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Articles récents

Athanasios le gyrovague

23 Août 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme

Je ne suis pas enthousiaste du ivre de feu le béarnais Jean Biès sur le mont Athos (eds Dervy-livres), car il mélange christianisme et hindouïsme, ce que des ascètes du lieu, notamment Saint Païssios, ont toujours fermement condamné. Mais il s'y trouve le portrait intéressant d'un des derniers moines gyrovagues qui s'y trouvaient dans les années 1970, Athanasios.

"Nous l'avions remarqué dans la chapelle, debout toute la nuit, écrit-il p. 231, le visage contre le mur (...) Nous le regardions. Âgé d'une soixantaine d'années, il était de taille moyenne, un peu voûté. Du monde intérieur où il habitait, il semblait ne pas avoir de vue sur l'extérieur, et ne portait sur nous nul regard : un aveugle qui eût des yeux normaux. Ces yeux, d'un bleu profond, fixaient le centre de notre poitrine sans se lever vers notre visage ; ils demeuraient à ce niveau, comme légèrement noyés de brume".

Il raconte leur descente ensemble de l'Athos à la skite de Sainte-Anne. "Nous fûmes bien surpris en remarquant qu'Athanasios devinait nos pensées. Comme, au bout de quelques heures, nous éprouvions, sans le lui formuler, le désir de nous aider d'un bâton, dans une marche incertaine au milieu d'éboulis, nous le vîmes au même moment entrer dans un bosquet de vernes, et en ressortir tenant à la main deux branches, qu'il avait coupées. Il s'assit sans mot dire sur une pierre et, à l'aide d'un couteau, les effeuilla, en tailla l'extrémité, ôta l'écorce et vint nous les tendre, une à chacun, en riant."

Vous trouverez la suite du portrait ci-dessous :

Athanasios le gyrovague
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Saint Isaac le Syrien

14 Août 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire des idées

Dans "Saint Paisios of Mount Athos" de Hiéromoine Isaac, je lis p. 226 que le saint moine Païssios avait œuvré activement de son vivant à réhabiliter Abba Isaac le Syrien (évêque de Ninive au VIIe siècle), faussement accusé par certains selon lui de nestorianisme, dont il appréciait beaucoup les Discours ascétiques. Il avait même, après avoir polémiqué avec un théologien sur ce point, vu apparaître le choeur des saints et, parmi eux, Abba Isaac lui conformer qu'il avait bien toujours été orthodoxe. Cela l'avait conduit à consacrer un jour de sa communauté à ce saint.

Il existe une traduction de ces discours en français de 2011 par l'archimandrite Placide Deseille (1926-2018), accessible sur Internet en version gratuite. Le traducteur y explique que ce saint influença Syméon le Nouveau Théologien au XIème siècle, le mouvement hésychaste au XIVe siècle. Abba Isaac et né dans la région du Beit Qatrayé (au niveau du Qatar actuel) vers 613, c'est à dire dans l'empire zoroastrien des sassanides. Nommé évêque de Ninive en Mésopotamie probablement vers 676 (après la conquête musulmane), il renonça à l'épiscopat au bout de cinq mois préféra rejoindre les ermites de la montagne de Matout dans la région du Beit Houzayé, dans l'actuel Khouzistan, à l'Est de Bassora. La hiérarchie chrétienne à l'époque était officiellement nestorienne mais beaucoup de prêtres et moines ne l'étaient pas, et Saint Isaac, explique Placide Deseille, resta à l'écart des querelles théologiques.

Ses discours furent traduits en grec au IXe siècle par des moines en Palestine. Inutile de les résumer, mieux vaut simplement les télécharger et les lire : ils sont la clé du parcours pour la sainteté, non pas la sainteté de l'intellect mais celle du coeur. Tous les mystiques décrivent à peu près le cheminement de la même manière, et c'est pourquoi personne ne pourra dire au jour du Jugement qu'il ne savait pas : les témoignages étaient tous livrés. Pour Isaac le Syrien la purification du coeur est un stade très supérieur de sainteté aux luttes psychiques ordinaires du chrétien pour accéder à la vertu qui restent au niveau de l'intellect et de la contrainte. A ce niveau de purification toute l'âme est embrasée d'amour, mais cela passe par une ascèse très dure, une crucifixion complète de la chair, et une rupture totale avec le monde.

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De Profundis, la Terre creuse et le forage de Zapoliarny

6 Août 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète, #Christianisme

Il y a beaucoup de références aux abîmes (tehom en hébreu, tartaros en grec) dans la Bible : le Déluge est venu des abîmes, non de la pluie : "Mais une vapeur s'éleva de la terre, et arrosa toute la surface du sol." (Genèse 2:6). "N'est-ce pas toi qui as fait tarir la mer, les eaux du grand abîme?" (Esaie 51:10). "Car, si Dieu n'a pas épargné les anges qui ont péché, mais s'il les a précipités dans les abîmes de ténèbres et les réserve pour le jugement;" (2 Pierre 2:4) "Puis je vis descendre du ciel un ange, qui avait la clef de l'abîme et une grande chaîne dans sa main" (Apocalypse, 20:1)  (sans parler de Henoch 66:6 "Et quand tout cela s'effectua, de la masse fluide du feu, et de la perturbation qui régnait en ce lieu, il s'éleva une forte odeur de soufre, qui se mêla aux eaux ; et la vallée des anges, coupables de séduction, brûla sous son sol").

Les théories de la terre creuse ont aussi inspiré des occultistes qui pensaient pouvoir trouver au centre de la Terre le royaume bienheureux d’Agartha ou Shamballa, peuplé d’êtres magiques, thème auquel sont associés les noms de Saint Yves d'Alveydre, Ferdynand Ossendowski, René Guénon, Willis Emerson ou plus indirectement Edgar Rice Burroughs (l’inventeur de Tarzan), Edgar Allen Poe, TS Eliot (Hollow earth, hollow men) Jules Verne, et que le mouvement théosophique a contribué à diffuser.

Comme je l'ai rappelé dans mon livre sur le complotisme (p. 92), en 2002 un certain Dallas Thompson (voir le très sérieux Telegraph à ce sujet), disciple d’un sorcier hawaïen (kehuna), avait suscité l’engouement du public américain en annonçant qu’inspiré par une révélation liée à une expérience de mort imminente il irait explorer en hélicoptère l’entrée de la Terre creuse en Arctique en suivant les pas de l’amiral Richard E. Byrd (1888-1957). Cet explorateur proche de la Science chrétienne (voir Life Magazine du 30 octobre 1939) aurait, selon lui, exploré la Terre dans une bulle magnétique dans le cadre de l’opération « High Jump » de 1947.

Dans un livre paru en 1986, « Le voyage à Shambhalla », les médiums français Daniel Meurois et Anne Givaudan ont raconté leur incursion, à la faveur d’une « décorporation » dans le monde souterrain de l’Agartha qu’ils décrivent comme l’articulation de sept mondes. Selon eux, Jésus-Christ y pénétra en un éclair à l’issue de son supplice, et « c’est là que son travail de régénération éthérique de la planète prit forme définitive ». Dans une vidéo vue un million de fois sur Internet, un physicien bulgare passé à l’Ouest en 1984, Vladimir Terziski, qui se dit ufologue et cofondateur de l’American Academy of Dissident Scientists, affirme que des nazis ont été accueillis par une civilisation extraterrestre vivant au centre de la Terre qui y auraient construit (selon un Américain de Floride dont Terzisky prétend rapporter le propos) une ville de deux millions d’habitants, la « Nouvelle Berlin ». Les « Illuminati » sont censés devoir l’utiliser un jour pour remplacer l’humanité (la vidéo n’est pas datée, mais Terzisky avait déjà tenu ces propos dans une émission radio, le « talk-show » de Sam Russell sur K-TALK Radio à Salt Lake City, dans l’Utah le 5 juin 1993, où il avait affirmé que les nazis avaient aussi accédé aux entrailles de la Terre par le Tibet). Ce thème est aussi lié à celui du peuple mythique des Hyperboréens, prétendus ancêtres des Indo-européens, développé par des auteurs comme Jean-Sylvain Bailly (1736-1793), William Fairfield Warren (1833-1929), Bal Gangadhar Tilak (1856-1929),  Julius Evola (1898-1974) et actuellement par le gnostique crowleysien russe Alexandre Douguine.

Pour les occultistes, le centre de la Terre est le royaume de races mystérieuses ou d'extra-terrestres. Pour certains chrétiens fidèles aux Epitres de Jude et Pierre 2, c'est la prison des Nephilim qui en sortiront à la fin des temps.

Parmi ces derniers, certains, comme EnterTheStars (Casey Brown), trouvent des arguments empiriques qui vont dans le sens de la Bible du côté d'une entreprise d'exploration menée en Russie dans le dernier quart du siècle dernier.

De mai 1970 à 1989, les Soviétiques ont tenté de creuser la terre autant qu'ils le pouvaient pour l'exploitation pétrolière (ou pour célébrer le centième anniversaire de la naissance de Lénine) dans la péninsule de Kola : le forage de Zapoliarny sur 12 km de profondeur. Pendant deux décennies, il s'est agi plus long trou de forage du monde en profondeur mesurée le long du puits, jusqu'à ce qu'il soit dépassé en 2008 par le puits de pétrole Al Shaheen qui l'a battu seulement de quelques mètres.

A 7 km fut trouvée de l'eau liquide, ce qui a surpris les chercheurs. Ils ont affirmé qu'elle pouvait être issue de la roche, mais cela en laisse plus d'un sceptique. Cela fait penser en ce qui concerne les eaux profondes sans contact avec l'air au lac subglaciaire sous la station antarctique russe de Vostok, qui se situe à sous une souche de glace de 3,5 km, et environ à 500 m sous le niveau de la mer).  N'oublions pas que beaucoup soupçonnent qu'un portique vers l'au-delà se trouverait dans l'Antarctique : voyez les spéculations sur le voyage du patriarche russe orthodoxe Kirill en Antarctique en février 2016 avec l' "arche de Gabriel" (une information de la congrégation Sorcha Faal qu'on a aussi citée à propos de l'Afghanistan), et sur le voyage du président américain Obama en Patagonie la même année. En janvier 2017, la journaliste Linda Moulton Howe a affirmé qu’un an et demi plus tôt un officier mécanicien navigant retraité après vingt ans de service (1977-1997) lui a confié avoir vu, quand il travaillait dans l’unité Escadron Six Antarctique Développement à une dizaine de kilomètres du point du pôle austral, dans une zone d’exclusion aérienne, un trou qui ressemblait à l’entrée d’une installation souterraine.

Les Russes ont été aussi étonnés de trouver dans leur forage de la presqu’île de Kola à 12 km des températures plus élevées que prévu (180 °C au lieu des 100 °C attendus). Il a été fermé en 2005.

Dans les années 1990, des rumeurs commencèrent à entourer ce forage. On dit qu'avaient été enregistrés dans le gouffre avec un microphone des sons qui faisaient penser aux supplices de l'enfer. Cela évoque les rumeurs autour du Puits "démoniaque" de Barhout au Yémen, près de la frontière avec le sultanat d'Oman, puits qui ferait 100 à 250 mètres de profondeur (mais personne n'ose aller vérifier) d'où se dégageraient des odeurs mystérieuses et qui attirerait des objets à lui comme le triangle des Bermudes.

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Les spirales descendantes de Lamartine

5 Août 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire des idées

J'entendais hier Henri Guillemin dans la vidéo de 1959  ci-dessous expliquer en quoi Lamartine lui semblait être un homme "de bonne volonté". C'est peut-être vrai sur le plan moral, mais sur le plan spirituel je suis surtout frappé par le très faible ancrage en Dieu de toutes les élites littéraires de sa génération, lui y compris naturellement. On mesure à travers chacun des grands écrivains romantiques (leur "père" Chateaubriand y compris d'ailleurs) les ravages causés par la déchristianisation révolutionnaire. Dans les années 1930, l’abbé Claudius Grillet avait d'ailleurs montré comment le salon de Charles Nodier, bibliothécaire du roi Charles X où la plupart (Hugo, Vigny, Lamartine) se réunissaient sous la Restauration tous les samedis soir - le salon de l'Arsenal à Paris -, et qui fut une sorte de "rampe de lancement" pour eux, fonctionnait comme une sorte de société secrète avec ses rituels codés, où circulaient des forces spirituelles bien peu recommandables. Je crois qu'ils s'intoxiquaient ainsi de la sorte, ce qui les tirait vers les "cîmes du désespoir"  comme eût dit Cioran, et traînait leurs esprits vers la déréliction sans même qu'ils en aient conscience. L'orgueil intellectuel était pour beaucoup dans cette déchéance. Il est  dommage que Guillemin ne l'ait pas vu, peut-être parce qu'il était lui-même aussi victime de ce travers.

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Afghanistan : le puits temporel et le vimana

30 Juillet 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Otium cum dignitate, #Histoire secrète

Dans mon livre sur les Nephilim j'ai parlé de l'histoire des Géants de Kandahar (Afghanistan). Voici une autre histoire qui se rapporte au même pays.

Un article étonnant sous la signature d'un certain Sathish Ramyen en 2016 racontait cette histoire sur Medium.com : à l'été 2012 Obama, Cameron, Sarkozy et Merkel se sont rendus en Inde. Sarkozy à l'époque aurait quitté précipitamment l'Inde pour l'Afghanistan. Pourquoi ? parce que l'US Air Force a fait savoir qu'une ancienne machine volante d'environ 5000 ans appelée Vimana dans les écrits hindous (voir ici), a été trouvée dans l'une des grottes de la chaîne de montagne. Huit militaires américains auraient disparu en essayant de l'extraire.

Pas de chance. Nicolas Sarkozy n'était pas en Inde en 2012 (date aussi reprise dans cette vidéo) mais en 2010. Il faudrait donc rectifier la date de leur visite : décembre 2010 (mais l'article qui propose cette nouvelle date n'est pas plus crédible puisqu'il présente Mahmadsaid Ubaidulloev, auteur d'une déclaration sur les extraterrestres, comme un membre du gouvernement afghan alors qu'il s'agit du président de la chambre haute du Tadjikistan, ce n'était pourtant pas difficile à vérifier).

A l'origine de cette nouvelle, selon le très sensationnaliste site Whatdoesitmean.com de 2011 (qui signe du nom d'une mystérieuse congrégation irlandaise), il y aurait un rapport des Service russe de renseignement extérieur selon lequel non pas 8 mais 50 soldats américains auraient été anéantis dans un puits temporel en cherchant un Vimana.  L'article très précis indique que les Américains qui avaient découvert l'existence du puits le 2 mai 2011 en perdant un appareil lors de l'opération pour éliminer Ben Laden et qu'ils ont perdu leurs 50 hommes en tentant, le 5 août suivant, de déplacer le "puits temporel" qui protégeait le Vimana (notons que cette fois-ci on n'est plus en 2010 ni 2012, mais 2011...).

De toute évidence, l'histoire, vu ses multiples déclinaisons et incohérences, est aussi peu crédible que celle selon laquelle, il y a quelques années, les Chinois auraient découvert des documents sanskrits à Lhassa, au Tibet et les auraient envoyés à l'Université de Chandrigarh pour être traduits où le Dr Ruth Reyna y aurait trouvé des instructions pour la construction de vaisseaux spatiaux interstellaires en utilisant le "laghima" qui permet à une personne de léviter. Cette dernière histoire est sérieusement mise en doute par le site "The Sangha Kommune".

Je crois qu'on tombe à nouveau ici dans les légendes inconsistantes destinées seulement à attirer les "clics" et commentaires des esprits rêveurs. Des thèmes à éviter.

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Une exemple de nudité innocente : le martyre de Sainte Agathonice

21 Juillet 2021 , Rédigé par CC

Papylus et Agathonice (Agathonike) sont des martyrs dont la mort à Pergame (Asie Mineure) est généralement datée du règne de Marc Aurèle d'après Eusèbe de Césarée, mais certains érudits préfèrent celle de Dèce. Carpus (Carpos) était évêque, Papylus (Papylos) diacre et Agathonice sa sœur. Selon les Acta carpi, le proconsul Optimus leur ordonna de sacrifier au nom de l'empereur. Carpus répondit : "Les vivants ne sacrifient pas aux morts… (les dieux) ressemblent à des hommes, mais ils sont insensibles. Privez-les de votre vénération… et ils seront souillés par les chiens et les corbeaux." Le proconsul a insista, Carpus déclara: "Je n'ai jamais sacrifié auparavant à des images qui n'ont ni sentiment ni compréhension… J'ai pitié de moi-même, choisissant comme je le fais la meilleure partie." Après cet échange, Optimus ordonna qu'il fut suspendu et lacéré avec des griffes. Carpus dans les tourments disait : "Je suis chrétien et à cause de ma foi et du nom de notre Seigneur Jésus-Christ, je ne peux pas devenir l'un de vous." Finalement, la douleur était si grande qu'il ne pouvait plus émettre un bruit.

Le tour de Papylus est venu ensuite. Il admit être un citoyen riche et avoir de nombreux enfants. Un passant cria : "Il veut dire qu'il a des enfants en vertu de la foi des chrétiens". Et en effet Papylus conveint qu'il avait des enfants spirituels dans chaque province et ville. Comme Carpus, il refusa obstinément de sacrifier, et reçut le même supplice. Il ne cria pas. Un peu plus tard, il dit : "Je ne ressens aucune douleur parce que j'ai quelqu'un pour me consoler : celui que vous ne voyez pas souffre en moi." Pour finir Papylus et Carpus furent brûlés vifs.

C'est alors qu'Agathonice fut interrogée. Elle aussi avoua qu'elle était chrétienne et qu'elle n'avait jamais sacrifié aux démons, mais seulement à Dieu. "Si je suis digne, continua-t-elle, je désire suivre les traces de mes précepteurs." On lui demanda de sacrifier par amour pour ses enfants. Elle répondit : "Mes enfants ont Dieu qui veille sur eux ; mais je n'obéirai pas à tes commandements et je ne sacrifierai pas aux démons". Condamnée à la même mort que Carpus et Papylus, elle fut conduite sur le lieu de l'exécution, elle enleva ses vêtements et les donna aux serviteurs. Quand la foule vit à quel point elle était belle, elle pleura. Les serviteurs la mirent sur le bûcher, et trois fois elle cria : "Seigneur Jésus-Christ, aide-moi parce que je supporte cela à cause de toi." Ensuite elle expira.

Le geste particulier de Ste Agathonice de se dénuder sur le bûcher avant que le bourreau ou ses adjoints n'y procèdent a été analysé dans la revue Vigiliae Christianae 74 de 2020 par Jan M. Kozlowski de l'université de Varsovie. Il montre que sa nudité est un exemple paradoxal d'habit de noces pour les "noces de l'Agneau" (Matt 22:11) et un retour à la nudité sans honte d'Eve avant la chute. Une des versions du récit du martyre se trouve dans la Revue archéologique de 1881, ici.

Le rapprochement avec les noces de l'agneau se justifie par les mots utilisé par la sainte. «Τὸ ἄριστον  τοῦτο  ἐμοὶ  ἡτοίμασται,  δεῖ  οὖν  με  μεταλαβοῦσαν  φαγεῖν  τοῦ  ἐνδόξου  ἀρίστου». "Τὸ ἄριστον" est toujours employé en référence à Matth 22:4. La référence à Eve se déduit de ce que dit Carpus en mourant avant Agathonice.

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Aliya victime de harcèlement en ligne : une leçon pour les adultes

21 Juillet 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Généralités Nudité et Pudeur, #Christianisme

En 2014 l'Obs m'avait interviewé sur le "revenge porn". Depuis lors les choses ne se sont pas arrangées. Un bel exemple d'engagement contre le harcèlement en ligne est fourni par la jeune Aliya qui s'exprime sur Konbini ici.

Sans qu'elle en ait conscience, elle renvoie aux adultes  par effet de miroir de son témoignage, toute leur hypocrisie. Ce sont eux qui enferment les jeunes dans le mythe de l'amour-romantique, mythe dont ils savent pourtant qu'il n'est qu'un feu de paille émotionnel, et qu'aujourd'hui les prédateurs peuvent instrumentaliser à loisir pour placer des âmes fragiles sous leur emprise. Ce sont eux aussi qui les enferment dans le virtuel. Combien de profs, dès avant le Covid, en école primaire, ont-ils enseigné qu'Internet valait mieux que les livres pour s'instruire, qu'aujourd'hui il ne fallait pas apprendre par soi même mais seulement apprendre à apprendre en navigant sur les sites ! Plus on capitule devant l'idée que les écrans sont plus utiles à la vie que le monde physique, plus on isole les ados et les jeunes adultes et les fait tomber dans les spirales mortifères de la dématérialisation des relations (et, bien sûr, cet isolement fut même gravé dans la loi quand à partir de 2020 les autorités, pour protéger les personnes âgées, ont fermé les universités et sacrifié tous les lieux de sociabilité des plus jeunes, pourtant pour la plupart asymptomatiques au Covid). Et je ne parle même pas du fait que, bien sûr, on barre l'accès des âmes à la transcendance, et qu'on remplace la spiritualité par le consumérisme, ce qui les voue à un sentiment d'inconsistance de la vie, et, parfois, de haine de soi plus ou moins consciente.

Après cela, les larmes de crocodiles que l'on verse sur les victimes du cyber-harcèlement, ou les cris d'indignation, sont dignes de l'hypocrisie bourgeoise du XIXe siècle. Il faudrait commencer par revoir complètement d'éducation que nous donnons à nos enfants.

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Les Chrétiens face aux persécutions zoroastriennes

11 Juillet 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire des idées

Je travaille en ce moment sur le zoroastrisme, première religion à découvrir le monothéisme, l'existence du diable, la notion de salut individuel après un jugement post mortem, le paradis et l'enfer, la naissance d'un sauveur d'une vierge, un combat eschatologique avec un dragon à la fin des temps, l'avènement d'une nouvelle Terre après le jugement dernier en forme de purification finale. Toutes ces notions importées dans le judaïsme après la prise de Babylone par Cyrus et la mise en ordre du canon hébraïque par Esdras en tant que commis du roi des rois. Le christianisme tel que nous le connaissons n'aurait jamais vu le jour sans le zoroastrisme (pas plus d'ailleurs que le judaïsme pharisien). L'histoire des mages dans l'Evangile de Matthieu lui rend hommage. Les Chrétiens voient d'ailleurs dans le zoroastrisme une des manifestations premières de l'Esprit saint parmi les nations, comme Saint Paul la voyait dans l'annonce du Dieu inconnu aux Athéniens par Epiménide le Crétois.

Il n'empêche qu'un danger pour les Chrétiens en découvrant cette origine pourrait être de chercher de ce côté des sources d'inspirations "alternatives" dans le culte des éléments naturels que propose le zoroastrisme. Un antidote à ce risque est peut-être une méditation sur le récit Le Martyre de Péthion, Adurohrmazd et Anahid , écrit à la fin du Ve siècle ou au début du VIe (un récit qui voyagea beaucoup puisqu'on l'a même retrouvé dans l'oasis de Tourfan à l'Ouest de la Chine). Le livre raconte la conversion de quatre aristocrates zoroastriens (Péthion, Adurohrmazd et Anahid et Yazdin) en Perse sous le règne de Yazdgard II (438-457) - à la même époque en France Sainte Geneviève faisait des miracles sur les bords de la Seine. Ces quatre saints vivaient en ascètes sur une montagne, où ils furent enterrés. Le premier Yazdin mourut de mort naturelle, les autres furent exécutés par les autorités royales et abandonnés sur une montagne.

Richard E. Payne, de l'université de Californie, estime au vu des descriptions qu'il s'agit de la montagne de Bisutun où Darius avait laissé des sculptures et des inscriptions en souvenir de son règne. Dans une contribution à Etudes Syriaques n°13 de 2017, Payne affirme que  "l’auteur (de ce récit)  voulait  remplacer  les  rites  zoroastriens  qui  reliaient  les  communautés humaines, l’environnement naturel et un monde de dieux et de forces divines, par un rituel chrétien complexe, centré sur le culte des martyrs. " Face aux  rituel,  accompli  dans  des  paysages  naturels,  Le Martyre de Péthion, Adurohrmazd et Anahid présente les saints chrétiens comme des arbitres plus efficaces dans les relations des hommes avec leur environnement naturel et avec le cosmos. Les martyrs – contrairement aux prêtres zoroastriens– pouvaient contrôler les forces naturelles  sources  de  vie,  et  surtout  les  sources  d’eau  indispensables  à  l’agriculture de la région, qui dépend des pluies".

Payne, qui préfère ne retenir des échanges christiano-zoroastriens que les aspects les plus pacifiques, comme le veut la mode universitaire de notre époque, ne croit pas en l'authenticité du récit, alors pourtant que le règne de Yazdgard II qui était en guerre contre l'empire byzantin a accompli des persécutions (et il tenta à tout prix de convertir des Chrétiens, notamment en Arménie). Pour ma part, je retiens surtout de cette histoire la notion qu'une invocation des martyrs (ou la litanie des saints) remplace avantageusement des cérémonies champêtres.

Une version plus complète de l'histoire de Pethion-Adurhormizd-Anahid, explique Ani Honarchiansaky de l'université de Californie dans un mémoire de 2018, se retrouve dans les Actes des Martyrs perses. Dans le Vark’ew  Vkayanut’iwnk’  srboc’  hatentir k‘alealk‘  i  carentrac (Vie et passion des saints) arménien, il est précisé que le mage Mihryar, avait deux fils, Yazdin et Dadgushnasp. Alors que Yazdin était sur le point de recevoir son éducation zoroastrienne ancestrale (mogwtiun hayrenadur), il refusa d'obtempérer et se rendit plutôt dans une église d'une ville voisine où il demanda le baptême divin. Les membres de l'église qui connaissaient son père refusèrent de le baptiser, alors il se rendit dans une autre région, près d'une ville appelée Soulq, dans un monastère appelé Beth Sahde, et là il fut baptisé par un évêque nommé John. Il y reçut son éducation dans les Saintes Écritures et les Psaumes et était un fervent adepte du  jeûne et des prières. Après ces événements, il retourna dans sa ville natale et convertit son frère et son neveu Pethion, qu'il prit comme disciple. Des années plus tard, Yazdin mourut et Pethion guérit une jeune femme zoroastrienne qui ensuite se convertit au christianisme, ainsi que son père, un haut fonctionnaire mazdéen. Tous deux furent martyrisés et le cycle se termine par le martyre de Péthion. La version syriaque contient plus de détails sur la façon dont le père de Yazdin, Mihryar, a découvert la conversion de son fils, l'a sévèrement battu et l'a renvoyé à l'école zoroastrienne, dont Yazdin s'est de nouveau échappé. Après la mort de Mihryar, selon la version arménienne, Yazdin a revêtu son neveu Pethion d'un habit religieux, c'est-à-dire qu'il a fait de lui un moine. Ensemble, ils ont guéri de nombreux croyants du zoroastrisme. Après la mort de Yazdin, Pethion a emménagé dans la cellule de son professeur, s'est consacré à la vie ascétique et a suivi sa pratique de guérison. Le texte raconte ensuite leur martyre et l'accusation du grand mage contre Péthion, qui lui dit « Tu enseignes contre notre doctrine » et l'accuse d'être le chef des Nazaréens, un sorcier. Péthion soutient que son savoir est une connaissance divine, un guide et un chemin de vie. A plusieurs reprises Péthion est protégé de diverses tortures infligées par le mage, qui le fait tomber dans la rivière enchaîné , le fait passer par le feu et le jeter du haut d'une falaise, Péthion est finalement décapité.

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Des miracles déguisés

7 Juillet 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire secrète

Une remarque profonde du Rav Haim Dynovisz récemment sur You Tube (apparemment insirée de la tradition juive) à propos des miracles : Dieu s'arrange toujours pour que ceux-ci soient camouflés sous l'apparence d'un phénomène naturel. La Bible dit qu'avant que les eaux de la Mer de la Mer Rouge ne s'ouvrent devant le bâton de Moïse, Dieu avait fait souffler le vent toute la nuit, si bien que les Egyptiens ont pu croire à un phénomène naturel et c'est pourquoi ils se sont engouffrés à la poursuite des Hébreux. De même la manne : elle en tombe pas de façon spectaculaire du ciel. La Bible qu'elle se forme sur de la rosée au sol.Les vrais miracles ne sont jamais spectaculaires, mais intriqués dans un support matériel qui fait que l'esprit athée pourra toujours le "réduire" à une simple bizarrerie ponctuelle de la nature - par exemple quand les lions refusent de manger Daniel dans la fosse. Et ce parce que Dieu ne veut pas intervenir dans l'Histoire sous la forme d'un "super-héros".

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Encore un mot sur Doreen Virtue, et la question des énergies naturelles

26 Juin 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Pythagore-Isis, #Christianisme, #Médiums, #Histoire des idées

Beaucoup de gens viennent sur ce blog pour lire mon billet de 2018 sur la conversion de Doreen Virtue au christianisme. On comprend que cette conversion continue à susciter des réflexions chez les disciples zélés du New Age, notamment ceux qui ont comme elle des dons de médiumnité. Cette conversion est une belle histoire de renoncement, et même, devrait-on dire, de renoncements à répétition car, en épousant une forme de protestantisme toujours plus scripturaire, sur une base luthérienne, Doreen Virtue en est même venue à désavouer la vision de Jésus qui l'avait poussée à se convertir, au motif que Jésus, qui est au Ciel ne peut plus apparaître sur Terre sauf en tant que démon déguisé, ce qui est tout de même, me semble-t-il pousser un peu loin l'orthodoxie biblique (même si personnellement je ne suis pas très fan des visions et n'encouragerais pas mes lecteurs à cultiver le penchant pour les apparitions).

Pour ma part, si je trouve légitime la critique par cette prédicatrice américaine du "développement personnel"  (trop marqué par le luciférisme), ou du yoga (trop marqué par l'idiosyncrasie hindouiste, même dans ses versions occidentalisées), je suis plus sceptique sur son rejet de tout le potentiel énergétique humain et naturel: le fluide qui passe par les mains de certains, la lithothérapie etc. Il est dangereux de verser dans le luciférisme, la fantasme d'une émancipation humaine sans connexion à la transcendance du créateur, mais ne l'est-il pas tout autant de trop "rogner" ses talents naturels comme le fait la prédicatrice ?

J'écoutais hier soir une "YouTubeuse" comme on dit, E** d'E**e, sectatrice d'Isis, fille d'un radiesthésiste. Ses premières vidéos ne différaient en rien de celles de beaucoup d'autres magnétiseurs proposent : initiation au ressenti des énergies dans les mains, à la manière dont on peut faire passer l'énergie d'une main à l'autre, y compris en la faisant transiter par le plexus solaire. Il n'y avait là rien d'inquiétant, du moins en apparence. L'affaire se gâte ensuite quand la médium part dans des discours anti-chrétiens que j'ai moi-même bien connus chez les médiums que j'ai rencontrés, puis explique que notre destin est de nous réincarner indéfiniment, qu'il n'y a pas de mal à tenter d'acquérir des connaissances auprès d'entités invisibles, pourvu que cela n'aille point jusqu'aux pactes de sang... Surtout il ne faut pas, estime-t-elle, se sentir dépendant(e) d'un Dieu créateur, les religions sont mensongères etc. Bref on tombe alors dans le luciférisme le plus "décomplexé"... Inutile de trouver ensuite de ce côté là la moindre incitation à la charité, au sacrifice, ni la moindre philosophie de l'histoire susceptible de nous faire comprendre, par exemple, les parfums antéchristiques de l'époque actuelle (même si on peut lui reconnaître - sur Twitter - une salutaire méfiance à l'égard de l'establishment médical)...

La dame explique qu'elle a passé six années à refuser ses dons de magnétiseuse, et qu'elle en avait payé un prix élevé car cela l'avait coupée de tous ses amis... On peut se demander si c'est vraiment un mal d'être coupé de tout le monde. Les saints chrétiens n'ont-ils pas enduré des épreuves bien plus difficiles en terme d'isolement, d'humiliation etc ? Elle a finalement cédé aux injonctions de ces forces (sans doute héritées de  son père) qui l'ont poussée sur la voie de la magie. Etait-ce aussi inéluctable qu'elle le prétend ? Peut-être l'était-ce parce qu'elle n'avait aucun antécédent chrétien dans sa famille, ni des personnes susceptibles d'invoquer pour elle le "nom au dessus de tous les noms" qui l'eût libérée des stoicheia.

On comprend que Doreen Virtue ait voulu éviter cette pente dangereuse qui enchaîne l'âme à des entités très suspectes "déguisées en anges de lumière"... Après, il faut seulement se demander comment doser la chose... Est-ce que mettre un seul doigt dans le magnétisme et les "énergies subtiles", de nos jours, c'est nécessairement prendre le chemin de l'isiacisme ?

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Saint Jean-Baptiste

24 Juin 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Alchimie

Hier Taylor Marshall dans une vidéo expliquait que Jésus avait "utilisé" la Sainte Vierge comme un "acqueduc" de sa grâce pour sanctifier Saint-Jean le Baptiste "in utero" puisqu'il est dit en Luc 1:41 que la seule salutation que lui adressa Marie suffit à remplir Sainte Elisabeth de l'Esprit saint et fait tressaillir "l'enfant dans son sein". Puis il ajoutait que Jésus pouvait ainsi utiliser sa mère comme médiation de sa grâce (de son pouvoir infini) et de la transmission de l'Esprit saint, comme il utilisait le pain et le vin dans l'eucharistie et l'eau dans le baptême. Peut-être aussi utilise-t-il tout autre élément de la Création, éventuellement même les parfums ou les pierres (auxquelles il donne une mission précise dans la construction du Premier Temple de Jérusalem - cf Rois 6,1-22 - ou dans la tenue du grand prêtre - Levitique 16:4)...

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Le projet "The Giant 2021"

22 Juin 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire des idées, #Publications et commentaires, #Christianisme, #Alchimie

Comme je l'expliquais dans mon livre "Néphilim, une lecture biblique de l'histoire des Géants " (L'Harmattan 2020) beaucoup redoutent que notre époque soit comme celle de Noé et que reviennent les Nephilim de la Bible.

Il semble que certains se fassent forts en ce moment de cautionner leurs craintes. Ainsi, la société irlandaise "The Giant Company" vient de lancer le projet "global" d'installer 21 statues de 35 mètres de haut dans 21 grandes villes du monde.  Chaque statue sera incrustée de millions de pixels LED adressables, ce qui lui permettra de prendre instantanément la forme de célébrités (Einstein, John Lennon, Beyoncé, Batman etc). 

Les bras et la tête du géant peuvent se déplacer dans diverses positions et les images des hommes et des femmes qui apparaissant sur la statue peuvent parler ou chanter. Les gens pourront aussi monter sur leurs épaules pour contempler la ville.

Projet attractif, instructif aux yeux de certains, ou participant à un conditionnement funeste pour d'autres. A vous d'en juger.

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Edith Royer et le Sacré Coeur de Montmartre

17 Juin 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Médiums

Il y a six mois, le médium Reynald Roussel expliquait sur You Tube que l'existence du Sacré Coeur de Montmartre était due à Edith Royer (1841-1924). Le 21 juillet 1870 cette femme avait été inspirée à prier le Sacré Coeur. Le lendemain, elle voyait des éléments dramatiques qui attendaient l'Europe. Au moment des préliminaires de paix en 1871, Mme Royer vit un incendie mal éteint qu’on s’efforçait de rallumer avec un soufflet. Puis le Seigneur lui montra un malade atteint d’un ulcère au côté et dit: “L’opération est nécessaire. Je ne la ferai pas mais il me faut la laisser faire en détournant les yeux comme une mère qui ne pourrait voir souffrir son enfant. Ensuite je viendrai pour cicatriser la blessure, en laissant couler de mon Cœur comme un baume merveilleux." Tandis que la pieuse dame menait une vie austère de mère de famille (elle n'était pas encore entrée au couvent) il lui inspira en 1872 un projet de créer une Association de Prière et de Pénitence. Puis à Paray-le-Monial où il était apparu à Ste Marguerite Marie Alacoque (la religieuse qui avait gravé le nom de Jésus au canif sur son sein gauche) elle reçoit une purification et sera ensuite en dialogue avec cette sainte qui est à l'origine du culte du Sacré Coeur en France.

Roussel explique (sans citer sa source mais en précisant que cela ne vient pas de lui) que Madame Royer a eu l'indication surnaturelle du lieu où devait être érigée la basilique consacrée au Sacré Coeur à Paris par une croix bleue qu'elle vit apparaître au dessus de la butte.

Le culte du Sacré Coeur a peiné à s'imposer dans l'Eglise. Le pape Benoît XIV (pape de 1740 à 1758,) qualifiait cette dévotion d'idolâtrie et déclarait que "si l'on adorait aujourd'hui une partie charnelle de l'Homme-Dieu, on se prosternerait demain devant une autre : le saint Côté, les saints Yeux, etc. "  (cf "Le Sauveur des Peuples" du 4 décembre 1864). Elle peine encore à rallier les âmes. Cependant les miracles eucharistiques récents dont l'étude scientifique montre qu'ils manifestent des cellules vivantes de sang directement issu du ventricule gauche voire de tissu musculaire cardiaque (Tixtla) relance la réflexion sur la légitimité des révélations de Ste Marguerite-Marie Alacoque.

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Des nouvelles de mes travaux

10 Juin 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Publications et commentaires, #Christianisme, #Sainte-Baume, #Histoire des idées, #Philosophie

Il semble que cette année, je ne publierai pas de livre. Après avoir écrit 150 pages sur la vue du RP Lacordaire, j'ai finalement suspendu ce travail en mai. J'avais pourtant à travers cette recherche abordé des sujets importants, sur les origines du catholicisme social, les question qu'il posait sur le droit de révolte, le rapport à la modernité, aux libertés publiques à la question sociale. C'était un bon support de réflexion sur le rapport de notre pays à son Eglise, la manière dont il gérait l'héritage révolutionnaire et celui de Napoléon. La façon dont Lacordaire avait approché la question, sa propre relation à toutes sortes de sujets épineux comme le clivage gauche-droite, la réhabilitation du Moyen-Age (à travers ses essais sur le Saint Siège, sur Saint Dominique), la philosophie grecque, les hérésies du romantisme, et même le magnétisme étaient source de nombreux enseignements. Qui plus est cela permettait de croiser des personnalités très intéressantes comme Sainte-Beuve, le vicomte de Melun, Mme Swetchine, ou Ozanam, qui avaient eux aussi leur façon bien particulière de prendre position sur tous ces sujets et qui l'exprimaient dans le joli style de leur époque. Ces gens qui se sont influencés les uns les autres, parfois soutenus mutuellement, parfois critiqués, ont contribué chacun à leur manière à enfanter un nouveau regard sur le passé et le présent de la religion, à lui définir une nouvelle place.

Même l'histoire de la restauration des Dominicains à la Sainte-Baume et son avis sur Marie-Madeleine avaient son intérêt au regard notamment de mon propre itinéraire sur le sujet que je raconte dans mon livre sur les médiums.

Mais finalement j'ai eu l'impression que ce travail était une impasse. Je ne saurais trop dire pourquoi. Même l'échange par courriel avec une étrange guide touristique de Saint-Maximin qui se disait admiratrice de Lacordaire m'a convaincu que mon travail, comme les précédents, ne trouverait de toute façon pas le public qui lui correspondait (les gens fonctionnent avec des schémas mentaux qui ne sont pas les miens, donc tout ce que j'essaie de leur dire tombe dans un puits d'incompréhension).

Par ailleurs diverses personnes ont pris contact avec moi avec qui j'ai été conduit à réexplorer les sujets à la mode du rapport de la physique quantique au monde invisible, la prétention qu'ont beaucoup, sous l'influence des mysticismes orientaux (comme avant eux Schopenhauer, Nietzsche et Heidegger) à abroger la différence sujet-objet, réalité-représentation etc, à substituer a "méditation" inspirée au travail laborieux, autant de dérives qui ne sont pas du tout ma tasse de thé. Mais je ne crois pas avoir trop convaincu mes interlocuteurs soumis au Zeitgeist du moment.

Comme je ne suis pas obligé de publier quoi que ce soit, j'ai la chance de pouvoir préférer le silence plutôt que d'exposer des problématiques décalées par rapport à celles formatées les médias et l'ingénierie sociale de notre époque, je crois que, à part quelques billets sur ce petit blog, cette année 2021 sera finalement surtout, de mon côté, une année de silence.

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A propos de Cioran

4 Juin 2021 , Rédigé par CC Publié dans #Philosophie, #Christianisme, #Histoire des idées

Un correspondant m'écrit à propos de Cioran : "Dans ses veines coulait le sang des Bogomiles (des hérétiques gnostiques). Les Roumains ont subi l’influence de la latinité comme celle du monde  slavophile. Il suffit de  ne voir que son attrait pour Dostoïevski .Bog signifie Dieu dans les langues slaves. Cioran détestait Sartre qu’il rencontrait souvent au café de Flore durant la guerre où Sartre écrivait « l’être et le néant » Avec Sartre nous rencontrons vraiment le « nihilisme » C’est un gauchissement de la phénoménologie selon la pensée de Edmund Husserl.  Cioran, dont le père était prêtre orthodoxe, prétendait avoir écrit le livre religieux de Roumanie avec des « larmes et des saints »... Il mettait ses amis en « recherche spirituelle » avec les personnes aptes à répondre à leur interrogation métaphysique. Pour vous donner un exemple, il amena son ami George Balan tourmenté religieusement (il fut un temps anthroposophe) à la rencontre de (l'existentialiste chrétien) Gabriel Marcel. A l’issue de l’entretien, Balan alla jusqu’à baiser les mains de Gabriel Marcel. Cioran est ambigu, pratique l’humour de dérision comme système de défense contre la douleur du monde Dans la lecture du livre de Tobie (ou Tobit), j’ai entendu cette semaine à la messe mercredi 2 juin : « ne détourne pas de moi ta face Seigneur car pour moi mieux vaut mourir que connaître tant d’adversités à longueur de vie ».  Cela m’a fait penser à Baudelaire dans « Semper eadem » : « vivre est un mal c’est un secret de tous connu ». Pour en revenir à Cioran, son frère Aurel, aujourd’hui décédé, parlait d’une sensibilité mystique. Et disait : « il est tout à fait absurde de coller l’étiquette d’athée sur le dos de mon frère ». Cioran parle par exemple  de Jacob Boehme dans sa correspondance avec Samuel Beckett.

Ma carrière professionnelle fut si incroyablement désastreuse que j'ai trouvé mon réconfort dans la lecture de Cioran. J’assistai aux obsèques de ce dernier en juin 1995 à l’Eglise roumaine des Saints Archanges où se trouvait le gratin littéraire de l’époque : François Nourricier, Gabriel Matzneff, Jean d’Ormesson, Jean Edern Hallier et bien d'autres Sans doute, je vous écris cela car j’ai l’esprit un peu noir moi-même. Cioran a cette citation : « l’histoire est l’histoire du mal ». C’est très juste."

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