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Articles avec #histoire secrete tag

Des miracles déguisés

7 Juillet 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire secrète

Une remarque profonde du Rav Haim Dynovisz récemment sur You Tube (apparemment insirée de la tradition juive) à propos des miracles : Dieu s'arrange toujours pour que ceux-ci soient camouflés sous l'apparence d'un phénomène naturel. La Bible dit qu'avant que les eaux de la Mer de la Mer Rouge ne s'ouvrent devant le bâton de Moïse, Dieu avait fait souffler le vent toute la nuit, si bien que les Egyptiens ont pu croire à un phénomène naturel et c'est pourquoi ils se sont engouffrés à la poursuite des Hébreux. De même la manne : elle en tombe pas de façon spectaculaire du ciel. La Bible qu'elle se forme sur de la rosée au sol.Les vrais miracles ne sont jamais spectaculaires, mais intriqués dans un support matériel qui fait que l'esprit athée pourra toujours le "réduire" à une simple bizarrerie ponctuelle de la nature - par exemple quand les lions refusent de manger Daniel dans la fosse. Et ce parce que Dieu ne veut pas intervenir dans l'Histoire sous la forme d'un "super-héros".

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Les prophéties de Saint Païssios l'Athonite

29 Avril 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire secrète, #Histoire des idées

Il y a quelque temps j'ai consacré deux ou trois billets aux prophéties sur Donald Trump, dont beaucoup ne se sont pas réalisées, ce qui a jeté un certain discrédit sur certaines formes de christianisme charismatique. C'est que les prophéties ont un statut ambigu au regard même de la Bible. Dans 1 Thessaloniciens 5:20-21 il est écrit : "Ne méprisez pas les prophéties. Mais examinez toutes choses; retenez ce qui est bon", ce qui est un appel au discernement. Il arrive souvent que l'on repère plutôt des veines prophétiques, comme celles qui concernent le Grand monarque, qui peuvent entrer en contradiction avec d'autres, voire comporter des contradictions intrinsèques.

En ces temps de Covid, les prophéties sur les pandémies ont eu du succès dans toutes les religions. Par exemple la il y a peu la naturopathe New Age Irène Grosjean a attiré l'attention sur une prophétie de 1919 du chef amérindien Pte-San-Hunka, Joseph White Bull - Bison Blanc - (1849-1947), neveu de Taureau Assis concernant l'isolement des êtres, la manipulation des cerveaux et ce qui pourrait faire penser au transhumanisme et à une possible union des résistances.

Dans la mouvance chrétienne orthodoxe des chaînes américaines YouTube ces derniers temps se réfèrent à une prophétie qui vient tout droit du Mont Athos en Grèce. Cette prophétie qui anticipe sur la vaccination obligatoire après une pandémie se trouve sur ce site https://christianos777com.wpcomstaging.com/2020/04/17/άγιος-παΐσιος-♦-η-αρρώστιαπανδημία-ο/

"Maintenant, une maladie est réapparue, pour laquelle ils ont trouvé un vaccin qui sera obligatoire et, pour ce faire, ils vont le marquer du sceau... Plus tard, quiconque ne sera pas tamponné avec le numéro 666 ne pourra ni vendre, ni acheter, ni emprunter, ni être nommé, etc." "Le calcul me dit que l'Antéchrist avec ce système voulait attraper le monde entier et, quiconque n'est pas dans ce système, ne pourra pas travailler, ou autre. "Il sera imposé avec un système économique qui contrôlera l'économie mondiale, et seuls ceux qui auront accepté le sceau, le numéro 666, pourront faire du commerce." "Mais qu'arrivera-t-il aux gens qui seront marqués du sceau ?" "Ceux qui ne sont pas scellés feront mieux que les autres, parce que le Christ aidera ceux qui ne sont pas marqués du sceau." «Les événements nous attendent, mais ils ne dureront pas longtemps. "Autant que l'orthodoxie a été éliminée par le communisme, d'autres choses seront éliminées maintenant." 

On notera aussi (voir vidéo ci dessous) que de son vivant Saint Païssios condamnait aussi l'usage de la carte de crédit comme une préfiguration de la marque de la Bête.

Ancien charpentier Saint Païssios l'Athonite est né Arsenios Eznepidis en juillet 1924, à Farasa en Cappadoce (Turquie actuelle). Il est s'est installé sur le mont Athos pour y devenir moine en 1949, à 25 ans, juste après sa démobilisation militaire (à l'issue de la Guerre civile). Il fit aussi un séjour au Sinaï dans les années 1960, et est signalé sur You Tube pour avoir eu une très belle vision intérieure de Jésus Christ. Décédé en juillet 1994, il a été canonisé le 13 janvier 2015.

Dans les années 1980-90, il avait frappé ses auditeurs par ses prophéties politiques alors qu'il disait ne pas dire les journaux. Oikonomou Alexandros, vice-amiral d'Athènes a témoigné (voir ici) avoir rencontré en mars 1994, le frère Païssios au monastère de Souroti. "J'ai été ému, se souvient-il, lorsqu'il m'a pris la main, et malgré la gravité de son état, il m'a dit ce qui suit: Vous ne devriez pas être triste et effrayé pour la Turquie. La Turquie va se désintégrer et, en fait, elle se désintégrera d'elle-même par les alliés. En Bosnie, elle deviendra un État musulman (il n'y en avait pas à l'époque), mais cela se  retourné contre eux, car en conséquence un État kurde apparaîtra plus tard au cœur même de la Turquie ¨. L'Ancien, parce qu'il me voyait troublé d'entendre ces choses, me dit à nouveau: «Comme vous le savez, je ne lis pas les journaux, mais j'apprends ceux-ci d'ailleurs…» Témoignages de pèlerins Ancien Païssios Agioreitis 1924-1994, 2e édition, page: 412

C'était l'époque de la guerre de Yougoslavie. A ce sujet, le saint orthodoxe disait : c'est un produit du Vatican, ce sont les «bénédictions» du Pape, du «grand chrétien». Tout cela est déterminé par le sionisme international, le marché boursier international appelé Amérique. L'Amérique n'existe pas. Les sionistes sont l'Amérique, donc après avoir reçu les messages sataniques, ils les transmettent au Vatican, qui les transforme en plans et appelle ensuite l'Islam à les mettre en œuvre. C'est ainsi que fonctionnent les conceptions sataniques aujourd'hui. Ils ont réussi et capturé nos dirigeants. Notre seul espoir est en Dieu. Vous aussi, vous devriez vivre une vie chrétienne, car je vous le dis de manière responsable - et vous le verrez -. Ce qui brûle actuellement dans les Balkans continuera. Ce sera le point de départ par lequel Dieu, à sa manière, libérera les chrétiens et les ramènera à leur ligne. Et Byzance reviendra. Et savez-vous pourquoi? Parce que les peuples européens seront réunis. Qui les guidera? Personne ne le sait. Seulement nous gardons la foi orthodoxe. Témoignages de pèlerins Ancien Païssios le Mont Athos 1924-1994 , volume 1, page 66

Pour mémoire à l'époque on expliquait comment des agences comme Ruder Finn dans la destruction de l'image des Serbes auprès de l'opinion publique juive américaine (voir l'enquête du journaliste français Jacques Merlino).

Le Frère Païssios était convaincu d'une victoire à terme des puissances orthodoxes : un agrandissement de la Grèce à l'Epire à la Macédoine, la récupération de Byzance et même de la Cappadoce. "Y aura-t-il une guerre mondiale? L'OTAN frappera-t-elle les Polonais, les Tchécoslovaques et les Biélorusses et les Allemands avec les Russes? », lui demandait-on. Il répondit: «Tout le monde quittera les Russes et partira avec les Juifs d'Amérique. Les Russes les brûleront » (Prophéties et enseignements du moine Païssios, Page: 443)

Sur la récupération de Constantinople et de l'Asie Mineure, se référant à la la prophétie de Saint Cosmas d'Etolie (1714-1779) : les Russes - la race blonde - redonneraient la ville aux Grecs. Dès le début des années 1980, Saint Païssios évoquait la fin de l'URSS qui n'avait que 70 ans de vie pour elle (Témoignages de pèlerins Ancien Païssios du Mont Athos 1924-1994 , volume 1, page 140).

Les prophéties de Saint Païssios avaient aussi attiré l'attention au moment du Brexit, car 20 ans plus tôt , de son vivant, le moine avait déclaré que l'Union européenne serait détruite par les Britanniques et les Américains, «car ils sont une seule nation et travaillent ensemble. "Ils disent : que se passe-t-il ici? Hitler lève-t-il encore la tête? Et c'est comme ça qu'ils vont le dissoudre ." »

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"Birthright" de Timothy Alberino

12 Avril 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Notes de lecture, #Christianisme, #Histoire secrète

Timothy Alberino est un personnage étrange. Autodidacte, il a quitté son Ohio natal pour explorer la jungle amazonienne. A son retour, il a écrit l'ouvrage que l'on va présenter cerné d'augures négatifs (maladie, décès de son père etc), qui pourraient laisser penser à d'autres chrétiens que son entreprise n'était pas vraiment validée par Dieu, mais telle ne semble pas être la lecture qu'il a faite de son vécu personnel puisqu'il a persévéré (nous verrons à la fin s'il semble avoir eu raison ou pas).

J'ai choisi de parler de ce livre, publié en octobre 2020 : "Birthright, The coming posthuman apocalypse and the usurpation of Adam's dominion on planet earth" (Droit de naissance, l'apocalypse posthumaine qui vient et l'usurpation de la domination d'Adam sur la planète Terre) parce qu'il prolonge ma réflexion sur les Nephilim (publiée l'an dernier chez L'Harmattan) à partir de prémices assez voisines, entre angéologie et démonologie.

Le point de départ est celui-ci : l'être humain n'est pas la seule créature dans l'univers. Il est la cerise sur le gâteau de la création divine, mais le gâteau n'a pas été créé pour la cerise. Le monde a été créé par et pour Jésus, fils du Père, qui est l'alpha et l'omega (Apoc 22:13).

Avant l'apparition de l'homme il y avait des créatures célestes que l'on appelle des étoiles du matin (Job 38:4-7), ou encore Fils de Dieu (Daniel 3:25, Gen 5:1-4), par affiliation au Christ.

Christ, main droite de Dieu, dans l'Ancien Testament est un homme de guerre (Exode 14, Ps 24:8, Isaie 42:13). Dans Matt 11:12 il dit que le Royaume a subi la violence. L'expression Yahweh Tsebaoth (seigneur des armées) revient 240 fois dans l'Ancien Testament.

Ses anges existent, mangent et boivent (avec Abraham et Lot, mais aussi au ciel avec la manne Ps 78:23-25) comme Jésus dans le Royaume (Matt 8:11), mais apparaissent peu aux hommes par crainte d'être adorés (Apoc 19-10). Angelos/Mal'ak signifie seulement messager, c'est une fonction qui peut s'appliquer à divers êtres, y compris des hommes (point souvent souligné en exégèse biblique notamment par M. Heiser que j'ai beaucoup utilisé dans mon livre sur les Nephilim).  Les êtres célestes sont fils de Dieu en ce qu'ils ne sont pas nés de la chair. Les hommes sont appelés à devenir fils de Dieu par la résurrection (Luc 20:34-36).

Dans la parabole de l'enfant prodigue, le "héros" est l'humanité qui dilapide l'héritage et se soumet à Satan (le gardien des porcs). Le frère ainé de ce fils dans la parabole, c'est une étoile du matin. Pour lui, ces étoiles du matin sont une sorte de "race ainée" ("the elders" chez Tolkien), une civilisation "extraterrestre" capable de composer des chants (selon le livre de Job) qui nous a précédés. Il reprend l'analyse de Heiser sur le fait que le "nous de majesté" dans "faisons l'homme à notre image" ne peut pas "techniquement" désigner la Trinité mais un Dieu qui parle à son conseil de dieux (conseil dont parlent Michael Heiser et Gerald McDermott sur la base des psaumes 86, 96, 135 etc)

Les découvertes scientifiques du XXe siècle, nous dit Alberino, sur le vide des atomes, la physique quantique, le temps, montrent que du monde nous ne percevons qu'une ombre, comme dans la caverne de Platon. Il est lui-même partisan de la théorie du Big Bang. Mais pour lui, avant l'humanité, il y a eu des guerres de Dieu contre certains êtres supérieurs rebelles dont portent la trace la thématique de la guerre contre Edom (le dragon rouge), Meroz, qui est dans le judaïsme une planète en Juges 5:23 et Rahab (Job 26:11).

Après ces guerres, Dieu (qui se méfie de certains de ses anges selon le livre de Job) en son conseil décide de créer une race nouvelle (l'humanité) à laquelle il va confier son image (son sceau) - pour Alberino l'image ne peut être une ressemblance qui s'illustrerait par exemple dans une créativité ou une sensibilité de l'humanité, car les "étoiles du matin" elles aussi sont créatrices au point de composer des chants, et sensibles au point d'être attirées par les filles des hommes en Genèse 6:1-4. L'humanité est créée à un niveau à peine inférieur aux anges (ps 8:3-8) qu'elle est appelée à juger un jour (1 cor 6:3).

Il y a eu, nous dit Alberino (p. 80), un vaste débat sur la question de savoir si Satan dirigeait le monde. Mais le fait est que depuis la chute d'Adam les pays du monde ont toujours été gouvernés par des hommes, bons ou mauvais, ce qui prouve que c'est bien la descendance d'Adam qui garde la juridiction sur le monde depuis lors. Satan ne peut gouverner que par l'intermédiaire d'hommes mauvais (notamment lorsque ceux-ci se laissent inspirer par l'idolâtrie, les rituels d'invocation des anges déchus, la voyance), mais Dieu peut toujours intervenir pour mettre un terme à leur despotisme.

Alberino, même s'il pense que l'univers a plusieurs millions d'années, ne croit pas à la théorie de l'évolution. Partout, nous dit-il, le temps est source de corruption des êtres et de chaos (théorie de l'entropie). Il n'a pas pu produire ce génome humain ultracomplexe dont le séquençage représenterait 3 gigabytes sur un ordinateur (p. 106). Si l'on suit Paul selon lequel seul Dieu (et pas les anges, ni aucune autre créature vivante) a une immortalité intrinsèque  (1 Tim 6:15-16) et dans Genèse 3:22 "Empêchons (Adam) maintenant d'avancer sa main, de prendre de l'arbre de vie, d'en manger, et de vivre éternellement" après qu'il eut goûté du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Cela signifie que l'homme n'avait pas l'éternité en lui, mais était éternel par une cause extérieure, comme la consommation du fruit de l'arbre de vie au jardin d'Eden qui la lui donnait.

La version de la Bible de Darby ajoute qu'il ne prenne "aussi" de l'arbre de vie, ce qui est aussi le cas en anglais dans la King James Version. Comme Dieu s'adresse à son conseil d'êtres spirituels supérieures (de Fils de Dieu) lorsqu'il dit cela, cela signifie que l'humain "aussi" comme les anges, puisait son éternité à l'arbre de vie. Et il est possible les anges déchus rebelles, aient eux aussi perdu l'accès à l'arbre de vie et à l'éternité car dans le Psaume 82:6 il est écrit : "J'avais dit: Vous êtes des dieux, Vous êtes tous des fils du Très-Haut. Cependant vous mourrez comme des hommes, Vous tomberez comme un prince quelconque". En plaçant ses chérubins à l'épée flamboyante devant le jardin d'Eden Dieu n'en interdit pas seulement l'accès aux hommes, mais aussi aux anges rebelles... Ce qui pourrait expliquer que Dieu annonce au serpent qu'il rampera sur la terre pour se nourrir de poussière et le fait que les anges déchus aient toujours besoin de sacrifices sanglants dont ils se nourrissent.

Peut-être peut-on laisser de côté l'hypothèse assez gratuite (car peu étayée bibliquement) d'Alberino selon laquelle il faudrait prendre à l'envers le darwinisme en estimant que l'espèce dégénère et ne progresse pas (idée d'autant plus stupide qu'aucun darwinien aujourd'hui ne prétend que l'espèce progresse puisque la sélection naturelle ne fonctionne plus depuis l'invention de l'agriculture, même stupidité chez Alberino quand il s'essaie à disserter sur l'entropie).

Plus intéressant pour nous est son chapitre 7 ("The Golden Age") et les suivants, qui prolonge très directement mon livre sur les Nephilim. Il y a eu un Age d'Or, rapportent les sources païennes (du mythe de Prométhée à celui de l'Atlantide par exemple, en passant par Mme Blavatsky). Genèse 6:1-4 nous donne le regard hébraïque brièvement et "avec nonchalance" sur cet Age d'Or... Mais heureusement, nous dit Alberino, l'écossais James Bruce d'avoir ramené d'Abyssinie en 1773 le livre d'Hénoch, authentifié ensuite par les manuscrits de la Mer morte. Pour Alberino, ce livre est d'autant plus vrai qu'il annonce Jésus et le décrit comme "Fils de l'Homme". Alberino souscrit entièrement à l'authenticité du Livre d'Hénoch qui, d'après lui, a été écarté à tort du corpus canonique à l'époque de Tertullien, pour une mauvaise raison : parce que les Juifs eux-mêmes l'avaient déclaré hérétique du fait de ses "fausses généalogies" qui conduisent  à l'avènement de Jésus...

Alberino a lu Heiser (dont il cite "Unseen Realm" sur d'autres points) mais alors qu'Heiser n'adhère qu'à certains passage du livre d'Hénoch, l'auteur de Birthright lui va au delà de cette nuance. En outre, son argument en faveur d'Hénoch est assez léger (alors qu'il aurait pu en trouver de meilleurs du côté de l'épître de Jude et de celle de Pierre). Pour lui, c'est une chance que ce livre puisse être maintenant à la portée des Internautes, ce qui empêche que le débat sur Genèse 6:1-4 (sur les Nephilim) soit limité aux cercles de théologiens savants comme ce fut le cas pendant des siècles. Et, comme je l'ai fait dans mon livre, il examine toutes les conséquences de l'assertion selon laquelle des anges rebelles ont pu coucher avec des femmes humaines et avoir une descendance avec elles.

Pour lui, puisqu'ils ont décidé de les épouser, il s'agissait d'une stratégie pour usurper le pouvoir humain sur la Terre avec une descendance (les Géants) qui était à la fois angélique et humaine. Le fait que selon Hénoch ces Géants aient pratiqué la zoophilie participe aussi de cette stratégie de même que le don des arts occultes aux femmes. Il s'agissait de constituer cette civilisation rivale de celle de l'humanité, et qui se ferait vénérer par elle - cette civilisation de Géants qui a construit les sanctuaires mégalithiques.

"Hénoch" veut dire "initié", nous dit Alberino. Pendant que les Fils de de Dieu (Gardiens) initiaient les fils de Cain avec leurs arts occultes pervers, Hénoch formait la descendance de Seth. "Toutes les branches de l'occultisme qui ont émergé dans l'histoire ont leurs racines dans les prêtres du dragon issus de Cain, qui adirent 'Lucifer' et ont été initiés aux secrets par les Gardiens" (p. 155), tandis que l'Evangile se rattache à Hénoch qui a marché avec Dieu et fut initié à la révélation du Christ "qui devait être la lumière des Gentils" (1 Hénoch 48:4-7). Hénoch explique comment l'ange Uriel charge Noé de construire l'arche parce qu'il va nettoyer la Terre de la civilisation des Nephilim, tandis que Raphael ligotera Azazel le chef des Gardiens (dont le nom revient dans Lévitique 16:6-10). Il peut paraître contradictoire, remarque Alberino que dans Hénoch Dieu demande à Raphael de soigner la peste qui a envahi la Terre alors qu'il s'apprête à noyer celle-ci sous le Déluge, mais sans doute s'agit-il d'une maladie à la fois spirituelle et physique qui attaquait l'ADN humain et, pour cette raison, barrait tout accès à la Rédemption pour l'humanité.

Puis Alberino développe le point que j'ai aussi exposé dans mon livre sur le fait que Noé est supposé lui être génétiquement pur (exempt de la corruption de l'ADN par les Nephilim), ce qui peut se déduire du vocabulaire qu'emploie le livre de la Genèse lui-même. Si Noé était "parfait dans sa génération" (dans sa généalogie), il fallait à ses fils des épouses génétiquement capables aussi d'assurer une descendance non corrompue, et c'est pourquoi Raphael fut chargé de nettoyer la peste génétique...

Pendant que Noé construit son arche, Gabriel pousse les Nephilim à s'entretuer, tandis que Michael qui a attaché Semjaza le force à contempler ces guerres. Hénoch mentionne que les Gardiens n'obtiennent pas le pardon de Dieu (c'est Hénoch lui-même qui transmit leur demande au Ciel, mais ils furent voués au Tartare) et le droit de leur descendance à avoir une longue vie. Alberino estime que cela explique qu'ensuite les Nephilim ne soient pas seulement condamnés à mourir mais aussi que leurs âmes soient vouées à errer sur la Terre (c'est là un point assez difficile qui nourrit beaucoup de spéculations ces derniers temps, il faudra y revenir). Le fait que l'esprit des Nephilim leur a survécu et a continué ensuite à hanter la Terre et attaquer les femmes humaines et leur descendance parce qu'ils sont issus d'elles figure en toutes lettres dans 1 Hénoch 15:8 et 1 Hénoch 16:1. "Ils ne prennent pas de nourriture et cependant ont faime et soif et causent des offenses" dit le patriarche. C'est ce type d'esprit, sous la forme d'un démon (daimon en grec) qui parle dans l'Evangile en Matth 8:29 et en Marc 1:23.

Le Déluge n'est pas intervenu avant la mort du fils d'Hénoch, Mathusalem, à 969 ans, alors que les Gardiens étaient descendus sur le mont Hermon à l'époque de Jared, 1 000 après la fermeture du jardin d'Eden, cela ferait 1 300 ans de civilisation des Nephilim, d' "Age d'Or" selon les païens, âge sombre du point de vue des Juifs. Le déni de l'existence du Déluge (qui au XVIIIe siècle faisait encore consensus chez les scientifiques) remonte au livre de Charles Lyell "Principles of Geology" paru en 1830 dont les créationnistes Whitcomb et Morris en 1951 dans "Genesis Flood" ont mis en lumière les présupposés. Darwin n'aurait pas été possible sans l'anti-catastrophisme de Lyell.

Malgré le Déluge, l'Atlantide aurait conservé une partie du savoir des Nephilim. Le franc-maçon Manly P. Hall rappelle que le Critias de Platon, présente l'île comme régie par les dix jumeaux fils de Poseidon, d'autres sources parlent de sept îles. Dans Apoc 13:1, la Bête sort de l'eau avec sept têtes et 10 cornes, un diadème par corne. L'ange en Apocalypse 17 dit que la bête fut et n'est pas et reviendra de l'abime. Par ailleurs (p. 176), il y a cette armée de sauterelles annoncée en Apoc 9:11 qui sortira de l'abime avec la Bête et qui est personnifiée par Apollyon (le "destructeur", c'est la traduction d'Abaddon en hébreu, le nom du dieu du puits sans fond) jeu de mot avec Apollon (apollyo = détruire en grec). Apollon est un dieu des sauterelles (Parnopion) depuis qu'il les a chassées de l'Attique, dit Pausanias.

Les sauterelles sortent en Apoc 9:11. J'ai rappelé dans mon livre qu'au vu d'Amos 7:1 et de Proverbes 30:27 feu- Cris Putnam avait estimé que les sauterelles étaient une allégorie des Immortels (tout en parlant aussi de sauterelles transgéniques).

Paul dans 2 Thess 2:1-4 explique que Jésus viendra après que le Fils de la Destruction et sa rebellion (mot traduit à tort par apostasie). La bête, c'est l'Antéchrist et sa coalition de rois, et Apollon, fils de Satan, hérite du trône, et les deux cohortes, terrestre et céleste, seront également punies (Isaie 24:21-22). Il y aura une unité politique mondiale du type de celle que Rome avait mise en place au temps de Jésus (une nouvelle manifestation de Rome - Daniel 2:41) dans laquelle les nations confédérées derrière l'Antéchrist, en pleine connaissance de cause, offriront leur trône à Satan (le dragon) en la personne d'Apollon dans le cadre d'un culte solaire, et ce sera là la grande rébellion de l'humanité contre Dieu.

Le livre de Daniel annonce une nouvelle union des démons avec les hommes (Daniel 2:43) dans l'expression selon laquelle "ils s'uniront avec la semence des hommes", comme au temps de Genèse 6:1-4 et dans les Eclogues IV, Virgile annonce le règne d'Apollon : c'est là qu'apparaît la phrase novus ordo seclorum, nouvel ordre mondial, slogan illuminati qui figure eu verso du sceau des Etats-Unis d'Amérique (Alberino emprunte ceci à Zenith 2016, de Thomas Horn, un auteur que l'on a déjà cité dans ce blog de même que son acolyte Putnam). La Sybille y dit clairement que les dieux et les héros (ceux de Genèse 6:1-4) au moment de ce Nouvel âge d'Or auront à nouveau leur place parmi les hommes.

L'image du cercueil d'Osiris flottant sur le Nil jusqu'à Byblos en Phénicie (les Phéniciens sont d'ascendance cananéenne précise Alberino, ce qui n'est pas sans lien avec les Nephilim comme on l'a vu dans notre livre) est aussi pour les occultistes, comme l'Atlantide, une image du savoir premier des Nephilim et de l'Age d'Or qui survit au Déluge. La Phénicie est le pays du roi Hiram de Tyr (Hiram Abiff) qui fournira les cèdres, le métal et le bois pour le temple du roi David, ce qui lui vaudra la vénération des francs-maçons. L'Oeuvre maçonnique autour du cercueil d'Hiram sur lequel ils mettent une branche d'acacia est en fait liée au cercueil d'Osiris qui se retrouva dans un acacia en Phénicie. Alberino revient ensuite sur toute l'architecture théurgique maçonnique dont j'ai parlé dans mon livre sur le complotisme protestant avec les obélisques phallus d'Osiris et les dômes matrice d'Isis, tandis qu'Horus leur progéniture est explicitement identifiée par Hérodote à Apollon.

On renverra à la p. 192 du livre (mais aussi à notre livre sur le complotisme protestant) pour le détail de la manière dont la franc-maçonnerie luciférienne et son annexe théosophique (avec le Lucifer Trust d'Alice Bailey) ont mis au jour aux XIXe et XXe siècle le projet jusque là caché des sociétés secrètes de préparer une nouvelle union des dieux des anciens temps (les Fils de Dieu/Gardiens de Genèse 6:1-4) et des humains pour restaurer l'Age d'Or contre Dieu.

Je passerai rapidement sur le chapitre 10 consacré à le religion unique mondiale (le rôle de Nietzsche et d'Aleister Crowley dans son émergence). Le 11 sur les extra-terrestres est étonnant car à la différence de beaucoup de chrétiens "bibliques", Alberino ne pense pas qu'ils soient des démons. Il pense par exemple que les "gris" viennent d'autres dimensions et que les gouvernements négocient avec eux... Il les croit même responsables de l'essor du spiritisme au XIXe siècle du fait que le thème des soucoupes volantes est apparu à ce moment-là.

Les témoignages des enlevés nous dit-il sont très convergents y compris sur la couleur et le matériau des soucoupes. Alberino nous dit avoir échangé lui-même avec des Aymara et des Quechua dans les Andes. Ils décrivent des extraterrestres nordiques ou pléiadiens, blonds aux yeux bleus de 2 mètres. D'après lui, les deux hommes en Genèse 19 que Lot croise avant la chute de Sodome pourraient correspondre à la description car Lot les reconnaît comme des anges, ce qui prouve qu'ils n'avaient pas le type sémitique des gens de la région. Et d'ailleurs c'est sans doute pourquoi, dit Alberino, les Sodomites veulent coucher avec eux quand ils sont chez Lot.

Bill Cooper dans Behold a Pale Horse affirme que sous Eisenhower, des Nordiques ont prévenu le gouvernement américain de la présence de Gris au niveau de l'Equateur et que le gouvernement a refusé de renoncer à l'arme nucléaire en échange de leur aide.

Selon Dr David Jacobs, de Temple University, sur la base des témoignages de gens abductés, les Gris, affiliés au "insectalines" veulent créer des hybrides pour se mêler à l'humanité. Alberino demande p. 256 : sont-ils aux ordres du Dragon (de Satan) ? sont-ils seulement alliés à lui ? Ou poursuivent-ils leurs propres objectifs sur un mode autonome ? Dans cette dernière hypothèse, le Dragon pourrait simplement utiliser leur menace pour unifier les humains sous la coupe d'Apollon.

Le 26 juin 2000, Clinton célébrait publiquement la première cartographie complète du génome humain. La voie de l'eugénisme est ouverte (cf Thomas Horn). En choisissant la voie du transhumanisme, l'humanité est en train de céder au diable l'héritage qu'elle tenait d'Adam, car elle va cesser d'être elle-même pour devenir partiellement voire largement robotisée. La loi de "l'impératif technologique" fera que la société ne pourra pas s'opposer aux innovations transhumanistes. Le transhumanisme est un sas vers le posthumanisme.

A deux étapes de la Bible, remarque Alberino, la lignée légitime aux yeux de Dieu a failli être usurpée : avec Ismael et avec Esaü. Esaü par son tempérament excessif et son hypertricose (Gen 27:11) est peut être le fruit d'une manipulation :génétique (p. 281). Et maintenant le Dragon demande à l'humanité issue de Jacob et de la lignée messianique qui passe par le Christ de vendre son droit de royauté pour un bol de lentilles comme Esaü l'a fait. L'ange Michel est celui qui retient (le katachon de 2 Thess 2:5-12) à la tete de ses armées. Avec la venue d'Apollon-Apollyon comme faux sauveur et homme de perdition (par exemple pour nous sauver des Gris), l'humanité renoncera à ses droits sur le monde acquis par l'image de Dieu (le sceau de Dieu) puisqu'elle ne sera même plus humaine, et adoptera la marque de la Bête. C'est en ce sens qu'il faut entendre  Matth 24:22 "Et si ces jours là n'eussent été abrégés, nulle chair n'eut été sauvée; mais, à cause des élus, ces jours là seront abrégés." Si aucune chair n'est sauvée, c'est parce qu'il n'y a plus aucune chair vraiment humaine. L'étrange prophétie biblique selon laquelle certains chercheront désespérément à mourir (Apoc 9:6) mais ne le pourront pas pourrait bien se réaliser dans la fait que les gens seront si dotés de dispositifs d'autoréparation avec leur personnalité téléchargée sur des ordinateurs dans des corps synthétiques que la mort ne sera plus pour eux qu'un luxe hors d'atteinte (p. 289). Apollon chef de cette armée et figure du roi rebelle de Daniel 8:25 sera le nouvel Antiochos Epiphane. Mais Dieu rira de cette rebellion (Psaume 2:4-9), l'Agneau ouvrira le manuscrit (Apoc 5) et engagera la guerre finale (Apoc 19:11)

Il obtiendra la victoire (Apoc 11, 1 Hénoch 62), grâce au sacrifice de Jésus il y a 2000 ans. Là dessus s'achève le livre d'Alberino.

A la différence de Michael Heiser sur lequel je me suis beaucoup appuyé dans mon livre sur les Nephilim et qui est très diplômé en recherche biblique (il en a tiré une grande rigueur intellectuelle), Tim Alberino est plus approximatif. Cela se vérifie aisément sur de petits détails, par exemple quand il écrit p. 84 qu'Antipater (le père d'Hérode) a finalement été nommé par Jules César procurateur de Judée ("Antipater would eventually be appointed procurator of Judea by Julius Caesar) alors qu'il ne fut que gouverneur de Galilée et que c'est son frère ainé qui dirigea Jérusalem. Il y a donc des chances qu'il se trompe sur certaines de ses approches scientifiques quand il se fonde sur des articles parus dans la presse, mais si cela va avec le côté "autodidacte" du personnage, n'invalide pas forcément l'ensemble de sa perspective. Plus gênante est l'adoption qu'il fait de l'ensemble du corpus d'Hénoch, mais au fond il ne l'utilise que pour autant qu'elle corrobore la Bible canonique, donc c'est aussi grosso modo sans influence sur sa vision d'ensemble. Quant à sa croyance aux "Gris" et l'hypothèse de l'existence des "nordiques" pour les contrebalancer, elle ne change pas grand chose à l'approche prophétique globale, si ce n'est de lui donner une portée plus "intergalactique" et "interdimensionnelle". L'idée sur cet aspect là est quand même que les extraterrestres servent les mensonges d'Apollon, donc l'approche de d'Alberino ne va pas dans le sens d'une "ufolâtrie".

On peut dire que son exploitation du sujet du transhumanisme et du thème d'Apollon, qu'il n'est pas le seul à déployer (j'en avais un peu parlé dans mon livre, et le youtubeur EnterTheStars sur sa chaine depuis des années, sans Alberino, a déjà bien creusé le sujet aussi), est assez cohérente pour donner une image plus concrète de ce que pourrait être le système de l'Antéchrist dans les années à venir. Certains commencent à citer explicitement ; c'est le cas en ce moment sur Celeste Solum qui a par exemple remarqué le nom du Programme Apollon pour la Biodéfense (Apollo Program for Biodefense), document qui a été publié en janvier 2021 par la Commission bipartisane de biodéfense, un think tank américain qui prône le développement de vaccins de thérapie multi-pathogène (qui permettra d'introduire plusieurs composantes nouvelles dans les vaccins), avec des tests systématiques quotidiens, et une information permanente des organes médicaux et des compagnies nationales sur l'état de santé. L'inspiration "apollinienne" est donc bien d'actualité dans les cercles dirigeants.

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Une recension de mon livre "Les Nephilim"

28 Mars 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Publications et commentaires, #Christianisme, #Histoire secrète, #Histoire des idées

- Mes plus vifs remerciements à Christian Saves, écrivain, politologue, pour cette recension sur le site de l'Institut Jean Lecanuet.

Articles de la revue France Forum

Avec ce nouvel essai, Christophe Colera livre un texte aussi intéressant qu’original, aux frontières de la philosophie, de la sociologie et de la théologie ou, plus exactement, du religieux.

L’auteur est d’ailleurs, tout à la fois, sociologue et philosophe de formation, donc à l’aise dans les deux disciplines. France Forum avait déjà rendu compte, pour ses lecteurs, d’un précédent ouvrage de l’intéressé : Individualité et subjectivité chez Nietzsche (L’Harmattan, 2004). Le présent livre ne s’inscrit pas, à proprement parler, dans une veine qui est celle de la sociologie des religions. C’est plutôt, comme le souligne très bien son sous-titre, une lecture biblique de l’histoire des Géants, c’est-à-dire une tentative d’interprétation, de mise en perspective historique. L’auteur mène à bien ce travail avec beaucoup de conviction et de talent : le résultat est probant.

Si l’existence des Nephilim, êtres surnaturels bibliques et hybrides nés de l’union entre les « Fils de Dieu » et des femmes humaines, a été souvent contestée, aujourd’hui encore des chrétiens prennent leur existence au sérieux. L’essai présente les thèses de ces derniers, leur credo et la manière dont ils projettent cette croyance dans leur lecture du monde actuel. Dans un univers caractérisé par un fort retour du religieux, y compris sous des formes parfois inattendues et surprenantes, le biblique et le divin tendent à revenir au premier rang des réflexions, tout au moins dans certains milieux. Il est vrai que l’homme a horreur (et peur ?) du vide contemporain, ce qui peut contribuer à expliquer son retour vers Dieu, le divin et tout ce qui l’accompagne.

Il y a, très probablement, derrière ce type de posture, une forme de détresse, de désarroi très actuel. L’auteur le suggère d’ailleurs fort habilement et ce n’est pas le moindre de ses mérites. L’autre grande qualité de ce livre vient de ses résonnances bien contemporaines : aujourd’hui, les tenants des thèses apocalyptiques et les adeptes du « complotisme » (comme l’on peut s’en rendre compte au travers de la crise sanitaire mondiale liée à l’épidémie de Covid-19 et à ses avatars) prédisent/promettent, si ce n’est la fin du monde, au moins la fin d’un monde : le nôtre… donc notre propre fin. L’idée d’un châtiment divin pour les péchés commis n’est jamais très loin…

Dans des sociétés qui se déstructurent et perdent graduellement leurs repères, l’heure est à la culpabilité et à l’expiation, pour avoir été trop longtemps oublieuses de Dieu. Ce livre est stimulant car il aide justement à repenser un peu le rapport que chacun peut entretenir à Dieu et au divin, hors des sentiers battus…

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Quand la Vierge Marie bénissait les dominicains

21 Mars 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Sainte-Baume, #Christianisme, #Histoire secrète

Extrait de "La Sainte Baume en Provence, ou Histoire de sainte Marie-Magdeleine : suivie d'un exposé sur la sainte grotte et les diverses particularités de ce désert / par M. l'abbé Maille" (1860) : "Au commencement de l'ordre Dominicain, l'antienne Salve Regina, se disait seulement à genoux dans le couvent de saint Romain de Toulouse, d'après la prescription de saint Dominique lui-même, les frères de Rome suivirent ensuite cet exemple, et en 1220 , on la récitait également à Bologne, lorsqu'arriva le miracle de l'apparition de la sainte Vierge à saint Dominique.

Voici dans quelles circonstances la bonne mère voulut manifester sa tendresse maternelle pour cet ordre privilégié :Un soir que Dominique était resté dans l'église à prier, il en sortit à l'heure de minuit ; il entra dans le corridor où les frères avaient leurs cellules et dormaient.

Lorsqu'il eut achevé ce qu'il était venu faire, il se mit à prier à l'une des extrémités du corridor, et regardant par hasard à l'autre bout, il vit s'avancer trois femmes, dont l'une , qui était au milieu , paraissait la plus belle et là plus vénérable. Ses compagnes portaient, l'une un vase magnifique, l'autre un aspersoir qu'elle présentait à sa maîtresse. Celle-ci aspergeait les frères et faisait sur eux le signe de la croix. Dominique alla au-devant de la femme qui bénissait et qui était déjà au milieu du corridor, près de la lampe suspendue à cet endroit, il se prosterne à ses pieds , et, quoiqu'il l'eût déjà reconnue, il la supplia de lui dire qui elle était. La femme qui bénissait répondit au bienheureux Dominique : je suis celle que vous invoquez tous les soirs, et lorsque vous dites : Eia ergô advocata nostra, je me prosterne devant mon fils pour la conservation de cet ordre. Alors le bienheureux Dominique s'informa qui étaient les deux jeunes filles dont elle était accompagnée. A quoi la bienheureuse Vierge répondit : l'une est Cécile et l'autre Catherine.

Ce miracle ayant été rapporté au chapitre général de 1228, il fut ordonné qu'on chanterait le Salve Regina, après complies, dans tous les couvents de l'ordre. Cette sainte pratique, qui a depuis passé à toute l'Eglise, est encore pieusement observée de nos jours partout où se trouvent des enfants de saint Dominique, par conséquent à Saint-Maximin.

Il y a indulgence de deux cents jours pour les religieux et les fidèles qui assistent au chant du Salve, soit à Saint-Maximin , soit dans une autre église de l'ordre."

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Les Géants selon soeur Catherine Emmerich

16 Mars 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète, #Christianisme

Voici un élément qui complète de façon intrigante le livre sur les Nephilim que j'ai publié l'an dernier.

"Catherine Emmerich, dans la Vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, t. V, p. 49, rapporte; que « Jésus raconta à des philosophes païens l'histoire de la création d'Adam et d'Eve, de leur chute, de Caïn et d'Abel, des enfants de Noé, de la tour de Babel et de la séparation des méchants, de leurs progrès dans le mal. Il leur montra comment, pour rétablir leurs rapports avec la divinité de laquelle ils s'étaient violemment séparés, ils avaient imaginé des dieux de toute nature, et comment l'esprit du mal les avait en cela fait tomber dans les erreurs les plus grossières. Cependant la promesse du divin rejeton de la Femme qui devait écraser la tête du Serpent se retrouvait au fond de toutes leurs inventions, de leurs pratiques, de leurs opérations magiques.»

« Dercédo, sa fille et Semiramis, sa petite-fille, étaient d'une force et d'une grandeur prodigieuses; leur beauté produirait aujourd'hui je ne sais quelle impression de terreur.»

« Tous ces gens-là étaient violents, hardis, audacieux, et ils agissaient en toute chose avec une assurance dont on peut à peine se faire une idée; outre leurs visions (diaboliques), ils connaissaient leur force et savaient qu'ils pouvaient compter sur la protection de l'enfer. Ils se considéraient comme les dieux de l'humanité. On eut aussi en eux la reproduction de ces terribles géants, race superbe et puissante par ses sortilèges, établie sur les hautes montagnes, et qui fut ensevelie sous les eaux du déluge (p. 57). »

C'est l'abbé L. Joseph-Célestin Cloquet, chanoine honoraire, directeur du journal "Le Libérateur des âmes du purgatoire" (publié chez Bertin, 38 rue de Vaugirard, à Paris, à partir de 1868), qui le rapporte dans un de ses ouvrages.

On est bien ici sur la tradition de Justin le Martyr (100-166, dans 1 Apologie 5-2), concernant d'éventuels "Veilleurs féminins", qu'a reprise récemment le baptiste américain Marty A. Cauley. La blonde Semiramis (selon Alexander Hislop 1807-1865) était la mère de Nemrod. Etait-elle une "veilleuse" (un ange déchu) ou une "géante" comme le laisserait entendre soeur Emmerich ?

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Albert le Grand et la Sainte Vierge

4 Mars 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire des idées, #Histoire secrète

Quiconque connaît un peu l'histoire du Quartier Latin et de l'université française, notamment à travers les travaux de Jacques le Goff, sait quel rôle éminent joua Albert le Grand (qui donna son nom à la place Maubert) dans la diffusion de la scolastique (l'aristotélisme chrétien) à Paris. En lisant la vie de son élève, Thomas d'Aquin, écrite par Guillaume de Tocco (ch 14), je tombe sur cette anecdote intéressante à son sujet : "Après son entrée dans l'ordre (dominicain) alors qu'il s'était voué au culte de la glorieuse Vierge Marie, une nuit qu'il la priait avec dévotion, il lui sembla que son corps était plongé dans un bain brûlant, de la même façon que son âme brûlait de ferveur. Alors la glorieuse mère de Dieu lui apparut et de ses mains très saintes essuya d'un linge son visage en feu. A son réveil, il s'aperçut que son esprit était subtil, son entendement si lucide et sa mémoire si fidèle qu'il comprenait tous les livres qu'il lisait et retenait tout ce qu'il avait saisi. Son élève disait de lui qu'il ne croyait pas qu'il y eût au monde un homme qui eût appris et compris autant de choses fondamentales que lui. Il était donc digne, lui dont les mains de la Vierge Marie avaient essuyé le visage, d'avoir l'esprit illuminé par la sagesse de Dieu, que la Vierge elle-même avait portée dans ses mains."

On a là une information inattendue sur la présence mariale au coeur même du processus de développement de la scolastique en Europe, présence qui peut-être ne surprendra pas ceux qui connaissent la place du rosaire dans le développement de l'ordre dominicain, mais qui en tout cas positionne la Sainte Vierge dans un plan auquel les représentations (et les apparitions) du XIXe siècle ne nous avaient pas habitué, puisque celles-ci se situent plutôt dans le registre de l'émotion (douce ou sévère) et pas de l'intellect. L'interprétation de de Tocco qui relie la compétence de la dispensatrice de toutes les grâces au fait qu'elle avait aussi tenu la sagesse de Dieu dans ses mains en portant l'Enfant-roi est aussi intéressante. Le geste d'essuyer le visage, comme Sainte Véronique, paraît énigmatique. Presque autant que la lactation de Saint Bernard. J'ignore si elle peut se rattacher ou comparer à quelque autre vision ou songe dans l'histoire catholique.

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Gaston IV le Croisé et Mifaget en Béarn

24 Février 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète, #Otium cum dignitate, #Christianisme

Je profite de mon séjour à Mifaget en Béarn, dans le quartier du Verger, pour me renseigner sur la saga de Gaston IV le Croisé, Vicomte de Béarn, qui fut coordinateur des armées chrétiennes lors de la prise de Jérusalem (ce qui lui a valu de devenir le héros d'un opéra de Verdi), puis qui mena une première Reconquista héroïque aux côtés d'Alfonse Ier d'Aragon qui le conduisit jusqu'aux portes de Grenade... Une "superstar de son temps" comme on dit... Mifaget est une commanderie qu'il a créée, comme celle de Lacommande, à quelques années d'intervalle. Dans les écoles depuis des décennies on ne nous enseigne plus ce qu'étaient les commanderies, mais, pour faire simple, disons que c'étaient des complexes économiques organisés autour d'un monastère de moines-soldats destinés à protéger les pèlerins - ici il s'agissait des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle, au milieu d'une grande forêt de hêtres (un faget) particulièrement dangereuse.

Puisque les chiens en liberté des petits bourgeois du village empêchent le jogging et même les promenades sereines, je suis aussi allé me recueillir au dernier vestige de la commanderie : l'église Saint Michel qui comporte encore quelques chapiteaux de l'époque romane et une crypte. Les pèlerins remplissent un livre d'or qui félicite la paroisse de laisser l'église ouverte.

Gaston IV (mort en 1131) aurait été (je suis prudent car le site qui l'affirme semble reconstituer l'histoire à l'image de Pierre Plantard jadis avec son Prieuré de Sion) le premier Grand Maître de l’Ordre équestre du Saint Sauveur du Mont réal (OESSM), ex ordre du Chêne fondé par les rois de Navarre. J'ai évoqué dans mon ouvrage sur le complotisme protestant les spéculations qui existent sur les activités occultes des libérateurs de Jérusalem. J'y trouve un écho dans ce texte du "chevalier Vicomte Mourey de Marboz" qui invite à enquêter sur le compagnonnage propre à l'OESSM et sur le savoir secret qu'il a développé parallèlement à celui des Templiers. Mifaget n'en porte pas la trace en surface. Je ne pense pas non plus qu'il y en ait dans son sous-sol, mais allez donc savoir...

 

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Les enthéogènes

9 Février 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Anthropologie du corps, #Spiritualités de l'amour, #Histoire des idées, #Histoire secrète, #Médiums

On parle beaucoup depuis quelque temps de l'ayahuasca qui est un enthéogène, c'est à dire une substance (illégale en France, mais d'usage courant en Amazonie) qui provoque des états modifiés de conscience de nature à mettre en contact avec des entités de l'au-delà, dont les effets ont été étudiés de façon expérimentale dans les années 1990 par le psychiatre Rick Strassman et qui a même sa propre église, fortement soutenue par une des membres du clan Bronfman qui, en Amérique du Nord, s'est par ailleurs distingué par son rôle au service de la secte sexuel NXIVM.

Le dossier des entheogènes est très fourni. Pour l'heure je n'en traiterai qu'un aspect qui est un livre d'anthropologie écrit en anglais que j'avais lu en version espagnole du temps où je vivais à Madrid, en 1994 : "Persephone's Quest: Entheogens and the Origins of Religion", de Robert Gordon Wasson, Carl A.P. Ruck, Stella A. Kramrisch.

R. Gordon Wasson journaliste du Herald Tribune s'est consacré à partir de 1927 avec son épouse russe le docteur Valentina Pavlovna à l'étude du rôle des champignons dans la culture. Il étudia à partir des années 1950 les enthéogènes de la région d'Oaxaca au Mexique, puis en 1963 avec Roger Heim, directeur du Muséum d'Histoire naturelle de Paris ceux du peuple kuma en Nouvelle Guinée, et en 1968 le putka en Inde (le soma des indo-européens).

Il a identifié avec l'indianiste Stella Kramrisch, le soma indo-européen bu par les brahmanes comme provenant de l'amanite tue-mouche (amanita muscaria). Puis il a estimé que l'utilisation du claviceps purpurea (ergo du seigle) avec du paspalum distichum (paspale distique) a pu jouer un rôle dans les mystère d'Eleusis en Grèce. En août 1953 il put vérifier l’acuité des prévisions que donnaient les enthéogènes auprès d'un chamane mexicain.

En France des dictons relient les truffes aux tonnerre qui aide à les faire pousser, de même Pline l'Ancien à propos des tuber (truffes et terfezia), Plutarque dit la même chose de l'hydnon, équivalent du tuber, ainsi qu'Athénée (dans ses Deipnosophistes) de son équivalent thrace, l'oiton. Dans l'est de la France on dit même que les bolets prolifèrent où tombe la foudre. Dans le piémont aujourd'hui, le lactaire sanguin est appelé champignon-tonnerre. Chez les Bédouins (p.107) les banaturrad, "filles du tonerre" qui se ramassent après les orages diluviens pourraient être les Helianthemum lippii (terfezia). On a là donc l'idée que le champignon peut faire système avec le tonnerre, et je vous renvoie là dessus au très intéressant cours de Gene Kim du 15 janvier dernier (en anglais) sur l'électricité dans la Bible : ici sur You Tube.

Je ne développerai pas les autres aspects intéressants de cet ouvrage collectif et me contenterai pour l'instant de terminer sur cette observation : une des nombreuses preuves du fait que ces enthéogènes ne sont pas de simples hallucinogènes mais bien des entheogènes qui font rencontrer des entités clairvoyantes se trouve en p. 37 de la version espagnole du livre. Le  samedi 15 août 1953 au soir, à Huautla de Jimenez village de l'État de Oaxaca au Mexique, Wasson se trouve en présence de l'anthropologue Roberto Weitlaner à discuter avec le boucher borgne-chamane Aurelio Carreras. Carreras a fourni des champignons enthéogènes. Soudain, Weitlaner demande au chamane s'il veut bien l'aider. Le chamane hésite puis leur donne rendez-vous à 9 heures. Pendant la nuit il mange lentement les champignons sans incantation, puis parle (en mazatèque) dès que les champignons "parlent" en lui. Wasson et son épouse disent qu'ils veulent avoir des nouvelles de leur fils Pierre, 18 ans, qui n'est pas entré en contact avec eux depuis plusieurs jours. Le chamane Carreras leur demande où il se trouve. Ils répondent qu'il est près de Boston. Au début le chamane a du mal à le localiser car c'est pour lui une ville grande et étrange. Au bout d'un moment il dit : Peter est vivant mais "ils" essaient de l'envoyer à la guerre. Après une heure de silence il dit que Peter est chez lui à New York, que ses pensées sont avec ses parents jusqu'aux larmes. Vers 1h45 le chamane annonce à Wasson qu'un de ses parents sera gravement malade pendant l'année.

A leur retour les Wasson trouvent dans leur appartement à New York les restes d'une fête dont Peter put confirmer qu'il l'avait bien organisée là le 15 août au soir (alors que les Wasson le croyaient encore à Boston), ce que les factures des repas confirmaient. Ils n'avaient pas trop cru le chamane qui avait parlé d'un appel à la guerre car le jeune à 17 ans avait déjà fait son service militaire dans la garde nationale ce qui devait l'exempter de tout autre enrôlement. Mais, le 3 octobre, l'ethnologue recevait, à Genève, un télégramme de son fils lui annonçant qu'il s'engageait pour trois ans dans l'armée suite à une crise affective (une histoire de coeur) qui avait culminé quand ses parents avaient été au Mexique (ces pensées jusqu'aux larmes vues par le chamane) mais dont il ne leur avait rien dit. Enfin, en janvier 1954 un cousin de Wasson (qui n'avait qu'une famille très réduite car la génération précédente était morte), mourut d'une crise cardiaque alors qu'il était en pleine forme. Wasson y a vu la preuve que lorsque les champignons avaient "parlé", ils avaient fait bien autre chose que simplement provoquer une hallucination ou révéler une invention de la psyché du chamane.

Je précise que, de mon point de vue, ces entités, comme celles qui parlent aux voyants dans les taros (j'en ai parlé dans mon livre sur les médiums), ne connaissent pas l'avenir mais embrigadent dans des pactes ceux qui ne prennent pas de distances à l'égard de ce qu'ils annoncent. Mais cette anecdote, avec ses éléments de vérification externe, montre bien en tout cas que des entités s'exprimaient là, et non pas la psyché d'Aurelio Carreras.

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Les Nephilim et les pyramides mayas : deux hypothèses chrétiennes

1 Janvier 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire secrète

Dans mon livre sur les Nephilim (cf ici) j'ai évoqué les travaux de LA Marzulli sur les pyramides. Cette veine d'interprétation chrétienne part du principe que les géants issus de la descendance des Fils de Dieu mentionnés en Genèse 6:1-4 ont construit les pyramides et divers autres mégalithes en Egypte, en Amérique centrale et ailleurs. En général, les chrétiens qui suivent ce schéma d'interprétation contournent le fait que les historiens laïques attribuent aux pyramides une naissance très postérieure aux temps qu'est censée évoquer la Genèse par le fait qu'il n'y a pas de datation possible au carbone 14 pour les pierres de sorte que l'agencement de celles-ci serait antérieur aux civilisations auxquelles on l'attribue.

Il existe une autre voie exégétique chrétienne possible que mentionne ici le prédicateur protestant Gene Kim (cf ci-dessous). Il explique que, puisqu'on a retrouvé des pièces phéniciennes en Amérique latine, on peut concevoir que des géants cananéen survivants de la lignée enfantée en Genèse 6:1-4 mentionnés en Nombres 13.1-33 ont pu naviguer à travers l'Atlantique, par les airs ou par la mer, et y installer les pyramides à l'époque de Moïse voire ultérieurement pour qu'ensuite Satan puisse prendre appui sur cette civilisation "nephilimique" pour contrer l'influence christique en Europe à travers la figure de Quetzalcoatl.

Une petite originalité...

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DMT : de l'ayahuasca à la glande pinéale

26 Décembre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète, #Anthropologie du corps

Dans les années 1990, explique un article de Scott McGreal dans Psychology Today, le psychiatre Rick Strassman a mené une recherche pionnière sur les effets de la substance psychotrope appelée DMT (diméthyltryptamine), décrite dans son livre DMT: The Spirit Molecule (DMT : la molécule spirite). C'était la première fois en plus de 20 ans que le gouvernement américain autorisait des études humaines sur les drogues psychédéliques.

Les volontaires, qui étaient tous des utilisateurs expérimentés de ce genre de stupéfiant, ont découvert que de fortes doses de DMT avaient un effet psychédélique qualifié d' "écrasant et instantané", que Strassman a décrit comme un "canon nucléaire". La plupart des volontaires ont très vite perdu conscience de leur corps et de leur environnement, et l'effet maximum a été atteint au bout de deux minutes. Puis pendant environ 30 minutes, ils ont fait des expériences comme s'ils avaient les yeux ouverts : des couleurs plus vives, plus intenses et plus profondément saturées que dans la conscience normale ou les rêves . De nombreux participants ont vu des motifs géométriques kaléidoscopiques, ainsi que des scènes concrètes reconnaissables. En règle générale, les participants ressentaient une anxiété initiale face à l'effet de précipitation, qui était fréquemment suivi d'une euphorie intense, bien que des émotions plus ambiguës, telles que la peur.et l'excitation, étaient également constatées. Une fois passé l'effet de confusion, une certaine clarté est revenue. «Environ la moitié» des 60 volontaires sont entrés dans ce qu'il a décrit comme des «niveaux d'existence autonomes et indépendants» de nature très inhabituelle. Ils se retrouvaient dans des lieux habités par des «entités», des «extraterrestres», des «guides» et des «aides». Celles-ci sont apparues sous diverses formes, telles que des clowns, des reptiles, des mantes, des abeilles, des araignées, des cactus et des bâtons.

Ces êtres ont été mentionnés par d'autres enquêteurs, dont  Terrence McKenna, qui les a décrits comme des «elfes de la machine auto-transformants». Ces êtres semblaient les attendre. Ils les soumettaient à des sortes d'examens et communiquaient avec eux  par des gestes, de la télépathie ou de l'imagerie visuelle. Parfois, les entités semblaient aimantes et attentionnées, d'autres fois émotionnellement détachées. Strassman a noté les parallèles frappants entre ces expériences de contact d'entités et les récits d'enlèvement extraterrestre.

De nombreux volontaires ont refusé de croire que ces expériences étaient des hallucinations ou des rêves, car elles semblaient trop réelles. Strassman a déclaré être au départ assez déconcerté et mal préparé à la fréquence de ces expériences de rencontre avec des entités. Lui-même en est venu à l'idée que ces entités étaient réelles.

"La raison pour laquelle les gens rencontrent ce qui semble être des entités non humaines sous DMT mais pas avec d'autres drogues est actuellement inconnue." observe Scott McGreal.  On sait en tout cas que c'est cette substance qui assure l'efficacité de l'ayahuasca une drogue entéogène à la base aujourd'hui de religions organisées au niveau mondial (voir ici).

Strassman a remarqué aussi que la glande pinéale, qui joue un rôle fondamental dans l'ouverture du troisième oeil, ou qui est peut-être elle-même le "troisième oeil" est une source de création naturelle de DMT dans le corps humain. En outre, une hypothèse récente proposé par David Klein, chef de neuroendocrinologie à l’Institut national de la santé infantile et du développement humain (NICHD), suggère que la glande pinéale était une rétine primitive, et qu’elle a exercé la double fonction à la fois de capturer l’image et de produire la mélatonine.

Il estime qu’au fil du temps cette dernière fonction a migré vers la glande pinéale.  La glande pinéale contient une carte complète, du champ visuel des yeux, et elle joue plusieurs rôles importants dans l’activité humaine.  Il y a une voie à partir de la rétine à l’hypothalamus, appelé le tractus rétinohypothalamique.  Il apporte des informations, sur les cycles de lumière et de l’obscurité, dans une région de l’hypothalamus, appelée le noyau suprachiasmatique (NSC).

Du NSC, le nerf laisse voyager les impulsions, via le nerf pinéal (système nerveux sympathique) à la glande pinéale.  Ces impulsions, inhibent la production de mélatonine.  Lorsque ces impulsions diminuent (pendant la nuit, quand la lumière ne stimule plus l’hypothalamus), l’inhibition pinéale cesse et la mélatonine est libérée.  La glande pinéale, est donc un organe photosensible et un chronométreur important pour le corps humain. Pendant le jour au soleil ou dans une caverne en fixant une torche, est stimulée par ces phosphènes via le nerf optique et se met à sécréter de la DMT.

Ce point permet de recouper les travaux du Dr Francis Lefébure (1916-1988), formé au soufisme et au zoroastrisme, qui a montré que les différentes techniques initiatiques ont leurs effets décuplés quand elles sont combinées à de courtes fixations de sources lumineuses et de leurs phosphènes, ce qui, selon lui, explique que les mariophanies concernent surtout les bergers exposés à la lumière solaire, leur regard étant souvent fixé sur l’horizon. Selon lui, une source lumineuse ainsi que les phosphènes, à eux seuls, ne contribuent pas en soi au développement intellectuel ou spirituel. Un second élément essentiel doit entrer en synergie pour provoquer un réel impact et cet élément est la présence d’une pensée précise, une intention, c’est ce qu’il appelle le « mixage phosphénique » (lesquelles favoriseraient d’après les expériences de ce docteur l’augmentation la mémoire, et les facultés de voyance et de télépathie) et c’est ce qui aurait pu caractériser par exemple Bernadette Soubirous à Lourdes (Le premier élément du phosphénisme aurait donc pu être fourni par le séjour à Bartrès. Le fait que Bernadette ait pris l’habitude de réciter tout le temps son rosaire a pu passer pour constitutif du second facteur. « Tout en gardant ses moutons, note aussi Lefébure, elle élevait de petits autels de cailloux à la Sainte Vierge et les décorait de bouquets naïfs. Ainsi, sa pensée et ses actions restaient concentrées sur une seule idée du matin au soir, idée unique soutenue par la pensée rythmée. Ce sont deux conditions de base de la pratique du yoga mental et de l'obtention de dons supranormaux, dont l'éveil de la clairvoyance. »)

À l’âge de 12 ans, la glande pinéale est déjà calcifiée et se durcit à l’âge adulte,  puis s’atrophie par manque d’utilisation.  Des recherches récentes révèlent que le fluorure, qui est un additif toxique contenu dans l’eau (elle a été massivement introduite par les pouvoirs publics dans les années 50 par exemple aux Etats-Unis, ce qui parfois fait penser à un possible "complot contre la glande pinéale") et le dentifrice, s’accumule dans la glande pinéale où il fait des ravages. Des techniques existent cependant pour éveiller cet organe.

A noter que la glande pinéale produit aussi de la mélatonine, baptisée à tort l'hormone du sommeil mais qui est surtout un grand régulateur biologique et un éradicateur de radicaux libres, et du 6-Méthoxy-Harmalan (un stimulant psychique puissant comparable au LSD). En 1994, le Pr Fourtillan, qui a eu quelques problèmes avec la Justice récemment, a compris qu’existe une véritable cascade hormonale : la mélatonine se transforme grâce à une enzyme particulière en 6-MH, et la même enzyme transforme le 6-MH en une nouvelle hormone qu'il a pu synthétiser et baptiser valentonine. Personnellement je n'ai pas d'opinion sur les traitements qu'il a voulu mettre en place sur la base de ces hormones, mais il y a peut être une complémentarité entre celles-ci et la DMT...

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Ce 16 décembre, le miracle de Saint Janvier n'a pas eu lieu à Naples

20 Décembre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète, #Christianisme

Saint Janvier (San Gennaro en italien), fut évêque de Naples au troisième siècle. Mort martyr en 305 pendant la persécution de l’empereur romain Dioclétien, ses os et son sang sont conservés dans la cathédrale. A Naples le sang du saint patron de la ville, saint janvier, se liquéfie trois fois par an depuis 1389, le 19 septembre, jour de sa fête, le samedi précédant le premier dimanche de mai (anniversaire du transfert du corps du saint du cimetière Pouzzoles, où il avait affronté les bêtes du cirque, à Naples) et le 16 décembre, anniversaire de l'éruption du Vésuve en 1631 (qu'il apaisa cette année là mais aussi en 1698 et 1707 comme il vainquit la peste en 1527), un phénomène de liquéfaction qui n'a pas pu être étudié scientifiquement et donne seulement lieu à des spéculations. L'analyse spectrale effectuée le 26 septembre 1802 par l'abbé Sperindeo semble bien avoir prouvé en tout cas qu'il s'agit effectivement de sang et non d'un autre liquide, l'abbé ayant aussi prouvé que la masse du liquide augmente dans l'ampoule pendant le miracle d'après ce qu'en a rapporté dans un bulletin paroissial breton de novembre 1917 le professeur Léon Cavène (mais il ne cite pas la source de son information).

"Pendant le miracle, explique cette année Vatican News, la masse séchée de couleur rouge confinée au fond du reliquaire devient du sang liquide qui recouvre la totalité du verre. Selon la tradition locale, si le miracle ne se produit pas, c’est le signe d’une catastrophe à venir pour la région. "

Dans "La tres curieuse et chevaleresque histoire de la conqueste de Naples" qui se rapporte au 1er mai de l'année 1495, on  peut lire :

"Dimanche Ille jour de may le roi ouyt messe a Sainct Genny a Naples qui est la feste de la grant église cathedrale ou il y eut grant assemblee de prelats tant cardinaulx evesques et autres preslats constitues en dignités. Et en icelle eglise fut montre au roy lechief de sainct Genuy qui est une moult riche chose a veoir, digne et saincte. Quand le roy fut devant le grant autel, on alla querir de son precieux sang en une grant ampole de voirre et fut monstre au roy, et on luy bailla une petite verge dargent pour toucher ledict sang qui estoit dedans l'ampole dur comme pierre a ce que le roy le touchast de la verge dargent, la quelle fut mise sur lautel devant le glorieux sainct, incontinent commenca a eschauffer et a amolir comme le sang dung homme bouillant et frémissant qui est ung des grans miracles que on puisse veoir a present, dont tout le peuple français tant nobles que autres se donnoient grant merveille. Et disoient les seigneurs de Naples tant deglise que de la ville que par ce precieux chief et sang avoient cognoissance de beaucoup de requestes envers Dieu, car quant ils faisoient leurs prieres si elles estoient bonnes le sang amolissoit, et si elles nestoieut de juste requeste il demeuroit dur. Aussi par ce sang avoient la cognoissance de leur prince sil devoit estre leur seigneur ou non. " Charles VIII saisit cette occasion de montrer au peuple napolitain que les rois de France avaient aussi le pouvoir de faire des miracles Il toucha les malades des écrouelles pour les guérir.

L'auteur fantastique Alfred Driou alias Alfonse d'Augerot dans "Naples, les magnificences de son golfe" en 1877 précise que  le sang du martyr ayant été renfermé dans trois fioles , par les fidèles de Ravenne, l’une de ces fioles fut portée en Espagne, par le roi Charles III (qui régna de 1759 à 1788). Or, on dit encore que le miracle du sang s’accomplit également en Espagne, au moment où il s’opère à Naples. Un ordre royal de Saint Janvier avait été créé par la maison des Bourbon des deux Siciles en 1738. Le successeur de Charles III, Charles IV est représenté à cheval avec la médaille de l'Ordre de St Janvier sur un tableau de 1801.

D'Augerot, mais aussi Louis Joseph Lefort, étudient en droit mort à 24 ans, dans un récit de voyage paru en 1857, ont témoigné que les femmes du peuple de Naples avaient un rapport très familier au miracle les jours où il devait avoir lieu quand le buste était mené en procession. "Allons San Gennaro, écoute tes amis, fais le miracle, ne nous fais pas attendre", lui disaient-elles.

De façon analogue Pierre Saintyves président de la Société du folklore français note dans "Les reliques et les Images légendaires" (1912) que jusqu'à la fin du XVIIe siècle il y avait à l'église des Frères Prêcheurs de St Maximin en Provence des petites pierres teintes du sang de Jésus ramenées par Marie Madeleine, et ces pierres devenaient plus rouges le Vendredi saint de midi à 13h mais l'auteur doute de la véracité de l'anecdote. On montrait aussi une relique de sang de Jésus qui se liquéfiait à la Sainte Madeleine aux ecclésiastiques qui visitaient la collégiale de Neuvy-Saint-Sepulchre dans l'Indre, mais l'abbé de Marolles (1600-1681) ne vit rien se liquéfier quand on la lui présenta. Tous les 3 mai à Billom (Auvergne) on portait en procession un flacon qu'on disait être du sang du Christ et dont on montrait qu'il était encore liquide, mais Saintyves estime qu'il s'agissait d'une supercherie et de Marolles dans l'Indre avait rappelé que sur le plan théologique Jésus est censé avoir ramené tout son sang dans le Ciel après son ascension, "de sorte qu'il n'en est resté tout au plus des marques sur la terre" ce sur quoi la cardinal jésuite toscan Bellarmin (1542-1621) avait écrit diverses choses. En Belgique, on disait que Thierry d'Alsace avait rapporté de Terre Sainte à l'abbaye St Basile les Brues du sang de Jésus qui se liquéfiait tous les vendredis de l'aube à 15 h entre 1148 et 1310, et plus jamais par la suite. Du sang de St Patrick et St Wit ferait de même en Hollande, et le sang d'un moine martyrisé par les vikings de St Armand en Flandres tous les ans à la troisième fête de la Pentecôte. Le sang de Jacques de Compostelle à Rome dans la basilique des Douze Apôtres est toujours liquide. Le sang de St Laurent se liquéfiait à la cathédrale de Tivoli et dans une église d'Amaseno tous les 9 août, et il en allait de même une fois par an du sang du même saint à St Laurent-hors-les-Murs à Rome.

Saintyves relève bien d'autres cas de liquéfaction en Italie. Concernant le sang de St Janvier à Naples il observe qu'il se liquéfie aussi "solitairement dans sa niche en dehors des dates cultuelles consacrées à la vénération de la relique", ce qui tout de même pose un petit problème théologique. Et il cite Cavène qu'on évoquait plus haut, selon lequel dans ce cas là on ne peut considérer qu'il y ait miracle. Les cas d'inventions de matières rouges susceptibles de se liquéfier sont fréquents depuis celle du docteur berlinois Newmann en 1734. Pour autant cela ne permet pas de liquéfaction à date fixe. Et le liquide obtenu alors n'a pas forcément la même ressemblance avec du sang.

En mars 2015, le miracle de Saint Janvier s’était produit en présence du Pape François en déplacement à Naples. Il rencontrait les prêtres et religieux de la ville en la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption, et venait de bénir les reliques de saint Janvier, lorsque le sang de ce dernier s’est liquéfié dans l’ampoule en verre."

Cette année, le 16 décembre, le miracle n'a pas eu lieu.

"Grand saint Janvier ! Lorsqu'on était croyant

Ton sang se liquéfiait sans peine :

Mais aujourd'hui, le Français clairvoyant

A pour toujours glacé ta veine".

A écrit le prêtre défroqué statisticien Sébastien Bottin - 1764-1853 -  (l'inventeur de l'annuaire) dans une brochure de 8 pages qui dort sur les étagères de la Bibliothèque nationale de France. On se demande cette année ce qui a empêché le miracle d'avoir lieu, et quel malheur cela annonce.

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Les travaux de Joseph Davidovits sur le patriarche Joseph

19 Décembre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire des idées, #Christianisme, #Histoire secrète

En réponse à mon billet sur les travaux Douglas Petrovich qui identifient le patriarche Joseph au vizir Sobekemhat, le blogueur JiDé de "Des Trésors cachés dans le Sable", me fait remarquer que Joseph Davidovits l'identifie pour sa part au scribe Amenhotep (ce qui se prononce Amenophis) fils de Hapou  mort vers 1350 av JC, c'est à dire 500 ans après Sobekemhat.

J'ai tenté de creuser un peu le sujet. J. Davidovits, né en 1935, inventeur du concept de géopolymère, spécialiste des bétons romains, se présente comme un égyptologue francophone. Son fils Frédéric Davidovits a découvert, en 2003, à la bibliothèque universitaire de l'UFR de lettres de Caen un livre "Le Temple du scribe royal Amenhotep, fils de Hapou (Fouilles de l'Institut français d'archéologie orientale du Caire) " (1936) d'Alexandre Varille (1909-1951). Ce livre permet à Joseph Davidovits de compléter  sa recherche menée depuis vingt ans pour identifier le patriarche Joseph. Le livre de Varille, occulté par l'égyptologie officielle, comprend une fresque de 3 m X 4 m dont on ignore où elle se trouve alors qu'elle devrait être la plus grande découverte archéologique du XXe siècle, affirme le Pr Davidovits dans cette vidéo du 17 juillet 2013. Est-elle délibérément cachée ? S'agit-il d'une volonté du gouvernement égyptien d'occulter l'histoire d'Amenhotep III (1386-1353 av JC le pharaon représenté en colosse de Memnon) et d'Akhenaton (1365-1338) dont l'administration locale empêche l'accès aux document ?

La fresque démontre l'historicité d'Amenophis fils de Hapou (1437-1356 av JC), de son origine sémitique. Joseph Davidovits a retrouvé trois frères ce cet Amenophis. Descendant d'un de ses frères Hévy (et non Lévy) comme l'indique le Bible, Moïse aurait été administrateur du temple mémorial d'Amenophis (dans la nécropole de Thèbes, près de la Vallée des Rois) qui aurait été une sorte de "grande abbaye" où l'on stockait la sagesse de l'époque. Après des troubles sociaux des hébreux (artisans égyptiens, selon Davidovits, enrôlés dans la construction de la ville hérétique d'Amarna par Akhenaton) , Moïse se serait réfugié dans la région de Madian, zone minière autour du golfe d'Aqaba liée au temple d'Aménophis (qui l'approvisionnait en cuivre). Moïse aurait été accueilli à Madian par les "ouroub", artisans de la même famille que les hébreux (oubrous), exilés à Madian, et qui seraient les ancêtres des Arabes. L'Exode aurait eu lieu vers 1060 av. JC (200 ans après la date retenue par les historiens bibliques).

Joseph Davidovits veut pour preuve de ses allégations le fait que le texte de cette fresque trouvée par Varille est repris mot pour mot dans la Bible, Genèse 41:41  : "vois je te mets à la tête de toute l’Egypte. ", puis en 42 "Pharaon ôta son anneau de la main, et le mit à la main de Joseph; il le revêtit d'habits de fin lin, et lui mit un collier d'or au cou" : Au bas de la fresque il est écrit "Il reçut des ornements en or et en toutes sortes de minerais précieux. Son corps fut habillé d'étoffe délicate et de lin de première qualité. Un collier en or pur et en toutes sortes de matières a été passé à son cou". Genèse 41:46 dit encore : "Joseph était âgé de trente ans lorsqu'il se présenta devant Pharaon, roi d'Egypte". Le texte de la fresque dit"An 30, le grand scribe royal Amenophis, s'est incliné devant sa Majesté". Pharaon y nomme Joseph (Gen 41:45) : çaphenat-paneah (sapnath-panéakh), un nom qui ne signifie rien en hebreux, mais qui doit être d’origine égyptienne. Or selon l’auteur çaphenat-paneah est le nom égyptien Amenophis Fils de Hapou. Si on l'écrit en hébreu de droite à gauche : hnap snphts  cela donne en rajoutant voyelles Hanapu Senophits ou Hanapu Amenophits. Le détail surprenant de la fresque est que, précisément, le nom d’Amenophis est aussi écrit en hiéroglyphe de gauche à droite. Il y a donc concordance entre le texte de la fresque et celui de la Bible. 

Ce texte de 1 100 ou 1 400 av JC serait le plus ancien document égyptien copié dans la Bible.

Il faudrait organiser un dialogue entre le Pr Davidovits et le Dr Douglas Petrovich...

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Les traces de la présence de Jacob et Joseph en Egypte selon Douglas Petrovich

6 Décembre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète, #Otium cum dignitate, #Christianisme

Si vous avez lu mon livre sur les Nephilim, vous avez remarqué qu'on y parle, entre autre, d'archéologie, principalement babylonienne, mais on y parlait un peu aussi de l'Egypte, et j'y mettais en valeur les travaux impressionnants de l'américain Michael S. Heiser. L'heure est venue maintenant de présenter les recherches d'un autre historien Douglas Petrovich (Doug Petrovich). Je précise que mon propos n'est pas de dire s'il a raison ou s'il a tort, ou s'il faut partager toutes ses convictions (par exemple sur le créationnisme) ou seulement une partie. Je vous présente simplement ses travaux, ou ce que, pauvre Béotien, j'en comprends, et je réserve tout jugement pour plus tard (pour dans quelques années).

Un des intérêts immédiats pour moi est de m'aider à concevoir sur un mode plus concret, plus matériel, le rapport possible entre la culture proto-israélite et la culture égyptienne, même si un jour il pourra s'avérer que les interprétations de Petrovich à ce sujet étaient complètement fausse (cela dit il n' y a peut-être jamais de démenti définitif en matière d'archéologie, même laïque, lorsqu'il s'agit de périodes très reculées). C'est comme une béquille à l'imagination, non pas une béquille subjective qui peut partir dans tous les sens comme celle de ces ésotéristes qui finissent par nous faire arriver chez les "civilisations extra-terrestres", mais une béquille armée d'objectivité, puisque Petrovich, pourvu d'une formation de théologie a, comme Heiser, fait l'effort d'obtenir un doctorat d'histoire ancienne dans une université "laïque" et aujourd'hui fait l'effort d'intégrer des instruments rationnels à la confrontation avec les textes sacrés inspirés.

Je vais ici résumer le contenu des deux conférences ci-dessous qui portent sur la présence des patriarches de l'Ancien testament en Egypte : Jacob, Joseph, Manassé (Genèse 41:50) et Ephraim. Lorsque le sujet mérite quelques éclaircissements, je procèderai à quelques ajouts.

Jacob est mort en Egypte. Selon D. Petrovich il est arrivé à Avaris (Tell El-Dab'a, à l'entrée du delta du Nil en venant de Canaan) en 1876 av JC selon la chronologie biblique à l'époque de la grande famine de 7 ans. Il y est resté jusqu'en 1859, soit 17 ans (Genèse 47:11). En 1859, on est dans la phase de transition où le pharaon de la XIIe dynastie Sesostris III Khakaourê qui régnait depuis 1878 porte son fils Amenemhat III au statut de co-régent.

Dans les fouilles du site d'Avaris, la phase H (strate D2) est celle qui correspond à la XIIe dynastie. Elle est celle de la première occupation de peuples en provenance du Levant (Palestine-Phénicie).

Au nord d'Avaris (cf carte ci dessous) se trouve le temple d'Amenamhat Ier, fondateur de la dynastie, où les Hébreux construisirent une digue comme cela est indiqué dans la Bible.

Tandis que les Hébreux vivaient au sud-ouest (cf les zones explorées en noir).

Les tombes dans cette zone sont des superstructures élevées car la nappe phréatique relativement  superficielle empêchait d'enterrer les morts en profondeur. On a trouvé une maison d'architecture typiquement lévantine. C'est une maison tripartite avec quatre pièces qu'on retrouvera en Israël à partir de 950 av. JC - voir ici. D. Petrovich n'a aucun doute sur le fait qu'il s'agit de la maison du patriarche Jacob. Ce style architectural aurait été conservé pendant mille ans. L'historien envisage même d'explorer le véritable site de Béthel (il semble que les archéologues hésitent entre plusieurs sites) et espère y découvrir une maison de même plan, celle où vivait Jacob avant de venir en Egypte, ce qui pourrait tendre à prouver selon lui que les fondations retrouvées à Avaris sont bien celles de la nouvelle maison de Jacob.

Joseph a pris pour nom en Egypte Sasobek, "fils du dieu qui procure la prospérité du Nil" et aussi "Hohemhat Junior" ("Le roi des dieux est au premier rang" - ce qui correspond à la parole de Joseph dans Genèse 41:16 "ce n'est pas en moi"). Les deux noms auraient été contractés : Sobekemhat.

Le nom de Sobekemhat est connu par une mastaba trouvée à Dahchour (dans la vallée du Nil) où se trouvent plusieurs tombes de la XIIe dynastie, juste à côté de la pyramide de Sesostris III. Joseph a grandi en pays de Canaan au moment où régnait le pharaon de l'abondance Sesostris II (1897-1878) et sa fonction de vizir décrite dans la Bible peut avoir correspondu à la totalité du règne de Sesostris III.

On trouve sur la tombe de Sobekemhat le titre qui ne revient nulle part ailleurs dans les vestiges égyptiens de "contrôleur/commandant de tout le pays", ce qui est le titre que le pharaon donne à Joseph dans Genèse 41:41. Ce titre (encadré en vert ci dessous) n'a jamais été donné à aucune autorité égyptienne, c'est pourquoi les égyptologues se sont carrément abstenus de le traduire quand ils reproduisent toute la formule, en estimant que c'est une erreur de scribe. Le titre dans le rectangle rouge aussi correspond mot pour mot à ce que dit la Bible de l'autorité de Joseph.

Les Français qui ont découvert cette mastaba au début du XXe siècle, ont indiqué que le sarcophage a été enlevé. Or selon la Bible, son corps fut ramené en Canaan en 1446 av JC. Il a donc pu être enterré là à sa mort (en 1805 selon certaines datations) et amené près 350 ans plus tard en Terre Promise (min 36 de la première vidéo).

A la mort de Jacob, quand son fils Joseph lui amène ses deux fils Manassé et Ephraim (fils d'une mère égyptienne) pour les faire bénir par son père, Jacob dit dans la Bible que Dieu lui était apparu à Luz et lui avait dit que ces deux enfants nés en Egypte (de mère égyptienne) seraient à lui (Genèse 48-5), ce qui signifiait qu'il fallait égyptianiser la culture hébraïque.

Selon D. Petrovich,  les deux chambres retrouvées au dessus de la maison tripartite peuvent être celles de Manassé et Ephraim, qui se sont installés dans la maison de leur grand père à Avaris puis l'ont agrandie jusqu'à lui donner une dimension palatiale : la forme en rouge ci-dessous représente la maison tripartite originelle, les traits noirs ceux de l’agrandissement palatial (20 mn de la seconde vidéo).

Une autre preuve de l'implantation d'une culture proto-israélite à Avaris est, pour Doug Petrovich, le fait qu'on y ait retrouvé une hache à bec de canard (duckbill axe) typiquement cananéenne de cette période. On y a aussi trouvé (F/1-p/19 tombe  1) la sculpture d'une tête, dont la coiffure est typique du Levant de cette époque. Dans la même tombe un morceau de la statue d'un homme correspondant à l'épaule droite avec des restes de pigmentation rouge, noir et blanc, ce qui, selon la reconstitution d'un artiste, pouvait correspondre aux motifs ci-dessous et peut donner une idée de la tenue d'apparat des hommes de la famille de Joseph.

Sur le fragment de piédestal de la statuer figure le mot qui signifie en égyptien "encens" ce qui indique qu'elle a été faite en l'honneur d'un mort. L'égyptologue Dorothea Arnold a montré que le style de cette statue correspond exactement à celui des productions statuaires du règne d'Amenemhat III contemporain de Joseph (qui est mort après le règne de ce pharaon). Cela plaide dans le sens que la statue représente Jacob (mort en 1859 av JC) et non Joseph.

Ont été retrouvées dans le Sinaï (à Sarabit al-Khadim près d'une mine de turquoise) les premières lettres d'un alphabet qui est sémitique et conçu à partir des hiéroglyphes. Dans les années 1920, un égyptologue allemand a affirmé que c'était de l'hébreu. Il a été méprisé pour cela. Il est vrai que certaines de ses interprétations étaient fausses. D. Petrovich a examiné divers mots non élucidés jusqu'à comprendre toutes les lettres et les images qu'il y avait derrière. Fin 2016 il a publié "The World's oldest alphabet", qui lui a valu avant même sa publication, avant même d'avoir pu lire son argumentaire, une dénonciation par trois pontes (tout cela est cité dans le site Patterns of Evidence et le film du même nom). Une des inscriptions tardives de la série (Sinaï 361) mentionne Moïse (Mem-shin). Une de ces inscription sur des stèles, Sinaï 115 (qu'on date de 1842 av JC, année 18 du règne d'Amanemhat III), renvoie à la deuxième phase d'occupation cananéenne d'Avaris. On repère en haut à gauche une plume (cf ci dessous), à gauche de la plume une bouche, et au milieu une boîte non identifiée. Il y a aussi une sorte de sablier. Il a interrogé un spécialiste des langues sémitiques retraités, il a estimé que le sablier était un syllabique cananéen bien connu correspondant au son "oui". La boite est appartient au plus ancien alphabet. Le mot avec la plume est  "Itchenoui", mot par lequel les Lévantin se désignent (équivalent de Rétjénou quand il est vu par les Egyptiens). Un autre terme peut se traduire par "maison du dieu de la terre" soit Bethel, qui a pu marquer ces Lévantins qui s'identifiaient à cette ville. Cela ferait une référence à Israel plus ancienne que le mot "Israel" trouvé sur la stèle de Merenptah de 1219 av JC ou celui du piédestal de Berlin de 1446 av JC (la période de l'exode).

Si l'on regarde cette deuxième phase d'occupation asiatique d'Avaris (d/1), elle correspond à la vie de Manassé et Ephraim. Dans la nécropole au sud du complexe palatial (ou de la villa, puisqu'il n'y a pas de salle du trône) correspondant à cette période (F/1-m/18), plus précisément dans la tombe 3 la plus grande de celle de la zone, où furent découverts aussi des restes de moutons, chèvres et ânes, se trouvait la trace du principal occupant de la tombe, dont sa hache à lame étroite, qui est aussi cananéenne et non égyptienne, contre son fémur. La tombe comprend un bracelet en or, un bracelet en argent, un récipient en albâtre. Autant de signes de richesse. et surtout une bague dorée avec un scarabée en améthyste qui servait de sceau. Il est écrit dessus "the ruler of Retjenu Di-Sobek-em.hat", "le dirigeant de Rétjénou Di-Sobekemhat". Rétjénou est la région du Levant. L'inscription pourrait se lire comme le dirigeant "qui vient du Levant". Di-Sobekemhat veut dire qu'il a été nommé par Sobekemhat. Ce peut donc être la tombe d'Ephraim.

Si l'on se reporte à l'inscription égyptienne sur la stèle 112 du Sinaï (cf ci dessous), on y voit une scène représentant deux personnages, un intendant avec, sur un âne, son maître, "frère du chef de Rétjénou, Hebeded, qui est un participe passé:  "celui qui a été défavorisé".

Dans Genèse 48 quand Jacob bénit les deux fils de Joseph, il pose sa main droite sur le plus jeune Ephraim et lui accorde donc la priorité dans l'héritage. La même représentation sur la stèle 405 où les personnages portent un kilt qui évoque un lien avec la culture cananéenne fait figurer pour l'homme devant l'âne à la lance sur l'épaule (un personnage qui grandit d'une stèle à l'autre, comme un enfant), le nom de "Skm", qui se lit Shekam, mot qui figure dans Josué 17:2 en hébreu sous la forme de francisé de Sichem (Sekem en anglais), désignant un des fils de Manassé, ce qui est une raison de plus de penser que le "défavorisé" sur l'âne, qui fut chargé de gouverner cette petite ville du Sinaï est Manassé, et l'homme à la lance son fils.

 

Identifying Joseph and Early Hebrew. November 12, 2019

Conférence de 2017 : "Is There Evidence for Manessah and Ephraim in Egypt? "

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Au delà du naturisme... l'occultisme et l'unification planétaire

9 Octobre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Anthropologie du corps, #Généralités Nudité et Pudeur, #Histoire secrète, #Histoire des idées

Un prêtre dans une conférence du Club 44 sous le titre "La naturisme, un style de vie", le 17 avril 1980, le père Dominique Biondi, habitué de Montalivet,défend le naturisme, puis dit du bien de l'alchimie, du spiritisme, de la prière commune avec toutes les religions à travers le monde (dans l'esprit de ce que la Société de Théosophie et le Lucis Trust ont inspiré au niveau de l'ONU par exemple avec La Journée de la Terre), lâche, à la minute 1h20mn :"C'est comme une mission qui m'a été donnée, mais c'est une mission accessoire. J'ai parlé du naturisme ce soir parce que vous me l'avez demandé, mais il n'empêche que dans mon message naturiste je pense que vous avez compris qu'il y a autre chose et qu'il y a davantage dans ma tête que le fait de se mettre à poil dans un coin de plage, n'est-ce pas ?"

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