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Articles avec #histoire des idees tag

Fénelon et les visions de Mme Guyon

5 Juin 2019 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire des idées

J'ai fait allusion en mars dernier au quiétisme dans un billet à propos d'un prédicateur protestant provençal.  Le quiétisme est une doctrine mystique consistant en un itinéraire spirituel de « cheminement vers Dieu » caractérisée par une grande passivité spirituelle vis-à-vis de Dieu. Née en Espagne, elle fut relancée par Mme Guyon, laquelle fut condamnée par Bossuet (évêque de Meaux et aumônier à la cour de Versailles) et le pape tandis qu'il était reproché (à partir de 1695) à son ami Fénelon (évêque de Cambrai et précepteur des fils du roi) de ne pas condamner assez fermement le quiétisme. Celui de Mme Guyon avait pour particularité de défendre que tout un chacun, et non pas des natures élues, pouvait par l'oraison du coeur (par la méditation chrétienne ou par la lecture) entrer en union avec Dieu (ce qui n'est pas très éloigné des croyances du yoga, et des sagesses orientales, mais on voit bien quel potentiel luciférien cela recèle).

Comme le résumait l'écrivain Paul Janet au XIXe siècle, dans la méthode de Mme Guyon pour atteindre Dieu : "Il faut que les chrétiens apprennent cette vérité fondamentale que le royaume de Dieu est au dedans de nous. Qu'ils disent leur Pater en pensant que Dieu est au dedans d'eux. Après avoir prononcé ce mot de Père, qu'ils demeurent quelques moments en silence avec beaucoup de respect. Ils ne doivent point se surcharger d'une quantité excessive de Pater et de prières vocales. C'est là le premier degré de l'oraison; le second est l'oraison de simplicité Ou de repos. Aussitôt qu'on a senti un petit goût de la présence de Dieu, il faut en demeurer là sans passer outre; il faut souffler doucement le feu et, lorsqu'il est allumé, cesser de souffler. Il faut y porter un amour pur et sans intérêt. Il ne faut pas se tourmenter des sécheresses. On croit marquer mieux son amour en cherchant Dieu avec sa tête et à force d'actions. Non; il faut qu'avec une patience amoureuse, un regard abaissé et humilié, un silence respectueux, nous attendions le retour du bien-aimé. C'est ici que commence l'abandon ou donation de soi-même à Dieu. Il faut renoncer à toutes les inclinations particulières, quelque bonnes qu'elles paraissent pour se mettre dans l'indifférence, soit pour l'âme, soit pour le corps, soit pour les biens temporels et éternels."

C'était une version édulcorée de ce que l'espagnol Molinos, fondateur du premier quiétisme, avait prôné : l'abandon de toute réflexion, de toute oeuvre et de toute recherche du salut dans la réception passive de la volonté de Dieu, au point qu'on peut laisser son corps au démon sans que l'âme puisse en être atteinte.

Je lisais tantôt justement la réponse de Fénelon à Bossuet sur ce sujet ("Réponse de M. l'archevêque de Cambray [Fénelon] à l'écrit de M. l'évêque de Meaux, intitulé : "Relation sur le quiétisme" "). Il y explique longuement que Mme de Guyon avait toujours déployé une spiritualité irréprochable, au point que Bossuet lui-même n'avait cessé de lui administrer les sacrements après avoir obtenu sa rétractation sur certains points, et que par contre il n'avait jamais connu le fond véritable des visions de cette mystique.

"Madame Guyon, écrit-il, m'avoit dit plusieurs fois qu'elle avoit de temps en temps certaines impressIons mommentanées , qui lui paraissoient dans le moment même des communications extraordinaires de Dieu, & dont il ne lui restoit aucune trace le moment d'après , mais qui lui paraissaient alors au contraire comme des songes. Elle ajoutoit qu'elle ne savoit si c'étoit ou imagination , ou illusion , ou , vérité, qu'elle n'en faisoit aucun cas , que suivant la régie du bienheureux Jean de la Croix elle demeuroit dans la voie obscure de la pure foi , ne s'arrêtant jamais volontairement à aucune de ces choses , qu'elle croyoit que Dieu permettoit qu'on y fut trompé, dès qu'on s'y arrêtoit, & qu'elle n'en avoit jamais parlé ni écrit que pour obéir à son Directeur. La bonne opinion que j'avois de sa sincerité me fit croire qu'elle me parloit sincerement , & je crûs qu'elle pouvoit être tres fidelle à la grâce au mi.lieu même d'une illusion involontaire , à laquelle elle m'assuroit qu'elle n'adheroit point. Loin d'être curieux sur le détail de ces choses, je crûs que le meilleur pour elle étoit de les laisser tomber , sans y faire aucune attention. "

Il compare les visions de Mme Guyon à celles que Satan procura à Ste Catherine de Boulogne pendant trois ans en se déguisant en Jésus et en Marie, selon le catéchisme du P. Burin, ce à quoi ledit catéchisme prônait pour remède l'obéissance à la Sainte Eglise, qui est exactement le parti que Mme Guyon disait avoir pris.

Fénelon témoigne qu'en 1696 il lui fut reproché de n'avoir pas déclaré que Mme Guyon "était ou folle ou méchante puisqu'elle se croyait la pierre angulaire, la femme de l'Apocalypse & l'Epouse au dessus de la mère de Jésus-Christ, & qu'elle croyait former une petite Eglise", et qu'il avait alors répondu que Mme Guyon avait dû mal d'exprimer ou être mal comprise. En réalité ce genre d'extravagance figurait bien dans les manuscrits de la visionnaire, mais Fénelon n'avait pas pris la peine de les lire, et il retournait l'accusation à nouveau contre Bossuet en demandant pourquoi lui qui les avait lus avait continué à donner les sacrements à la mystique.

Selon Fénelon, c'est lui est qui est visé par la polémique et non Mme Guyon : "Une femme ignorante & sans credit par elle meme ne pouvoit faire serieusement peur à personne. Il n'y avoit qu'à la faire taire & qu'à l'obliger de se retirer dans quelque solitude éloignée où elle ne se mêlât point de diriger. Il n'y avoit qu'à supprimer ses livres , & tout étoit fini. C'étoit l'expedient que j'avois d'abord proposé ; mais on le regarda comme un tour artificieux pour sauver cette femme, & pour éviter qu'on ne découvrit le fonds de sa pretendue secte. J'étois déjà suspect & je le fus encore d'avantage : après avoir proposé cet avis. Madame Guyon n'êtoit rien toute seule. Mais c'étoit moi que M. de Meaux (Bossuet) craignoit. "

Fénelon dit s'être reporté aux ascètes anciens -  St Clément d'Alexandrie, St Grégoire de Nazianze - et plus récents comme Jan Van Ruysbroeck, Harphius, Jean Tauler, Ste Thérèse d'Avila, St Jean de la Croix, Balthazar Alvarez, St François de ales ou Madame de Chantal pour montrer qu'il y a souvent des bizarreries dans les visions des mystiques sans que cela en fasse forcément des hérétiques aux yeux de l'Eglise.

Pour Fénelon, le fond du problème est la méfiance de Bossuet à l'égard de la recherche de la béatitude en général qui, du coup, le met en porte à faux aussi avec l'enseignement de St Paul, et de beaucoup d'autres saints. Et d'ailleurs Bossuet lui-même reconnaît dans la controverse que c'est le point décisif.

Concernant la réception passive de la béatitude, Fénelon précise qu'on a exagéré sa position : "Quoi que j'eusse nommé les actes faits dans l'état passif des actes inspirés, je declarois que je n'entendois par cette inspiration que celle de la grâce gratifiante qui est plus forte dans les ames parfaites & passives que dans les imparfaites & actives."    

Il ajoute p. 36 qu'il existe un sens du livre indépendant de ce que son auteur a mis en lui (la distinction d'Umberto Eco entre intentio auctoris et intentio operis). Là distinction est d'importance, car l'enjeu est de savoir si Mme Guyon était digne d'être physiquement brûlée comme Jeanne d'Arc ou pas (la question est posée en toutes lettres) et si Bossuet ou Fénelon ont méconnu leur office de prélats en ayant une attitude trop ferme ou trop modérée sur cette question. Fénelon estime qu'il a eu raison de continuer à Mme Guyon de bons sentiments indépendamment du caractère odieux de ses textes.

Fénelon n'est pas équivoque dans sa condamnation du livre, mais il semble que Bossuet lui ait fait le reproche d'en soutenir certaines hérésies. Le débat tourne alors moins autour de ce que Mme Guyon écrivait que sur certains thèmes généraux auxquels son propos de rattache. A commencer par la question des savoir s'il faut, par moment, ne point trop rechercher la vertu pour ne pas en tirer d'orgueil en la considérant comme un bien qu'on peut acquérir indépendamment de la grâce divine. C'est une idée que Fénelon défend en se réclamant de St François de Sales et d'Alvarez. De même Fénelon croit qu'il faut aimer Dieu "de pure bienveillance... indépendamment du motif de la béatitude" (la béatitude surnaturelle que Dieu ne nous doit pas). Cela n'implique pas qu'il ait été le "Montan d'une nouvelle Priscille", car l'amour gratuit de Dieu est pour lui propre à tous les saints, et n'implique pas un renoncement au salut comme chez les quiétistes.

Ce fascicule est intéressant parce qu'il montre la monstruosité des expériences qui sous-tendent des doctrines erronées (surtout à une époque où les gens avaient facilement des visions - voyez mon billet sur Jacqueline-Aimée Brohon, et l'écho trois siècles plus tôt chez Constance de Rabastens), monstruosité qui n'interdit pas par elle-même l'accès institutionnel à la sainteté catholique comme le montre ce cas étonnant de Ste Catherine de Bologne convaincue elle-même d'avoir été trompée pendant trois ans par le diable...

L'affaire est intéressante aussi sur le rapport de l'intellectuel au visionnaire, l'impact des visions sur le débat rationnel. C'est un point important qu'on retrouve dans divers milieux spirituels. Beaucoup se demandent évidemment ce qu'il faut "faire" des visions des voyant(e)s dans le milieu New Age, dans le bouddhisme, mais aussi au sein du christianisme : dans le protestantisme que valent les vision du mage Swedenborg, ou celles aujourd'hui d'un Allan Rich ou de Sadhu Sundar Selvaraj ? Quid en milieu catholique de Soeur Catherine Emmerich ou de Marthe Robin ? Par delà la question d' "éprouver les Esprits" comme dit Saint Paul, il y a celle de la place à accorder aux charismes comme les dons de vision, ou les dons de guérison, à côté du débat d'idée proprement dit bordé par la valeur dogmatique des Saintes Ecritures. C'est une problématique qui est aussi très présente chez Gougenot des Mousseaux au XIXe siècle dont j'ai parlé sur ce blog en 2015.

La question de savoir comment appréhender les visionnaire (ou ceux qui ont des inspirations "bizarres"),, jusqu'à quel point il faut dissocier le discours qu'ils produisent de leur personnalité intime est aussi d'actualité.

Fénelon se montre dans cette affaire plus souple de caractère que Bossuet. C'est peut-être plus affaire de psychologie que de doctrine. Voltaire eut l'occasion de souligner plaisamment l'effet de contraste à ce sujet en disant que si Bossuet était "l'aigle de Meaux", Fénelon était "le cygne de Cambrai".

Mme de Maintenon, la favorite de Louis XIV,  a estimé que Dieu avait voulu humilier Fénelon qui avait trop confiance en son génie en le soumettant à l'épreuve de la controverse autour de Mme Guyon. Comme le rappelle Janet, la polémique était pourtant partie sur une base assez saine, Fénelon ayant lui-même incité Mme de Guyon à envoyer son manuscrit à Bossuet pour validation. Bossuet connaissait mal les mystiques. Des évêques avaient tenu en 1696 des conférences à Issy, pour poser les principes de l'Eglise sur les sujets controversé, Mme Guyon les avait acceptés et toute la difficulté est venue, selon Janet, de ce que les commissaires s'étaient engagés à publier, chacun de leur côté, un commentaire des articles votés. "C'est de cette promesse que sortirent les deux livres qu'a produits cette controverse : L' Introduction sur les états d'oraison, de Bossuet, et l'Explication des Maximes des Saints, de Fénelon. De là vint le mal. On voulut s'expliquer, et dès lors on ne s'entendit plus".

Le noeud du refus de Fénelon d'approuver l'ouvrage de Bossuet tient au fait qu'il trouvait que Bossuet allait trop loin dans sa proscription de la mysticité (c'est ce qu'on a vu plus haut sur la question de la béatitude).  

La retenue plaintive qu'on sent dans le texte de Fénelon n'aura pas atténué le fiel qui finit par se répandre et lui coûta finalement son siège d'archevêque (alors pourtant qu'au départ le pape lui était plus favorable qu'au très gallican Bossuet). Janet pense que Fénelon n'a jamais vraiment été intéressé par le quiétisme et que cela se sent dans le côté terne de son "Explication des Maximes des Saints" qui tranche avec la beauté de ses autres livres et avec le côté coloré des textes de Mme Guyon. Il avait eu le tort de ne pas suffisamment prévenir les égarements imaginaires de son amie mystique, mais il avait  eu raison ensuite de vouloir défendre sa thèse selon laquelle on doit aimer Dieu indépendamment de la recherche du salut (d'ailleurs le collège papal sur son compte rendit un jugement mitigé). Mais il avait abordé la question d'un point de vue trop "pur", pas assez pratique...

Comme le dit Janet, il faut avoir beaucoup de théologie pour savoir qui avait vraiment raison dans cette controverse. En tout cas le style de ce débat fait réfléchir. Il manifeste à la fois un côté très affectif parfaitement assumé - l'un et l'autre dans leurs échanges n'ont pas hésité à décrire leurs sentiments au vu et au su de tous, comme si cela cautionnait leur sincérité - et en même temps une sorte d'obligation de douceur et de bienveillance qui fait que chacun doit afficher ses bonnes intentions à l'égard de l'autre, et de l'avenir de la communauté chrétienne (l'Eglise, le royaume de France), et montrer en toute humilité que c'est l'autre qui verse dans l'excès et l'injustice sans jamais se laisser aller soi même à l'invective. Il s'agit là d'un impératif lié au catholicisme qui donne à la controverse une tonalité très différente du côté hargneux des débats intellectuels à partir du siècle des Lumières et jusqu'à nos jours. Il est vrai que les prélats étaient très proches, évoluant dans les mêmes cercles de pouvoir, dans les mêmes lieux, auprès des mêmes personnes, et partageant une culture commune. Cette proximité rend le niveau d'argumentation d'autant plus intéressant : ce n'est pas un dialogue de sourds, mais l'équivalent d'un dialogue intérieur qu'un chrétien pourrait avoir avec lui-même. Sur la forme on sent quand même une tension permanente entre le devoir d'humilité et de douceur qu'impose le christianisme et la "libido dominandi" qui résulte de l'habitus intellectuel de prouver qu'on est dans le vrai, d'autant que l'enjeu en termes de statut social est énorme.

A titre personnel j'en retire plutôt l'impression que la notion de "débat intellectuel chrétien" est une contradiction dans les termes. Pourtant elle était imposée aux protagonistes (Bossuet et Fénelon) par les autorités épiscopales elles-mêmes puisque leur débat a été porté jusque devant le pape. L'Eglise a besoin des débats pour clarifier ses idées, et pourtant ces débats sont totalement destructeurs. La même chose se constate dans le giron protestant - je pense au constat du catholique anglais Hilaire Belloc au début du Xe siècle sur l'émiettement des églises protestantes sur les questions dogmatiques qui lui faisait pronostiquer la fin prochaine de ce courant... Le christianisme a besoin du "logos" pour ne pas sombrer dans les égarements charismatiques, celui de l'intellect, mais pas de l'intellectualisme...

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La portée eschatologique du Wesak des théosophes

18 Mai 2019 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire des idées, #Histoire secrète

Dans mon livre sur les médiums je m'étais demandé d'où venait la popularité en Occident de la lune de Wesak. En fait, l'origine est à chercher du côté de la Théosophie. Voyez ce qu'en disait dans la revue Astrosophie de mai 1936 (une revue basée à Nice), p. 216, Florence Yoder Wilson (une occultiste spécialiste de la broderie et du costume, on reviendra un jour sur le rapport entre vêtement, mode et sorcellerie).

"Le mot Wesak est le nom d'un des mois du calendrier Bouddhiste, et c'est à la pleine lune de ce mois — selon la Tradition — que le Bouddha donne sa bénédiction à Ses disciples et Ses serviteurs sur Terre. Depuis trois ans, un mouvement occidental a travaillé (1) pour rendre spécialement importants la bénédiction de Wesak". La note de bas de page renvoie au Lucis Trust basé au 26 rue Beauséjour à Lausanne, il s'agit de l'ex Lucifer Trust d'Alice Bailey, disciple d'H. Blavatsky, qui est encore actif au sein de l'ONU aujourd'hui. 

Wilson expliquait que la vallée de Wesak était près de Shigatse au Tibet, dominée par l'Everest et que des milliers de pèlerins s'y rendaient en rang serré pour la pleine lune de mai-juin pour méditer et voir l'apparition de l'ombre de Bouddha.

L'occultiste François Brousse (1913-1995) a évoqué dans une conférence à Paris le 24 juin 1987 celle du 7 mai 1939 qui s'était tenue au niveau international pour éviter la seconde guerre mondiale (cf le livre "François Brousse, enlumineur des mondes" eds Danicel Productions de Jean-Pierre Wenger de 2005). Selon lui, elle aurait contribué à ce qu'il y ait une "drôle de guerre" (une guerre larvée) pendant quelques mois, et n'est pas pour rien dans la capitulation allemande le 7 mai 1945 à Reims. Brousse a affirmé que cette fête "est en réalité doublée d'un rassemblement d'initiés maîtrisant le dédoublement", elle est "la grande nuit divine qui célèbre l'anniversaire" de Bouddha.

Dans les années 2000, un partisan du Wesak sur Internet expliquait plus en détail l'inspiration de Bailey autour de cette fête :

"À l’époque où elle militait encore dans les rangs de l’Église anglicane en tant qu’évangéliste et où le Bouddhisme n’était encore considéré par l’immense majorité des Occidentaux que comme un culte païen et idolâtre, la grande Alice Bailey révéla un jour à son entourage qu’à deux reprises, à sept ans d’intervalle, elle avait participé en rêve à une étrange cérémonie. Les événements enregistrés dans sa mémoire étaient si nets et si précis et les détails chaque fois tellement identiques qu’il lui était impossible de ne voir dans la répétition de ces deux rêves qu’une simple réminiscence de son imaginaire. 

En lisant, vingt années plus tard, une description de la Fête du Wesak, elle réalisa que c’était bien là, dans cette petite vallée tibétaine en forme de bouteille, surmontée au nord par une large roche plate et enchâssée dans un écrin de hautes montagnes, qu’elle s’était rendue, participant par deux fois activement à la cérémonie, mais sans en garder la conscience à l’état de veille, ce qui veut dire qu’elle avait voyagé en état de dédoublement. 

Par la suite, il lui fut donné de rencontrer différentes personnes qui avaient fait exactement le même rêve, au cours duquel elles s’étaient elles-mêmes rendu dans la même vallée, y avaient rencontré les mêmes Êtres nimbés de Lumière et y avaient assisté à leur côté au même rituel à la fin duquel le Seigneur Bouddha se manifestait puis se matérialisait avant de transmettre sa bénédiction à tous les participants et bien au-delà, à l’ensemble des habitants de notre planète. On ne pouvait dès lors plus parler de « hasard » ni de « coïncidence ». Il y avait certainement là matière à témoigner de la réalité d’un fait, même si celui-ci s’était produit sur un autre plan de conscience. 

Et on connaît la suite… La cérémonie du Wesak est peu à peu devenue l’un des piliers de l’enseignement théosophique et par-delà, une grande Fête reconnue et célébrée par de très nombreux mouvements spirituels sur toute la surface de notre planète. "

Le premier Wesak occidental en public a été organisé à Turin en 1981 par Antonio Amerio, et la tradition se perpétue depuis lors dans cette ville.

Apparemment de nos jours c'est aussi une grande fête au Sri Lanka, comme dans les autres pays bouddhistes. Dans cette île certains bouddhistes locaux tentent même de convaincre les chrétiens d'y participer pour fusionner Bouddha et Jésus comme dans la théosophie.  En juin 2016, le cardinal Jean Louis Tauran alors président du conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux adressait pour la fête d'Wesak un message du Vatican (le pape venait de se rallier à la Cop21 avec les encouragements de divers grands financiers internationaux) aux bouddhistes du monde entier qui précisait : "Il est urgent que les adeptes de toutes les religions transcendent leurs frontières et s'unissent pour bâtir un ordre social écologiquement responsable fondé sur des valeurs partagées. Dans les pays où bouddhistes et chrétiens vivent et travaillent côte à côte, nous pouvons la durabilité de la planète par le biais de programmes éducatifs communs visant à sensibiliser davantage à l’environnement et à promouvoir des initiatives communes "

Selon un chrétien qui y aurait assisté, le directeur de la Maison de la Théosophie Bill Lambert dans un séminaire prophétique "Possible and probable events in the future" à Boston du 18 août 1991 (notes retranscrites en français ici) avait annoncé  que la combinaison de la fête de Wesak, de la fête de la Bonne volonté  et de Pâques permettrait de faire advenir le "nouvel ordre mondial", et admis que le pape catholique serait qualifié pour recevoir les "énergies christiques" de ce Nouvel ordre, ce qui, pour les adeptes d'une lecture littérale de la Bible, associe ces trois fêtes et le pape à la venue de l'Antéchrist.  Le Lucis Trust sur cette page  insiste en tout cas effectivement sur la combinaison de ces trois fêtes : Pâques (pleine lune du Bélier), la Fête de Wesak (à la pleine lune du Taureau) et la Fête de la Bonne Volonté (à la pleine lune des Gémeaux). Le 15 décembre 1999, lors de la 54ème conférence de l'Assemblée générale des Nations Unies, après avoir examiné l'ordre du jour 174 du programme, celle-ci, à l'initiative du Sri Lanka, a reconnu la  journée du Vesak/Wesak et prévu sa célébration annuelle à New York et dans ses bureaux régionaux. L'idée serait venue (mais comment est-elle née ?) du ministre des affaires étrangères srilankais de l'époque, Lakshman Kadirgamar. Celui-ci, avocat "progressiste", né dans une famille tamoule chrétienne selon Wikipedia (il fut assassiné par les Tigres de l'Elan Tamoul en 2005) avait été directeur du Bureau pour l'Asie et le Pacifique à l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI/WIPO) qui lui a récemment rendu hommage à Genève. En 2003 il avait été candidat au secrétariat général du Commonwealth. Son initiative est expliquée par son universalisme...

Cette année la Journée de Vesak/Wesak des Nations Unies (ONU) a débuté dans la province de Ha Nam, dans le nord du Vietnam, avec la participation de plus de 1 650 délégués internationaux venus de plus de 100 pays et régions.C'est la troisième fois que la commémoration de Vesak par l'ONU a lieu dans ce pays.

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La philosophie grecque du point de vue de l'eschatologie biblique

10 Avril 2019 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Philosophie, #Histoire des idées

Je m'interrogeais dans un billet d'hier sur l'intérêt du combat de St Jean de la Croix du point de vue de la science de la fin des temps.

On peut formuler la même question à propos de la philosophie grecque.

Beaucoup d'hérétiques en ce moment comme Jean-Marc Thobois ou Jacques Colant en France (ou les adventistes du 7e jour aux Etats-Unis) se plaisent à retraduire l'Evangile en hébreux (par là je ne veux pas dire que tout l'évangélisme est hérétique, mais celui qui opère cette régression hébraïsante à l'évidence l'est, d'autant qu'elle se place explicitement au service du projet antéchristique de construction du troisième temple). C'est un contre-sens. Si le Nouveau Testament est révélé en grec, cela faisait partie à l'évidence du plan de Dieu. On ne peut pas troquer une langue sacrée pour une autre sans déformer délibérément la nature-même de la révélation (ce qui est évidemment très grave).

J'approuve le philosophe américain E. Michael Jones quand il dit qu'il faut prendre très au sérieux le fait que St Jean présente le Christ comme le Logos de Dieu - Au principe était le Logos/verbe, et le Logos/verbe s'est fait chair - avec toute la charge philosophique que comprend ce terme (le logos est savoir, science et ordre).

L'héritage du geste de la philosophie grecque est explicitement assumé par St Paul dans les Actes des apôtres au moment de sa célèbre comparution devant un Aréopage d'Athènes pétri du souffle socratique (Actes 17:16-34). Le point le plus précis de cette acceptation de l'héritage se repère dans l'éloge que l'apôtre fait du culte rendu par les Athéniens au Dieu inconnu. On lit dans Plutarque et dans Dion Cassius que ce dieu a été introduit à Athènes par le crétois Epiménide, un des sept sages de la tradition hellénique, qui sauva Athènes de la peste à l'instigation de la Pythie de Delphes. Or Paul montre sa connaissance parfaite d'Epiménide dans l'Epitre à Tite où il cite l'aphorisme de ce sage "Tous les Crétois sont des menteurs" en présentant Epiménide comme un prophète (en usant exactement du même mot que pour les prophètes d'Israël). Epiménide est un prophète parce qu'il a annoncé le Dieu inconnu qui, révèle Paul, était en fait le Dieu d'Israël. Le missionnaire protestant Don Richardson a écrit des lignes inspirées à ce sujet.

Paul connaissait les philosophies grecques et l'on ne peut considérer comme un hasard le fait que Dieu ait choisi pour fonder l'Eglise chez les Gentils un Pharisien de la diaspora instruit et très au faite de la culture païenne puisqu'il a grandi dans une ville commerçante, Tarse, où de brillantes écoles philosophiques s'étaient développées.

Comme l'Eglise chrétienne l'a très tôt admis, cela ne pouvait faire prévaloir la philosophie grecque sur la révélation, mais incitait à y voir un avant-goût de cette révélation voire une source d'éclaircissement sur certains points obscurs.

Point toute la philosophie grecque du reste - c'est pourquoi j'ai parlé de son "geste". Il me semble que le stoïcisme a peu à voir avec le christianisme. Son idéal de maîtrise de soi ne lui est pas propre - il traverse peu ou prou toute la philosophie sauf chez les matérialistes, les sensualistes et les cyniques. En revanche sa foi en une sympathie universelle dans la recherche de l'unité naturelle ouvre la porte, comme le bouddhisme, à la communion avec les forces démoniaques. De même l'épicurisme qui, comme l'a montré Renée Koch-Piettre visait à créer aux marges de la société une sorte d'église nourrie du fantasme de la divinisation de soi-même, ce qui est, par essence, luciférien.

A n'en pas douter ce qui dans le geste philosophique annonce le mieux le christianisme c'est le platonisme. St Augustin disait que par Platon il a compris ce qu'était le monde spirituel, beaucoup mieux que par le manichéisme qui avait été sa passion initiale mais qui d'après lui ne permettait pas de saisir ce qu'est l'Esprit. Il est vrai qu'avec sa définition des Idées, le platonisme ouvre la voie à une recherche de la transcendance radicale, articulée à une raison compatible avec l'incarnation du Christ - l'événement de l'incarnation du Verbe vient valider a posteriori, sous certaines conditions (notamment celle de la soumission à ses commandements, et donc celle de l'humilité) la prétention de l'être humain à participer d'une raison divine.

Cela n'ôte rien à la validité de la prophétie d'Esaïe 55:8 "Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes voies ne sont pas vos voies" (car même en sa rationalité Dieu nous reste au moins en partie complètement inaccessible) mais interdit en tout cas, comme l'a noté E Michael Jones notamment, d'imaginer un Dieu qui n'obéirait pas à ses propres règles (sans en être cependant esclave) et un règne de la volonté qui vouerait le monde au chaos.

Reste la question de l'aristotélisme qui fait descendre la perfection du ciel des idées vers la finalité même des choses. Il y a sans doute des arguments théologiques pour s'en inspirer, mais je me méfie quand même quand on voit, comme le soulignait récemment un auteur, que les prémices de la scolastique musulmane ont jugé utile d'importer l'aristotélisme musulman à cause de ses succès dans des domaines aussi suspects que l'astrologie judiciaire...

En revanche je crois que de la philosophie moderne le christianisme, dans son positionnement devant les temps de la fin, n'a rien à retirer. Descartes est "inutile et incertain" comme disait Pascal. La subjectivisation de la réalité du monde par les empiristes et par Berkeley ou Kant est une hérésie. De même le panthéisme de Spinoza, l'immanentisme de Hegel qui reconnaissait lui-même sa dette à l'égard du médium Jakob Bohme, et toutes les philosophies de la volonté à partir du romantisme allemand et de Schopenhauer qui sont en réalité des formes de nihilisme. L'existentialisme est un luciférisme. Quant à la phénoménologie, quand je lisais il y a peu qu'un prélat avait dit que le pape Jean Paul II croyait en Medjugorje parce qu'il était phénoménologue, je me dis que dans ces conditions il vaut mieux ne jamais avoir lu Husserl...

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Saint Jean-de-la-Croix au cachot

9 Avril 2019 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire des idées

Les guerres d'extermination sont épouvantables. Dans un autre registre, les luttes fratricides le sont aussi, et même peut-être davantage. Les premières traduisent un refus de l'altérité, les secondes une passion de l'identité. Il faut que l'autre soit en tout point identique à soi-même, sans quoi il deviendra suspect. Et la haine prendra racine dans les plus infimes différences. En me penchant aujourd'hui sur l'histoire de Saint Jean-de-la-Croix, je découvrais cette histoire invraisemblable du mystique emprisonné pour neuf mois à Tolède, à partir de décembre 1577, non par des ennemis, mais par des rivaux : parce que lui était un carme déchaussé (il avait initié avec Ste Thérèse d'Avila cette réforme), et les carmes "mitigés" adeptes d'une règle moins rigoureuse, voulaient le faire rentrer dans leur rang, lui, et ses disciples d'Avila.

Ernest Razy au XIXe siècle décrivait en ces termes ses conditions de détention :

"Située à côté d'un lieu infect, la prison de Jean de la Croix était une étroite cellule dans laquelle il pouvait à peine faire quelques pas. Elle ne recevait qu'indirectement la lumière par un trou large de trois doigts, pratiqué tout en haut du mur et quiprenait le jour dans un corridor voisin, assez obscur lui-même. Pour dire son office, le prisonnier était obligé d'attendre qu'un rayon de soleil vînt un peu percer les ténèbres que la clarté ordinaire du jour était impuissante à dissiper. Lorsqu'il apercevait ce rayon si impatiemment attendu et qui lui semblait un sourire de Dieu, il montait bien vite sur un mauvais banc, qui composait tout son mobilier avec un lit formé de trois planches, et, grâce à ce marche-pied, il lui était possible d'entrevoir les caractères de son livre. Mais le soleil était-il caché par les nuages, il ne pouvait remplir ce pieux devoir.

Son geôlier, homme dur et sévère, lui donnait à peine de quoi manger et ne le faisait sortir que le vendredi, pour le conduire au réfectoire, à l'heure du repas des religieux. Là, on obligeait le patienta s'asseoir par terre, et lorsqu'il avait pris quelques bouchées de pain, trempé dans un peu d'eau, chaque frère lui donnait, successivement, la discipline, avec une telle violence, que longtemps après Jean de la Croix en portait encore les marques sur les épaules. Mais lui, adorant les desseins de Dieu, ne murmurait jamais et se consolait en pensant que le Sauveur du monde avait été aussi flagellé et qu'avant de mourir il avait subi des humiliations et des tourments de toute sorte."

On imagine que la peine est d'autant plus dure que le délit est inexistant, le saint n'ayant réformé le Carmel que dans l'espoir de plaire à Dieu. Et la cruauté de la sanction frappe d'autant plus qu'elle est infligée entre "frères chrétiens", et même des frères de la meilleure réputation, tous pétris des valeurs d'amour du prochain, tous convaincus de servir le même but. L'amateur de sciences humaines peut y trouver matière à méditation sur la folie de notre espèce. L'interrogateur de l'eschatologie que je suis récemment devenu peut s'interroger sur le sens de cet épisode.

A quoi cela a-t-il pu servir que ce saint fût enfermé dans ce cachot ? Et d'ailleurs à quoi cela a-t-il servi qu'il y eût cette scission parmi les carmes, et même qu'il y ait eu des carmes tout court car quelle est aujourd'hui, au seuil des temps de la fin, leur fonction en ce monde ? C'est sans doute la voix de mon ignorance qui parle ici. L'ignorance est injuste, mais elle a sa fraîcheur et donc sans doute son utilité.

Je n'ai pas une très haute estime de Sainte Thérèse de Lisieux depuis que j'ai vu une ancienne adepte de l'occultisme accompagnatrice de pèlerins à Medjugorje (cette imposture de Medjugorje) entretenir un commerce quasi-spirite avec elle (ou avec un démon qui l'imitait, il en va de même d'ailleurs du médium Henry Vignaud). Bien sûr ça ne veut rien dire, et certains médiums voient aussi Jésus, mais bon... A Lisieux il y a un hommage à certaines "fleurs du Carmel" comme Edith Stein morte en déportation, mais ces âmes nobles ne se seraient-elles pas tout autant épanouies dans un autre ordre religieux ? Concernant plus spécifiquement les carmes "déchaussés" enfants spirituels de St Jean de la Croix, on peut aussi penser au navigateur normand Pierre Berthelot alias Denis de la Nativité qui périt sous le glaive du sultan d'Achem, à Sumatra, en 1638 : lui aussi n'eût-il point eu un destin aussi glorieux dans un autre ordre ?

On dira que l'enfermement de St Jean-de-la-Croix lui permit d'écrire ses plus beaux poèmes mystiques. Mais à quoi nous servent ces belles envolées de l'âme si aujourd'hui elles sont citées comme de simples exemples de dépassement personnel de soi comparables à ceux des moines bouddhistes au yeux des jungiens, des "new-agers", des kabbalistes à la Arouna Lipschitz, bref toutes sortes de gens amis de la sorcellerie en qui le mystique castillan eût, du fin fond de son XVIe siècle, sans hésiter reconnu les pires ennemis de sa foi ?

Peut-être l'ardeur de St Jean-de-la Croix, comme celle de Ste Thérèse, eût-elle son utilité en son temps pour sauver beaucoup de couvents d'un grave corruption morale, et, par capillarité, beaucoup d'âmes dans les sociétés latines - en Espagne, en France, en Italie - ? Ce sont là des mystères que les historiens ne peuvent pas sonder.

Mais on est frappé de voir tout de même quelle absurdité entoure, du point de vue de notre époque, ce combat du saint castillan. Le militantisme d'Athanase d'Alexandrie contre l'arianisme près de 1 700 ans après fait encore sens aux yeux de beaucoup de lecteurs de notre époque, même pour des protestants qui lui reconnaissent d'avoir sauvé le christianisme de l'hérésie. De quoi le combat de St Jean-de-la-Croix au fond de son cachot a-t-il sauvé le christianisme ? S'il n'avait point défendu si âprement sa vision des choses, le monachisme catholique eût-il versé davantage dans les tendances idôlatres du petit peuple auprès desquelles les carmes "mitigés"persécuteurs du mystique se tenaient chaque jour ? L'univers de la papauté eût-il été alors moins bien armé dans la Contre-Réforme et les pays du Sud en eussent-ils glissé plus facilement vers le protestantisme ?

Mon goût pour l'histoire hypothétique ressurgit peut-être un peu trop facilement ici. Peut-être vient-il susciter inutilement la curiosité d'un intellect humain qui n'a de toute façon rien de pertinent à dire sur ce genre d'énigme. Agiter des idées autour de ce genre de sujet (qui est d'ailleurs un sujet fort grave car il touche aux plans ultimes du Créateur) est peut-être parfaitement imprudent et vain. Prenons donc alors les brèves considérations que je viens d'exposer comme de simples ballons d'essai, peut-être sans lendemain, nous verrons bien...

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Bossuet : Sermon sur la passion de notre Seigneur

5 Avril 2019 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire des idées

Il est fou de se dire que ce genre de propos était tenue devant la cour de Louis XIV, avec ses fastes, sa vanité et ses différents vices. Mais la société française à l'époque permettait que ce genre de choses soient dites au roi, et d'ailleurs la cour chrétienne de Louis XIV était sans doute plus disposée à les entendre que notre époque. Elle n'avait pas poussé le vice aussi loin que nos propres élites politiques aujourd'hui. Quand même il y a du mérite à lui avoir dit avec sincérité et inspiration ces choses, là, et dans une langue qui pour nous nous aide à voir sous d'autres lumières le message évangélique.

Quelques extraits d'un sermon que vous pouvez lire entier gratuitement ici.

"N'est ce pas que notre Sauveur savait que notre salut était dans son sang et que, pressé d'une ardeur immense de sauver nos âmes, il ne peut plus retenir ce sang, qui contient en soi notre vie bien plus que la sienne ?"

"C'est un prodige inouï qu'un Dieu persécute un Dieu, qu'un Dieu abandonne un Dieu ; qu'un Dieu délaissé se plaigne, et qu'un Dieu délaissant soit inexorable... Jetons nous donc, Chrétien, dans les horreurs salutaires du délaissement de Jésus ; comprenons ce que c'est que de délaisser Dieu et d'être délaissé de Dieu. Nos coeurs sont attachés à la créature ; elle y règne, elle en exclut Dieu ; c'est pour cela que cet outrage est extrême, puisque c'est pour le réparer que Jésus s'expose à porter pour nous le délaissement et le dédain de son propre Père".

"Tout se tourne en croix ; et premièrement les amis. Ou ils se détachent par intérêt, ou ils nous perdent par leurs tromperies, ou ils nous quittent par faiblesse, ou ils nous secourent à contretemps, selon leur humeur et non pas selon nos besoins ; et toujours ils nous accablent".

"Le perfide Judas nous fait voir la malignité de l'intérêt... C'est toujours l'intérêt qui fait les flatteurs ; et c'st pourquoi ce même Judas, que le démon de l'intérêt possède, s'abandonne pour la même raison à clui de la flatterie. Il salut Jésus, et il le trahit ; il l'appelle son maître, et il le vend ; il le baise, et il le livre à ses ennemis. C'est l'image parfaite du flatteur, qui n'applaudit à toute heure à celui qu'il nomme son ma^tre et son patron, que pour trafiquer de lui". 

"Pierre entreprend d'assister son maître, et il défend par le carnage celui qui ne voulait être défendu que par sa propre innocence. O Pierre ! voulez-vous soulager votre divin Maître, vous le pouvez par la douceur et par la soumission, par votre fidélité persévérante. O Pierre! vous ne le faites pas, Parce que ce secours n'est pas selon votre humeur; vous vous abandonnez au transport aveugle d'un zèle inconsidéré, vous frappez les ministres de la justice, et vous chargez de nouveaux soupçons ce Maître innocent qu'on traite déjà de séditieux. C'est ce que fait faire l'amitié du monde; elle veut se contenter elle-même et nous donner le secours qui est conforme à son humeur , et cependant elle nous dénie celui que demanderaient nos besoins."

"Je voulais encore vous représenter ce que font les indifférents ; et je vous dirai en un mot qu'entraînés par la fureur, qui est toujours la plus violente, ils prennent le parti des ennemis. Ainsi les Romains, que les promesses du Messie ne regardaient pas encore, à qui sa venue et son Evangile étaient alors indifférents, épousent la querelle des Juifs passionnés ; et c'est l'un des effets les plus remarquables de la malignité de l'esprit humain, qui, dans le temps où il est pour ainsi parler le plus balancé par l'indifférence, se laisse toujours gagner plus facilement par le penchant de la haine. Je n'ai pas assez de temps pour peser cette circonstance; mais je ne puis omettre en ce lieu ce que souffre le divin Sauveur par l'ambition et la politique du monde, pour expier les péchés que fait faire la politique. Toujours, si l'on n'y prend garde, elle condamne la vérité, elle affaiblit et corrompt malheureusement les meilleures intentions. Pilate nous le fait bien voir, en se laissant lâchement surprendre aux pièges que tendent les Juifs à son ambition tremblante.

Ces malheureux savent joindre si adroitement à leurs passions les intérêts de l'Etat, le nom et la majesté de César qui n'y pensait pas, que Pilate reconnaissant l'innocence et toujours prêt à l'absoudre, ne laisse pas néanmoins de la condamner. Oh! que la passion est hardie, quand elle peut prendre le prétexte du bien de l'Etat ! Oh ! que le nom du prince fait souvent des injustices et des violences qui feraient horreur à ses mains, et dont néanmoins quelquefois elles sont souillées, parce qu'elles les appuient ou du moins qu'elles négligent de les réprimer ! Dieu préserve de tels péchés le plus juste de tous les rois..."

"Admirons ici, chrétiens, en Pilate la honteuse et misérable faiblesse d'une vertu mondaine et politique. Pilate avait quelque probité et quelque justice. Il avait même quelque force et quelque vigueur. Il était capable de résister aux persuasions des pontifes et aux cris d'un peuple mutiné. Combien s'admire la vertu mondaine, quand elle peut se soutenir en de semblables rencontres ! Mais voyez que la vertu même, quelque forte qu'elle nous paroisse, n'est pas digne de porter ce nom, jusqu'à ce qu'elle soit capable de toute sorte d'épreuves. C'était beaucoup, ce semble, à Pilate d'avoir résisté à un tel concours et à une telle obstination de toute la nation judaïque, et d'avoir pénétré leur envie cachée malgré tous leurs beaux prétextes; mais parce qu'il n'est pas capable de soutenir le nom de César qui n'y pense pas et qu'on oppose mal à propos au devoir de sa conscience, tout l'amour de la justice lui est inutile; sa faiblesse a le même effet qu'aurait la malice ; elle lui fait flageller, elle lui fait condamner, elle lui fait crucifier l'innocence même ; ce qu'aurait pu faire de pis une iniquité déclarée, la crainte le fait entreprendre à un homme qui paraît juste. Telles sont les vertus du monde; elles se soutiennent vigoureusement jusqu'à ce qu'il s'agisse d'un grand intérêt, mais elles ne craignent point de se relâcher pour faire un coup d'importance. O vertus indignes d'un nom si auguste! ô vertus qui n'avez rien par-dessus les vices, qu'une faible et misérable apparence!

Qu'il me serait aisé, chrétiens, de vous faire voir en ce lieu que la plupart des vertus du monde sont des vertus de Pilate, c'est-à-dire un amour imparfait de la vérité et de la justice! On les estime, on en parle, on en veut savoir les devoirs, mais faiblement et nonchalamment. On demande à la façon de Pilate : « Qu'est-ce que la vérité?  » et aussitôt on se lève sans avoir reçu la réponse. C'est assez qu'on s'en soit enquis en passant et seulement pour la forme. Mais on ne veut pas pénétrer le fond. Ainsi l'on ignore la vérité, ou l'on ne la sait qu'à demi; et la savoir à demi, c'est pis que de l'ignorer tout entière, parce que cette connaissance imparfaite fait qu'on pense avoir accompli ce qui souvent n'est pas commencé."

"C'est, Messieurs, ce qu'il nous ordonne, et c'est la dernière partie de son testament. Quiconque veut avoir part à la grâce de ses douleurs, il doit en ressentir quelque impression. Car ne croyez pas qu'il ait tant souffert pour nous faire aller au ciel à notre aise et sans goûter l'amertume de sa passion. Il est vrai qu'il a soutenu le plus grand effort; mais il nous a laissé de moindres épreuves, et toutefois nécessaires pour entrer en conformité de son esprit et être honorés de sa ressemblance." (Philippiens 3:10)

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"Astrologie et religion au Moyen-Age" de Denis Labouré

22 Mars 2019 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire des idées, #Histoire secrète, #Christianisme, #Alchimie, #Notes de lecture

Un certain fondamentalisme chrétien, qui a eu des antécédents dans l’histoire, tend de nos jours à diaboliser l’astrologie comme pratique divinatoire occultiste. C’est une opinion que combat Denis Labouré, astrologue chrétien, titulaire d’un master de théologie qui, dans un récent essai historique très approfondi, propose une interrogation nouvelle sur l’articulation entre la «science» de la lecture des astres et la foi en la toute puissance divine.

Pour les Pères de l’Eglise, nous dit Denis Labouré, «le monde est un miroir dans lequel Dieu se fait contempler (…) chaque chose est un signe où Dieu se fait connaître à nous». Certes Ignace d’Antioche, Justin, Tertullien et Saint Augustin ont milité contre la divination par les astres, mais Isidore de Séville, en s’appuyant sur le précédent biblique des rois mages, a ouvert la voie à une astrologie qui, sans voir dans la position des étoiles et des planètes une cause de l’histoire humaine, l’analyse comme une série de signes que Dieu envoie aux hommes pour les éclairer sur leur condition.

Rien de mieux, pour convaincre le lecteur, que d’examiner dans une perspective historique, la période faste de l’astrologie chrétienne que l’auteur situe au Moyen-Age, plus précisément entre le XIIe et le XIVe siècles. Denis Labouré retrace précisément la généalogie de cette astrologie occidentale, à travers les auteurs indiens, babyloniens et perses. Il montre comment l’arabe Albumasar (787-886) synthétisa ces traditions et, par ses seuls travaux sur les astres, initia à l’aristotélisme de grands penseurs français ultérieurs comme Thierry de Chartres ou Guillaume de Conches.

La suite de l'article est ici.

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L'échec de la reconstruction du temple de Jérusalem par Julien l'Apostat

1 Mars 2019 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire des idées, #Histoire secrète, #Pythagore-Isis

Un épisode qui, selon beaucoup de catholiques, devrait servir de leçon aux Evangéliques qui aujourd'hui soutiennent le projet de construction du Troisième Temple à Jérusalem :

Au IVe siècle, après la conversion de l'empereur romain Constantin au christianisme, Julien l'Apostat son successeur renie son baptême, favorise le paganisme et s'enthousiasme pour la sorcellerie néo-platonicienne (héritière du pythagorisme). Ayant besoin d'argent pour partir à la conquête de la Perse (certains rapprochent cela de l'ardeur de Trump à attiser le conflit avec l'Iran), il s'allie aux Juifs avec qui il partage une haine commune du nom de Jésus-Christ et organise pour eux la reconstruction du temple de Salomon, ce qui signifierait la ruine des prophéties chrétiennes.

L'auteur arien Philostorge (370-430) écrit dans son Histoire ecclésiastique : « Julien s'étant proposé de confondre les oracles du Sauveur qui avait prédit la ruine de Jérusalem, et qu'il ne serait laissé pierre sur pierre etc. ; non-seulement il ne parvint pas a remplir son but, mais déplus il accomplit, contre son gré, ces prophéties immuables. Car, ayant rassemblé de toutes parts les juifs, leur ayant ouvert ses trésors, et fourni tout ce qui leur était nécessaire pour le rétablissement du temple, des prodiges effrayants envoyés du ciel, et inexplicables (à l'époque), étouffèrent ce dessein, troublèrent les juifs et les couvrirent de confusion. Les flammes consumèrent leurs ouvriers, des tremblements de terre comblèrent leurs travaux, et il n'en résulta que des malheurs. »

Dans Histoire de l'Eglise écrite par Socrate le Scolastique (380-450) on peut lire : "Comme il aimait les sacrifices, et qu'il se plaisait à voir couler le sang des victimes, Julien s'imaginait que ceux qui n'en répandaient point lui faisaient quelque sorte d'injure. N'en trouvant pas néanmoins plusieurs qui en voulurent répandre, il envoya quérir les Juifs , et leur demanda pourquoi ils n'offraient point de sacrifices puisque parla loi de Moïse il leur était commandé d'en offrir. Quand ils lui eurent répondu qu'il ne leur était permis d'en offrir qu'à Jerusalem , il leur commanda de rebâtir le Temple de Salomon, et partit pour aller contre les Perses. Les Juifs qui depuis longtemps ne souhaitaient rien avec une si forte passion que de rencontrer une occasion favorable de relever leur Temple pour offrir dedans des sacrifices, s'appliquèrent à cet ouvrage avec une ardeur incroyable , et commencèrent à s'élever insolemment contre les Chrétiens,et à les menacer de leur faire autant de mal, qu'ils en avaient autrefois souffert des Romains. L'Empereur ayant ordonné de tirer du trésor public l'argent nécessaire pour la dépense, le bois , les pierres, la chaux , et les autres matériaux furent prêts en très peu de temps. Alors Cyrille Evêque de Jerusalem se souvenant de la Prophétie de Daniel , qui a été confirmée par le Sauveur dans l'Evangile, dit en présence de plusieurs personnes : Qu'elle serait encore bientôt accomplie en ce nouveau Temple, et qu'il n'y demeurerait pas pierre sur pierre. Il y eut la nuit suivante un grand tremblement de terre, qui ébranla les fondements qui restaient de l'ancien Temple, les jeta en l'air avec les bâtiments d'alentour. Les Juifs en ayant été extraordinairement épouvantés, accoururent de toutes parts sur le lieu , et quand ils furent arrivés , ils virent un autre prodige. Ce fut un feu descendu du Ciel, qui consuma durant tout le jour les marteaux, les ciseaux , les scies, les haches, et tous les instruments des Ouvriers. Les Juifs reconnurent malgré eux la Divinité de Jésus-Christ ; mais au lieu de lui obéir, ils demeurèrent dans l'erreur dont ils étaient prévenus depuis si longtemps. Un troisième miracle qui arriva ensuite, ne fut pas capable de les attirer à la foi. Des Croix lumineuses parurent la nuit sur leurs habits, et lorsque le jour fut venu, ils ne purent jamais les effacer. Ils furent aveuglés , comme dit l'Apôtre, et jetèrent le bien qu'ils avoient entre les mains. Voila comment leur Temple fut ruiné, au lieu d'être rebâti. "

L'existence du tremblement de terre de la nuit du 18-19 mai 363 est admise par les historiens.

Notez que dans La Vérité du 18 août 1866 p. 102 un commentateur ajoutait "Nous ferons à ce sujet une réflexion qui nous semble d'une grande force ; c'est qu'avec le secours et la faveur que l'Empereur donnait, à cette entreprise, le temple aurait été infailliblement rebâti, sans les prodiges dont nous parlons. Il faut nécessairement que celle subversion miraculeuse ait eu lieu, puisque le temple n'a pas été rebâti. Un juif, Rabbi Gédaljah, assure que le temple entrepris à grands frais s'écroula, et que le jour suivant un grand feu venant du ciel en consuma les débris avec, une multitude innombrable de juifs.

Cet aveu des Rabbins est d'autant plus digne d'attention qu'il ne favorise point leurs intérêts. A coup sûr les écrivains juifs n'auront pas puisé un fait de cette nature dans les livres des chrétiens: ce sera donc dans leur propre tradition; et cela est d'autant plus digne de créance, que les juifs contemporains du fait ne le niaient pas; mais ils disconvenaient que ce lût un miracle ou une intervention spirituelle en faveur du christianisme. Ils aimaient mieux l'attribuer au courroux du ciel contre Julien, prince idolâtre, qui ne méritait pas, disaient-ils, l'honneur de rebâtir le temple du vrai Dieu, ou a leurs propres péchés qui les rendaient, indignes de cette consolation: sur quoi nous observerons que les hommes ne s'accusent guère d'une faute, que lorsqu'ils peuvent en tirer quelque avantage."

Julien trouva la mort dans sa guerre en Perse le 26 juin 363, un mois après le tremblement de terre.

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Le 68e anniversaire des Rose-Croix aux Etats-Unis (1916)

23 Février 2019 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète, #Histoire des idées

Article rédigé par Grace K. Morey, secrétaire du Rose Cross Sacred College, paru dans le "Buffalo Express" du 16 juillet 1916 et repris dans "Fundamental Laws, A report of the 68th Convocation of the Rose Cross Order" (Lois fondamentales, un rapport sur la 68e convocation de l'Ordre de la Rose-Croix).

Anciens mystères d'Egypte donnés dans une initiation ou trois degrés

Sous l’autorité de l’Ordre des Rose-Croix fondé en Amérique en 1858, des représentants éminents de l’Ordre ont été réunis dans le conclave le plus remarquable tenu au cours des 5 000 dernières années, dont la publication des archives est maintenant ouverte à tous, la connexion de l’Egypte et ses siècles de vraie religion, de puissance et de gloire, avec le sceau mystique des États-Unis, dont le symbolisme héraldique qui proclame le puissant destin de l'Amérique, n'était jusqu'à présent connu que par un nombre limité de personnes.

À "Beverly Hall", dans la magnifique vallée de Tohickon, à environ six kilomètres de la ville de Quakertown, des hommes et des femmes de tous les rangs et de toutes les régions du monde, des hauts maçons et des membres de l’Eastern Star (la Croix d’Orient), des médecins et des enseignants, des écrivains et des membres de toutes les confessions, y compris l'hébraïque, se sont tous réunis à l'appel du Grand Maître de l'Ordre de la Rose-Croix pour la soixante-huitième convocation.

Il y a quelques années, R. Swinburne Clymer, auteur de la Philosophie du feu, de La maçonnerie orientale mystique ancienne, des Rosicruciens, leurs enseignements, des mystères d'Osiris, de la Science de l'âme et de l'immortalité, et de plus de trente autres livres, acheta une étendue montagneuse de terres et y fit construire "Beverly Hall", une salle de réunion, des salles de presse, des bibliothèques et un laboratoire de chimie qui, entourés de vergers, de vignes et de roseraies, aménagés en pelouses en terrasses, constituent avec leur chenil de Collies et leurs poulaillers une splendide combinaison de beau et pratique.

A cela s’ajoute la mystique, car dans une étendue isolée et boisée de cinquante acres de cette terre; un lac artificiel a été créé à partir d'un ruisseau de montagne, une salle du trône a été érigée et d'autres améliorations ont été apportées qui seraient nécessaires pour l'initiation des néophytes dans les mystères égyptiens.

La Convocation a été ouverte le 1er juin dans la salle de l'Assemblée, construite à cet effet il y a plus de cinq ans, et une série de conférences sur des sujets aussi bien mystiques que pratiques a commencé et s'est poursuivie jusqu'à la clôture de la convocation. Les délégués et les enseignants ont présenté les conférences, qui ont été suivies de discussions sur les sujets suivants: eugénisme, maternité scientifique, code d'éthique pour les écoles et la maison, christianisme spirituel, hygiène personnelle, alimentation et santé, péché, autorité et individualité, échelle de Jacob, Initiation, réincarnation, développement de l'âme, la seconde venue du Christ et la signification mystique du sceau des États-Unis.

À l'époque de Salomon comme à l'époque de la prêtrise égyptienne, aucune cérémonie n'avait jamais lieu, sans que le cercle de Salomon, communément appelé le sceau sacré de Salomon, ait été préalablement préparé, mais depuis la chute de l'Égypte et du temple de Salomon, ce sceau est pratiquement inconnu, à l'exception d'un nombre limité d'étudiants de religions anciennes et de mystères.

Au cours de la première semaine de juin, dans le bosquet spécialement préparé pour la mise en scène des anciens mystères d’Osiris, le sceau de Salomon, souvent appelé le cercle magique, fut spécialement constitué. Le 11 juin, le cercle magique fut inauguré en la présence des délégués de l'ordre de la Rose-Croix, dont certains étaient originaires d'Allemagne, d'Angleterre et de Russie. C’était conforme au système tel qu'il était pratiqué par les anciens prêtres d'Égypte et le Sanhédrin du temple de Salomon.

Dans la nuit du 13 juin, la première partie de la classe, y compris celles de l'Ordre prenant part à l'Initiation, s'est assemblée dans le bosquet d'Osiris éclairé à l'électricité d'une centrale électrique spécialement préparée à cet effet, et l'initiation des anciens mystères d'Egypte en trois degrés et six scènes.

Tous les étudiants des mystères et des religions antiques savent qu'il existe trois temples dans le temple de Salomon, le tribunal extérieur du peuple étant composé de sept cents enseignants et dirigeants choisis. C'étaient des membres du Premier degré, des Illuminati, appelés aussi chercheurs, voyageurs ou soldats. La cour intermédiaire, ou membres du second degré, étaient au nombre de soixante-dix et étaient supposés se trouver dans la salle de méditation et jouer le rôle de médiateurs entre le peuple et le sanctuaire intérieur. Tout d’abord, il y avait la cour intérieure ou le cercle des sept prêtres et le maître ou grand prêtre, qui étaient les maîtres entre Dieu et l'homme, les médiateurs entre le visible et l'invisible.

Dans les Mystères égyptiens, la première cour était composée de la jeunesse royale d'Égypte et d'étudiants de pays étrangers désirant entrer dans le temple et le sacerdoce, et ceux-ci étaient souvent appelés, au cours de la probation, les "Soldats du sacerdoce". "comme il était de leur devoir tout en subissant la formation préliminaire et les tests nécessaires pour garder la prêtrise et son travail jusqu'à la mort.

La seconde classe correspondant au second degré était celle des personnes ayant réussi cette épreuve et qui se trouvaient dans la salle de méditation et de purification en préparation des premiers vœux, et à la dédicace du corps, de l'esprit, de l'âme et de l'esprit à Dieu et aux service de l'humanité.

La troisième classe appelée Le Troisième Degré était ceux qui avaient passé avec crédit les tests du premier degré, la purification du deuxième, ainsi que les divers stades de développement requis de tous les étudiants des salles de méditation.

Au troisième degré royal, qui eut  lieu dans le temple, le néophyte reçut  la dernière instruction. Après cela, vint le dernier test de la belle cérémonie de la mort de l’ancienne vie, de l’abandon du corps et de ses tentations et de l’élévation du corps assassiné d’Osiris ou corps spirituel, par sa fidèle épouse Isis, l’Ame, avec l’Illumination finale.

Le 15 juin, la première section des représentants quitta "Beverly Hall" pour leurs domiciles respectifs et la deuxième section commença à arriver pour les conférences préparatoires. Le 19 juin, les cérémonies furent répétées afin que tous puissent assister à la conférence. Initiation et y participer afin de devenir membre.

Aussi loin que l’on puisse l’apprendre par le voyage ou par l’histoire, jamais depuis la chute de l’Égypte et de sa prêtrise et la chute du temple de Salomon, n’a-t-on jamais vu réunis un bosquet, un lac pour représenter le Nil, un cercle magique ou Temple préparé, on ne croit pas non plus qu’il existe aujourd’hui un tel cercle dans le monde.

Stonehenge des druides d’Angleterre se trouve tout près de là. Leurs descendants se rendent chaque année à une certaine heure pour saluer le soleil et renouveler leurs voeux.

C’est la première fois depuis 5 000 ans qu’un Ordre tente de construire cet emblème sacré sous un chêne imposant, afin que les peuples de la civilisation moderne puissent être témoins des beautés de la vie et de la religion du peuple antique, dont les enseignements développement individuel de l'âme, fait la gloire de l'Égypte, les rêves perdus de tout Israël, les enseignements des mages de Perse, tout ce qui était vrai en Inde, la splendide philosophie de la Grèce, la magnificence des premiers Romains, les fondamentaux des grandes écoles de l'Irlande pré-chrétienne, ainsi que les légendes bien connues du saint Graal des Bretons, des Celtes et des Gaulois. C'est dans cette lumière de la Fraternité de l'homme et de la Paternité de Dieu que cette grande République fut fondée, annoncée par Virgile, sur le sceau de laquelle est placée la pyramide égyptienne, complétée par la pierre blanche de purification spirituelle, couronne des siècles.

La constellation américaine de treize étoiles en forme de double triangle a été prédite par Merlin à la cour du roi Arthur, et la philosophie du Saint Graal et de la gloire de l'Egypte et du temple de Salomon a été l'étoile du jour de chaque grand homme d'État américain de Washington à Abraham Lincoln.

Après les cérémonies dans le bosquet, il fut donné dans la salle à manger de "Beverly Hall" à minuit un "festin des dieux" où ni viande ni épices ne faisaient partie du menu, mais uniquement des fruits, des noix et d'autres aliments embrassés par le soleil.

Les cérémonies déroulèrent au lever du soleil dans les bois avec un service de communion musicale, dans lequel un nectar de roses, issu des trente mille roses qui fleurissaient chaque mois de juin sur les pelouses de "Beverly Hall", était servi comme emblème du vin de l'âme, et pour ce service, les rosiers avaient été plantés il y a plusieurs années.

J'espère que tous les lecteurs de ce livre auront assisté à la préparation, à la construction et à la dédicace de ce cercle magique antique. Ou bien, j'aimerais pouvoir donner une description détaillée de ces cérémonies sublimes dans ce livre. Cependant, je ne peux pas le faire ici, bien que j'espère pouvoir le faire ultérieurement. Qu'il suffise de dire que lorsque la pierre, faite ciment de l'un des frères, fut presque terminée, la dédicace eut lieu et les emblèmes placés dans la pierre elle-même avant qu'elle ne soit achevée étaient les suivants:

L'American Beauty Rose, la rose de beauté américaine, en pleine floraison. C’était la représentation ou le symbole de l'âme qui a atteint la pleine illumination.

La bague mystique. C’était une bague en or massif, appartenant à l’un des membres présents, sur laquelle avaient été gravés la croix et le pentagramme. Tous les membres des mages sauront ce que ce symbole représente. La bague elle-même, comme le savent les mages, est un agent de protection contre toutes influences néfastes ou malignes lorsqu’elle est portée pendant un travail cérémonial ou en développement.

Le vrai miroir magique. Il s’agit d’un emblème de l’âme qui, une fois pleinement développé, servira de miroir à l’univers dans lequel peuvent se trouver la sagesse et la vérité.

Enfin, une copie complète du manuel privé "Ritualistic Occultism", qui contient les cérémonies utilisées par les mages, et quatre de ces cérémonies ont été utilisées par quatre mages pour la dédicace du cercle magique. .

Quand tout cela eut eu lieu, la pierre fut achevée et plus tard dans la journée, les personnages furent gravés sur la pierre par le frère qui l'avait complétée.

Du "festin aux dieux" de minuit et des offices du matin qui ont eu lieu dans le bosquet, il m'est interdit de parler à ce moment-là, mais je prie sincèrement que tous ceux qui sont inscrits dans les écoles sacrées puissent un jour soyez présents avec nous et assistez à ces cérémonies sublimes, d'autant plus qu'elles se déroulent au printemps de l'année.

Les délégués présents ont pris des dispositions, par le biais de contributions volontaires, soit pour acheter un autre grand bosquet, soit, si cela n’était pas réalisable, pour construire une salle beaucoup plus grande dans le "Bosquet d’Osiris", de sorte que des cérémonies plus élaborées puissent avoir lieu le printemps prochain. la 69ème convocation de l'ordre de Rose Croix. "

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Philosophie et cannibalisme

3 Octobre 2018 , Rédigé par CC Publié dans #Philosophie, #Anthropologie du corps, #Histoire des idées, #Christianisme, #Médiums

Le célèbre historien Peter Green note dans son "D'Alexandre à Actium" (p. 673) que Diogène prêchait, entre autres, la communauté des femmes et des enfants, la légitimité de l'inceste, et... le cannibalisme. Green avec sa désinvolture anglaise habituelle ajoute : à propos de cette idée qu'il pourrait s'agir d' "une Modeste proposition* avant l'heure" en référence à un pamphlet de Swift. Un peu plus loin p. 703 Peter Green note qu'on trouve la même chose chez  Chrysippe et les stoïciens.

Le système académique relativise ce genre de chose, le tourne en dérision. Mais tout chrétien sait ou doit savoir que la pulsion cannibale et celle qui conduit au sacrifice humain est réelle dans le paganisme, même chez les plus fins lettrés et qu'elle est mue par un démon (à propos des démons, voyez mon expérience dans le livre publié chez L'Harmattan "Les médiums").

Pourquoi croyez vous donc que le philosophe athée Richard Dawkins du jour au lendemain en mars 2018, se met à publier un tweet dans lequel il dit qu'il a hâte que l'humanité dépasse le tabou du cannibalisme ? Beaucoup ont remarqué que sa remarque ne correspondait à aucune nécessité rationnelle de la réflexion sur l'évolution darwinienne. Elle était purement pulsionnelle, purement démoniaque, comme tant de partis pris de philosophes soi-disant rationalistes.

C'est une stratégie des forces des ténèbres que de nous faire croire qu'il ne s'agit là que d'humour, de provocation, de fantasmes innocent. Il s'agit d'en banaliser progressivement l'idée avant que d'en banaliser la pratique. Et le rationalisme athée est le meilleur moyen de laisser ces forces avancer masquées dans l'indifférence générale. Ainsi elles feront du cannibalisme un attribut du règne de l'Antéchrist au même titre que la magie, le spiritisme, la divination, et tout ce qui est décrit comme une abomination par la Bible (toutes ces choses d'ailleurs son liées, et le cannibalisme rituel produit des effets magiques lucifériens sur les rapports entre les gens, tout comme il produit la maladie de kuru). Et la philosophie aura servi de paravent à cela, comme la pop culture et tant d'autres créations moins "nobles" en apparence.

On nous ment sur le rationalisme et le paganisme. Quand le professeur au Collège de France, Paul Veyne, lui aussi athée, disait que la morale païenne et celle des chrétiens avaient fini par se ressembler au temps des Antonins à Rome, pourquoi ne nous parle-t-il pas de ce passage du roman alexandrin à succès de l'époque, Leucippé et Clitophon, où l'on voit des prêtres égyptiens arracher le cœur de l'héroïne pour le manger ? Est-ce un signe du rapprochement avec la morale chrétienne ?

Si rapprochement il y a eu, le chrétien a des raisons de croire que c'est à cause de l'influence du message évangélique que les néo-platoniciens avaient intérêt à imiter pour ne pas tout à fait perdre de contrôle les masses de plus en plus séduites par la rigueur du message christique. Quand Jésus-Christ a été crucifié, l'empereur au pouvoir Tibère, était, si l'on en croit Suétone, un pédophile qui donnait son pénis à "têter" à des enfants, et dont la cruauté était digne de la brutalité des jeux du cirque, même si des historiens comme Catherine Salles pour plaire au système où elle évolue a pondu un livre édulcorant les vices de ce tyran - car bien sûr dans l'historiographie athée contemporaine il faut toujours réhabiliter tout ce que le christianisme a diabolisé. Faire de l'histoire hypothétique est toujours risqué, mais le chrétien a le droit de croire que sans la résurrection de Jésus l'empire romain aurait versé à la longue dans le même cannibalisme terroriste que l'Empire aztèque, et, de toute façon, il n'en était déjà pas loin puisque les rituels que décrit le roman Leucippé et Clitophon se pratiquaient à l'abri des regards dans les religions à mystères. Sans le christianisme, la philosophie païenne par elle-même n'aurait pas eu les moyens de s'y opposer, puisque le néo-platonisme était rempli de fascination pour le mysticisme égyptien (voyez par exemple cela chez Porphyre).

N'en doutons pas : maintenant que le monde se déchristianise à tout va (même si les statistiques à ce sujet dissimulent l'ampleur du phénomène du fait de l'influence des églises apostates), on ne va pas tarder à voir le cannibalisme (déjà présent dans les sociétés secrètes comme il l'était à l'époque romaine) refaire surface au grand jour dans la philosophie comme dans la culture populaire. Les déclarations de Richard Dawkins sur ce thème ne sont qu'un signe avant-coureur.

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Le comte Léonce de Larmandie

23 Septembre 2018 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire des idées, #Pythagore-Isis, #Christianisme, #Alchimie, #Médiums

J'entendais il y a peu sur You Tube l'hermétiste Denis Labouré faire l'éloge du comte Léonce de Larmandie. J'ai lu ce matin sur Gallica son "Eôraka / notes sur l'ésotérisme par un templier" de 1891. Il est prêt à dialoguer avec tous et tout le monde, de Swedeborg à Blavatsky, trouve beaucoup de similitudes entres bouddhisme et christianisme, et du mérite dans toutes spiritualiéts. Il y a beaucoup d'approximations dans ses textes, comme j'en avais trouvées aussi chez Papus et chez Rozier.

Je ne pense pas que cet hermétisme là soit la "seconde chance" du christianisme comme certains l'ont cru à la Renaissance ou sous la IIIe République, ni qu'il soit le moyen de liquider la religion thélémique, antéchristique, qui a pris le pouvoir chez nos élites depuis 50 ans. Larmandie était le bras droit du Sar Peladan, et celui-ci fut des décennies après sa mort, dans les années 60, l'inspirateur de l'UFO Club, creuset de la pop culture londonienne qui a infesté culturellement (avec peut-être la soul américaine d'où naquit le rock) toute la fin du XXe siècle et le début du XXIe. C'est tout dire. Cette voie spirituelle me paraît condamnée.

Larmandie dans son livre se penche beaucoup sur les phénomènes spirites, la médiumnité. Je crois qu'il ne faut pas se complaire là-dedans. C'est le meilleur moyen d'attirer des démons. Orgueil, irrationalité et démesure se greffent toujours sur ces sujets d'étude, et cela ne mène nulle part. En août, une certaine Jessica Blum m'avait contacté pour que je parle sur mon blog des "Nuits du chasseur" qu'elle et ses amies organisaient dans des lieux hantés. J'ai refusé. J'ai croisé suffisamment de gens qui avaient des problèmes avec le paranormal (notamment dans les milieux des masseuses et des soins divers à la personne) pour ne pas vouloir encourager quiconque à enquêter sur ces voies là.

En tout cas si vous visitez la Dordogne, évitez le château de la Sudrie, demeure familiale des de Larmandie. Le comte de Larmandie y fut victime d'un Poltergeist le 31 août 1869.

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#JeSuisCute et la sorcellerie

3 Août 2018 , Rédigé par CC Publié dans #Médiums, #Nudité-Pudeur en Europe, #Anthropologie du corps, #Christianisme, #Histoire des idées, #Pythagore-Isis, #Shivaïsme yoga tantrisme, #Histoire secrète, #Généralités Nudité et Pudeur

Une certaine Laetitia Reboulleau qui travaille pour la multinationale Yahoo a trouvé récemment une doctorante, Ludivine Demol de Paris VIII, pour dire du bien du dernier hashtag à la mode #JeSuisCute (Je suis mignonne) sous lequel des jeunes femmes s'affichent en tenue légère pour défendre l' "empowerment" féminin contre les harceleurs. Le média américain pro-Clinton Huffington Post dans sa version française dans la même veine apologétique préfère n'interviewer que des militantes.

Pour ma part je vois ce mouvement un peu différemment de ces médias. J'essaie d'en comprendre l'inspiration spirituelle en examinant son imaginaire et celui des témoins qui y participent.

Quand le cuisinier occultiste Antony Bourdain est mort en Alsace, en juin dernier, Amber Tamblyn, contributrice du New-York Times postait, en défense de sa petite amie Asia Argento, fille d'un réalisateur de films d'épouvante satanistes, sur Twitter  : "Sorcières, s'il vous plaît préparez les plus forts sortilèges de protection pour notre soeur Asia Argento. S'il vous plaît portez la avec tout l'amour et toute la lumière que votre force de conjuration est capable de projeter #AnthonyBourdain" ( “Witches: please prepare the strongest protection spell you have for our sister Asia Argento today. Please lift her up with all the love and light your conjuring is capable of casting. #AnthonyBourdain.") Tout un programme (en harmonie avec les posts d'Argento qui par exemple en 2013 promouvait sur son compte le grimoire rosicrucien Magia Rossa - Magie rouge - et se qualifiait elle-même de "sorcière rouge"). Rose Mc Gowan leader du #MeToo  prenait aussi la défense d'Argento. Une petite recherche sur Rose McGowan permettait de rattacher celle-ci aussi à l'univers de la sorcellerie. Elle avait écrit sur son compte Instagram du 16 octobre 2017 : "Je suis une sorcière, et je veux hanter les malfaisants. A Hollywood, au gouvernement, dans les affaires. Arrêtez de nous faire du mal ou il y aura des conséquences" ( "I'm a witch. And I will hunt wrongdoers. In Hollywood, in government, in business. Stop hurting us or there will be consequences"). Rose McGowan a joué la sorcière dans Conan le Barbare et dans Charmed, tout comme Asia Argento a joué des rôles de femmes possédées (comme dans Mothers of Tears en 2008). Elle a été la petite amie du sataniste Marilyn Manson de 1997 à 2000 aux côtés de qui elle a tourné dans un film de 2004. Voilà qui plaçait le mouvement "Me Too", co-dirigé par Argento et McGowan sous les auspices étranges de la sorcellerie...

On retrouve la même tonalité sous le hashtag français  #JeSuisCute lancé par la modèle nue militante Manny Koshka. Dans l'article de Reboulleau (au demeurant illustré par un modèle dont le tatouage au bras représente la divinité indienne Ganesh avec le troisième oeil frontal ouvert, celui qui voit les démons), figure, parmi les soutiens au mouvement une performeuse de burlesque... Tout le burlesque des années 2000 est sous le haut patronage moral de Dita Von Teese, qui a épousé Marilyn Manson en 2005 (on n'épouse pas un prêtre autoproclamé de la Church of Satan par hasard, et on ne se montre pas par hasard sur des photos en cachant un oeil...). Cette auvergnate sur Twitter avec ses multiples tatouages, adepte de la religion sorcière wiccane (une religion néo-païenne influencée par le satanisme du mage Aleister Crowley) qui parle publiquement de sa cérémonie de handfasting le 1er juillet, a un accident avec la nouvelle moto qu'elle a achetée et se coince le cou après avoir fait l'apologie du yoga (ah ! l'ouverture des chakras !).

Pour faire l'apologie de ce hashtag, on trouve aussi sur Twitter des féministes aux pseudos qui flirtent (soi disant sur un mode humoristique, c'est toujours l'alibi) avec l'occultisme comme l'employée de librairie "Succube", laquelle affiche à longueur de journées (on peut donc le reprendre puisqu'elle le rend public), sa révolte intérieure, son imaginaire Disney-DeMolay, raconte comment elle s'est cognée avec son propre téléphone (je ne sais pas ce que cela signifie dans le monde des esprits) et  poste - là encore c'est peut-être censé être de l'humour, mais ça révèle un certain état d'esprit -, le 27 juillet deux jours après avoir été larguée par son copain : "J’envisage un rituel vaudou, pour que le problème se règle tout seul dans la nuit ", ou encore une militante au nom de dieu égyptien, anarcho-communiste qui retweetait le 31 juillet des messages critiquant les "shitstorms sur la sorcellerie" hostiles aux guérisseurs dans les villages...

Je ne mets pas en cause tous ces gens qui, sous pseudo, dévoilent à tous leur vie privée, dans le but de leur nuire, mais je les cite seulement suivant la méthode classique en sociologie comme des exemples pour montrer aux lecteurs à quels courants culturels (et donc d'une certaine façon cultuels, même si eux-mêmes n'en sont pas forcément conscients) leur engagement se rattache (pour en savoir plus voir mon live "Les Médiums" publié chez L'Harmattan en 2017).

Sur un plan spirituel le nouveau hashtag est donc très lié lui aussi à la sorcellerie, laquelle, dans la religion wiccane, mais aussi sous d'autres aspects, utilise la nudité...

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Olivia Gazalé sur Europe 1

22 Juillet 2018 , Rédigé par CC Publié dans #Anthropologie du corps, #Histoire des idées

Olivia Gazalé chez Raphael Enthoven en rediffusion aujourd'hui sur Europe 1. Une contrevérité toutes les deux minutes. "Aristophane fait dire ça à Platon dans une de ses comédies, c'est donc bien la preuve que c'est ce que les Grecs pensaient". Bah non Mme Gazalé, Aristophane écrivait des comédies burlesques, donc les propos qu'il prête à Platon sont juste là pour amuser le public. "Les relations entre hommes n'étaient pas considérés comme une pathologie chez les Grecs". Mais alors Mme Gazalé pourquoi Hérodote appelle-t-il cela "la maladie des garçons" et en fait-il remonter l'origine à la guerre de Troie ? Vous savez messieurs et mesdames des médias, parfois cela fait beaucoup de bien de laisser l'idéologie de côté.

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Les Bécassines à Paris

7 Juin 2018 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire des idées

Pour ceux qui ne connaissent la montée des jeunes Bretonnes à Paris il y a un siècle qu'à travers le biais américain et stupide du film d'animation "Ballerina", un autre son de cloche chez Bernanos ("Les enfants humiliés" 1949 Folio p.186) :

"La pudeur des imbéciles n'est pas celle des douces Virginies. La douce Virginie rougit parce qu'elle ignore. L'imbécile se tait parce qu'il sait trop bien où les maîtres du monde veulent en venir. Une petite Bretonne née honnête, que la pauvreté force à se mettre en service - comme on dit - peut s'être fait au village des illusions sur la gravité des patrons quinquagénaires. Lorsqu'un certain nombre de ces messieurs chauves se seront glissés en pantoufles dans sa chambre à une heure avancée de la nuit, sous prétexte de la mettre paternellement en garde contre les tentations de la capitale, il ne lui restera évidemment pas grand chose de ses illusions, mais elle n'en aura que plus de répugnance à parler sur certains sujets scabreux, du moins par intérêt, sinon par vertu. 'C'est une bonne fille très sûre, se confient entre eux les messieurs chauves, discrète comme la tombe', jusqu'au jour où, d'expérience en expérience, Bécassine s'est fait un cynisme à sa mesure et, devenue franchement putain, fiche la vérole aux messieurs chauves.

Les maîtres du monde devraient se méfier de Bécassine, précisément parce qu'elle se tait. Loin de se permettre étourdiment, devant Madame, certaines familiarités avec le patron, elle redouble de correction dans le service. 'Décidément, cette fille se forme', constate Madame, ravie. Le respect des imbéciles pour les pouvoirs établis, n'est pas un symptôme aussi favorable que le croient les personnes bien pensantes."

Bernanos rejoint là "Le journal d'une femme de chambre" de Mirbeau...

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Quelques guérisseurs célèbres proches du pentecôtisme

25 Février 2018 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire des idées, #Christianisme

En 1854 l'humble prédicateur Henry Wight arriva à Edimbourg et installa son pupitre portable devant la maison de John Knox. Il y eut une cérémonie où John Alexander Dowie (7 ans) chanta pour lui.

Henry Wight eut sa vie brisée par la mort de sa femme et fut sauvé à Londres en 1827 par l'enseignement presbytérien de l'Ecossais Edward Irving (1792-1734) fondateur de l’Église catholique-apostolique qui croyait que tous les dons de l'Eglise primitive nous seraient déversés sur les croyants en ces temps d'approche des derniers jours. Le groupe Port Glasgow Pentecost fondé par Henry Wright eut plus de 400 adeptes mais lui et ses prédicateurs furent excommuniés par l'Eglise d'Ecosse.

John G. Lake (1870-1935) raconte dans "Heavenly Authority" (éditions de GodSounds 2017 p. 7) qu'atteint de rhumatismes, il s'est rendu à la Divine Healing Home de l'évangéliste écossais John Alexander Dowie au 12 Michigan Streets à Chicago. Plus tard John Alexander Dowie  l'a aussi aidé à distance (par  téléphone) à ramener sa grande soeur à la vie (p. 30).

p. 65 "Je vivais, écrit-il, dans une famille où pendant 32 ans ils n'ont jamais été sans un invalide à la maison. Avant que j'eusse 34 ans nous avions enterré quatre frères et quatre soeurs, et quatre autres membres de la famille étaient mourants, des invalides désespérés, sans aide. J'ai construit mon propre foyer, épousé une belle femme. Notre premier fils était né. Il se passa seulement peu de temps avant que je visse le même train diabolique de maladie qui avait suivi la famille de mon père s'abattre sur la mienne. Ma femme devint une invalide, mon fils fut un enfant valétudinaire."

Outre John G Lake, Dave Hayes recense dans son "panthéon" Smith Wigglesworth (1859-1947), un des premiers pentecôtistes anglais, la canadienne Aimee Semple McPherson (1890-1944) et le télévangéliste né à Jaffa en 1952 Benny Hinn.

Kenneth E. Hagin, né en 1917 au Texas, prématuré et presque mort né, très valétudinaire, connut deux EMI à 15 ans et demi (en 1933). Il mourut en 2003. Il semble se rattacher aussi à cette lignée.

 

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Une monarchie française d'ascendance davidique ?

9 Décembre 2017 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire des idées, #Christianisme

C'est le Marquis de la Franquerie (André Lesage) qui l'expose dans "Ascendances davidiques des rois de France", un livre des années 1980 réédité en 2002 par les éditions Saint-Remi auquel on faisait référence il y a peu,  en partant de la déportation à Babylone (IV Rois 17), il montre que certaines populations transplantées en Assyrie s'enfuirent vers la Mer Caspienne quand cet empire s'effondra en 609 av JC et se mêlèrent aux cimmeriens qui ensuite firent partie des celtes. Gaulois pourrait venir de l'hébreu gôlâh (gaulau) mot qui apparaît pour la première fois dans Rois 15:19, et non pas de coq en latin. 

Le site ici note aussi "Peu après que les Israélites aient été transportés en Assyrie, les érudits remarquent l'apparition, dans ces régions, des Cimmériens et des Scythes. Les Assyriens appelaient aussi ces Cimmériens et ces Scythes  « Khumri », « Ghomri » ou « Gimiri » (d'après le roi Omri d'Israël) et « Iskuza » ou « Sacae » (dérivatif d'Isaac)." Il donne aussi des références plus précises que de la Franquerie à ce sujet : "L'historien Samuel Lyons apparente quelques-uns des peuples ayant habité l'Europe du nord-ouest aux Cimmériens. Comme il l'a écrit, il semblerait que les Cimmériens « soient le même peuple que les gaulois ou les celtes » (John Henry et James Parker, Our British Ancestors: Who and What Were They? [Nos ancêtres britanniques : Qui étaient-ils, d'où venaient-ils ?] 1865, pp. 23, 27).

L'historien et érudit George Rawlinson a écrit : « Il est raisonnable de dire que les Gimiri [ou Kymry ou Khumri] ou Cimmériens, qui apparurent en premier aux confins de l'Assyrie et de la Médie au 7e siècle avant notre ère, et les Sacae mentionnés sur la falaise du Behistun, près de 2 siècles plus tard, ne sont autres que Beth-Khumree [la Maison d'Omri] de Samarie, ou les Dix Tribus de la Maison d'Israël » (note sur sa traduction de l'Histoire d'Hérodote, Livre VII, p 378).

La linguiste et érudite danoise Anne Kirstensen est du même avis : « Il n'y a plus aucune raison de douter de la déclaration fascinante avancée par les experts étudiants les Dix Tribus, selon laquelle les Israélites déportés de Bit Humria – de la Maison d'Omri – sont les Gimirraja des sources assyriennes. Tout indique que les déportés israélites n'ont pas disparu de la circulation mais qu'ailleurs [à l'étranger], sous un statut différent, ils ont continué à laisser des traces dans l'histoire » (Who Were the Cimmerians, and Where Did They Come From? Sargon II, the Cimmerians, and Rusa I [Qui étaient les Cimmériens, et d'où venaient-ils ? Sargon II, les Cimmériens et Rusa I, traduit de l'anglais et du danois [Jørgen Læssøe, de l'Académie Royale Danoise des Sciences et des Lettres, no. 57, 1988, pp. 126-127)."

De la Franquerie développe ensuite la descendance de Japhet, les recherches linguistiques (contestées) de l'abbé Boudet sur les correspondances entre langues hébraïque et celtique.

En 585 av JC, Dieu punit à nouveau Israël sous Nabuchodonosor et fait égorger les princes de Juda (Jérémie, 52:10-11), mais les filles du roi Sédécias sont sauvées. Une d'elles, Tea-Tephi sera l'ancêtre des maisons royales européennes. Une tradition irlandaise fait de Jérémie un grand législateur (Ollam Fodhla) qui aurait amené Tea-Tephi  dans cette île où elle aurait épousé le prince Heremon, ce qui explique que la harpe de David figure sur le blason irlandais. Tandis que Joseph d'Arimathie oncle de la Ste Vierge (de la famille de David) serait mort à Glastonberry en 82 (sa petite fille aurait épousé le roi Lear).

Avec l'extinction du royaume de Juda en 585 av JC. Le droit d'ainesse passe à la branche des rois troyens mais Dieu promet de faire reverdir cet arbre (Ez 17, 18-24). Dans II Rois 7, 8-29 Dieu a promis à David une monarchie éternelle. Le Psaume 88 dit la même chose.

De la Franquerie cite toutes les ascendances antiques (notamment troyennes) que différents historiens attribuent à la monarchie française et les origines davidiques de la monarchie anglaise repérées dans de nombreux livres notamment le pasteur WMH Milner ("La Maison royale de Grande Bretagne, une dynastie qui dure" "The royal house of Britain an enduring dynasty" chap IX).

Le livre d'Hebert W. Armstrong "Les Anglo-Saxons selon la prophétie" et celui de Didier Apartian "Les Pays de langue française selon la prophétie" convergent pour voir dans ces deux peuples les héritiers des bénédictions faites à David, mais selon de la Franquerie l'ainesse selon la loi salique déjà applicable en Israël revient à la France car la maison royale anglaise n'est héritière que par une femme : Elisabeth II descend de Hildegarde, fille de Charlemagne. (NB : pour une critique de Milner voir ici)

Voir aussi en ligne Cohendy-Bray André - Ascendance davidique des rois de France.

 

Une monarchie française d'ascendance davidique ?
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