ont vu', donc elle était parfaitement au courant.(...) Et depuis j'ai appris par des amis qui sont spécialistes de la question, qui sont des médecins que beaucoup de rencontres avec des saints sont mêlées à des phénomènes d'OVNIs. Moi j'ai des amis qui ont vu Padre Pio et qui après ont vu des objets volants non identifiés."

A la 18ème minute Reynald Roussel raconte comment il fut guéri d'un mal de dos. La mystique lui a dit "En contrepartie vous aiderez beaucoup de gens par la suite. Ce ne sera pas facile, ce sera dur, mais vous aiderez." Elle lui a ensuite demandé de revenir l'année suivante. "J'étais dans une chambre qui n'était pas de ce monde, qui était pleine d'amour. Il y avait une odeur merveilleuse". "Je suis ressorti c'était en plein mois d'août, il faisait 39 dehors. J'ai traversé la cuisine j'étais gelé. Je suis arrivé dehors je ne savais pas où j'étais". Depuis, je prie, je m'adresse à Marthe, je lui parle, et j'ai la foi.

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