La Tunique de Jésus
L’ostension de la Sainte Tunique du Christ commencera le Vendredi Saint 25 mars prochain dans la basilique Saint-Denys d'Argenteuil (95), à l'issue du Chemin de Croix (vers 16h30).
La Tunique a quitté Jérusalem et traversé les siècles pour se trouver en possession de l’impératrice Irène de Constantinople au début du IXe siècle, sans que l’on sache par quel itinéraire précis ni à quelles dates. A cette époque, l’impératrice prévoit pour consolider son empire sous le feu de multiples menaces, d’épouser Charlemagne, empereur d’Occident, veuf. En signe de bonne volonté, elle lui aurait offert l’une des reliques les plus précieuses en sa possession, la Tunique du Christ.
Aujourd’hui la Tunique est conservée dans un reliquaire, enroulée, dans la basilique Saint Denys d’Argenteuil. Traditionnellement, elle n’est déployée et montrée que deux fois par siècle, au cours d’un événement limité dans le temps, qu’on appelle une « ostension solennelle ». Les deux dernières ostensions ont eu lieu à Argenteuil en 1934 et 1984.
Saint Jean évoque la tunique de Jésus dans son chapitre 19, aux versets 23 et 24 : « Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas. Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. » Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture : Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement. C’est bien ce que firent les soldats. »
Le Moyen-Âge a été le théâtre de fabrication de fausses reliques. C’est pourquoi, à partir du XVIIème siècle, l’église catholique a souhaité lever les doutes possibles quant à l’authenticité de la Sainte Tunique. Elle l’a fait tout d’abord en étudiant les textes, qui attestaient de la présence pluriséculaire du vêtement à Argenteuil.
À partir du XIXème siècle, plusieurs examens scientifiques de la Tunique ont été menés à l’initiative des autorités ecclésiastiques, grâce aux nouveaux moyens techniques disponibles. Ils ont démontré :
•que la relique est en laine de mouton (1893) ;
•qu’elle a été colorée selon des procédés en vigueur au Moyen-Orient au début de notre ère ;
•qu’elle est bien tissée d’une pièce, sur un métier primitif (1882 & 1892) ;
•qu’elle correspond au type de tissage identifié en Syrie et au Nord de la Palestine au premier siècle ;
•qu’elle est tachée de sang (1892 & 1932) ;
•que le sang figure dans le dos et sur les épaules, à l’endroit où aurait reposé la croix portée par le Christ lors de l’ascension au Calvaire (1932 & 1934) ;
•que le sang présent sur la Tunique est du groupe AB (1986).
En 2004, une datation au Carbone 14 a été effectuée : elle déclare que la Tunique aurait été tissée entre 530 et 640, et ne corrobore donc pas les résultats des examens scientifiques précédents. Cependant, il semble que la technique de datation au Carbone 14 manque de fiabilité pour les tissus anciens dont on connaît mal les états de conservation au cours des siècles. C’est le cas de la Tunique d’Argenteuil, qui a été longtemps enfouie et probablement mise au contact de matériaux organiques en décomposition au cours de son histoire tumultueuse. Il faudrait donc relativiser ces résultats. Il s'agit de sang de groupe AB comme pour le suaire de Turin, le suaire d'Ovideo et pour les hosties examinées par Dr Ricardo Castañon Gomez. La comparaison des pollens présents sur les trois reliques est troublante : sept sont communs aux reliques de la Tunique d’Argenteuil, du Linceul de Turin et du Suaire d’Oviedo. Mieux encore, deux proviennent uniquement de Palestine : ceux d’un pistachier, Pistacia palaestina et d’un tamarin, Tamarix hampeana.
Ainsi, différents examens scientifiques menés sur la Tunique d’Argenteuil plaident pour qu’elle ait été portée par un homme soumis à de grandes souffrances, en Palestine, au 1er siècle de notre ère. Tous ces éléments sont empruntés au site de la Sainte Tunique.
Soeur Anne-Catherine Emmerich raconte d'après ses visions p. 278 qu'on rendit à Jésus les vêtements lavés qu'on lui avait ôté pendant la flagellation après la proclamation de sa condamnation à mort comme c'était la coutume chez les Romains en pareil cas. On lui mit autour du cou son scapulaire de laine. "La tunique, travaillée par sa mère, ne pouvait passer à cause de la couronne d'épines qui était trop large. Ils la lui arrachèrent, les blessures qu'il avait à la tête se rouvrirent et le sang coula en abondance. Après sa tunique, ils lui mirent sa large robe blanche, sa ceinture et son manteau. Enfin il lui attachèrent au milieu du corps la large ceinture à laquelle étaient réunies les cordes par lesquelles on le tirait." P. 316 elle explique qu'après avoir retiré ses vêtements sur le Golgotha au terme du chemin de croix, en milieu de journée, comme les bourreaux (pour la plupart des esclaves égyptiens) ne pouvaient faire passer sa tunique eu dessus de sa tête à cause de la couronne d'épines, ils lui arrachent à nouveau la couronne. "Puis tirant violemment la tunique, ils la furent passer sans la moindre précaution au dessus de sa tête ensanglantée". Ils lui replacent la couronne après avoir dénudé le torse, puis dénudent le bas (un homme au dernier moment lui donne un linge pour protéger sa pudeur devant les femmes dont sa mère p. 317, il s'agit de Jonadab de Bethléem, neveu de St Joseph - resté en retrait de l'histoire de Jésus, il avait été animé de colère au moment de la flagellation puis porté par une force surnaturelle à songer à la nudité du Christ comme les bourreaux étant des descendants de Cham qui insulta celle de Noé). Après l'élévation de la croix (p. 330), les vêtements sont partagés en lots que les bourreaux décident de tirer au sort. Le manteau est déchiré en longues bandes et ils se le partagent. De même pour la longue tunique blanche garnie de franges, de l'étole, de la ceinture, du scapulaire, et de la tunique de dessous qui était toute pénétrée du sang du Sauveur. "Comme ils ne pouvaient s'entendre au sujet de sa robe sans couture, dont les lambeaux n'auraient pu leur être utiles, ils prirent une tablette avec des cases marquetées par des chiffres et des dés en forme de fèves qu'ils avaient avec eux ; et, les jetant sur la tablette, ils tirèrent la robe au sort". Il s'agit en fait de la tunique et non d'une robe (elle la cite aussi p. 124). Puis Soeur Emmerich dit (p. 331) qu'un messager envoyé par Joseph d'Arimathie et Nicodème vint dire qu'il y avait près de là des gens qui leur achèteraient volontiers les vêtements du Sauveur. Ils les réunirent, coururent les vendre. "Ce fut ainsi que les chrétiens demeurèrent en possession de ces précieuses reliques" conclut Soeur Emmerich.
Trèves revendique aussi d'avoir la vraie Sainte Tunique, dont elle a fait l'ostention en 1996. Les deux étaient en concurrence au 19e siècle. Aujourd'hui le Pèlerin parle de parties différentes des vêtements de Jésus. L'Eglise allemande reconnaît elle-même que l'origine de la pièce de Trèves est loin d'être établie. Selon un site non-croyant, en ce qui concerne la tunique de Trèves : "Un "examen archéologique" de la tunique a eu lieu en 1890-1891 qui disait vaguement que le tissu avait toutes les apparences à du lin et du coton mais aucune étude scientifique sérieuse n'a été réalisée. Les analyses effectuées sur l'étoffe ont conclu qu'elle a été entièrement restaurée autour de 1500. L'historienne du textile Mechthild Flury-Lemberg, qui a examiné la tunique dans les années 1970 aurait constaté qu'une grand part de la tunique était composée de tissu ajouté au cours des restaurations de 1512 et de 1891, mais qu'elle contenait également quelques lambeaux de laine qui remontaient au début de l'Empire romain, ce qui est très difficile à dire sans datation au carbone 14. Mais, elle a par prudence conclu que l'âge et l'origine de la tunique "ne peuvent pas être déterminées exactement." D'aspect gras et brunâtre, elle se compose de satin de soie, de tulle et de taffetas agglutinés au fil des réfections successives, Mechthild Flury-Lemberg n'a pas pu y identifier clairement des fibres remontant jusqu'à l'an 33."
Dr Ricardo Castañón Gomez
Un chercheur en neurosciences, docteur en psychologie clinique et diplômé en philosophie, né en Bolivie, athée, disciple de Jean-Paul Sartre et de Rita Levi-Montalcini s'est converti au catholicisme à 44 ans après avoir étudié en 1992 dans son pays natal (à Cochabomba) des phénomènes d'effusion de sang d'une image du Christ de 33 cm. Il a aussi étudié (de 1999 à 2005) deux hosties qui saignent dans le diocèse de Buenos Aires, une qui a saigné en 1992, l'autre en 1996. Voici une interview très intéressante (en espagnol) de ce monsieur.
Il parle aussi de Lanciano (du 8e siècle), du suaire de Turin (que l'on n'a toujours pas pu dater car la partie identifiée comme étant médiévale en 1988 était une reprise en coton sur l'original en lin) et de sa recherche de 2009,
Il explique comment les globules rouges et blancs qui normalement disparaissent au bout d'une heure se conservent des années, ce qui est en soi miraculeux (de sorte qu'il n'a pas pu être ajouté par une personne extérieure), comment on peut établir d'après les tissus vivants que le sang vient d'un ventricule du cœur et en est sorti directement. Dans tous les cas c'est toujours du sang AB. Le projet est de séquencer l'ADN par ampliation, mais les chercheurs n'y parviennent pas avec le sang des statues et des hosties, alors qu'ils y parviennent avec les cellules qu'ils prélèvent des êtres humains qui ont tenu ces statues ou ces hosties. Les scientifiques athées disent que c'est parce que l'échantillon est détérioré, mais c'est faux puisque les globules blancs et rouges sont miraculeusement intacts. Les théologiens ont une lecture très précise du sens qu'on peut tirer des caractéristiques de ce sang (le fait qu'il vienne du ventricule gauche par exemple).
L'hostie de Lanciano a saigné quand le prêtre commençait à douter. Les phénomènes autour des hosties et des statues sont là pour aider à vaincre le doute tout en respectant la liberté de douter. En 1264 (et non 1273 comme le dit le Dr Ricardo Castañon Gomez dans l'interview) à Bolsena cela correspond au doute du prêtre. Parfois c'est une réponse au sacrilège comme à Cascia. La moitié des catholiques pratiquants selon divers sondages aux USA et en Australie ne croient pas que le Christ soit dans l'hostie.
Le Dr Ricardo Castañon Gomez bien sûr précise qu'il y a des cas où il y a des manipulations que lui-même a signalées à des évêques sur des statues et des hosties (des taches surajoutées). Il rappelle que les évêques devant les miracles doivent toujours répondre à la question est-ce un phénomène naturel ou pas ? peut-il résulter d'une ruse du diable ? (le Dr Ricardo Castañon Gomez n'exclut pas que ce soit le cas pour certaines effusions de sang qui ne donnaient rien en analyse au bout de 20 minutes, dans des contextes où il y avait des rivalités économiques, ce qui peut favoriser des actes démoniaques).
Intéressante aussi son expertise sur le comportement du cerveau au moment des apparitions, et la façon dont il l'a authentifié dans le cas de la modèle équatorienne Patricia Talbot (les ondes delta - au moment de l'eucharistie aussi - émises par le cerveau, l'élévation du taux énergétique dans la maison).
Mes soi-disant propos dans "Psychologies.ru"
Cela m'avait échappé mais mon nom est cité dans un article intitulé "Нагота: как мы к ней относимся?" et publié dans Psychologies.ru n°112 du 27 juillet 2015.
Après avoir passé cet article au traducteur automatique (Google Translate), je découvre le contenu en français des propos qu'on m'y prête. Les voici : " "Si le corps est séparé de nous, notre attitude à son égard est réduite à admirer ou à l'utilisation pratique, - dit le sociologue Christoph Kohlera (Christophe Colera). - Si nous nous identifions avec nos corps, nous vivons, le sentir avec une inséparabilité, nous ressentons pour lui une forme particulière de bonne volonté" ".
Les traducteurs automatiques dévient parfois le sens des mots, mais, même avec un effort important pour tenter de retrouver le sens original du propos, force est de constater qu'il ne veut rien dire. En réalité je n'ai jamais prononcé ces paroles, même dans une autre revue, et je n'ai jamais été interviewé par Psychologies.ru. Les deux phrases qu'on vient de lire ont été tout bonnement inventées. Je n'ai jamais pu dire que le corps étant "séparé de nous" pouvait être admiré ou utilisé, ni qu'en se sentant inséparable de lui on éprouvait pour lui de la bonne volonté. Cela n'a aucun sens. Bien sûr que le corps séparé de notre conscience peut être utilisé ou admiré, mais il peut aussi être méprisé, détruit etc, et je ne vois pas pourquoi en s'unissant à lui on ferait preuve de plus de bonne volonté... La problématique de la séparation et de l'union avec le corps est un thème que je n'ai jamais traité parce qu'il ne me paraît pas du tout pertinent pour comprendre le sens qu'on donne à la nudité. Je ne vois pas du tout où le journaliste a pioché ces propos sinon dans son imagination.
Je suis très flatté d'être cité par une revue moscovite car j'aime beaucoup la culture russe (j'ai d'ailleurs été cité à meilleur escient dans une revue russe en 2014 ici). Mais là, force est de signaler que cette citation est une pure invention.