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Articles avec #histoire secrete tag

"La Vie de la belle et clere Magdelene" de François de Moulins de Rochefort

3 Juin 2022 , Rédigé par CC Publié dans #Sainte-Baume, #Histoire des idées, #Histoire secrète

Le rapport de François Ier, sa mère Louise de Savoie et sa soeur Marguerite d'Angoulême (/de Navarre) à Ste Marie-Madeleine semble avoir été intense à la suite de leur pèlerinage à la Sainte-Baume en janvier 2016.

J'ai déjà évoqué dans un billet du 1er juin 2022 l'attachement de Marguerite de Navarre à la sainte pénitente, un attachement sur lequel il va falloir revenir car, après un échange de courriel avec Mme Lojkine m'indique que la 32ème nouvelle de l'Heptaméron serait cryptée et liée à cette sainte.

Cet attachement rejaillit sur ces intellectuels protégés par les Valois qui étaient aussi des théologiens et des réformateurs religieux (plus ou moins sympathisants des idées nouvelles protestantes, comme Lefèvre d'Etaples, qui contesta en son temps l'identité des trois Maries et dont on apprend que lui même fit aussi le pèlerinage à la Ste Baume.

Il me faut maintenant développer ce que l'on trouve dans "La Vie de la belle et clere Magdelene" qu'un autre protégé des Valois, François de Moulins de Rochefort (1470-1526) publia en 1517 à la demande de Louise de Savoie. Je n'avancerai que quelques humbles remarques très maladroites sur cet ouvrage, sachant que, comme on l'a dit, les oeuvres de la Renaissance sont souvent cryptées (et celle-ci l'est probablement) et que je ne suis nullement assez savant sur ces sujets pour prétendre en percer les secrets.

 

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Recension du livre "Le Secret de Mélanie falsifié"

24 Avril 2022 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire des idées, #Histoire secrète, #Notes de lecture

Recension initialement destinée à être publiée sur le site Parutions.com auquel j'ai occasionnellement collaboré jadis et donc adaptée à son lectorat, mais je viens d'apprendre que ce site est désormais archivé et suspendu. Je la publie donc ici.

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Paul-Etienne Pierrecourt, Le Secret de Mélanie falsifié
Editions Pierrecourtoises 2022 /  19 €  / 254 pages
ISBN : 978-2-9581145-9-6
FORMAT : 21 X 15 cm

Une page d’histoire religieuse

Au XIXe siècle, l’opinion publique catholique française s’est passionnée pour les secrets livrés par une apparition de 1846, celle de Notre Dame de La Salette, dans l’Isère, à deux jeunes bergers, Mélanie Calvat et Maximin Giraud. Les milieux catholiques en attente d’une restauration des Bourbons y étaient particulièrement sensibles car dans les révélations de la Sainte Vierge, il était question, disait-on, du futur Grand Monarque, ce qui émut au premier chef le comte de Chambord, prétendant au trône. Si d’autres secrets, ceux de Notre-Dame de Fatima, ont quelque peu éclipsé au XXe siècle ceux de La Salette, ceux-ci rencontrent un regain d’intérêt aujourd’hui dans les cercles traditionalistes, en ces temps où les tribulations de la mondialisation réveillent les anticipations apocalyptiques et où le Pape accueille au Vatican des idoles pré-colombiennes. Notre Dame sur les contreforts des Alpes n’a-t-elle pas en effet annoncé que Rome ne serait bientôt ni plus ni moins que le siège de l’Antéchrist ?

Dans un petit livre d’enquête récemment publié, l’écrivain musicien Paul-Etienne Pierrecourt entreprend d’écrire une nouvelle page de la saga de ce secret, à la manière de Sherlock Holmes, en s’appuyant sur un constat troublant : si en 2002 chez Fayard le père Michel Corteville (qui avait consacré sa thèse de doctorat au sujet) et l’abbé René Laurentin s’étaient fait l’écho de la découverte en octobre 1999 de la soi-disant toute première rédaction du secret confié par la Saint Vierge aux deux bergers (une lettre remise au Pape Pie IX en 1851), des éléments peuvent laisser sérieusement croire que ce document serait un faux. Selon la voyante Mélanie, en effet, il comportait la date d’un événement prophétisé, alors que le papier de 1999 n’en porte pas ; il mentionnait aussi un reproche au clergé absent du nouveau manuscrit ; toujours selon des souvenirs rapportés par Mélanie et d’autres témoins d’il y a plus d’un siècle le secret tenait en trois grandes pages, celui de 1999 n’en fait que deux petites etc. Il s’agirait donc d’un faux.

A qui profite le crime ? se demande alors Pierrecourt avant de pointer du doigt le cardinal Ratzinger futur Benoît XVI, alors préfet de la Congrégation de la doctrine de la foi (ex-Saint Office) dont il dénonce pêle-mêle le modernisme à l’époque du concile de Vatican II, et une supposée allégeance au culte du dieu païen Pan (dont nous avions nous-même dans notre livre Le Complotisme protestant contemporain rappelé l’importance dans l’occultisme classique et dans la pop-culture crowleysienne anglo-saxonne des années 1960-70), allégeance manifestée selon l’auteur par une image sur sa mitre d’intronisation, et qui renvoie à une possible prise de pouvoir des francs-maçons (voire de leur volet le plus sataniques, version Illuminati…) à la tête de l’Eglise moderne (une thèse très répandue de nos jours, voir par exemple Infiltration du youtubeur catholique texan Taylor Marshall, aux éditions Crisis), ce qui vérifierait après-coup la prédiction de Notre Dame de La Salette sur le siège de l’Antéchrist.

Sans être nécessairement d’accord avec toutes les thèses qui sous-tendent le regard de l’auteur sur le sujet qu’il aborde (notamment en ce qui concerne le rôle du judaïsme dans l’avènement de l’Antéchrist, qui part d’une lecture contestable du livre de l’Apocalypse et fait l’impasse de la spécificité de la tribu de Dan dans l’économie de la dictature de l’Impie), on reconnaîtra à ce travail de recherche beaucoup d’érudition et de précision dans l’argumentaire, ainsi qu’une indépendance d’esprit salutaire qui ne peut manquer de ranimer les discussions aujourd’hui à tort censurées sur la véritable nature de l’Eglise catholique contemporaine et sa capacité à garder les âmes de ses fidèles dans les enseignements du Christ.

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Architecture secrète des rois de France : le travail de Didier Coilhac et ses disciples

15 Décembre 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète, #Médiums

Dans une des vidéos de sa chaîne, Le Secret (min 3'58), Didier Coilhac (auteur de Le Secret de François 1er : les mystères cachés des châteaux, eds Nenki 2007) explique que le palais de Chambord, dont la construction fut supervisée par l'évêque Philibert Babou de la Bourdaisière, spécialiste du codage, exprime par sa hauteur et sa largeur les dimensions de la grande pyramide de Guizeh à la proportion du nombre d'or (phi) au carré. La pyramide a un côté de 88 mètres (Coilhac raisonne en mètres en supposant que le mètre a toujours été secrètement ou inconsciemment connu - comme les théoriciens de BAM voir ici). Ce Carré peut être retrouvé dans une partie du plan du château de Chambord (cf à droite). Le, donjon fait 44 mètres. Les grandes salles mesurent 8,80 mètres sur deux fois 8,80 mètres. Il y a un monogramme qui affiche le 88 (8 est le chiffre de Thot et d'Hermès). il le met en relation avec la révolution de Mercure (88 jours). Il voit des 8 32 fois dans l'architecture du Château, et découve que Chambord est aligné avec Fontainebleau et Reims, où il trouve aussi des 8 par guematria.

Chambord se situe dans deux triangles de Pythagore emboîtés l'un dans l'autre avec un rapport de 4 sur 3.

On peut aussi regarder ses travaux sur Versailles qu'il relie au Verseau.

Coilhac se réclame des visions du voyant Edgar Cayce (1877-1945) sur l'Atlantide, qui a parfois vu juste. Par exemple on lit dans la revue "Cols Bleus" du 8 décembre 2001 p. 28 : "Des découvertes archéologiques en 1968 ont relancé le débat de la localisation de l'Atlantide. Des structures immergées ont été identifiées près de l'île de Bimini dans les Bahamas. Ces imposants blocs de pierre pouvant peser cinq tonnes ont été datés au carbone 14 : on a pu estimer à environ 8 à 10 000 ans l'époque où la base était à la surface de la mer. En 1971, des chercheurs concluent que cette gigantesque structure en forme de "U" pouvait faire office de port. Des géologues affirmeront d'autre part qu'il s'agirait de formations naturelles. La prédiction du médium Edgar Cayce renforce le doute : sous hypnose, en 1926, il déclara que des vestiges de l'Atlantide ressurgiraient "près de l'île de Bimini", à la fin des années 1960... "

Mais bien sûr Cayce, comme toujours les médiums, s'est aussi beaucoup trompé. Ainsi il attendait des changements géophysiques considérables avant 1998, date qu'il fixait pour l'apparition d'une ère nouvelle de l'humanité (Jean Marie Leduc, Années d'apocalypse, 1980-2020, Eds la table ronde1980 p. 28).

Et naturellement je n'adhère pas aux thèses de Mr Coilhac sur la réincarnation, ni à sa foi hindouïste, ni à ses convictions ufologiques proches de la théorie des anciens astronautes.

Peu importe, on peut peut-être essayer de trouver quelque vérité dans le mensonge et dans l'erreur (dans le nombre 6) comme disent les kabbalistes.

Didier Coilhac semble avoir inspiré un petit groupe de chercheurs indépendants. Jérôme Manierski, dans L'héritage des rois, paru en 2017, cite au nombre des gens qu'il a inspirés, outre lui-même, Samuel Delage, Marc Bielli, Michel Chavanon qui animent l'association "Révélations" créée en mai 2013. On y trouve aussi des références à d'autres auteurs comme ici.

Tous ces gens pensent qu'il y aurait quelque chose en rapport avec l'arche d'alliance (peut-être des manuscrits de Templiers) dans des souterrains à Feigneux, dans l'Oise, à mi-chemin entre Reims et Chambors (dans l'Oise, homonyme de Chambord à 5 minutes de Gisors) et à 130 fois le nombre d'or du château de François Ier.

Disons justement un mot du livre de Jérôme Manierski (Eds Nouveaux Auteurs 2017), qui se présente comme un auteur "révélé" par le new-ager Paulo Coelho. C'est un thriller de vulgarisation à la manière du Da Vinci Code ou des romans de Roger Facon, dont le héros quadragénaire Yann Cardin, en 2013, "étudie l'influence du monde vibratoire sur les êtres vivants" (sic), c'est-à-dire les réseaux telluriques qui confèrent aux lieux des "propriétés de protection, de guérison et d'activation des facultés extrasensorielles" (et éventuellement vous servent de portiques à Nephilim...). Le héros au deuxième étage de l'escalier à double hélice reçoit une électrisation crânienne qu'il ressent d'ordinaire dans ses séances de méditation, puis voit lui apparaître un enfant-fantôme de huit ans qui lui montre un F inversé au plafond. Il enquêtera à ses risques et périls, à Feigneux et à Chambord, pour décoder avec Joane Baedeker, une jeune guide, les mystères du château face à un "ordre du cordon noir" maçonnique fondé par les Bourbon (dont le nom fait penser au Lys noir). Le livre se lit facilement et constitue une divulgation facile d'accès du propos de Didier Coilhac.

Il est probable que ces chercheurs soient égarés par divers "biais" anti-chrétiens dans leurs analyses des secrets de Chambord. Mais il y a peut-être des choses à prendre et "remettre à l'endroit" dans leurs travaux pour comprendre un ou deux aspects de l'architecture secrète de François Ier (dans une démarche comparable à celle de Barbara Aho autour du Da Vinci Code), et éventuellement mieux appréhender la vocation historique de la monarchie française.

Les travaux de Coilhac sont à penser avec ceux du franc-maçon spécialiste de la géométrie sacrée Randall Carlson. Sur l'Arche d'Alliance voir  "The Sign and the Seal" de Graham Hancock (1993).

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Une recension de mon livre "Les Nephilim"

28 Mars 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Publications et commentaires, #Christianisme, #Histoire secrète, #Histoire des idées

- Mes plus vifs remerciements à Christian Saves, écrivain, politologue, pour cette recension sur le site de l'Institut Jean Lecanuet.

Articles de la revue France Forum

Avec ce nouvel essai, Christophe Colera livre un texte aussi intéressant qu’original, aux frontières de la philosophie, de la sociologie et de la théologie ou, plus exactement, du religieux.

L’auteur est d’ailleurs, tout à la fois, sociologue et philosophe de formation, donc à l’aise dans les deux disciplines. France Forum avait déjà rendu compte, pour ses lecteurs, d’un précédent ouvrage de l’intéressé : Individualité et subjectivité chez Nietzsche (L’Harmattan, 2004). Le présent livre ne s’inscrit pas, à proprement parler, dans une veine qui est celle de la sociologie des religions. C’est plutôt, comme le souligne très bien son sous-titre, une lecture biblique de l’histoire des Géants, c’est-à-dire une tentative d’interprétation, de mise en perspective historique. L’auteur mène à bien ce travail avec beaucoup de conviction et de talent : le résultat est probant.

Si l’existence des Nephilim, êtres surnaturels bibliques et hybrides nés de l’union entre les « Fils de Dieu » et des femmes humaines, a été souvent contestée, aujourd’hui encore des chrétiens prennent leur existence au sérieux. L’essai présente les thèses de ces derniers, leur credo et la manière dont ils projettent cette croyance dans leur lecture du monde actuel. Dans un univers caractérisé par un fort retour du religieux, y compris sous des formes parfois inattendues et surprenantes, le biblique et le divin tendent à revenir au premier rang des réflexions, tout au moins dans certains milieux. Il est vrai que l’homme a horreur (et peur ?) du vide contemporain, ce qui peut contribuer à expliquer son retour vers Dieu, le divin et tout ce qui l’accompagne.

Il y a, très probablement, derrière ce type de posture, une forme de détresse, de désarroi très actuel. L’auteur le suggère d’ailleurs fort habilement et ce n’est pas le moindre de ses mérites. L’autre grande qualité de ce livre vient de ses résonnances bien contemporaines : aujourd’hui, les tenants des thèses apocalyptiques et les adeptes du « complotisme » (comme l’on peut s’en rendre compte au travers de la crise sanitaire mondiale liée à l’épidémie de Covid-19 et à ses avatars) prédisent/promettent, si ce n’est la fin du monde, au moins la fin d’un monde : le nôtre… donc notre propre fin. L’idée d’un châtiment divin pour les péchés commis n’est jamais très loin…

Dans des sociétés qui se déstructurent et perdent graduellement leurs repères, l’heure est à la culpabilité et à l’expiation, pour avoir été trop longtemps oublieuses de Dieu. Ce livre est stimulant car il aide justement à repenser un peu le rapport que chacun peut entretenir à Dieu et au divin, hors des sentiers battus…

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Les travaux de Joseph Davidovits sur le patriarche Joseph

19 Décembre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire des idées, #Christianisme, #Histoire secrète

En réponse à mon billet sur les travaux Douglas Petrovich qui identifient le patriarche Joseph au vizir Sobekemhat, le blogueur JiDé de "Des Trésors cachés dans le Sable", me fait remarquer que Joseph Davidovits l'identifie pour sa part au scribe Amenhotep (ce qui se prononce Amenophis) fils de Hapou  mort vers 1350 av JC, c'est à dire 500 ans après Sobekemhat.

J'ai tenté de creuser un peu le sujet. J. Davidovits, né en 1935, inventeur du concept de géopolymère, spécialiste des bétons romains, se présente comme un égyptologue francophone. Son fils Frédéric Davidovits a découvert, en 2003, à la bibliothèque universitaire de l'UFR de lettres de Caen un livre "Le Temple du scribe royal Amenhotep, fils de Hapou (Fouilles de l'Institut français d'archéologie orientale du Caire) " (1936) d'Alexandre Varille (1909-1951). Ce livre permet à Joseph Davidovits de compléter  sa recherche menée depuis vingt ans pour identifier le patriarche Joseph. Le livre de Varille, occulté par l'égyptologie officielle, comprend une fresque de 3 m X 4 m dont on ignore où elle se trouve alors qu'elle devrait être la plus grande découverte archéologique du XXe siècle, affirme le Pr Davidovits dans cette vidéo du 17 juillet 2013. Est-elle délibérément cachée ? S'agit-il d'une volonté du gouvernement égyptien d'occulter l'histoire d'Amenhotep III (1386-1353 av JC le pharaon représenté en colosse de Memnon) et d'Akhenaton (1365-1338) dont l'administration locale empêche l'accès aux document ?

La fresque démontre l'historicité d'Amenophis fils de Hapou (1437-1356 av JC), de son origine sémitique. Joseph Davidovits a retrouvé trois frères ce cet Amenophis. Descendant d'un de ses frères Hévy (et non Lévy) comme l'indique le Bible, Moïse aurait été administrateur du temple mémorial d'Amenophis (dans la nécropole de Thèbes, près de la Vallée des Rois) qui aurait été une sorte de "grande abbaye" où l'on stockait la sagesse de l'époque. Après des troubles sociaux des hébreux (artisans égyptiens, selon Davidovits, enrôlés dans la construction de la ville hérétique d'Amarna par Akhenaton) , Moïse se serait réfugié dans la région de Madian, zone minière autour du golfe d'Aqaba liée au temple d'Aménophis (qui l'approvisionnait en cuivre). Moïse aurait été accueilli à Madian par les "ouroub", artisans de la même famille que les hébreux (oubrous), exilés à Madian, et qui seraient les ancêtres des Arabes. L'Exode aurait eu lieu vers 1060 av. JC (200 ans après la date retenue par les historiens bibliques).

Joseph Davidovits veut pour preuve de ses allégations le fait que le texte de cette fresque trouvée par Varille est repris mot pour mot dans la Bible, Genèse 41:41  : "vois je te mets à la tête de toute l’Egypte. ", puis en 42 "Pharaon ôta son anneau de la main, et le mit à la main de Joseph; il le revêtit d'habits de fin lin, et lui mit un collier d'or au cou" : Au bas de la fresque il est écrit "Il reçut des ornements en or et en toutes sortes de minerais précieux. Son corps fut habillé d'étoffe délicate et de lin de première qualité. Un collier en or pur et en toutes sortes de matières a été passé à son cou". Genèse 41:46 dit encore : "Joseph était âgé de trente ans lorsqu'il se présenta devant Pharaon, roi d'Egypte". Le texte de la fresque dit"An 30, le grand scribe royal Amenophis, s'est incliné devant sa Majesté". Pharaon y nomme Joseph (Gen 41:45) : çaphenat-paneah (sapnath-panéakh), un nom qui ne signifie rien en hebreux, mais qui doit être d’origine égyptienne. Or selon l’auteur çaphenat-paneah est le nom égyptien Amenophis Fils de Hapou. Si on l'écrit en hébreu de droite à gauche : hnap snphts  cela donne en rajoutant voyelles Hanapu Senophits ou Hanapu Amenophits. Le détail surprenant de la fresque est que, précisément, le nom d’Amenophis est aussi écrit en hiéroglyphe de gauche à droite. Il y a donc concordance entre le texte de la fresque et celui de la Bible. 

Ce texte de 1 100 ou 1 400 av JC serait le plus ancien document égyptien copié dans la Bible.

Il faudrait organiser un dialogue entre le Pr Davidovits et le Dr Douglas Petrovich...

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Les traces de la présence de Jacob et Joseph en Egypte selon Douglas Petrovich

6 Décembre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète, #Otium cum dignitate, #Christianisme

Si vous avez lu mon livre sur les Nephilim, vous avez remarqué qu'on y parle, entre autre, d'archéologie, principalement babylonienne, mais on y parlait un peu aussi de l'Egypte, et j'y mettais en valeur les travaux impressionnants de l'américain Michael S. Heiser. L'heure est venue maintenant de présenter les recherches d'un autre historien Douglas Petrovich (Doug Petrovich). Je précise que mon propos n'est pas de dire s'il a raison ou s'il a tort, ou s'il faut partager toutes ses convictions (par exemple sur le créationnisme) ou seulement une partie. Je vous présente simplement ses travaux, ou ce que, pauvre Béotien, j'en comprends, et je réserve tout jugement pour plus tard (pour dans quelques années).

Un des intérêts immédiats pour moi est de m'aider à concevoir sur un mode plus concret, plus matériel, le rapport possible entre la culture proto-israélite et la culture égyptienne, même si un jour il pourra s'avérer que les interprétations de Petrovich à ce sujet étaient complètement fausse (cela dit il n' y a peut-être jamais de démenti définitif en matière d'archéologie, même laïque, lorsqu'il s'agit de périodes très reculées). C'est comme une béquille à l'imagination, non pas une béquille subjective qui peut partir dans tous les sens comme celle de ces ésotéristes qui finissent par nous faire arriver chez les "civilisations extra-terrestres", mais une béquille armée d'objectivité, puisque Petrovich, pourvu d'une formation de théologie a, comme Heiser, fait l'effort d'obtenir un doctorat d'histoire ancienne dans une université "laïque" et aujourd'hui fait l'effort d'intégrer des instruments rationnels à la confrontation avec les textes sacrés inspirés.

Je vais ici résumer le contenu des deux conférences ci-dessous qui portent sur la présence des patriarches de l'Ancien testament en Egypte : Jacob, Joseph, Manassé (Genèse 41:50) et Ephraim. Lorsque le sujet mérite quelques éclaircissements, je procèderai à quelques ajouts.

Jacob est mort en Egypte. Selon D. Petrovich il est arrivé à Avaris (Tell El-Dab'a, à l'entrée du delta du Nil en venant de Canaan) en 1876 av JC selon la chronologie biblique à l'époque de la grande famine de 7 ans. Il y est resté jusqu'en 1859, soit 17 ans (Genèse 47:11). En 1859, on est dans la phase de transition où le pharaon de la XIIe dynastie Sesostris III Khakaourê qui régnait depuis 1878 porte son fils Amenemhat III au statut de co-régent.

Dans les fouilles du site d'Avaris, la phase H (strate D2) est celle qui correspond à la XIIe dynastie. Elle est celle de la première occupation de peuples en provenance du Levant (Palestine-Phénicie).

Au nord d'Avaris (cf carte ci dessous) se trouve le temple d'Amenamhat Ier, fondateur de la dynastie, où les Hébreux construisirent une digue comme cela est indiqué dans la Bible.

Tandis que les Hébreux vivaient au sud-ouest (cf les zones explorées en noir).

Les tombes dans cette zone sont des superstructures élevées car la nappe phréatique relativement  superficielle empêchait d'enterrer les morts en profondeur. On a trouvé une maison d'architecture typiquement lévantine. C'est une maison tripartite avec quatre pièces qu'on retrouvera en Israël à partir de 950 av. JC - voir ici. D. Petrovich n'a aucun doute sur le fait qu'il s'agit de la maison du patriarche Jacob. Ce style architectural aurait été conservé pendant mille ans. L'historien envisage même d'explorer le véritable site de Béthel (il semble que les archéologues hésitent entre plusieurs sites) et espère y découvrir une maison de même plan, celle où vivait Jacob avant de venir en Egypte, ce qui pourrait tendre à prouver selon lui que les fondations retrouvées à Avaris sont bien celles de la nouvelle maison de Jacob.

Joseph a pris pour nom en Egypte Sasobek, "fils du dieu qui procure la prospérité du Nil" et aussi "Hohemhat Junior" ("Le roi des dieux est au premier rang" - ce qui correspond à la parole de Joseph dans Genèse 41:16 "ce n'est pas en moi"). Les deux noms auraient été contractés : Sobekemhat.

Le nom de Sobekemhat est connu par une mastaba trouvée à Dahchour (dans la vallée du Nil) où se trouvent plusieurs tombes de la XIIe dynastie, juste à côté de la pyramide de Sesostris III. Joseph a grandi en pays de Canaan au moment où régnait le pharaon de l'abondance Sesostris II (1897-1878) et sa fonction de vizir décrite dans la Bible peut avoir correspondu à la totalité du règne de Sesostris III.

On trouve sur la tombe de Sobekemhat le titre qui ne revient nulle part ailleurs dans les vestiges égyptiens de "contrôleur/commandant de tout le pays", ce qui est le titre que le pharaon donne à Joseph dans Genèse 41:41. Ce titre (encadré en vert ci dessous) n'a jamais été donné à aucune autorité égyptienne, c'est pourquoi les égyptologues se sont carrément abstenus de le traduire quand ils reproduisent toute la formule, en estimant que c'est une erreur de scribe. Le titre dans le rectangle rouge aussi correspond mot pour mot à ce que dit la Bible de l'autorité de Joseph.

Les Français qui ont découvert cette mastaba au début du XXe siècle, ont indiqué que le sarcophage a été enlevé. Or selon la Bible, son corps fut ramené en Canaan en 1446 av JC. Il a donc pu être enterré là à sa mort (en 1805 selon certaines datations) et amené près 350 ans plus tard en Terre Promise (min 36 de la première vidéo).

A la mort de Jacob, quand son fils Joseph lui amène ses deux fils Manassé et Ephraim (fils d'une mère égyptienne) pour les faire bénir par son père, Jacob dit dans la Bible que Dieu lui était apparu à Luz et lui avait dit que ces deux enfants nés en Egypte (de mère égyptienne) seraient à lui (Genèse 48-5), ce qui signifiait qu'il fallait égyptianiser la culture hébraïque.

Selon D. Petrovich,  les deux chambres retrouvées au dessus de la maison tripartite peuvent être celles de Manassé et Ephraim, qui se sont installés dans la maison de leur grand père à Avaris puis l'ont agrandie jusqu'à lui donner une dimension palatiale : la forme en rouge ci-dessous représente la maison tripartite originelle, les traits noirs ceux de l’agrandissement palatial (20 mn de la seconde vidéo).

Une autre preuve de l'implantation d'une culture proto-israélite à Avaris est, pour Doug Petrovich, le fait qu'on y ait retrouvé une hache à bec de canard (duckbill axe) typiquement cananéenne de cette période. On y a aussi trouvé (F/1-p/19 tombe  1) la sculpture d'une tête, dont la coiffure est typique du Levant de cette époque. Dans la même tombe un morceau de la statue d'un homme correspondant à l'épaule droite avec des restes de pigmentation rouge, noir et blanc, ce qui, selon la reconstitution d'un artiste, pouvait correspondre aux motifs ci-dessous et peut donner une idée de la tenue d'apparat des hommes de la famille de Joseph.

Sur le fragment de piédestal de la statuer figure le mot qui signifie en égyptien "encens" ce qui indique qu'elle a été faite en l'honneur d'un mort. L'égyptologue Dorothea Arnold a montré que le style de cette statue correspond exactement à celui des productions statuaires du règne d'Amenemhat III contemporain de Joseph (qui est mort après le règne de ce pharaon). Cela plaide dans le sens que la statue représente Jacob (mort en 1859 av JC) et non Joseph.

Ont été retrouvées dans le Sinaï (à Sarabit al-Khadim près d'une mine de turquoise) les premières lettres d'un alphabet qui est sémitique et conçu à partir des hiéroglyphes. Dans les années 1920, un égyptologue allemand a affirmé que c'était de l'hébreu. Il a été méprisé pour cela. Il est vrai que certaines de ses interprétations étaient fausses. D. Petrovich a examiné divers mots non élucidés jusqu'à comprendre toutes les lettres et les images qu'il y avait derrière. Fin 2016 il a publié "The World's oldest alphabet", qui lui a valu avant même sa publication, avant même d'avoir pu lire son argumentaire, une dénonciation par trois pontes (tout cela est cité dans le site Patterns of Evidence et le film du même nom). Une des inscriptions tardives de la série (Sinaï 361) mentionne Moïse (Mem-shin). Une de ces inscription sur des stèles, Sinaï 115 (qu'on date de 1842 av JC, année 18 du règne d'Amanemhat III), renvoie à la deuxième phase d'occupation cananéenne d'Avaris. On repère en haut à gauche une plume (cf ci dessous), à gauche de la plume une bouche, et au milieu une boîte non identifiée. Il y a aussi une sorte de sablier. Il a interrogé un spécialiste des langues sémitiques retraités, il a estimé que le sablier était un syllabique cananéen bien connu correspondant au son "oui". La boite est appartient au plus ancien alphabet. Le mot avec la plume est  "Itchenoui", mot par lequel les Lévantin se désignent (équivalent de Rétjénou quand il est vu par les Egyptiens). Un autre terme peut se traduire par "maison du dieu de la terre" soit Bethel, qui a pu marquer ces Lévantins qui s'identifiaient à cette ville. Cela ferait une référence à Israel plus ancienne que le mot "Israel" trouvé sur la stèle de Merenptah de 1219 av JC ou celui du piédestal de Berlin de 1446 av JC (la période de l'exode).

Si l'on regarde cette deuxième phase d'occupation asiatique d'Avaris (d/1), elle correspond à la vie de Manassé et Ephraim. Dans la nécropole au sud du complexe palatial (ou de la villa, puisqu'il n'y a pas de salle du trône) correspondant à cette période (F/1-m/18), plus précisément dans la tombe 3 la plus grande de celle de la zone, où furent découverts aussi des restes de moutons, chèvres et ânes, se trouvait la trace du principal occupant de la tombe, dont sa hache à lame étroite, qui est aussi cananéenne et non égyptienne, contre son fémur. La tombe comprend un bracelet en or, un bracelet en argent, un récipient en albâtre. Autant de signes de richesse. et surtout une bague dorée avec un scarabée en améthyste qui servait de sceau. Il est écrit dessus "the ruler of Retjenu Di-Sobek-em.hat", "le dirigeant de Rétjénou Di-Sobekemhat". Rétjénou est la région du Levant. L'inscription pourrait se lire comme le dirigeant "qui vient du Levant". Di-Sobekemhat veut dire qu'il a été nommé par Sobekemhat. Ce peut donc être la tombe d'Ephraim.

Si l'on se reporte à l'inscription égyptienne sur la stèle 112 du Sinaï (cf ci dessous), on y voit une scène représentant deux personnages, un intendant avec, sur un âne, son maître, "frère du chef de Rétjénou, Hebeded, qui est un participe passé:  "celui qui a été défavorisé".

Dans Genèse 48 quand Jacob bénit les deux fils de Joseph, il pose sa main droite sur le plus jeune Ephraim et lui accorde donc la priorité dans l'héritage. La même représentation sur la stèle 405 où les personnages portent un kilt qui évoque un lien avec la culture cananéenne fait figurer pour l'homme devant l'âne à la lance sur l'épaule (un personnage qui grandit d'une stèle à l'autre, comme un enfant), le nom de "Skm", qui se lit Shekam, mot qui figure dans Josué 17:2 en hébreu sous la forme de francisé de Sichem (Sekem en anglais), désignant un des fils de Manassé, ce qui est une raison de plus de penser que le "défavorisé" sur l'âne, qui fut chargé de gouverner cette petite ville du Sinaï est Manassé, et l'homme à la lance son fils.

 

Identifying Joseph and Early Hebrew. November 12, 2019

Conférence de 2017 : "Is There Evidence for Manessah and Ephraim in Egypt? "

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L'Assemblée nationale de 1789 et l'Antéchrist

6 Octobre 2019 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète, #Médiums, #Christianisme

"La Révolution de l'Antéchrist, ses signes, ses faits et sa fin: ou identité de la Révolution française avec celle qui doit avoir lieu au temps de l'Antéchrist", est un ouvrage anonyme publié en 1796 par un exilé en Suisse à partir de notes qu'il avait écrites en 1793-94. Il s'y réfère, en préface, au cardinal astrologue Pierre d'Ailly auquel Denis Labouré consacre un livre cette année, et qui, selon Dom Calmet, avait annoncé l'arrivée de l'Antéchrist pour 1789 et au médium médecin, mathématicien, astrologue Jérôme Cardan - Girolamo Cardano ( 1501-1576) qui l'avait prévue pour 1800 (et dont le père avait parlé à des "habitants de la Lune", ce qui allait inspirer Cyrano de Bergerac).

Extrait (p. 39) :

"Si on rapporte le nombre de la Bête 666 aux faits et au nombre d'impies qui ont donné l'existence à son nom d'assemblée nationale, nous n'ignorons pas que lorsqu'il fut question de la fameuse fusion des trois ordres, en anéantissant les états généraux, fusion qui a été la cause de tous les maux et d'après laquelle l'assemblée prit ce nom, ce fut précisément le nombre de 666 méchants députés qui parvinrent à l'opérer, notamment aux séances du 19 juin 1789 ; savoir 142 du côté du Clergé, 33 du côté de la noblesse, et 491 du côté des communes : total 666. (Voyez les papiers publics de ce temps, gazettes de Berne etc)."

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Le Christ annoncé par la Sibylle

6 Octobre 2019 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire des idées, #Histoire secrète, #Pythagore-Isis, #Alchimie

Il y a peu je vous parlais de ces ponts étranges entre paganisme et christianisme comme l'hommage de Saint Paul à Epiménide ou la mention des Dioscures dans les Actes des Apôtres.

Il en est un autre qui a fait couler de l'encre dans l'histoire. C'est l'idée que la Sybille de Cumes aurait annoncé la naissance de Jésus-Christ, comme en porte la trace l'Eglogue IV des Buccoliques de Virgile (les églogues sont des poêmes bucoliques) :

"Muses de Sicile, élevons un peu nos chants : tout le monde n'aime pas les arbrisseaux et les humbles bruyères ; si nous chantons les forêts, que les forêts soient dignes d'un consul.

II est venu ce dernier âge prédit par la sibylle de Cumes ; le grand ordre des siècles épuisés recommence : déjà revient Astrée, et avec elle le règne de Saturne ; déjà du haut des cieux descend une race nouvelle.

Cet enfant dont la naissance doit bannir le siècle de fer et ramener l'âge d'or dans le monde entier, daigne, chaste Lucine, le protéger ! déjà règne Apollon, ton frère. Ton consulat, Pollion, verra naître ce siècle glorieux, et les grands mois commencer leur cours. Sous tes lois, les dernières traces de nos crimes, s'il en reste encore, pour toujours effacées, affranchiront la terre d'une éternelle frayeur. Cet enfant vivra de la vie des dieux ; il verra les héros mêlés parmi les Immortels ; ils le verront lui-même partager leurs honneurs. Il gouvernera l'univers pacifié par les vertus de son père.

Bientôt, divin enfant, la terre, féconde sans culture, t'offrira pour prémices le lierre rampant avec le baccar, et la colocase mariée à la gracieuse acanthe. D'elles-mêmes, les chèvres rapporteront à l'étable leurs mamelles gonflées de lait ; les troupeaux ne craindront plus les lions terribles ; ton berceau, de lui-même, se couvrira des plus belles fleurs. Désormais, plus de serpents dangereux, plus de plantes aux perfides venins ; en tous lieux croîtra l'amome d'Assyrie.

Mais dès que tu pourras lire les exploits des héros et les hauts faits de ton père, et sentir le prix de la vertu, tu verras les champs se couvrir peu à peu de moissons jaunissantes, la grappe rougir, suspendue aux buissons sans culture, et la dure écorce du chêne distiller une rosée de miel.

Cependant quelques vestiges de l'ancienne perversité subsisteront encore : ils forceront les mortels à braver, sur une nef fragile, les fureurs de Thétis, à entourer les villes de remparts, à creuser dans la terre un pénible sillon : un autre Tiphys conduira, sur un autre Argo, l'élite des guerriers ; de nouvelles guerres éclateront, et aux rivages d'une nouvelle Troie descendra un nouvel Achille.

Mais lorsque l'âge, en te fortifiant, t'aura fait homme, le nautonier abandonnera les mers ; le pin navigateur n'échangera plus les marchandises ; toute terre produira tout. Le sol ne sentira plus la dent de la herse, ni la vigne le tranchant de la serpe. Le robuste laboureur affranchira du joug le front de ses taureaux. La laine n'apprendra plus à se farder de couleurs menteuses ; le bélier, couché dans la prairie, verra sa toison, d'elle-même, se changer en pourpre de la nuance la plus suave,tantôt en un safran doré ; un vermillon naturel teindra l'agneau des pâturages.

Tournez, fuseaux ; filez ces siècles fortunés, ont dit les Parques avec l'ordre immuable des destins.

Les temps approchent ; monte aux honneurs suprêmes, enfant des dieux, noble rejeton de Jupiter ! Vois, sur son axe ébranlé, se balancer le monde ; vois la terre, les mers dans leur immensité, le ciel et sa voûte profonde, la nature tout à l'espérance du siècle à venir.

Ah ! puissé-je conserver assez de vie, assez de force, pour célébrer les belles actions ! Non, je ne craindrais ni Orphée le Thrace, ni Linus, fussent-ils inspirés, Orphée par Calliope, sa mère, Linus par son père, le bel Apollon. Pan lui-même, s'il prenait l'Arcadie pour juge de nos combats, Pan, au jugement de l'Arcadie, s'avouerait vaincu.

Commence, jeune enfant, à connaître ta mère à son sourire : ta mère ! elle a, pendant dix mois, souffert bien des ennuis ! commence, jeune enfant ; celui à qui n'ont pas souri ses parents ne fut jamais admis à la table des dieux, jamais au lit d'une déesse."

C'est un thème si classique (voir le Dies Irae) que par exemple la cathédrale romane Notre-Dame de Sède de Saint-Lizier dans l'Ariège représente douze Sibylles (pour mémoire Varron en comptait dix de divers pays, celle de Cumes en Italie n'étant que la septième, la tradition en a retenu deux de plus). Notre Dame de Sède est un endroit, bizarre, à la fois charmant et terrifiant (comme Lourdes), un siège d'évêché abandonné. Quand j'y étais en 2018 avec un de mes proches qui a le don de voir par moments les démons sous forme de serpents il en décelait un peu partout sur les fresques murales jusqu'à en avoir la nausée, on verra un peu plus loin pourquoi.

Rappelons que la Sibylle qui oeuvrait dans la vieille cité italo-grecque de Cumes est une prêtresse d'Apollon (comme la Pythie de Delphes) qui est censée avoir vendu au roi étrusque Tarquin le Superbe les trois livres de divination dont elle disposait après en avoir brûlé six - Virgile dans l'Enéide dresse un portrait saisissant de ses possessions par le dieu dans ses moments prophétiques, à rapprocher de ce que Lucain dit de la Pythie dans sa Pharsale.

Les livres sybillins, qui jouèrent un rôle important dans la vie civique romaine, ont été progressivement enrichis de fausses prophéties que César Auguste fit expurger en stabilisant leur "canon".

J'ai déjà relevé à propos du Pasteur d'Hermas (ici et - quand on pense qu'un Irénée de Lyon pourtant estimé même par les protestants a pu y voir un livre canonique !) tout ce que cette connivence entre le christianisme et l'imaginaire sibyllin pouvait avoir de pervers (au passage je note à nouveau que le théologien Daniel Voelter y voit une sorte de "révélation privée" de la Sibylle comme la Vierge Marie peut en faire à diverses personnes en ce bas monde de nos jours..).

J'ai trouvé sur cette semaine sur Google-Books un livre peu connu du père jésuite François-Joseph Terrasse Des Billons (1711-1789) qui révèle encore à quelles erreurs conduit une trop forte valorisation de l'oracle sibyllin. Le livre s'intitule "Nouveaux éclaircissements sur la vie et les ouvrages de Guillaume Postel". Il évoque (en p. 61) les travaux de Postel (1510-1581), un kabbaliste chrétien normand, ami de Saint François Xavier et conseiller de François Ie (par l'entremise de la pieuse Marguerite de Valois, qui s'est beaucoup trompée - voyez son soutien aux libertins quintinistes). 

Desbillons (ou des Billons, les deux orthographes sont admises) y écrit qu'il a en sa possession un livret rare de six feuillets composé par Postel intitulé "Sybyllinorum Versuum A Virgilio inquarta Bucolicorum versuum Ecloga transcriptorum Ecsrasis, commentarii instar, Gulielm Postello Autore", daté de 1553,dédié à Guillaume De Prat, évêque de Clermont. Je vais recopier largement ce qu'il en dit pour les amateurs de recherche sur la "traçabilité des livres", puisqu'aucun autre site ou blog n'en parle.

"L'auteur dit que cette Eglogue contient une Prophétie, qui regarde le Sauveur du monde, et qu'elle a été indignement et très sacrilègement profanée par l'application que Virgile a osé faire à l'avorton romain. Il prétend que cette prophétie est un abrégé de l'ancienne théologie sur l'avènement du roi céleste, promis d'abord à Eve, ensuite à Noé ; annoncé enfin et publié dans le monde par les enfants de Japhet.

J'ai cru, dit [Postel] devoir éclairer ce précieux monument ; et si je vous le dédie, ce n'est pas tant à cause de l'amitié que vous avez pour moi, que parce que vous êtes le premier qui ayez protégé dans notre France une Compagnie [les Jésuites], née dans le sein de ce beau royaume""Notre interprète, poursuit des Billons, donne pour un fait certain que Noé, appelé Janus par les Latins, a régné en Italie et qu'il est le même que le Janus des Latins. Il prétend qu'il fut aussi nommé Saturne, et que l'Age d'Or se maintint dans cet heureux pays tant qu'il y régna. Il suppose que la religion pure et sainte, qui avait fait le bonheur des peuples de ce temps là, fut corrompue par les Saturniens, méchante postérité de Saturne fécond, qu'il dit avoir été un des fils de Cham ; que cependant la tradition des promesses divines qui avaient annoncé le Rédempteur du monde, se conserva parmi un petit nombre de personnes sages et fidèles aux lumières de la droite raison ; qu'elle se conserva de la même manière chez les Japhétiens, à qui appartenait de droit l'administration temporelle de l'univers ; que les Sémiens ou descendants de Sem, avaient les mêmes promesses, mais annoncées moins clairement que chez les autres nations.

Il n'est pas étonnant que Postel parle ainsi, puisqu'il veut qu'on regarde comme authentiques, et de l'antiquité la plus reculée, les Livres Sibyllins. Il a en vue les livres Sibyllins tels que nous les avons aujourd'hui. Tout le monde convient qu'ils ne sont pas moins qu'authentiques et qu'il y a des choses qui n'ont pu y être insérées qu'après la naissance du christianisme. Postel dit enfin que les prédictions de la Sibylle de Cumes, copiées par Virgile, annoncent la dernière restitution ou régénération des hommes, et le rétablissement de l'Age d'or dans le monde entier : ce qui est justement le grand ouvrage, pour lequel il croyait que le Ciel l'avait vu naître. 

Après cette interprétation générale vient le commentaire, qui commence en page septième". Des Billons résume ce commentaire ainsi : pour Postel, il y a deux Saturnes, celui qui est Janus et celui, corrupteur, qui est fils de Cham et dont le nom est Sabbathius Sanga (un emprunt au faux Bérose, de l'imposteur Annius de Viterbe). La Sibylle aurait annoncé le retour du premier Saturne. Quand Virgile écrit "Tuus jam regnat Apollo", déjà Apollon règne, il évoque l'agent universel dont les rayons divins donnent le mouvement à tout, c'est le Verbe incarné, le roi des rois, dont Cicéron parle dans le second Livre des dieux. Selon Des Billons, ce n'est pas dans le second Livre des dieux, mais dans le le livre second du "De la Divinisation", au chapitre 54, que Cicéron dit que "Certain bruit s'était répandu qu'un interprète des vers sibyllins (le quindecimvir Lucius Cotta) allait déclarer en plein Sénat, que si nous voulions échapper à notre perte, nous devions appeler roi celui (Jules César) qui l'était en effet. Quorum (Versuum Sibyllae) interpres nuper, salsa quaddam hominum fama, dicturus senatu putabatur, eum, quem revera regem habebamus, appellandum quoque esse regem, si salvi esse vellemus. Si cela est dans les Livres Sibyllins, ajoute-t-il, je demande quel homme et quel temps cela regarde. Hoc si est in libris, in quem hominem et in quod tempus est? Postel parlant du Messie, le signe plusieurs fois par ces seuls mots : Rex appellandus. Il fait sans doute allusion à ce passage qu'il se souvenait d'avoir lu dans Cicéron et il veut faire entendre que le temps est venu, où Jésus-Christ doit être appelé de toutes parts le Roi des Rois, Roi de l'Univers;. "

Puis, Postel s'attarde sur le mot colocasia au 20e vers : ""mixtaque ridenti colocasia fundet acantho"(et la colocase mariée à la gracieuse acanthe). La colocase est inconnue à Rome, et très connue en Syrie, ce qui prouve bien que l'enfant sera juif. La colocase ne fut en effet connue que sous Pline. Mais des Billons estime que Virgile a pu la connaître. Pour Postel seuls les onze derniers vers sont de Virgile. Postel en déduit que l'âge d'or et le retour à la raison viendront sous un monarque puissant.

L'admiration de Postel pour les textes sibyllins était solidaire de son culte d'Eve et de la puissance féminine, qu'il exprime notamment dans son traité "Les très Merveilleuses femmes du Nouveau Monde" dans lequel il n'hésite pas à affirmer qu'à travers la Sibylle la puissance féminine gouvernait Rome. Ce culte de la féminité allait jouer des tours au théologien puisqu'à Venise il allait, en 1555, voir dans une vieille femme la "nouvelle Eve", ce qui allait conduire l'Inquisition dans la ville à faire brûler ses livres, sans toutefois le tuer lui, le jugeant trop fou pour pouvoir être vraiment hérétique.

Postel est un kabbaliste, rappelons le ; la kabbale est très tournée vers la femme et d'ailleurs sa théologie plairait bien au féminisme actuel lequel est lui-même en est souvent inspiré (voir Me Too, "God is a woman" etc). Et le fait que le théologien évoque beaucoup Noé évoque la Sibylle hébraïque "bru de Noé" des gnostiques (je renvoie à Barbara Aho sur la présence kabbaliste dans la Gnose). Tout cela sent le culte de Lilith - la femme de Satan. 

Pourtant rappelons que le poème de Virgile, à supposer même qu'il se rapporte à un oracle sibyllin authentique, garde un rapport très éloigné au message évangélique. Récemment dans les milieux eux aussi sulfureux qui entourent les visions de Maria Valtorta, un certain Vittorio Messori en 1978 n'hésitait pas à faire une fausse citation (voir ici) de l'églogue de Virgile pour la rendre plus précisément conforme à la théologie chrétienne...

Messori en revanche à juste titre rapprochait la prophétie sibylline d'une autre prêtée aux druides à propos de l'enfantement du sauveur par une vierge, dont on a parlé sur ce blog en 2017 à propos de Chartres. Et c'est là, je crois, une collusion tout aussi périlleuse que la symbiose du christianisme avec les livres sibyllins.

Le député bourguignon Henri Le Mulier (1803-1872) dans sa "Vie de la Très Sainte Vierge" de 1854, raconte qu'en septembre 1833, dans une maison place du Grail à Chalons, à 8 pieds de profondeur furent trouvés 30 squelettes humains. A quelques pieds au nord de ces ossements, des fractions de chapiteaux à volutes.Non loin de cet endroit et du palais des gouverneurs de Chalons sous Claude et Néron, une chapelle souterraine consacrée par les druides à la Vierge des sectateurs d'Hésus. Là les prêtres de Jupiter de d'Apollon se rendaient en grande pompe le premier de chaque mois, pour faire des oblations et réciter des vers autours d'un autel, sur lequel était élevée la statue d'une jeune fille, tenant un enfant entre ses bras. Au bas était cette inscription en lettres d'or "Virgini pariturae Druides" (les Druides à la Vierge qui doit enfanter).

Adrien Péladan (le frère du célèbre Joséqhin le "Sar", occultiste de renom) dans La France littéraire, artistique, scientifique, allait reprendre cette nouvelle dans son n°49 du 5 septembre 1864 (p. 779) tout en remarquant avec malice qu'il y avait une pierre égyptienne dans la statue de Marie au Puy-en-Velay, et en ajoutant qu'Elias Schedius (1615-1641) a écrit qu'en Germanie et en Angleterre aussi "Les Druides avaient dans l'intérieur de leurs sanctuaires une statue consacrée à Isis ou à la vierge qui devait enfanter le libérateur du monde" (De Diis germanis, c. XIII p. 346). Isis ou la Vierge... Effectivement à ce niveau les deux cultes s'entremêlent. Saint Jérôme aussi avait en son temps recensé tous les cultes des vierges mères. Ils ont probablement pavé la voie au culte marial, mais ont-ils ouvert le chemin d'une compréhension profonde de la Bible ? ça c'est une autre histoire...

A propos de la naissance du fils de la Vierge, je vous signale aussi cet excellent article de l'universitaire Gérard Gertroux ici qui démontre qu'un recensement a bien été organisé par le gouverneur de Syrie en l'an 2 av JC date de la naissance de Jésus, comme le disent les Evangiles. Un point important dans le sens de leur vérité historique...

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