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Articles récents

Appréciation de M. Claude Laharie sur "La guerre d'Espagne vue de Barcelone"

20 Septembre 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Guerre civile espagnole

J'ai reçu ce matin le mail suivant de M. Claude Laharie, agrégé d'histoire, secrétaire général de L'Amicale du camp de Gurs, qui a fait sa thèse sur ce camp, à propos des mémoires de mon grand-père "La Guerre d'Espagne vue de Barcelone".

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Monsieur,
 
        j'ai reçu hier votre ouvrage traduisant les mémoires de votre grand-père. Je viens d'en terminer la lecture.
 
        Je tiens à vous dire que j'ai été frappé par la qualité de ce témoignage de première main.
        Qualité historique des informations, avec une masse de détails et une grande précision spatio-temporelle, comme on l'observe rarement dans ce type de texte. Ce qui est dit, par exemple, du fonctionnement de la colonne Durruti ou de la prise de Barcelone m'apparaissent d'une grande lucidité et d'une grande crédibilité. En outre, plusieurs passsages du texte m'ont semblé assez nouveaux, ou plus exactement apportent un éclairage assez nouveau.
        Qualité du ton, également. L'écriture est vive, rarement subjective, et l'auteur ne cherche pas à se mettre en avant. Et puis, surtout, voulà enfin un texte qui montre la complexité humaine de certaines situations et accepte de faire un peu de place à la nuances. Tout ceci confère à l'ensemble du témoignage une force indéniable.
        Et puis, permettez-moi de vous dire que je ne m'attendais pas à trouver, sous votre plume, un appareil critique de ce niveau. Incontestablement, votre travail est remarquable.
 
        Je souhaite très sincèrement que cet ouvrage connaisse le succès. Il faut encourager sa diffusion, et d'abord, sous une forme ou sous une autre, en Espagne.
 
        Avec mes amicales salutations
 
                                        Claude Laharie
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"Ius, l'invention du droit en Occident" d'Aldo Schiavone

18 Juillet 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Notes de lecture

Je voudrais dire un mot ici du livre "Ius, l'invention du droit en Occident" d'Aldo Schiavone publié en décembre dernier chez Belin et que je commence à peine à parcourir.

Le livre n'est pas toujours très limpide et donne plus souvent l'impression de régler des problèmes ou de démontrer quelque chose que de le faire réellement. Toutefois, il a le mérite de s'attaquer à un problème d'une envergure immense : celui de l'invention du droit à Rome (et non pas en Occident) car pour moi Rome n'est pas l'Occident.

Je suis très intéressé par certaines remarques de Schiavone : son refus d'avoir une appoche évolutionniste des origines de Rome (ce qu'il appelle la genèse interdite - p. 62) pour lui substituer une approche structurale (avec un hommage rendu à Dumézil) puisque rien n'est connu avant le 550 av JC. Sa vision d'une société de chefs guerriers (la proto-aristocratie romaine) qui se coalisent sans homogénéité ethnique, l'aventurier en leur sein qui a pu fonder la ville en rompant les liens de sang (Romulus), le lien de réciprocité entre les pères de famille et leur attache directe au divin. L'auteur évoque comment le culte du divin est en lien étroit avec les prescriptions (dans un rapport d'échanges réciproques) et se demande comment la séparation de l'un et de l'autre (du cultuel et du prescriptif) débouche sur une autonomisation de la sphère de l'éthique au Proche-Orient, du politique en Grèce, et du droit à Rome. Le droit, nous explique Schiavone, naît d'une appropriation du prescriptif par des savants (notamment dan un premier temps les pontifes) qui, tout en l'ayant laïcisé, ne l'abandonnent pas à la société.

Pourquoi cette particularité romaine ? Schiavone la fait dériver d'un "syndrome prescriptif" qui enferme le rapport aux dieux dans un réseau de rituels obsessionnels (la cohorte de dieux et de pratiques qui leur sont associées alors que les Grecs ont préféré des inventions cosmogoniques qui donneraient naissance à la philosophie). Il s'agit de recevoir une garantie divine à chaque instant, symptôme de la crainte permanente des voisins (Sabins, Latins, Etrusques) (p. 70). Cet ensemble de gestes sacrés (la main qui prend, qui donne, le bâton du pouvoir, le pas en arrière, le mot du serment. Le ius porterait la notion indoeuropéenne de yaos, soumission aux rites.

Schiavone trace un parallèle entre le syndrome ritualo-prescriptif de Rome et celui d'Israël. Pour lui, le droit en est devenu le réceptacle à Rome, comme la morale l'est devenue dans la culture judéo-chrétienne. 

Les démonstrations sont parfois un peu rapides et gagneraient  à mobiliser davantage de comparaisons anthropologiques. Mais les hypothèses faites dans les premiers chapitres sont intéressantes. Je reviendrai peut-être sur ce livre quand j'aurai parcouru les chapitres suivants.
 

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Ecrire l'histoire à Rome

9 Juin 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Notes de lecture

Je signale ici mon dernier compte-rendu de lecture livré à Parutions.com concernant l'ouvrage : "Ecrire l’Histoire à Rome" dirigé par Stéphane Ratti - cf http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=4&srid=95&ida=10958

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"Les services juridiques des administrations centrales"

16 Mai 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Sociologie des institutions

Vient de paraître chez L'Harmattan un livre qui condense ma thèse soutenue à Paris I-Panthéon Sorbonne en juillet 2006. Le livre s'appelle tout simplement "Les services juridiques des administrations centrales", il peut être commandé sur http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=28732, et prochainement dans toutes les librairies de quartier et chez les libraires sur Internet. Je livre ci-dessous la présentation telle qu'elle figure en quatrième de couverture.

Le thème de ce livre est un peu éloigné de mes travaux actuels, et un certain nombre d'analyses sont assez marquées par l'état d'esprit du labo auquel j'étais rattaché à l'époque, entre 2001 et 2005 (le Centre de sociologie européenne) qui n'est plus tout à fait le mien aujourd'hui. Toutefois je ne regrette pas cette publication qui concerne un sujet peu exploré dans le champ des sciences sociales (j'ai toujours aimé défricher de nouvelles terres). Je pense qu'il peut être utile à la fois aux praticiens, et à un public d'étudiants qui se destinent à travailler dans le champ bureaucratique, mais aussi aux gens qui réfléchissent à la place du droit dans nos sociétés. On voit ici comment le discours juridique s'impose aux institutions françaises, du moins aux ministères - notamment les stratégies des acteurs qui concourent à cette imposition. La force du livre, je pense, tient au fait qu'il s'appuie sur une expérience de terrain, une "observation participante" comme on dit en ethnologie. Rares sont les chercheurs dans ce domaine très spécifique qui ont à la fois la possibilité d'observer et de pratiquer, en mettant en oeuvre pendant quatre ans une sorte de va-et-viens entre ces deux activités.

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Au cours des années 1990 et 2000, la spécialisation juridique de certains services ministériels français a abouti à l’émergence d’espaces de transition entre l’univers juridictionnel et les organes gestionnaires ou opérationnels de l’Etat. Représentantes de l’administration devant les tribunaux, ces structures agissent aussi comme des interprètes de la parole du juge dans l’univers bureaucratique et, comme telles, sont des acteurs importants de l’imposition d’une légalité à l’action administrative au quotidien. Le présent ouvrage, qui se nourrit d’une observation participante de quatre ans dans une administration centrale, brosse un tableau de l’émergence de ces services tout au long des vingt dernières années, et analyse les dispositions et stratégies mobilisées par les fonctionnaires juristes pour inscrire le discours du droit dans la pratique bureaucratique.
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"La guerre d'Espagne vue de Barcelone" dans la presse

13 Avril 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Guerre civile espagnole

L'Amicale du camp de Gurs a bien voulu signaler l'existence des mémoires de José Colera dans son dernier numéro (mars 2009 n°114). Ils organisent une cérémonie pour les 70 ans du camp le 25 avril 2009.

Un site jurançonnais mentionne aussi ce livre.

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Localisation de mes derniers ouvrages dans les bibliothèques universitaires

1 Avril 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Publications et commentaires

Si j'en crois le répertoire Sudoc, chacun de mes deux derniers ouvrages publiés aux éditions du Cygne se trouvent dans trois bibliothèques universitaires. A suivre...

Livres
Titre: 
La nudité [Texte imprimé] : pratiques et significations / Christophe Colera
Auteur: 
Colera, Christophe

Le livre est aussi à la bibliothèque municipale de Marseille, et celle de Nîmes.

A l'étranger Yale , Harvard, Stanford en ont déjà fait l'acquisition. Idem la bibliothèque universitaire de Genève, la bibliothèque publique de Genève, celle de Neuchâtel, la bibliothèque municipale de Lausane, la librairie du Congrès aux Etats-unis, la Bayerische Staatsbibliothek.

Livres
Titre: 
La Guerre d'Espagne vue de Barcelone [Texte imprimé] : Mémoires d'un garde civil républicain (1936-1939) / José Colera ; traduit de l'espagnol et annoté par Christophe Colera
Auteur: 
Colera, José (1905-1990)
 
 A l'étranger le livre se trouve à la bibliothèque universitaire de Genève, à la bibliothèque publique de Genève, et à la
[+]  Stuttgart, Württembergische Landesbibliothek <24>

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Cléopâtre

22 Mars 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire des idées

Je suis un peu triste de voir des sites qui défendent la cause des immigrés et descendants d'immigrés africains se réjouir bruyamment d'une découverte récente, mise en scène par la BBC, selon laquelle la soeur de Cléopâtre VII dernière reine d'Egypte, Arsinoé (et donc pense-t-on, par voie de conséquence, Cléopâtre elle-même), avait des origines africaines, et peut-être plus triste encore que les sites anti-immigrationnistes attaquent la BBC pour son reportage à ce sujet.

Concernant les premiers sites, il faut se réjouir de cette découverte, fondée sur les ossements de la princesse retrouvés en Turquie. Tout d'abord il faut rappeler que le fait que Cléopâtre et bien d'autres lagides avaient du sang égyptien malgré l'ascendance macédonienne offciielle est très connu depuis longtemps. Dans les livres des années 80 qui n'étaient pas politiquement corrects on rappelait qu'il y avait beaucoup de "bâtards royaux" chez les Ptolémées et l'on signalait une physionomie de Cléopâtre qu'on qualifiait alors de "nilotique" sur les pièces de monnaie. Ensuite je ne voie pas bien en quoi cela mérite d'être mis en avant sur la scène politique, car cela n'ajoute ni ne retranche rien à la justesse des causes contemporaines. La réponse d'un site conservateur même si elle comporte quelques remarques justes (notamment sur le fait que Cléopâtre n'avait sans doute pas la même mère qu'Arsinoé), est attristante aussi par son obstination à nier les métissages dans la Méditerranée orientale. L'argument avancé (la représentation de Cléopâtre dans la statuaire est européenne) ne peut par ailleurs justifier la thèse d'une "pureté macédonienne" de la reine, puisque chacun sait que les représentations antiques étaient largement conventionnelles et gommaient ce qui dans le portrait peut aller à l'encontre du message que le commanditaire voulait faire passer.

Cette polémique coïncide avec un regain de popularité de Cléopâtre dans les années 2000 (films, livres, séries, comédies musicales) qui coïncide avec diverses valeurs de notre époque (la promotion politique de la femme, l'hédonisme, la valorisation des échanges interculturels).
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Match de philo Allemagne-France (Monthy Python)

19 Février 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Philosophie

En anglais sous-titré (il faut passer en accéléré le long sketch du milieu) :



En italien :

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Quotidien

15 Février 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Notes de lecture

Voilà plusieurs semaines que je souhaite publier sur ce blog des extraits du dernier livre de Dawkins sur Dieu : ceux où il explique que nous sommes des blocs de matière qui s'attirent les uns les autres, que nous nous rappelons notre enfance alors nous n'avons pourtant en nous aucun atome de cette époque-là (sauf peut-être dans les os, ce qui suppose donc que le corps n'a cessé de dupliquer chimiquement dans le cerveau et dans la chair le souvenir de ce temps lointain) ou que nous serions bigrement plus sensibles aux champs magnétiques si nous avions la taille d'une mouche. Tout cela est terriblement fascinant, mais ainsi que je l'ai déjà écrit, mon triste job actuel capte tant d'énergie que je ne suis même pas capable d'aller rechercher les passages pertinents dans les livres. 

Et puis, je ne suis peut-être pas vraiment d'humeur à me lancer dans des considérations rationalistes en ce moment, malgré toute l'admiration que m'inspire ce courant de pensée. Peut-être suis-je en train de cultiver secrètement quelque nostalgie à l'égard de ma jeunesse abreuvée de christianisme et de superstitions diverses. Un petit documentaire sympathique sur Arte à propos des Germains hier, qui s'ouvrait sur les prophéties d'une jolie prêtresse, a peut-être contribué à raviver en moi le regret du temps où je croyais que l'humain était plus que ce qu'il est, toute cette mythologie de l'individu à mi-chemin entre animalité et divinité. Au passage je dois dire que ce documentaire sur la Germanie antique était extrêmement bien fait, et fascinant, tout comme un autre d'ailleurs, diffusé ce weekend, qui parlait longuement des persécutions des Juifs dans le Saint-Empire au Moyen-Age. L'univers allemand nous est au fond toujours assez méconnu à nous autres, Français. Il me semble que nous serons bientôt plus entraînés à voir le monde et considérer l'histoire du point de vue d'un Américain que du point de vue d'un Allemand, ce qui est somme toute bien dommage quand on sait l'apport de cette culture à l'Europe (j'ai notamment rendu compte il y a quelques mois d'un ouvrage sur l'influence germanique sur le Moyen-Age français). De toutes les disciplines que j'ai étudiées dans le cadre scolaire, la seule qui, avec sincérité, et même parfois une véritable passion, me portât à penser d'un point de vue allemand fut la philosophie. Ce ne fut pas toujours pour le meilleur, mais au moins cette matière rendait justice autant qu'il se pouvait à cette grande culture.

Je cultive plusieurs projets en ce moment, notamment celui d'écrire quelque chose sur ces guerres civiles romaines du Ier siècle avant Jésus-Christ qui m'intéressent depuis l'enfance (je pense que la série Rome m'en a donné envie). Le fait de ne plus être lié à aucun laboratoire de sociologie (après la remise en cause d'une attestation de septembre qui démontrait le contraire) peut me donner cette liberté, mais, d'un autre côté, je pense que mon jeune éditeur ne prendrait le risque financier de publier un mien essai sur Rome qu'à la seule condition que mes autres livres fassent un peu parler d'eux.

Or, pour l'heure un grand silence entoure mon ouvrage sur la nudité.  Et je ne parviens toujours pas à boucler pour l'Harmattan mon bouquin sur les services juridiques (je n'ai plus l'énergie de me consacrer à la relecture orthographique).

J'ai fait une recension en janvier du dernier livre d'Agnès Giard sur le Japon. Un joli livre très intriguant. Comme je l'ai écrit, on aurait envie d'approfondir sur un plan anthropologique les pistes que son auteur esquisse. Cet ouvrage met de bonne humeur. Agnès est quelqu'un de très libre et de très enthousiaste. Et le Japon est un sujet inépuisable, qui a beaucoup marqué ma génération, à travers les dessins animés notamment. Ce Japon occidentalisé à travers lequel perce une vieille sensibilité mi-shamanique, mi-taoïste fut si bien croqué par Mishima. Son livre qui m'a le plus impressionné fut L'Ecole de la chair. Peut-être parce que je ne suis toujours pas bien revenu du fait qu'un homme homosexuel réac puisse décrire avec tant de profondeur les désirs d'une femme hétéro moderniste. Bel exemple de "devenir-autre" comme eût dit Deleuze qui a lui aussi dit et écrit du bien du Japon, et qui peut-être fut le philosophe français le plus "japonais".

Parutions.com a commandé pour moi quelques livres dont un sur les Ménades qui paraîtra en mars aux Belles Lettres. J'ai hâte de le recevoir. Dionysos m'intéresse, jusque dans ses représentations les plus conventionnelles et les plus assagies des chambres nuptiales de bourgeois à Pompéi (parce que, selon moi, il n'y a pas d'assagissement, comme dans les Aphrodites protectrices des bonnes mères, il n'y a pas de rupture entre la transe extatique et la paisible gestion quotidienne des choses insignifiantes, j'en suis profondément convaincu). Dionysos m'a poussé vers Shiva récemment. Mais j'ai envie de retrouver les cieux grecs.
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Yoga et Islam

3 Février 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Shivaïsme yoga tantrisme

Dans le journal Le Monde aujourd'hui, un article qui signale que le yoga après avoir été banni d'Indonésie et de Malaisie par de hauts responsables religieux, vient d'être autorisé en Inde, le deuxième plus grand pays musulman du monde, par l'école coranique du Darul Uloom Deobandest. L'article précise que le yoga est "enseigné dans les chapelles luthériennes du Minnesota, où une association de professeurs de "yoga chrétien" a même été créée" et qu'il est aussi "très populaire en Iran, un pays pour le moins rigoriste en matière religieuse, où il a même droit à un magazine spécialisé sur le sujet." Maulana Ahmad Khazir Shah, vice recteur de cette école coranique, reconnaît toutefois dans l'Hindoustan Times que les musulmans ont tendance à devenir nerveux quand les professeurs de yoga enseignent que le gourou est un dieu vivant.

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Universalité de la morale

30 Janvier 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Philosophie

Extrait de Pour en finir avec Dieu de Dawkins (p. 232 - 235) :

"Si notre sens moral, comme notre désir sexuel, est profondément enraciné dans notre passé dawrwinien, antérieurement à la religion, on devrait s'attendre à ce que la recherche sur l'esprit humain mette au jour des universaux moraux, au delà des barrières géographiques et culturelles, et aussi, c'est crucial, des barrières religieuses. dans son livre Moral Minds : How nature designed our universal sense of right and wrong, le biologiste de Havard Marc Hauser a exploité à fond un thème fructueux d'expériences de pensée suggéré à l'origine par des philosophes moralistes (...). On présente un dilemme moral hypothétique, et notre difficulté à y répondre nous renseigne sur notre sens du bien et du mal. (...) Les dilemmes moraux typiques de Hauser sont desvariations sur le thème du camion fou, ou du "wagonnet" fou sur des rails de chemin de fer, qui menace de tuer un certain nombre de personnes. Dans la version la plus simple, on imagine une personne, Denise, à côté d'un aiguillage et susceptible de détourner le wagonnet vers la voie de délestage, sauvant ainsi la vie de cinq personnes coincées en amont sur la voie de délestage. Malheureusement, un homme est coincé sur la voie de délestage. Mais comme il est seul, en infériorité numérique par rapport aux cinq de la voie principale, la majorité des personnes interrogées s'accordent à dire qu'il est moralement permis, sino obligatoire, que Denise actionne le levier pour suver les cinq en tuant celui qui est seul. Nous ne prenons pas en considération des possibilités hypothétiques, comme le fait que l'homme sur la voie de délestage pourrait être Beethoven ou un ami proche.

Les élaborations de cette expérience de pensée présentent une série de cas de plus en plus aigus. Et s'il est possible d'arrêter le wagonnet en faisant tomber (...) un énorme bonhomme assis sur le pont (...). Ce que veut montrer Hauser, c'est que ces intuitions morales ne procèdent souvent pas d'une rélexion bien élaborée, mais qu'elles se font quand même forteùent sentir du fait de notre héritage dans l'évolution.

Dans une curieuse incursion dans l'anthropologie, Hauser et ses collègues ont adapté leurs expériences sur la morale aux Kuna, une petite tribu d'Amérique centrale n'ayant guère de contacts avec les Occidentaux et pas de religion formelle (...) on observe chez les Kuna les mêmes jugements moraux que chez nous."
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"What is more enlightened"

25 Janvier 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Otium cum dignitate

Une remarque très juste que je trouve dans les commentaires sur you Tube sous http://www.youtube.com/watch?v=599AzvrUqo0 et qui me fait penser aux lignes d'Octave Mirbeau sur le massacre de la famille royale de Ceylan par les anglais :

Actually, only Caesarion was executed.Out of the rest of Cleopatra's children, Caesarion was a threat because not only does he bear Caesar's name, but also stands in the way of legit rule as son of Caesar. the rest of Cleo's children were cared for and raised by Octavia. Cleopatra Selene herself became a royal queen. Seriously, imagine if they existed during the 19th c. english rule. None of them would stand a chance. Comes to show what is more enlightened, the romans or the english. 
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La série "Rome"

17 Janvier 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Otium cum dignitate

Je regarde en ce moment en DVD la série "Rome", une co-production HBO-BBC, qui fut diffusée sur Canal+. Il faut louer l'intention des auteurs de cette série qui ont entrepris de mettre en scène la fin de la République, sujet passionnant et complexe assez peu traité à l'écran. La série a du charme, elle échappe heureusement à de nombreux clichés des péplums pour restituer un certain exotisme de Rome (dans le rapport à la religion notamment, mais aussi le machisme, la violence, la prégnance des hiérarchies sociales, autant d'éléments étrangers à nos cultures, ou en tout cas très atténués).

Quelques défauts cependant. Diverses particularités de la mentalité romaine sont complètement passées sous silence, surtout le rapport à la famille élargie (gens) et aux ancêtres (dont les effigies trônaient à l'entrée des maisons patriciennes) sans lesquels on ne peut pas comprendre la politique de cette époque. Certains partis pris contestables sont adoptés (par exemple dans la valorisation de la sexualité : celle-ci était présente à Rome comme partout, mais avec certains tabous dont le film ne rend pas compte). Surtout, le parti pris "pro-césarien" de Rome (qui va bien avec l'esprit de notre temps) va à l'encontre du témoignage des principaux historiens de l'époque ou immédiatement postérieurs. Caton n'était pas ce vieil homme intégriste et pervers que décrit le film, et le déclenchement de la guerre civile n'est nullement imputable à un outrage à la fonction tribunicienne de Marc-Antoine voulu par Caton (Caton était au contraire le défenseur des fonctions républicaines, quelles que soient la couleur politique et la personnalité de celui qui la porte, même les césariens de l'époque n'ont pu lui dénier ce mérite). Il est aberrant que le film fasse l'impasse sur toutes les basses manoeuvres de César pendant et après sa victoire en Gaule. D'une manière générale il existe un grand aveuglement sur les intentions "démocratiques" de ceux que leurs adversaires appelaient les populares, et dont César était le leader après ses succès gaulois. Une série qu'il ne faut donc pas prendre au pied de la lettre, mais qui reste agréable à regarder.
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Héritage génétique

27 Décembre 2008 , Rédigé par CC Publié dans #Anthropologie du corps

Je lis aujourd'hui dans la presse :

In 2003, an international team of researchers reported in the same journal they had found genetic evidence that 8 percent of men in Central Asia, 0.5 percent of men globally, carried genes that could arguably be linked to the Mongol invader Genghis Khan.

Puis plus loin :

As many as one in 17 men living in the Mediterranean region carries a Y-chromosome handed down from a male Phoenician ancestor, the team at National Geographic and IBM reported in the American Journal of Human Genetics.

Les travaux de l'équipe de chercheurs dirigée par Chris Tyler-Smith du Wellcome Trust Sanger Institute sont publiés sur http://www.cell.com/AJHG/.

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