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Articles récents

Premiers pas dans le tantrisme... (I)

19 Janvier 2011 , Rédigé par CC Publié dans #Shivaïsme yoga tantrisme

Peut-on commencer à découvrir le tantrisme à travers un auteur "trouble" comme Julius Evola - je veux dire quelqu'un qui a soutenu le fascisme italien et qui a une vision assez grotesque de la "décadence" occidentale ? J'aurais tendance si l'on sait faire preuve d'un certain recul pourquoi pas. Après tout sur le shivaïsme beaucoup commencent par Daniélou qui est aussi très à droite. Et nous avons tous lu Mircea Eliade qui avait lui aussi une vision très suspecte de l'histoire des civilisations et de l'histoire de la "spiritualité". Ces auteurs sont plus facile d'approche que des universitairs érudits qui noient le lecteur sous les références et n'osent avancer aucune idée puissante.

Evola provoque avec sa haine foncière du monde contemporain. Lisons ses arguments et sachons traduire à notre propre manière, contre lui s'il le faut, les éléments factuels qu'il livre.

 

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Commençons donc la lecture de "Le Yoga tantrique", un livre publié en France en 1971, une lecture que nous émaillerons de remarques, et d'interrogations comme elles viennent.

Dans les premières pages Evola aborde l'historique : un mouvement qui traverse la culture indienne entre le 1er et le 5ème siècle de notre ère. Un mouvement qui émanerait du substrat dravidien (ce qui est aussi le cas du shivaïsme disait Daniélou... et j'essaierai au fil de ma lecture de voir si l'on peut construire quelques ponts entre les deux doctrines et comment - on a vu qu'Onfray est pour sa part plutôt enclin à rejeter l'interprétation tantrique des fresques de Khajurâho pour revenir au shivaïsme en plaçant le shivaïsme contre le tantrisme d'une certaine manière.

Le tantrisme est un mouvement qui "convertit" toutes les écoles de pensée hindouïste et se pose en "quatrième Véda". Il se cristallise autour de la figure de Kâlî, nous dit Evola, Khali, déesse du sexe et de la destruction (avatar de la Shakti originelle), qui permet de penser le monde non plus comme illusion (Maya) mais comme puissance. Une puissance destructrice qu'il faut apprendre à rendre constructive (comme le venin peut devenir un médicament).

Voici donc ce que serait le socle idéologique du tantrisme.

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Glamour m'interviewe - quelques réflexions qui me viennent

12 Janvier 2011 , Rédigé par CC Publié dans #Interviews en rapport avec mon livre "La nudité"

Une journaliste de Glamour m'interroge sur l'exhibitionnisme ambiant qui semble régner chez les jeunes adolescentes (sur les réseaux sociaux notamment), et sur les revues qui comme Edwarda ou L'Imparfaite ouvrent leur page à des amatrices prêtes à poser nues.

 

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La nudité dans toutes les civilisations fonctionne à la fois comme instrument d’affirmation de soi et comme instrument de don, dans la relation amoureuse par exemple. L’affirmation de soi à travers la nudité étant plutôt l’apanage des hommes (mais pas seulement), et le don celui des femmes (pour des raisons qui tiennent en partie aux fondamentaux de la sexualité masculine et féminine).

 Depuis 30 ans on a un langage du corps qui est très valorisé dans la société et qui s’est substitué aux mots à la recherche du beau langage

On a ça dans tout : le théatre, le cinéma même la philosophie, une attention de plus en plus grande accordée au corps comme expression de la personnalité.

 On a aussi des moyens technologiques qui ont permis une démocratisation de la mise en scène du corps et la démultiplication de sa diffusion. Le téléphone portable muni d’une caméra, la webcam, la diffusion par email et sur les réseaux sociaux.

 On a enfin des icônes très médiatisées de Madonna à Lady Gaga qui ont été des points de cristallisation de cette affirmation de soi à travers un corps provocant.

 

Mais aussi les actrices de Walt Disney comme Lindsay Lohan, Vanessa H, Miley Cyrus etc

 
Cela tend à valoriser la photo nue, la sextape, le striptease comme autant de preuves d’une aisance dans ce qu’on est.

Les jeunes filles qui font l’apprentissage de leur corps, de leur sexualité, du rapport à l’autre au seuil de l’âge adulte trouvent donc là un langage et des éléments fédérateurs qu’elles peuvent difficilement refuser. C'est l'équivalent du poême d'amour au milieu du 20ème siècle.

Cela dit l’adhésion se module en fonction de la psychologie de chacun.

Sur les réseaux sociaux ce sont souvent des profils assez typés de jeunes filles qui éprouvent le besoin de se montrer seins nus

Soit des filles timides, qui sortent peu en boîte, qui parlent peu et qui se mettent ainsi en valeur par l’image, soit des filles qui ont un profil psychologique plus extraverti que la moyenne.

Les filles qui sont moins dans la dépendance à l’égard du regard d’autrui (et du regard masculin), pouvant plutôt se contenter de diffusion d’images d’elles dans des réseaux plus restreints, ou l’envoi du strip tease à leur petit ami.

Ce n’est pas pour autant une abolition complète des normes de pudeurs, car les filles qui s’affichent sur Facebook sont un peu dans des univers parallèles façon la Second Life et ne sont pas forcément capables d’assumer toutes les conséquences dans la vie réelle (agressions, chantages etc) que ces exhibitions peuvent entraîner. D’ailleurs elles ne se montreraient pas ainsi s’il n’y avait pas un appareil photo ou une caméra qui les « campent dans le rôle » et donnent une théatralité à leur geste.


N'oublions pas les chiffres du sondage de Tena qui indiquaient en 2009 un fort pourcentage de femmes qui se disaient pudiques dans la vie réelle même chez les ados.

Pour les revues l’oscillation entre des représentations réalistes et des représentations idéalisées de la nudité est une constante en Occident depuis la Renaissance. On peut penser à L’Origine du monde de Gustave Courbet contre la Naissance de Vénus d’Alexandre Cabanel

On a eu ces mêmes tendances dans le porno depuis sa création et dans l’érotisme.

Au début des années 2000, le porno chic a d’une certaine façon diffusé dans le domaine de la publicité un imaginaire à la Marc Dorcel et Hot Vidéo qui s’opposait au porno trash.
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Puis dans le domaine du porno le gonzo  est venu remettre en cause le porno classique (avec décors et scénarios) tout en valorisant les corps ordinaires. Internet, les nouveaux moyens de filmer les corps allaient dans le sens de la démocratisation du porno. Et du coup, cette démocratisation est allée un peu à l’encontre de l’effort qui avait été fait dans la période précédente d’esthétiser la sexualité même la plus hard.

On est au delà du clivage hard-trash qu’on trouvait dans les années 1990. C’est un « porno démocratique » , « next door » un porno dont tout un chacun peut être l’acteur qui s’impose.

Et donc les gens qui travaillent sur l’esthétisation de l’image comme la revue Edwarda doivent en tenir compte. Sa directrice Sam Guelimi déclare dans une interview à Grazia.fr que « la vulgarité s’invite parfois » dans sa revue. Idem avec « L’Imparfaite » essaie de s’ouvrir à toutes les sexualités. American Appel a su anticiper sur ce besoin de chacun de s’approprier un droit à montrer son corps. Terry Richards aussi.

L’aristocratisme est mal vu, soupçonné d’entretenir une spiritualité surannée autour d’un « Eternel féminin » figé, jusque dans la façon dont Andrew Blake filmait autrefois les fellations

En France 62 % des ados ont vu un film X au cours des derniers mois (Inserm 2005) et le X irrigue l’imaginaire des autres genres de représentation, donc cette démocratisation du X devait aussi avoir des effets sur la représentation de l’érotisme en général. D'une manière générale c'est la démocratisation du nu, façon "Belle toute nue".

 

Je parlerai plus précisément de tout ça à la journaliste de Glamour demain.

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"Femme loire" en touraine, l'Eglise contre une statue

23 Décembre 2010 , Rédigé par CC Publié dans #Nudité-Pudeur en Europe

La région de Tours, peut-être parce qu'elle est très imprégnée de catholicisme, a fait parler d'elle à deux reprises en 4 mois dans les grands médias sur la question du dévêtissement des corps. Une première fois dans le cadre de manifestations contre les retraites à Tours, et ce mois ci en ce qui concerne la "Femme Loire". Un artiste propose d'ériger une immense statue païenne à deux pas du monastère de Marmoutier. Certains reportages comme celui de TV Tours ci dessous parviennent bizarrement à occulter le fait que la nudité est un élément important de la polémique. Pourtant l'argument revient souvent.

 

Ce projet est un "marqueur d'identité" a déclaré l'élu municipal de Tours en charge du dossier M. Lavillatte. Dans la compétition des territoires il faut des signes quasiment publicitaires qui se voient de très haut, en avion. Une des formes du néo-paganisme, un équivalent de la vieille Artémis d'Ephèse aux multiples mammelles qui suitaient du lait.

 

 

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Le shivaïsme chez Michel Onfray

22 Décembre 2010 , Rédigé par CC Publié dans #Shivaïsme yoga tantrisme, #Philosophie, #Anthropologie du corps

Avant de retourner au shivaïsme de Daniélou synthétisons la façon dont Onfray synthétise le sujet (j'en ai parlé déjà il y  deux ou trois ans sur ce blog.

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Dans son Souci des plaisirs, Onfray aborde le shivaïsme après une condamnation de l'érotisme de Bataille qu'il juge morbide. Son intérêt pour le shivaïsme et l'Asie lui serait venue du temple de Khajurâho dont la photo trônait en couverture de l'édition chez 10-18 de L'Erotisme. Pour Onfray Khajurâho est un anti-Vézelay (haut lieu de l'ordre de Cluny où Bataille est enterré).

Suivons pas à pas les paragraphes d'Onfray. Che lui, je l'ai déjà dit, je trouve beaucoup d'approximations énervantes. Quand Onfray parle de "la pratique inchangée du culture shivaïte depuis dix mille ans" je ne le crois pas. Pas plus que je ne crois à son hypothèse selon laquelle le "point rouge" des hindous "ornait probablement (sic) le front des gymnosophistes qui ont généré la pensée grecque avant Socrate" (p. 123 - gloups! ). Parce que les gymnosophistes sont les sages indiens qui auraient initié Pyrrhon d'Elis ne sont cités qu'à l'époque hellénistique, Pyrrhon lui-même si je me souviens bien fut un soldat d'Alexandre et c'est à ce moment là qu'eut lieu la grande Rencontre Orient-Occident qui allait donner l'art du Gandhara, les grands royaumes grecs bouddhistes de Bactriane etc. Mais même si on suit MacEvilley sur les influences indiennes sur l'Inde et réciproquement à l'époque classique, celui-ci est très loin d'affirmer que des sages hindous aient pu "former" des présocratiques. Encore moins qu'on ait pu à ce moment là les qualifier de "gymnosophistes". Veut-il, lorsqu'il se réfère aux "soixante siècles avant les pyramides" se référer aux premiers indo-européens qui formeraient le substrat commun aux Grecs et aux indiens Aryens ? Mais alors au nom de quoi dire qu'il y avait parmi eux des "gymnosophistes", et comment savoir qu'ils avaient déjà adopté le "point rouge" ? Tout cela ressemble à un petit rêve de professeur de collège qui extrapole un délire à partir de deux ou trois notions "point rouge" "gymnosophistes" "pyramides" qu'il a vaguement croisées dans ses livres.

Onfray "déduit" de la forme architecturale de Khajurâho que "derrière la multiplicité des dieux du panthéon indien se trouve toujours Shiva", puis se livre sur deux pages à une apologie des gros seins et des hanches généreuses des figures féminines du temple (pour les opposer systématiquement aux corps "tristes" de l'iconographie chrétienne). Puis quand il en vient aux scènes de zoophilie et au rire des touristes devant elles (il pense que les touristes n'y voient que l'aporie solipsiste de la sexualité masculine), Onfray quitte la solitude (sollipsiste elle aussi) de ses déductions pour faire un détour par un regard tiers, celui du "spécialiste mondial du tantrisme" (p. 129) qu'il a rencontré en compagnie d'une équipe de reporters espagnols qu'il connaissait. Le philosophe repose à ce "gourou" de vouloir "verrouiller" toute interprétation possible à partir d'une connaissance ésotérique de la symbolique tantrique que seul ce spécialiste aurait (mais Onfray reconnaît quand même que le spécialiste a écrit un livre là dessus, ce qui n'est donc pas si ésotérique).

Onfray ne citera pas son nom. Son texte va viser avant tout à discréditer l'interprétation du gourou. Dans un premier temps (p. 130) il va s'attacher à montrer que le tantrisme n'est pas ce qu'on croit. Que ce mot peut s'appliquer à toute "pratique métaphysique - corporelle - dans laquelle les exercices spirituels permettent la transmission ésotérique". Il pense donc à partir de là que le tantrisme remontait aux Dravidiens avant l'invasion aryenne de l'Inde (en soulignant à nouveau que leur shivaïsme fut en fait le père de l'hindouisme, du bouddhisme... et de la philosophie grecque ! of course). Ensuite c'est finalement la scène zoophile qui va lu permettre de s'éloigner définitivement de l'interprétation du spécialiste, le "gourou" ayant eu un peu rapidement tendance à expliquer la zoophilie uniquement par le "réalisme" de la scène qui montre des soldats en campagne confrontés à la pénurie de femmes (p. 133).

A partir de là, le philosophe va reprendre cette scène de zoophilie pour affirmer que l'homme en pénétrant la jument reproduit le geste fécondant de Shiva, puis développe une apologie du shivaïsme comme refus de la rupture du continuum entre hommes et animaux qu'instaure le christianisme. Du coup dans le holisme shivaïque se  réconcilieraient "les parties de la nature dans une grande Unité spinoziste" (p. 139), ce qu'Onfray va encore retrouver dans la conception du corps en Inde où le dualisme n'existerait pas, une conception qu'il va s'empresser en quelques phrases rapides (qui tiennent plus du slogan que de la démonstration) à rapprocher du "conatus" de Spinoza, de la volonté de Schopenhauer (pas très enthousiaste pour la sexualité pourtant) et des "machines désirantes" de Deleuze... pour enchaîner sur le Kamasûtra (sans démontrer non plus quel continuum existe réellement entre le shivaïsme et cette oeuvre, autrement que par une hypothétique prégnance de Shiva dans toute la pensée indienne).

Voilà l'état du dossier en ce qui concerne Onfray. Je reviendrai sur tout cela prochainement.

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Enquêter : de quel droit ? Menaces sur l’enquête en sciences sociales Coordonné par Sylvain Laurens - Frédéric Neyrat

8 Décembre 2010 , Rédigé par CC Publié dans #Sociologie des institutions

Encore un signe de la mauvaise santé des sciences sociales, ce livre : "Enquêter : de quel droit ?". Non seulement les seuls sociologues qui intéressent la société - ou plutôt sa vitrine officielle : les médias - sont ceux qui répètent les préjugés les plus répandus, mais ce seront aussi bientôt des sociologues qui n'auront guère enquêté... car le droit d'enquête est de plus en plus limité...

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Enquêter : de quel droit ?
Menaces sur l’enquête en sciences sociales

Coordonné par Sylvain Laurens - Frédéric Neyrat
Éditions Le Croquant
2010

 

4ème de couverture :


Face aux normes éthiques et aux règles juridiques qui régissent la vie privée ou la propriété intellectuelle, les sociologues, et plus largement tous les chercheurs en sciences sociales, se voient de plus en plus souvent opposés les droits des personnes enquêtées ou d’autres principes supérieurs, jusqu’à voir parfois la réalisation de leur enquête ou sa publication menacées.


Cet ouvrage a pour objet ces tensions entre droit à l’enquête et droits des enquêtés, ce croisement conflictuel entre la légitimité scientifique et différents registres possibles de mise en suspens du droit à l’enquête. Il a pour ambition de créer un espace de confrontation et d’échanges sur des expériences d’enquêtes passées qui ont pu être limitées voire interrompues par la volonté des enquêtés ou des autorités. Il est aussi l’occasion de faire le point sur les droits que peuvent faire valoir les chercheurs en sciences sociales mais aussi sur leurs devoirs face à une judiciarisation croissante des rapports sociaux qui pourraient menacer à terme leur autonomie.


Verra-t-on bientôt en France, comme cela peut être déjà le cas dans certaines universités américaines, des chercheurs faire signer à leurs enquêtés des questionnaires attestant du caractère « non violent » des questions posées ? A l’inverse, le bricolage et les arrangements sur mesure dont s’accommodent généralement les chercheurs peuvent-ils garantir le fonctionnement pérenne d’une recherche en sciences sociales sur le long terme ?

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Jean Claude Bologne, Pudeurs féminines - Voilées, dévoilées, révélées

24 Novembre 2010 , Rédigé par CC Publié dans #Généralités Nudité et Pudeur

Une fois n'est pas coutume, je vous livre ici l'intégralité du compte-rendu que j'ai fait pour Parutions.com du dernier livre de Jean Claude Bologne, car ce livre me paraît très important pour la sociologie du corps.

 

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Jean Claude Bologne   Pudeurs féminines - Voilées, dévoilées, révélées
Seuil - L'univers historique 2010 /  22 € - 144.1 ffr. / 391 pages
ISBN : 978-2-02-097990-0

 

Auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire des mœurs et notamment, en 1986, d’une Histoire de la pudeur, qui a inspiré une génération de chercheurs, d’étudiants et de curieux dans ce domaine, Jean Claude Bologne propose cette année, vingt-cinq ans plus tard, un complément à ce travail. Il justifie ce choix par la nécessité d’affiner les concepts et les conclusions de son ancien livre, d’intégrer les résultats de la recherche récente, et de mieux étudier le sentiment de pudeur, pas seulement le comportement, en s’intéressant plus particulièrement aux femmes.

Sur le plan des concepts, l’ouvrage de 1986 en comprenait déjà beaucoup. Après une étude thématique (la pudeur au lit, au théâtre, etc.), la conclusion attribuait à chaque époque un type de pudeur : pudeur sacrée dans l’Antiquité, pudeur religieuse au Moyen Âge, pudeur conventionnelle à la Renaissance, pudeur sociale au XVIIe siècle. Le livre de 2010 fait de même et attribue de nouvelles catégories à chaque époque : pudeur naturelle antique, pudeur théologique médiévale, pudeur naturelle à l’époque classique.

On trouvera dans ce dernier livre des développements nouveaux et très utiles pour éclairer le débat contemporain sur le thème du voile (en remontant à Rome, au Moyen-Âge, dans le monde musulman, juif, chrétien) qui en précisent le statut social et théologique. Beaucoup de subtilités des controverse oubliées sont restituées, qui permettent de mieux comprendre non seulement l’époque considérée, mais aussi celles qui la suivront. Ainsi, lorsque Bologne insiste sur le fait que la nature peccamineuse attachée aux parties génitales dans la chrétienté médiévale est presque entièrement liée à leur propension à désobéir à la conscience, non seulement il instruit le lecteur sur le Moyen-Âge, mais encore il lui permet de comprendre les considérations de Montaigne sur l’imprévisibilité de l’érection masculine, que l’on pourrait croire, de prime abord mais à tort, propres aux problématiques de la Renaissance.

Le côté récurrent des thématiques, d’un siècle à l’autre – avec des inflexions liées aux représentations de chaque génération –, est bien rendu par l’approche historique sur une longue période : ainsi sur la question de la naturalité de la pudeur ou celle de l’appréhension de la pudeur tantôt comme une source d’excitation, tantôt comme un moyen de réprimer le désir. En même temps, il ne s’agit jamais d’un «éternel retour du même». A mesure que l’humanité tisse (en Europe occidentale) un arrière-plan rationaliste, les interrogations se déplacent pour ainsi dire du divin vers les organes.

On recommandera particulièrement les pages que Bologne consacre au moment (au XIXe siècle) où le problème de la naturalité de la pudeur est mis en perspective avec celui de la fécondité humaine. L’historien ne le mentionne pas, mais il y a là une étonnante préfiguration d’interrogations qui ont cours aujourd’hui dans le monde anglo-saxon. Évidemment, le risque – inhérent à la réduction des problèmes humains à de successions narratives toujours sources de relativisme –, serait alors de ne voir dans les débats néodarwiniens contemporains qu’une répétition d’une mode d’il y a cent-trente ans. Il faudra se garder de trop suivre cette pente.

D’une manière générale, en ce qui concerne le XIXe siècle, le lecteur trouvera sous la plume de J.C. Bologne un long chapitre très complet et très suggestif qui exploite divers traités de l’époque aussi bien que des analyses récentes (notamment de Marcela Iacub) et offre un panorama très riche des rapports à la nudité dans les divers domaines du droit, des beaux-arts, de la médecine. Pour le siècle suivant, l’auteur fournit un dossier intéressant sur les approches de Nietzsche, Freud, Beauvoir, Merleau-Ponty, le darwinisme, le naturisme, le nazisme, et le communisme sexuel (l’amour libre). Son travail rend justice aux recherches les plus récentes sur la pudeur contemporaine : aussi bien celles qui voient en elle une forme de «respect» d’autrui que signifie le voilement, que celles qui s’intéressent au besoin de transgression (d’«extimité») dont les médias offrent des illustrations quasi-hebdomadaires. Pour terminer, l’historien se départit de sa neutralité académique, et confesse un penchant, inspiré de François Jullien, pour la pudeur contre la décence, c’est-à-dire pour un sentiment qui laisse place au jeu des regards et ne fige pas les identités et les espaces, un parti pris auquel on peut ne pas adhérer mais qui a le mérite d’être énoncé… sans fausse pudeur.

Dans chaque remontée du temps qu’il nous offre, J.C. Bologne prend le soin de revenir aux sources contemporaines de l’époque qu’il traite, un travail de philologue scrupuleux qui lui fait rechercher la racine des expressions couramment citées, qu’il s’agisse des théories de Freud comme du Coran (dont il a vérifié près d’une dizaine d’éditions en français depuis 1840). Ce goût pour les sources classiques s’avère fécond pour les derniers siècles car il restitue le point de vue des acteurs dans leur langage même.

Il devient cependant plus aléatoire quand il s’agit de temps plus anciens où les ressources textuelles de première main se font rares. Ainsi pour la Grèce, Bologne ne se fonde que sur des textes littéraires de l’Antiquité (qui, sur le rapport au corps sont peu nombreux et très souvent partiaux), ce qui le conduit à négliger beaucoup d’apports de l’archéologie et de l’iconographie. Par exemple sur le thème du voile, l’historien aurait beaucoup gagné à exploiter le livre récent de Lloyd Llewellyn-Jones, Aphrodite's tortoise. Cela lui aurait permis d’historiciser plus précisément les normes de pudeur féminines (loin d’être constantes d’un siècle à l’autre chez les Hellènes comme le laisse entendre J.-C. Bologne) et aussi de penser plus profondément la connexion Grèce-Proche Orient. Sans doute la lecture de ses collègues aurait également épargné à l’historien certaines généralisations excessives comme celle que l’on trouve page 24 à partir du seul mythe de Candaule : «L’excès (hybris) n’est pas condamnable en soi, mais lorsqu’il s’y livre, dans les festins, à la guerre, le Grec a conscience de renoncer à la civilité (…). L’acte sexuel libère l’hybris. L’homme entend s’y adonner totalement, en oubliant la mesure… mais sans témoins».

De même sur Rome, on aurait aimé trouver les travaux de Pierre Cordier (Nudités romaines) ailleurs qu’en fin d’ouvrage dans la bibliographie. Leur mention dans le corps du livre aurait peut-être permis d’éclairer, par exemple, le rapport à la nudité des pieds à Rome (très bien traité dans Nudités romaines) que J.C. Bologne semble considérer à tort comme une nouveauté médiévale. Il y a aussi sur Rome quelques approximations regrettables. Ainsi J.-C. Bologne écrit (p.88) «Depuis le péché originel est inscrit en chacun dès sa naissance. Aussi les vierges ne montrent jamais une chair qui pourtant n’a jamais péché. Lorsque Perpétue, martyrisée en 203, voit sa tunique déchirée par le taureau qui la piétine, elle recouvre son corps d’un ultime réflexe». Il oublie alors seulement (et pourtant, c’est un point central du martyre de cette sainte), que Sainte Perpétue de Carthage n’était pas une vierge, mais une jeune mère qui allaitait encore son bébé (matronaliter nupta), ce qui rend l’exemple inapproprié à la phrase qu’il est censé illustrer.

On peut aussi regretter que, suivant la formation classique mais désormais datée, Bologne fasse plonger les racines de notre histoire chez les Gréco-romains et dans la Bible, en oubliant au passage complètement les Celtes et les Germains (heureusement valorisés par l’historiographie récente). Cela aurait notamment permis de renvoyer à leurs origines germaniques certaines spécificités du Moyen-Âge français comme l’exhibition publique des femmes adultères nues (comme nous le suggérons dans notre propre ouvrage sur la nudité, que J.C. Bologne a l’amabilité de citer mais sur d’autres sujets).

Plus profondément, à côté de son évocation des récurrences, on perçoit toujours chez Jean-Claude Bologne (et c’était déjà le cas dans livre de 1986) un penchant pour le constructivisme. Ainsi quand (p.107) il s’attache à démontrer que le Moyen-Âge européen «invente» une pudeur en fonction du regard. Hélas cette hypothèse s’accommode mal des remarques faites dans Nudité et pudeur, le mythe du processus de civilisation de Hans Peter Duerr (que l’historien, pp. 8 et 98, appelle seulement «Peter Duerr», et dont il finit par condamner explicitement la thèse en conclusion de son livre). L’anthropologue allemand repérait en effet un lien de la pudeur et des regards dans toutes les sociétés y compris celles qui vivent «nues». Bologne le relève d’ailleurs dans son propre chapitre sur le travail des ethnologues du début du XXe siècle, mais n’en tire pas de conclusion sur son propos au sujet du Moyen-Âge, un peu comme si cette problématique du regard n’existait justement que dans le «regard» de l’ethnologue, sans avoir pu animer réellement les interactions sociales dans l’Antiquité romaine par exemple. Ce constructivisme radical demeure au fond contradictoire et finalement peu crédible.

On le retrouve encore dans les considérations de fin selon lesquelles la pudeur est toujours restée une pudeur féminine mais pourrait «un jour» cesser d’être sexuée. Ce pari sur la dé-sexuation de la pudeur s’avoue comme un déni explicite de la naturalité des sentiments, qui correspond mal à ce que l’on sait aujourd’hui du rôle des hormones masculines et féminines dans les comportements. Si «la façon d’exister du féminin est de se cacher, et ce fait de se cacher est précisément la pudeur», comme disait Lévinas dans Le Temps et l’autre, on ne saurait régler par une simple profession de foi la difficile question de savoir si cette caractéristique, très répandue dans l’humanité depuis 200 000 ans, se trouve ou non incorporée dans les gènes de l’espèce (ce qui n’empêcherait nullement des phénomènes individuels ou collectifs passagers d’exhibitionnisme ou d’apudeur sans intentionnalité spécifique). Même dans la société actuelle, réputée sensible à des acceptions subtiles et variables du dévoilement de la femme dans le sens de cette «révélation» que Bologne appelle de ses vœux, des sondages, comme celui d’Ifop-Tena l’an dernier sur la nudité féminine, montrent que les Françaises sont très éloignées des «tendances» que les théoriciens leur prêtent.

Un apport essentiel des recherches de Bologne en 1986 nous semblait tenir dans cette idée qu’à chaque époque des réflexes de pudeur viennent «compenser» des assouplissements des normes. Parmi ceux du présent ouvrage, il conviendra sans doute de relever l’étude minutieuse que l’auteur livre du «voile invisible». De même certaines trouvailles conceptuelles comme l’idée (p.188) que la pudeur féminine ait pu fonctionner comme un «bracelet électronique» au bras des femmes au Siècle d’Or espagnol pourront sans doute être réutilisées par les chercheurs et transposées à d’autres contextes.

En somme, ce brillant récapitulatif historique que signe ici J.C. Bologne, constituera sans doute une précieuse «boîte à outils» que beaucoup pourront exploiter avec profit pour des recherches ultérieures, même hors du champ d’investigation que l’historien a choisi dans ce livre.

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Interview de C. Colera sur Canal Jimmy

26 Août 2010 , Rédigé par CC Publié dans #Interviews en rapport avec mon livre "La nudité"

tvold-copie-1Une interview du sociologue Christophe Colera sera diffusée le lundi 20 septembre 2010 à 20h40 sur Canal Jimmy dans le cadre d'une émission présentée par Marianne James.

 

Ensemble des diffusions "Un monde tout nu"

 

LUNDI 20 SEPTEMBRE à 20h40
JEUDI 23 SEPTEMBRE à 22h15
DIMANCHE 26 SEPTEMBRE à 16h35

 

 

 

 

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Côté magazine Nice

19 Juillet 2010 , Rédigé par CC Publié dans #Interviews en rapport avec mon livre "La nudité"

cote-magazine-Nice.jpgS'ils souhaitent connaître un peu mieux mes travaux, les habitants de la Côte d'Azur peuvent trouver une interview in extenso de moi dans le numéro de juillet de Côté Magazine. http://www.cotemagazine.com/Pdf_accueil/COTE-NICE.pdf

 

Par ailleurs à noter que l'article de Psychologie.com de juin qui mentionne aussi mes recherches est repris sur Vosges matin.

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CR d'un ouvrage de référence sur la révolution néolithique

27 Juin 2010 , Rédigé par CC Publié dans #Notes de lecture

juillet_2006_033.jpgOn trouvera en suivant le lien http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=4&srid=4&ida=12401 mon compte-rendu de lecture de Naissance des divinités, naissance de l'agriculture - La révolution des symboles au Néolithique, de Jacques Cauvin, un ouvrage de référence.

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Quelques remarques sur le sondage IFOP-TENA de 2009

2 Juin 2010 , Rédigé par CC Publié dans #Nudité-Pudeur en Europe

Le sondage IFOP-TENA de l'an dernier sur la nudité féminine dont j'ai déjà parlé, ne laisse pas de m'interroger. On peut le lire in extenso sur Internet (ce qui est rare).

 

Adepte d'une sociologie plutôt "qualitative", je ne crois pas trop aux agrégats quantitatifs, mais ils peuvent s'avérer utiles malgré tout, quelles que soient les réserves qu'on peut éprouver à l'égard de certaines questions.

 

On eût aimé que ce genre de sondage existât à d'autres époques, et dans d'autres sociétés.

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Je lis : la nudité pour les femmes c'est d'abord le naturel, puis la beauté, ensuite la liberté (mais beaucoup moins), le désir. Plus on est vieux plus la nudité c'est le naturel. Plus on est jeune plus c'est le désir (30 %). Beaucoup de nudité-désir chez les ouvrières aussi (34%), fort peu chez les professions intellectuelles et les retraitées...

 

Pour plus de la moitié des femmes la nudité partielle est déjà une nudité. Surtout chez les plus jeunes. Mais dans l'ensemble les chiffres sont assez homogènes d'une catégorie à l'autre.

 

Le maquillage est un vêtement pour 30 % des femmes (mais le chiffre tombe sous les 30 % chez les ouvrières et les employées... pourquoi ?). La nudité partielle dérange : les seins nus dans les jardins publics 57 % (et même 65 % des moins de 30 ans, et plus de 60 % en région parisienne, chez les femmes qui se trouvent laides, chez celles qui ont des fuites urinaires - intéressant que l'interviewer ait retenu ce paramètre), de même les femmes nues sur les plages naturistes dérangent 48 % des femmes (dont 66 % des 18-25 ans, une moitié des ouvrières et des employées, les pudiques, les plus libérales en revanche étant de loin les femmes du Sud-Ouest...). Sur cette dernière question les chiffres sont très homogènes, seuls 66 % des 18-25 ans se distinguent (celles-là même qui lient la nudité au désir). On peut s'étonner que la "territorialisation" de la nudité sur des plages répertoriées ne suffise pas à en neutraliser les effets. La nudité féminine dérange aussi la majorité des femmes de 18 à 24 ans dans les vestiaires de sport (contre 40 % de l'ensemble des interviewées, ce qui est tout de même beaucoup). La nudité publicitaire, elle, dérange le plus les deux extrêmes de la pyramide d'âge (les 18-25 et les plus de 60 ans) mais pas dans des proportions majoritaires. La gène n'est majoritaire que dans les professions libérales et chez les cadres supérieurs (et là encore Paris se distingue du reste de la France). Les seins nus sur les plages et l'allaitement sont les seuls (avec le nu pictural) à ne guère gêner le regard des femmes.

 

Une majorité relative de femmes veulent voir moins de nudité (masculine ou féminine), ou à la rigueur plus de nudité masculine pour équilibrer (sans différence significative selon les catégories). Les femmes plébiscitent la nudité de Laetitia Casta et d'Emmanuelle Béart là encore d'une façon assez homogène d'une catégorie à l'autre.

 

Les chiffres de pratiques de la nudité révèlent une banalité devant le conjoint (98 %),  un partage 40-60 sur la nudité devant les enfants, et 37-63 devant les amies,une pratique beaucoup plus rare devant les parents, dans un jardin ou sur une plage naturiste. Le tabou de la pratique devant les enfants dépasse les 60 % dans les classes populaires et en région parisienne (contre 59 % pour l'ensemble des interrogées), avec un pic à 89 % chez les 18-24 ans. Sans surprise les femmes qui se déclarent "impudiques" sont majoritaires dans toutes les catégories de pratique de la nudité, sauf toutefois la pratique devant les parents ou les amis masculins, la nudité au jardin, le naturisme (pratique dans laquelle les femmes du Sud-Ouest se distinguent - 6 points au dessus de la moyenne qui est à 13 %). Les cadres supérieurs et professions libérales sont toujours au dessus de la moyenne pour toutes les pratiques.

 

Sur les pratiques sexuelles,on note que l'acceptation de la lumière (64 %) est plus forte dans les classes supérieures. La nudité intégrale est plébiscitée par 76 % des femmes, notamment les plus jeunes, avec une échelle de fluctuation qui n'est pas énorme suivant les catégories.

 

88 % des femmes se disent pudiques sans grande fluctuation suivant les catégories (avec sans surprise un pic chez celles qui n'aiment pas leur corps). Un peu moins de la moitié des femmes aiment leur corps (seulement 5 % "oui tout à fait" mais 11 % chez les 25-34 ans). Un chiffre qui culmine chez les 18-24 à 62 % et chez les cadres supérieurs pour chuter à 37 % chez les ouvriers. C'est dans le monde rural et chez les 25-49 ans qu'on aime le moins son corps (44 %).

 

Evidemment il faut être très prudent avec tous ces chiffres. L'impression qu'on peut dégager c'est au fond une assez grand homogénéité des réponses d'une catégories à l'autre. Des réflexes de pudeur assez persistants (ce qui recoupe ce que j'ai écrit dans La Nudité, pratiques et significations). Un lien fort entre nudité et désir qui peut nourrir une gêne à ce sujet chez les plus jeunes et les classes populaires, avec cependant une nuance : les jeunes femmes conjuguent souvent leur gêne avec un amour de leur corps, alors que les ouvrières et les employées versent plus souvent dans le désamour (désamour tout de même relatif puisque les réponses sont concentrées dans le "plutôt oui" "plutôt non" au lieu du "tout à fait" ou "pas du tout"). Les plus à l'aise étant plutôt dans les classes sociales supérieures.

 

C'est affaire de nuance. La question ensuite étant de savoir si l'homogénéité prédominante est affaire de conditionnement social ou de dispositions hormonales naturelles, ce qui devrait être discuté question par question.

 

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Mention de mon livre sur la nudité dans Psychologies Magazine

27 Mai 2010 , Rédigé par CC Publié dans #Interviews en rapport avec mon livre "La nudité"

 

psychologies.jpgPour info, mon livre "La nudité pratiques et significations" est cité dans le numéro de juin dont le sommaire est en ligne. L'article qui en parle est ici.

 

 

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"Comment les Gaules devinrent romaines" Pierre Ouzoulias, Laurence Tranoy (dir.)

25 Mai 2010 , Rédigé par CC Publié dans #Notes de lecture

Gaulois.jpgPour info, en suivant ce lien http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=4&srid=4&ida=12291 vous trouverez mon dernier compte-rendu de lecture d'un ouvrage d'histoire qui donne aussi à penser dans le domaine de la sociologie.

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Rattachement institutionnel

14 Avril 2010 , Rédigé par CC Publié dans #Présentation

librairie.jpgPour information, depuis le 12 avril 2010, je suis chercheur associé au Laboratoire Cultures et Sociétés en Europe de l'Université de Strasbourg.  

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Epicurisme et taoïsme

5 Avril 2010 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire des idées

On insiste souvent sur les ressemblances entre le shivaïsme indien et le dionysisme grec.

dionysm-nade.jpg

 

Ne peut-on pas dire qu'il y en existe aussi de fortes entre l' "église" épicurienne greco-romaine telle que Renée Koch-Piettre la décrivait dans le livre récent qu'elle lui a consacré, et l' "église" taoïste telle qu'elle est apparue en Chine il y a 2 000 ans :
- dans leur façon de se structurer toutes les deux hiérarchiquement et d'inventer des rituels
- dans leur refus commun de certains aspects des cultes traditionnels
- et surtout dans la place accordée à l'inspiration divine, aux techniques pour incorporer individuellement le divin ?

 

Voilà la question qui m'est venue ce weekend... peut-être à creuser.
 

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